Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
N.B Format de votre fenêtre presque carré pour voir le haut des colonnes !

Recherche

Publicités imposées !

Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 16:22
The Necks - Vertigo

   Dix-huitième album du trio de jazz expérimental de Sidney The Necks, Vertigo a de quoi me réjouir. D'abord parce que les étiquettes ne tiennent pas devant cette marée sonore de plus de quarante minutes. Certes, le jazz renvoie à une pratique de l'improvisation, mais dont il n'a pas le monopole. Si improvisation il semble ici y avoir, force est de constater qu'elle renvoie plus évidemment du côté d'une pop expérimentale ou des musiques expérimentales en général. Par ailleurs, la couleur de l'ensemble renvoie aux musiques ambiantes, voire aux musiques électroniques à base de drones, même si les drones sont semblent-ils générés ici à partir des instruments acoustiques exclusivement coùù semble le dire la présentation de bandcamp.

   Bref, le résultat est une musique de traverse, selon la belle formule d'un ancien festival de musique. Et quelle musique ! Sous-tendue par un flux de drones, elle charrie couleurs et textures, animée par les interventions de Chris Abrahams au piano et aux claviers, de Tony Buck à la batterie, aux percussions et à la guitare électrique, de Lyoyd Swanton à la guitare basse et à la contrebasse. Comme une mer étoilée qui scintille - sur les quatre plats de la pochette ! - elle est tour à tour lumineuse ou obscure, calme ou agitée, parcourue de frissons, de friselis de clochettes, d'arpèges souverains, de cassures et soulèvements soudains. Elle gronde, ronronne, chante, halète. La même et toujours différente. Sa surface laisse émerger sans cesse des motifs qui s'entrelacent, acquièrent une vivacité incroyable. Vertigo est un hymne à la renaissance perpétuelle, aux métamorphoses. La lumière ne cesse de triompher des ténèbres sous-jacentes, informée par elles devrait-on dire pour ne pas sombrer dans un dualisme qui ne convient pas ici. Les drones, profonds et graves, ne sont pas noirs ou sombres pour autant : ils sont le substrat, la matière première que les instruments découpent, animent dans un gigantesque mouvement de sculpture sonore, avec des passages dignes d'un Fred Frith. L'orgue Hammond, associé aux cymbales, donne en effet à certains passages leur petit parfum jazz. Je ne chipote plus sur les catégories, enchanté par cette musique qui se permet de belles incartades sans les drones vers la vingt-et-unième minute, moments magiques, extatiques et mystérieux qui se mettent à onduler, parcourus de froissements, de déchirements secs, les drones revenant comme subrepticement se placer sous la scansion de la batterie et les égarements de la guitare, l'euphorie douce et lancinante du piano vaporeux à souhait (presque comme dans certaines pièces d'Harold Budd). Suit une longue danse quasi immobile, absolument magnifique, qui se résorbe après quelques perturbations percussives en une vague d'orgue envahie de bruits, de guitare saturée, ponctuée de frappes percussives plus sourdes, comme si l'on approchait d'une fusion. La pièce prend des allures magmatiques, gonflée de ronflements, d'oscillations vers des aigus étouffés. Elle continue d'avancer, de sidérer l'auditeur par sa beauté rentrée, dense, travaillée par des événements sonores imprévus qui ne sont pas sans me faire penser à Nurse With Wound ! J'adore la fin dignement déglinguée de cette pièce nonpareille.

    À l'évidence un des grands albums de 2015 !

---------------------

Paru en octobre 2015 chez ReR Megacorp / 1 titre / 43'57 minutes.

Pour aller plus loin :

- je choisis la version Youtube, qui me paraît moins sourde que sur bandcamp :

 

- Disponible sur bandcamp :

 

Programme de l'émission du lundi 11 janvier 2016

Philip Glass : Études n°s 15 à 17 (Pistes 15 à 17, 14'30), extraits de Glassworlds 2 (Grand piano / Naxos, 2015) Piano : Nicolas Horvath

Giya Kancheli : Miniatures from Simple Music s 28 - 17 - 10 - 22 (p. 7 à 10, 5'30), extraits de Midwinter Spring (Kha Records, 2015) Piano : Alessandro Stella

Padna : Threatening Weather (p. 5, 8'), extrait de Alku Toinen (Aagoo / Rev, 2015)

Charlemagne Palestine : Partie 1 (p. 1, 26'11), extrait de the golden mean (shiiin, 2006)

Programme de l'émission du lundi 18 janvier 2016

Institut : La majestueuse baie de Wellington / Tu préfères courir dans le désert (p. 2 & 3, 6'20), extraits de Spécialiste mondial du retour d'affection (Quadrilab, 2016)

Hommage à Christina Vantzou :

Christina Vantzou : And Instantlly Take Effect (p. 8, 7'02), extrait de N°1 (Kranky, 2012)

                                                 And Instantlly Take Effect (p. 2, 6'59), extrait de Remixes n°1  (2012)

                                                 Prelude for Juan (p. 2, 4'26), extrait de N°1 (Kranky, 2012)

                                                 Prelude for Juan (p. 4, 4'20), extrait de Remixes n°1  (2012)

                                                 Anna Mae / Vancouver Island / Vostok (p. 1 - 5 - 10, 8'), extraits de N°2 (Kranky, 2014)

                                                 Pillar 3 / Robert Earl (p. 3 & 4, 13'10), extraits de N°3 (Kranky, 2015)

Partager cet article

commentaires