Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
N.B Format de votre fenêtre presque carré pour voir le haut des colonnes !

Recherche

Publicités imposées !

Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:02

   Mellotron, Novachord, Farfisa...et les autres !

   Formé en 2005, Timber Timbre, d'abord trio autour de la voix de Taylor Kirk, avec Mika Posen aux cordes et Simon Trottier aux guitares, s'est étoffé au fil des ans et des disques. Pour son cinquième disque,  Hot Dreams, le groupe canadien, toujours quelque part entre chanson à texte et pop-rock, mobilise entre trois et sept musiciens selon les titres. Bien sûr, ce qui frappe d'emblée, c'est la voix grave, un brin nonchalante, de Taylor Kirk, qui évoque celle d'un autre canadien, Léonard Cohen. Le rapprochement s'impose d'autant plus que le premier titre, "Beat the Drum slowly", mentionne à plusieurs reprises une avalanche, et comment ne pas penser au célèbre titre du troisième album "Songs of Love and Hate" sorti en 1971 ? Si l'on veut mieux cerner cette voix, je propose une autre piste, celle de Tindersticks. Croisez les deux, et vous approchez de Taylor Kirk, sans y être toutefois. 

   Maintenant, si l'on veut cerner le charme de cet album, il faut parler des timbres et des couleurs. Le nom du groupe y invite, qui joue du bilinguisme pour rapprocher le bois ou le timbre, deux sens du mot anglais "timber", du timbre français. On y gratte la guitare, on la frotte avec un archet, les cordes sont là, les percussions aussi...et les claviers prolifèrent, nous projetant dans un monde intemporel. Taylor joue du Novachord, du Farfisa, Matthieu Charbonneau du mellotron, du clavecin ou du Chamberlin M1, Olivier Fairfield du Fender Rhodes. D'où des atmosphères parfois à la King Krimson, notamment dans le magnifique, halluciné "Beat the drum slowly", pourtant commencé, en effet, doucement. Charme des synthétiseurs désuets, plongée dans l'étrange. Çà et là le ou les saxophones de Colin Stetson apporte(nt) leurs notes cuivrées. De la chanson, oui, pourtant, mais avec des échappées instrumentales superbes qui les aèrent. Comme dans le titre éponyme, presque vaporeux, sirupeux, on reste suspendu à la voix sensuelle, souple, c'est un slow langoureux, et je ne me sauve pas au galop !! Le miracle du disque, c'est l'alliance entre la voix et la variété des arrangements. Le plaisir d'un album à goûter, déguster, riche en surprise, comme l'étonnante coda du troisième titre, "Curtains?!", quasi floydienne un moment ! "Bring me simple men" serait une chanson banale si l'accompagnement n'était pas si dépaysant : le temps d'une guitare qui dérape, de cloches et d'une alliance de cordes et de marxophone (cet instrument existe bien !!), on est ailleurs. Tout est à l'avenant. L'instrumental "Resurrection Drive Pt II" donne l'impression que tous les instruments se désaccordent insidieusement, chaque note se tordant. "Grand canyon" commence comme une ballade folk, puis intervient le thérémine (j'allais l'oublier, celui-là !) pour un dernier tiers orchestral. "This low Commotion" est un blues chaloupé enveloppé notamment de mellotron, farfisa et guitare hawaïenne. "The new Tomorrow" est sans doute le titre qui fait le plus penser au chanteur de Tindersticks et à la musique de ce groupe, avec l'étonnant mélange de courtes griffures électriques et de moments nonchalants où les paroles semblent à la limite de l'inconsistance, lâchées du fond d'un suprême détachement. Le morceau bascule dans sa deuxième moitié dans des paroxysmes nerveux qui contrastent avec le mielleux du wurlitzer. Taylor Kirk joue du crooner dans "Run from me", sucrerie ponctuée par le piano grave sur un tapis discret de cordes, puis la voix se fait plus âpre, insistante, tandis que des voix féminines s'élèvent, mais au lieu de sombrer dans la mièvrerie, l'orgue Hammond, les guitares électriques, enflamment la fin. L'album se termine avec le lyrisme mélancolique et puissamment dramatique de l'instrumental "The Three Sisters", le pendant du premier titre, complètement inattendu dans un disque de chansons : écriture magnifique, chaleureuse, qui rapproche saxophone, cordes, synthétiseurs, piano et percussions.

   Un sacré beau disque !

------------------------------

Paru en 2014 chez Arts & Crafts Productions / 10 titres / 43 minutes

Pour aller plus loin

- deux titres, "Beat the drum slowly" (dont il manque la très belle fin) et "Curtains?!", bien servis par des vidéos qui soulignent les affinités de cette musique avec les dérives urbaines oniriques, le film noir...   

Partager cet article

commentaires

bart 09/09/2014 21:44

Magnifique album effectivement. Est-ce aussi bien en concert ?

bart 09/09/2014 21:41

oui magnifique album.