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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 09:16
Land - Anoxia

   Musique augmentée pour un monde transhumaniste

   En mai 2013, j'avais brièvement célébré le premier opus de L A N D, Night Within, sorti en 2012 chez Important Records, un label dont l'importance ( ah ! ah !) ne cesse de croître pour moi. Du duo central Daniel Lea / Matthew Waters ne reste que le premier. Avec le second, c'est la couleur jazz qui est partie. Reste que Daniel Lea s'est formidablement entouré et a nettement affirmé son univers. Il a composé et produit Anoxia, sorti en 2015 chez la même maison de disque. En français, l'anoxie est une souffrance cellulaire induite par le manque de dioxygène présent dans le sang ou dans le milieu extérieur ; elle peut désigner une asphyxie du cerveau.  Quel rapport avec ce disque mixé par l'australien Ben Frost, qui officie du côté des musiques expérimentales et bruitistes ? Justement ! Dès le sombre "Labyrinthis", propulsé  entre battements percussifs et halètements, raclements, sourdes déflagrations, l'auditeur est plongé dans un monde noir, étouffant, saturé de percussions en tout genre ( percusssions à maillet, à archet, tuyaux de cuivre, batterie, crotales...). C'est un monde dévasté peut-être par un incendie gigantesque, devenu un immense antre de Vulcain : on y forge l'après de l'homme dans une sorte d'euphorie transhumaniste. "Neutra" confirme l'alliance contre-nature des percussions les plus brutes et des sons électroniques les plus élaborés : quelle exaltation ! Le shakuhachi de Clive Bell hante, déchire quelques titres, souvenir d'un passé complètement dépaysé dans un univers bruitiste extraordinaire. Passé les trois premiers titres, on rentre dans le cœur brûlant de ce disque nonpareil. C'est le génial "Metamorphosis", une claque grandiose : un rituel méthodique et halluciné qui commence par des chœurs lointains, vite relayés et submergés par des percussions épaulées par des vagues hachées de sons électroniques et de terrain. Musique tribale et bruitiste, à couper le souffle, d'une puissance sidérante et en même temps parsemée de cloches, incroyablement belle. Pour l'avoir fait écouter à des passagers en voiture, de nuit, je vous garantis qu'ils s'en souviennent , qu'ils étaient sidérés par cette musique phénoménale. "Seconds" poursuit l'envoûtement de "Metamorphosis", digne d'Annie Gosfield et de Pantha du Prince réunis pour une transe fabuleuse. Le tam tam de Mark Wastell, présent par ailleurs sur trois autres titres, rythme le lent et proliférant "Equinox", envahi par une sorte de jungle électronique peuplée de voix fantomales. "Transition" est d'une inquiétante noirceur, chant de marteau piqueur au ralenti traversé de voix lointaines, de striures de guitare traitée (celle de Leo Arahams, présent sur deux autres titres), tout cela débouchant sur le titre éponyme, véritable antre d'un autre monde, tuyaux de cuivre et percussions déchaînés, orchestre gamelan du futur opérant en boucles incantatoires dans une atmosphère saturée de résonances. Magnifique ! Et nous voici dans la "End zone" carillonnante de percussions, fracturée comme du Andy Stott !

   Quel disque ! Parmi les musiciens qui entourent Daniel Lea, mentionnons Rupert Clairvaux (une piste que je vais explorer, car ce monsieur a l'air de composer des choses passionnantes !) à la batterie, aux percussions les plus diverses, Jamie McCarthy au violoncelle, aux percussions à archet et aux tuyaux de cuivre. Évidemment l'un des meilleurs disques de 2015, au croisement des musiques électroniques, expérimentales, bruitistes et post-industrielles...difficile à classer ! Je le range dans "Musiques contemporaines - expérimentales" comme Nurse With Wound, Andy Moor et Yannis Kyriakides : le voisinage est éloquent, j'espère !!

Paru en  2015 chez Important Records / 9 titres / 42'.

Pour aller plus loin :

- la page du label consacrée à l'album.

- le site de l'album.

- les trois derniers titres (qui n'en forment qu'un) en écoute sur cette fausse vidéo :

- le sommet des sommets, "Metamorphosis" :

Programme de l'émission du lundi 9 mai 2016

Tim Hecker : Obsidian Counterpoint / Music of the air / Bijie dream (Pistes 1 à 3, 11'30), extraits de Love streams (4AD, 2016)

L A N D : Neutral / Drop city / Metamorphosis (p. 2 à 4, 18'), extraits de Anoxia (Important Records, 2015)

202 Project : Sauvagerie / Pour de bon (p. 9 - 10, 6'33), extraits de Les Cendres et le vent (202Prod, 2016)

Julia Kent : Ebb / Flicker / Fall (p. 1 - 3 - 5), extraits de Character (The Leaf Label, 2013)

Ryan Teague : Cadastral Survey / Cascades / Prime Movers (p. 2 - 3 - 6, 9'30), extraits de Field Drawings (Village Green, 2011)

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