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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 10:16
Terminal Sound System - Dust songs

   Terminal Sound System, nom du projet de l'australien Skye Klein initié à la fin des années 90, a sorti son nouvel album, Dust Songs, en décembre 2014 sur le label allemand Denovali. Je ne connais pas les albums antérieurs, au nombre d'une dizaine.

   Je passe sur le premier titre, petite mise en oreille. Les choses sérieuses commencent avec "By the meadow", boucles de guitare et chant hanté, voix brumeuse réverbérée avec écho, drones sombres. On est happé dans un monde entre post-rock et folk noir. Chaque titre est profondément faillé en deux ou trois fragments par des silences, ce qui permet reprises et décrochages. Les mélodies sont hypnotiques, envahies de vagues bruitistes, de poussées inquiétantes. Après un silence, "By the meadow" prend des allures de voyage intersidéral, nous voici dans une musique ambiante d'outre-monde, avec des tournoiemens profonds. Si on écoute cette musique fort, ce que le musicien recommande, on éprouve la puissance de cet univers. "Silver minds" nous invite à fermer nos yeux d'une voix doucement insinuante, manière de nous laisser emporter par le chant des machines. La guitare gratte, l'électronique vient saturer l'espace sonore, puis la lumière flamboie, lacère le noir de traînées électriques, des percussions sourdes pulsent. Silence, à nouveau. La voix revient, hallucinée, comme chavirée, pour nous intimer d'ouvrir les yeux tandis que les machines se taisent peu à peu. "Keepers" débute avec la guitare trébuchante, la voix étrange et hypnotique, les grondements à l'arrière-plan, chanson ouverte sur un espace grandiose, des enroulements de particules, des comètes enrouées. Mélodies de poussière, chants rouillés tout aussi bien, une matière travaillée par le néant, ces béances qui l'ouvrent sur des surgissements d'une énergie dévastatrice. "My Father, My Mother" est un hymne poignant, au-delà du cri : fragments de mélodie superbes qui dérapent dans un univers animé de battements profonds, la voix épuisée, lointaine, planant au-dessus des décombres pulsants. Silence, et ce qui revient n'est-ce pas les débris d'un monde perdu, vite recouverts par le chant trouble, primal, le battement lancinant de tambours démultipliés. Silence encore, contraste entre la guitare d'une luminosité intermittente et les agitations électroniques menaçantes ; puis fin écorchée vive...

   "keepers" en écoute avant de continuer...

   Cette musique est habitée, travaillée par un combat intérieur qui la rend constamment intéressante, colorée par une hyper mélancolie ravagée. "Shadows" s'ouvre sur orgue et guitare, champs gravitationnels électroniques, percussions lourdes, claquements rapprochés, puis la voix s'empare de nous, nous tord dans les boucles insistantes, grondantes, ça grésille et s'arrête, repart apparemment à l'identique, mais les sons dérapent, glissent, c'est un entonnoir, un vortex fracturé, nouveau départ presque hard rock cette fois, retombées lourdes, écrasements, cymbales, encore un trou, la guitare tranquille, les tricotements et lacérations adjacentes, les déflagrations profondes, mais une cloche cristalline illumine le puits, un brouillard synthétique s'envole, irradie avant la nuit. "The Silver world" semble repartir du même lieu, mais la voix de Marcus Fogarty, filtrée et déformée elle aussi, est encore plus ouatée dans les aigus. La composition prend des allures de balade sereine sur un champ de ruines. Musique de science-fiction, par certains aspects, avec des échappées post-rock complètement explosées. "Morning Star" vient de plus loin. Voix vocodée robotique, guitare laconique ou doublée d'une rythmique percussive haletante, mélodies subverties, recouvertes d'un déferlement continu lui-même strié de lames acérées, fin abrupte.

    Un album extrêmement prenant, sans concession, comme les fragments d'un continent disloqué, d'un après-monde malgré tout beau et envoûtant.

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Dust Songs, paru chez Denovali Records fin 2014 / 8 pistes / 48 minutes

Pour aller plus loin :

- le site de Terminal Sound System

- la page de Denovali consacrée à l'album

- "My Father, My Mother" en écoute :

Programme de l'émission du lundi 1er juin 2015

Acoustique :

Michael Vincent Waller :  La Riva Sud / Return from the Fork  (Disque 2 / pistes 2 & 9, 13'), extraits de The South shore (XI Records, 2015)

Jean-Luc Fafchamps :  Back to the pulse (p. 1, 16'17), extrait de Back to... (Sub Rosa, 2013)

Électr(on)ique :

Manyfingers :  Ode to Louis Thomas Hardin / The Dump Pickers of rainham / Erasrev (p. 1 à 3, 14'30), extraits de The Spectacular Nowhere (Ici d'Ailleurs, 2015)

Yannis Kyriakides & Andy Moor : Day two / Doorways Make You Forget (p. 5 - 6, 8'40), extraits de A Life is a billion Heartbeats (Unsounds, 2014)

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