L'Esprit des Lieux.

La musique qui m'importe

est

la musique qui m'emporte.

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Musiques Singulières

Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques différentes (plus ou moins selon l'humeur !). D'autres arts s'invitent régulièrement.
L'index des musiciens présents dans ces colonnes est à votre disposition dans la catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures, avec rediffusion le dimanche dans l'après-midi .

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Samedi 24 décembre 2011 6 24 /12 /Déc /2011 23:54

Des matériaux recyclés deviennent des machines sonores, des machines à rêver : " Les machines merveilleuses :  installations mécaniques sonores"

Il s'agit d'un parcours de construction de machines analogico-mécaniques qui produisent des sons et éveillent un monde merveilleux. Ces machines sont issues du recyclage créatif de matériaux et déchets industriels. De ce Laboratoire sont nées les machines musicales de l'Océan et de l'expérience de pirophonie.

Jusqu'a ce jour, ont été imaginées, conçues et fabriquées des machines qui fonctionnent et produisent des sons à travers l'eau, l'air et le feu ; ce sont les principaux instruments utilisés lors de la performance avec une guitarre basse associée à des effets, un mixer audio ...des sons mélodiques et des bruits naissent d'un volcan primitif comme du monde industriel...

 

C'est le texte envoyé par Luca Valisi, l'un des membres de Pirofonia. Une présentation de leur travail dans la vidéo ci-dessous, sinon allez voir le très beau site Tana -Creatures, notamment la superbe vidéo "Tana 07".

 

 

Par Dionys - Publié dans : Nouvelles des nouvelles musiques - Communauté : Toutes les musiques
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 19:03

   Avec un peu de recul, je vous propose un panorama des musiques singulières de 2010. Classement subjectif, fluctuant selon l'humeur, qui procède par "blocs", tant il est impossible de décréter qui est le meilleur dans un ensemble de disques magnifiques. Disons que le bloc 1 correspond à ce que j'appelle "les absolus" : il comprend deux rééditions, j'assume, c'est le côté "INACTUELLES", auquel je tiens. Les noms des interprètes sont en italiques pour les différencier des compositeurs. Les liens vers les chroniques sont dans les titres des albums, au centre. Vous remarquerez que figurent des disques non chroniqués, parce que je n'ai pas pris le temps de le faire, et que finalement je les aime bien, en dépit de leurs imperfections.

Meph. - Tu penses à Élastik, par exemple.

Dio. - Oui, parce que tu as insisté...

Meph. - Les participations d'Horror 404 me ravissent !

Dio. - Je sais que tu te complais dans le sombre.

Meph. - Ça réveille, ça décape ! Salutaire ! Mais pourquoi Natacha Atlas, dont tu n'as jamais parlé ? Tu te guimauvises ?

Dio. - Nostalgie d'Orient, besoin de suavité. Elle figure quand même dans certains programmes d'émissions. Ce qui reste des musiques du monde, que je fréquentais davantage voilà quelques années.

Meph. - Un grand merci pour avoir fait figurer Kafka, excellent groupe français de post-rock.

Dio. - J'aime assez ce lyrisme flamboyant des guitares. Mais laissons nos amis internautes découvrir notre rétrospective, sans doute cruellement incomplète. D'autant que certains musiciens ont disparu mystérieusement de la sélection...

Meph. - Tu es imprévisible ! Nous attendons de pied ferme leurs suggestions enthousiastes, indignées. Il nous restera à constituer des addenda...

Dio. - Et à rejoindre les cortèges de pénitents noirs, je te vois venir...


1/ David Mahler              Only Music Can save Me Now                  New World Records

Alvin Curran                      Solo Works : the 70's                                  New World Records

Élodie Lauten                     piano works                                                Unseeen Worlds Records

Jeroen van Veen & Friends  Minimal piano Collection (Vol.X-XX)    Brilliant Classics

Disques Année 2010 bloc 1

2/ Grand Valley State University New Music Ensemble

                                                  In C remixed                                               Innova Recordings

Terry Riley                            In C (par le Salt Lake Electric Ensemble)  (autoproduit)

itsnotyouitsme                      Fallen monuments                                      New Amsterdam Records

Steve Reich                           Double Sextet / 2x5                                     Nonesuch

Disques Année 2010 bloc 2

3/ Maya Beiser                    Provenance                                                  Innova Recordings

Nico Muhly                          I drink the air before me                             Bedroom Community

Sarah Kirkland Snider       Penelope                                                     New Amsterdam Records

Peter Broderick                   How they are                                              Bella Union

Disques Année 2010 bloc 3

4/ Brian Eno                         Small Craft on a milk sea                           Opal / Warp

Autechre                               Oversteps                                                    Warp

Psychoangelo                     Panauromni                                                 Innova Recordings

Guillaume Gargaud           Lost Chords                                                DeadPilot Records

Disques Année 2010 bloc 4

5/ Olivier Capparos & Lionel Marchetti

                                                 Kitty Hawk, le sable et le vent                    Césaré

Fuse Ensemble                     L'Usina mekanica                                       (autoproduit) 

So Percussion / Matmos    Treasure state                                              Cantaloupe Music

Alva Noto & Blixa Bargeld  mimikry                                                      Raster-Noton

Disques Année 2010 bloc 5

6/  Antony & the Johnsons  Swanlights                                                Rough Trade

Max Richter                           Infra                                                            FatCat

Victoire                                   Cathedral City                                            New Amsterdam Records

Slow Six                                 tomorrow becomes you                              Western Vinyl

Disques année 2010 bloc 6

7/ Laurie Anderson             Homeland                                                   Nonesuch

Clogs                                       The Creatures in the garden of Lady Walton

                                                                                                                     Brassland

Sig                                            Freespeed sonata                                       Makasound

Elastik                                       Metalik                                                      Sounds Around Records

Disques Année 2010 bloc 7

  8/ Pantha du Prince                  Black noise                                                 Rough Trade

Kafka                                       Geografia                                                    Pyromane Records

Dawn of Midi                          First                                                            Accretions

Brain Damage                          Burning before sunset                                 Jarring Effects

Disques Année 2010 bloc 8

Natacha Atlas                          Mounqaliba                                                 World Village / Harmonia Mundi

Par Dionys - Publié dans : Classements - Communauté : Toutes les musiques
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 16:21

Michael Gordon Timber    Michael Gordon, l'un des trois cofondateurs du festival Bang On A Can, ce creuset formidable où se rencontrent les énergies des musiques pop-rock et la rigueur de l'écriture contemporaine, avait décidé de quitter pour un temps le domaine orchestral, dans lequel il avait donné des pièces amples, ambitieuses. Invité en 2009 par le Slagwerk Den Haag, un ensemble de jeunes percussionnistes néerlandais, il a donc décidé que Timber serait pour des percussions non accordées, et que chaque percussionniste ne jouerait que d'un instrument. Il voyait le processus compositionnel comme un voyage dans le désert, espérant que le paysage désolé et la lutte pour la survie l'aideraient à clarifier son esprit et lui apporteraient des visions... Tel est le point de départ d'une des œuvres les plus abouties, les plus stupéfiantes de Michael Gordon, qui m'avait moyennement convaincu dans ses grandes "machines" orchestrales comme Decasia (2001). Avec cette pièce, je le retrouve au meilleur de son énergie, de son sens inné de la transe.

    Comme il voulait une percussion au son très sec, proche de l'électronique, après quelques essais le directeur artistique de l'ensemble néerlandais, Fedor Teunisse, lui a apporté des simantras en bois qu'ils conservaient parmi leurs instruments et matériaux divers. Ce beau mot désigne d'abord uneSimantras percussion liturgique grecque. Iannis Xenakis en a utilisé. Ce sont plus couramment des poutres de bois, appelées 2x4, posées sur des sortes de tréteaux, frappées avec des mailloches. Le défi, c'était en somme de produire de la musique avec...des matériaux de construction ! On entend bien la frappe très claire, qui produit des champs harmoniques évidemment exploités par Michael Gordon.

   La composition, en cinq parties pour presque cinquante-cinq minutes, est fondée sur des motifs montant et descendant. Les six interprètes forment un cercle, chacun frappant un seul simantra, puis deux dans les parties quatre et cinq. Curieusement, on est très vite enveloppé par les vagues rythmiques produites par les frappes rapprochées. Si la pièce exige concentration et virtuosité de ses exécutants, elle exerce sur l'auditeur une fascination hypnotique impressionnante. Sous le crépitement des chocs circulent des nappes sonores profondes, fluides. Comme de la lave qui se vaporiserait dans des halètements, des lâchers de bulles rutilantes. Et n'imaginez surtout pas que l'on s'ennuieMichael Gordon Timber 6 pendant l'écoute, tant la composition est vivante, animée de mouvements quasi respiratoires, de girations, de contractions et d'expansions qui font de l'œuvre un nuage percussif, une constellation mou vante, un univers en soi !

   Le boîtier en bois massif, si agréable au toucher, est un prolongement naturel de cette composition magistrale : l'équipe de Cantaloupe ne néglige rien !

Paru chez Cantaloupe Music en 2011 / 5 titres / 55 minutes

Pour aller plus loin

- Timber en écoute sur Soundcloud.

- un extrait en public, interprété par le Slagwerk Den Haag le 27 novembre 2011 à Utrecht:

 

 

- si vous souhaitez écouter d'autres compositions de Michael Gordon, ma sélection (provisoire...) :

Michael-Gordon-Selection.jpeg

 

Trance est initialement sorti sur le label Argo en 1996, avec une autre couverture / Weather et Light is calling chez Nonesuch Records en 1998 et 2004.

Programme de l'émission du lundi 5 décembre 2011

Amute : drive / violent blur (Pistes 7-8, 9'), extraits de Black Diamond blues (Humpty Dumpty Records, 2011)

Doctor Flake : Lost on the beach / Hollow people (p.1-2, 7'30), extrait de Flake up (New Deal records / Differ-Ant, 2011)

David Lynch : Pinky's dream / Good day today (1-2), extrait de Crazy clown time (Sunday Best Recordings, 2011)

Elastik : Ekymose / Automatik (p.2-3, 10'), extraits de Critik (Koma Records, 2011)

Michael Gordon : Part 2 (p.2, 12'11), extrait de Timber (Cantaloupe Music, 2011)

Par Dionys - Publié dans : David Lang, Bang On a Can & alentours - Communauté : Toutes les musiques
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 15:38

Jeroen-van-Veen-Minimal-piano-collection-X-XX.jpg   Jeroen van Veen, compositeur et pianiste néerlandais, est un infatigable ambassadeur du minimalisme. Le deuxième volet de l'anthologie Minimal piano Collection, commencée en 2007 sur le label Brilliant Classics, est sorti depuis un an. Un travail monumental à mettre en parallèle avec l' Anthology of noise and electronic music dirigée par Guy Marc Hinant sur le label bruxellois Sub Rosa. Le coffret rassemblant les dix premiers volumes pour piano solo se terminait sur une adaptation pour plusieurs pianos de l'incontournable "In C" (version, à ma connaissance, la plus récente ici) de Terry Riley, transition vers ces nouveaux Cds consacrés aux compositions pour deux à six pianos.

   Ceux-ci s'ouvrent sur les soixante-dix-neuf minutes et seize secondes des vingt-cinq sections du "Canto Ostinato" de son compatriote Simeon ten Holt, né en 1923, qui fut l'élève à Paris d'Arthur Honegger et de Darius Milhaud : une adaptation pour deux pianos, interprétée par Jeroen et son épouse Sandra, de cette composition monumentale, à l'origine pour quatre pianos, écrite entre 1976 et 1979. Magnifique entrée que cette musique d'une incroyable fraîcheur, au rythme entraînant, constamment chantante : l'auditeur est porté par une douce houle, dont la surface est aérée par des bulles mélodiques récurrentes. Cette musique est naïve, dans la plus belle acception du terme, animée d'un rêve de jouvence, de perpétuelle renaissance. Vous voilà prêts au long bain de vigueur qu'est le minimalisme bien compris, chaque Cd gorgé à bloc. Si les minimalistes américains se taillent évidemment la part du lion, vous y rencontrerez aussi le sud-africain Kevin Volans, l'anglais Tim Seddon, le russe Alexander Rabinovitch, l'estonien Arvo Pärt, le belge  Wim Mertens, quelques autres néerlandais, mais aucun français...la renommée de Frédéric Lagnau étant peut-être trop limitée. Je n'irai pas jusqu'à dire que tout est admirable dans ces dix volumes, mais que de pages splendides rassemblées : le "Long night" de Kyle Gann  pour trois pianos, "Two pianos" et "Piece for four pianos" de Morton Feldman, "Piano phase" et "Six pianos" (évidemment !) de Steve Reich, avec un volume XIX extraordinaire. D'abord , du Philip Glass, du meilleur : "In Again Out Again" (en écoute plus bas), de 1968, une pièce qui s'apparente à "Piano phase" de  Steve Reich, avec une structure en miroir, chaque pianiste jouant vingt motifs, le premier de 1 à 20, le second de 20 à 1. Puis "Theme von Wiek", de son compatriote Douwe Eisenga, une de mes belles découvertes récentes : une ronde envoûtante, gracieuse, tout en transparences mélancoliques. Puis les deux pianistes attaquent "Orpheus Over and Under" (en écoute aussi plus bas) de David Lang, composition de 1989 basée sur des tremolos crescendo et decrescendo, en strumming à la Charlemagne Palestine, mais avec la rigueur implacable de David. C'est un obstiné forage pour accoucher d'une beauté vertigineuse. Enfin le capricieux et concertant "Incanto" (en écoute plus bas) du pianiste-compositeur lui-même, inspiré par sa machine à café de marque Incanto, nous confie-t-il, et par une chanson pop qu'il écoutait beaucoup dans sa voiture, chanson réduite, augmentée, variée : pièce enjouée, qui caracole en grapillant des notes nouvelles, rebondit, virevolte, se suspend pour mieux repartir.

   La musique minimaliste est au fond un hymne vibrant au bonheur de vivre, un refus de la crise, de la déprime fabriquée par des médias trop souvent aux bottes de la finance ivre de son pouvoir illusoire. Il faut revenir aux sources, par delà les artefacts d'une civilisation égarée.

Paru en 2010 chez Brilliant Classics / 10 Cds / 83 pièces / 854 minutes

Pour aller plus loin

- le site de Jeroen van Veen

- l'intégrale de "Canto Ostinato" de Simeon ten Holt, en concert à Eindhoven le 2 avril 2011, interprété par Jeroen et Sandra van Veen, Elizabeth et Marcel Bergmann :

 

 

- trois des quatre pièces du volume XIX en écoute :

 

Programme de l'émission du lundi 28 novembre 2011

Amute : Black diamond blues / thierry / so easy to fall (pistes 4-5-6, 13'30), extraits de Black Diamond blues (Humpty Dumpty Records, 2011)

Max Richter : on the nature of daylight (p.2, 6'12), extrait de The Blue Notebook (FatCat Records, 2004)

Jasha Narveson : Ripple (p.10, 4'59), extrait de Fast Jump du pianiste Danny Holt (Innova, 2009)

Christopher Roberts : The Channel (p.2, 9'22), extrait de Last Cicada singing (Cold Blue Music, 2009)

Michael Gordon : Timber 1 (p.1, 8'33), extrait de Timber (Cantaloupe Music, 2011)

Alain Kremski : L'Oubli, l'Eau et les Songes (p.6, 7'05), extrait de Résonances / mouvements.. (Cézame/Iris, 2009)

Par Dionys - Publié dans : Musiques contemporaines / expérimentales - Communauté : Toutes les musiques
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 17:16

 Amute-Black-Diamond-Blues.jpg  Dès le premier titre, j'ai su que je chroniquerai cet album, le quatrième d'Amute, pseudonyme du musicien belge Jérôme Deuson. "When it begins", entrée éblouissante, nous emporte d'emblée par son lyrisme sombre, tendu, celui d'un Tangerine Dream des premiers albums, Phaedra (1974) surtout avec l'envoûtant "Mysterious semblance at the strand of nightmares" : vagues de claviers, chavirements grandioses sur les rivages de l'Ailleurs, voix archangéliques lointaines, tout cela s'échouant sur quelques notes de guitare. Les marteaux piqueurs flous ouvrant le titre suivant, "Everyday is", donnent la couleur d'une pièce à la fois plus industrielle, puissante, post rock aussi pour tout dire, et en même temps toujours dans une veine ambiante et électronique, quelque part entre un Tim Hecker sur son orgue dans une cathédrale abandonnée et presque un Père Ubu par les vocaux rageurs, d'une pâte très épaisse.

Méph. - Ah oui, ça fait du bien !

Dio. - Tiens, il faut que tu t'en mêles ?

Méph. - Je suivais avec inquiétude ta dérive vers une quiétude néo-classicisante soporifique...

Dio. - Je ne réponds pas à tes insinuations. Parfois, je me demande si tu n'es pas sourd : comme quoi malice ne rime pas avec finesse de l'oreille...Ce qui compte, c'est que tu me rejoignes !

Méph. - Merci pour les compliments. Je reviens à l'album. "Fast forward the past" est une belle ballade post rock, guitare lumière dans une temporalité distendue - on a l'impression que le temps patine - peuplée d'étranges objets sonores qui envahissent le devant de la scène, chœurs voilés...

Dio. - Quant au titre éponyme, il ne ment pas. Nappes d'anthracite, forages dans des mines étranges, envols légers nimbés d'une atmosphère irréelle.

Meph. - Appelle ça par son nom, de la poésie sonore, attention pas de la mièvre, de la brute, pleine de chauves-souris dont les ailes battent dans le noir profond.

Dio. - Et l'on descend encore avec "Thierry" où soufflent des vents souterrains violents de particules électroniques : guitare distordue en flamme, quelque chose d'infernal, non ?

Meph. - Tu me tends la perche : Thierry doit être un damné dont le corps torturé produit ce qu'on n'attendrait pas de lui, une fulgurance sourde, belle...Le titre suivant me semble autoriser mon audace : "So easy to fall", chant fragile et maladroit en boucles hypnotiques, bientôt se gonflant d'énergies telluriques, puissamment rythmées. Superbe métamorphose, les damnés se redressent et clament du fond des cavernes obscures. J'applaudis !

Dio. - Dans ce contexte, "Drive" est d'abord un miracle de transparence avant de devenir l'hymne doucement implacable de la délivrance : une force est en marche, irrésistible, fascinante.

Meph. - Dont "Violent blur" serait la dispersion dans les espaces infinis. On arrive logiquement - par la logique imaginaire de cette musique visionnaire - dans le "Desert" du titre neuf, titre lentement pulsé, le plus ambiant, hanté par des voix fragmentées, murmurantes, de lumineuses et glauques sidérations. Comme un territoire à réinventer, d'où la remontée des énergies, le superbe crescendo habillé de violoncelle sensuel, menacé en fin de parcours par une dépression lourde déchirée d'une clarté déclinante. Nous voici au pays du "Dead hero", balayé de drones opaques animés de déflagrations intérieures : puis un paysage désolé envahi par une rythmique machinique...

Dio. - Un disque très intense, sombre...

Meph. - Déjà dit, vieux ! Mieux que cela : un superbe opéra des espaces enfouis, une odyssée ténébreuse, qui réussit une confondante fusion entre l'acoustique et l'électronique. Les amateurs de Guillaume Gargaud, et de quelques autres créateurs inspirés, seront ravis !

Dio. - Et c'est publié par un label indépendant bruxellois, Humpty Dumpty Records, que nous saluons chaleureusement. 

Paru chez Humpty Dumpty Records en Octobre 2011/ 10 titres / 46 minutes

Pour aller plus loin

- le disque est en écoute sur la page du label consacrée à l'album.

- une fausse vidéo pour le premier titre :

 

 

Programme de l'émission du lundi 21 novembre 2011

Jody Redhage : paint box / of minutiae and memory (Pistes 2-3, 13'30), extraits de of minutiae and memory (New Amsterdam Records, 2011)

Amute : when it begins / everybody is / fast forward the past (p.1-2-3, 14'), extraits de Black Diamond blues (Humpty Dumpty Records, 2011)

Wim Mertens : Man-in-person / The biggest fable of (p.8 Cd1- p.2/Cd2, 12'40), extrait de Series of Ands / Immediate Givens (Usura -EMI, 2011)

itsnotyouitsme : I will watch the sky until the end of my time (p.6/Cd2, 12'06), extrait de Everybody's pain is magnificent (New Amsterdam Records, 2011)

Par Dionys - Publié dans : Pop-rock, dub et chansons alentours - Communauté : Post rock, expérimental...
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