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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 14:32
King Midas Sound / Fennesz - Edition 1

   Sur les rives envoûtantes du Léthé sidéral

   Edition 1 est le fruit de la rencontre inédite entre le trio britannique King Midas Sound, et le guitariste et compositeur autrichien Christian Fennesz. Le résultat est brumeux à souhait : voix distantes, comme au ralenti, claviers assourdis, éléments rythmiques entourés de gaze. De la musique électronique ambiante extrêmement prenante, dès le premier titre, "Mysteries". La voix du chanteur de King Midas Sound est chaude, douce : une invitation à dériver dans les soirs profonds. "On my Mind" est encore plus ouaté, plus intimiste, avec la voix de Kiki Hitomi, qui nous plonge dans un rêve chaloupé, revient chargée de réverbérations dans un dub sensuel et mélodieux à damner les anges les plus endurcis. Morceau facile ? Il est vrai que j'ai l'impression d'avoir déjà entendu cela, mais j'écoute tellement de musique, alors, je pense soudain à certains titres de Portishead, et j'adore, c'est ce qui compte, non ? "Waves" annonce la couleur planante de la composition, dominée par des drones et la voix de Roger Robinson, complètement en allée, langoureuse et envoûtante. C'est une lente descente vers des plaisirs (interdits ?), une incantation trouble mêlée d'une remontée avec des claviers diaphanes, plusieurs plans de sonorités électroniques superposées : titre splendide, qui s'étire dans un éther d'une incroyable sérénité. "Loving or leaving" crachote, pluie électronique intermittente soudain puissamment découpée par les interventions vocales du chanteur, soulignées d'une basse très lourde. Oh le choc !! Batterie cosmique, pulsations géantes, comment ne pas fondre, rendre les oreilles, abdiquer tout sens critique : cette musique nous dévaste, nous envahit comme une mer de foudre se changeant en traînées incandescentes. "Melt" vient de plus loin encore, ponctué par la basse insistante, la voix légèrement amplifiée et surplombante du chanteur, environnée de champs électroniques intenses piquetés de batterie. Des vents se lèvent dans une musique devenue abstraite, sourdement tourbillonnante et lentement disparaissante. "Lighthouse" : la guitare de Fennesz est un phare dans le brouillard électronique épais environnant la voix hallucinée du chanteur. Tout dérive à nouveau dans ce trip hop mâtiné de dubstep (oui, je me laisse aller aux étiquettes, je ne le ferai plus !!) d'une incroyable épaisseur.

   Le sommet est atteint avec "Above water" : chef d'œuvre de presque quatorze minutes, virtuellement infini. Chant des claviers et des drones, vents électroniques, boucles rythmiques insidieusement implacables : l'univers n'est plus que ce battement distendu qui envahit le sang et les artères. On se laisse aller, le bonheur est là, dans ces boucles-mondes des origines, lorsque l'esprit survolait les eaux primordiales. Titre prodigieux, proprement mystique, en roue libre pour anéantir les apparences, les illusions !

    "We Walk together" semble se dérouler sur une planète lointaine. L'univers grésille, la voix de Kiki est portisheadienne en diable, double de Beth Gibbons porté par un courant hypnotique et des chœurs, des claviers poussiéreux et transcendants. L'univers est rayé de zébrures fauves jusqu'au jugement dernier ! "Our love" achève le périple. Tout a basculé vers un ailleurs narcotique peuplé d'échos plus que de voix, de réverbérations et de vagues sidérales.

   Un sacré coup de cœur, et il faut ça après Bruit Noir, histoire de réenchanter le monde...en l'oubliant d'abord, le temps des écoutes et de leurs prolongements en nous.

   J'attends évidemment les éditions 2, 3 et 4 annoncées, qui permettront à King Midas Sound de tester d'autres collaborations.

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Edition 1, paru en septembre 2015 chez Ninja Tunes / 9 pistes / 60 minutes environ.

Pour aller plus loin :

- la page du label consacrée au disque.

- Je ne résiste pas, c'est " Above water" que je vous propose en première écoute (fausse vidéo) :

- Et "Loving or leaving" :

Programme de l'émission du lundi 23 novembre 2015

Feu ! Chatterton :  Fou à lier / la Mort dans la pinède (Pistes 2 & 3, 9'02), extraits de Ici le jour (a tout enseveli) (Barclay, 2015)

Bruit Noir : Low Cost (p. 8, 4'02), extrait de I / III (Ici d'Ailleurs, 2015)

Ludovico Einaudi : Walk / reverie / Giorni dispari (p. 1 - 3 - 5, 14'), extraits de Einaudi Piano Music  (Brilliant Classics, 2014) Piano : Jeroen van Veen

Sarah Peebles : Resinous fold 7 / Delicate path (Murasaki) (p. 1 & 2, 18'), extraits de Delicate paths - Music for shõ (Unsounds, 2013)

King Midas Sound / Fennesz : We walk together p. 8, 5'42), extrait de Edition 1 (Ninja Tunes, 2015)

Programme de l'émission du lundi 30 novembre 2015
Arvo Pärt : Mein Weg / Für Lennart in Memoriam (p. 9 - 10, 13'40), extraits de In Principio (ECM New Series, 2009)
Régis Campo : Deux sonneries pour orgue (p. 2 & 3, 5'42), extraits de Autoportraits (Mandala / Harmonia Mundi, 2004)
James McVinnie : Slow Twitchy Organs / O sapienta (p. 4 - 5, 8'14), extraits de Cycles (Bedroom Community, 2012)
Giya Kancheli : Miniatures n° 26 - 2 - 1 - 12 - 3 - 15 (p. 1 à 6, 10'35), extraits de Midwinter Spring (Kha, 2015)
King Midas Sound + Fennesz : Above water (p. 7, 13'52), extraits de Edition 1 (Ninja Tunes, 2015)

 

 

 

 

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