Terry Riley a longtemps refusé de composer des oeuvres rentrant dans les catégories occidentales. Pas question d'écrire des quatuors à cordes...jusqu'au jour où la rencontre avec David Harrington, premier violon et cheville ouvrière du Kronos Quartet( photo ci-contre), l'amena à réexaminer la question. Par amitié, il répondit aux instances de David, et ainsi naquirent les quatuors rassemblés sous le titre Cadenza On The Night Plain, sortis en 1988 chez Gramavision. Terry Riley s'imposait d'emblée dans ce domaine difficile. Explorant les propriétés spirituelles, pour ainsi dire, des cordes, et se servant de sa maîtrise du chant indien, il parvint à une synthèse étonnante entre la forme quatuor à l'occidentale et le raga indien.
L'année suivante, la collaboration avec le Kronos Quartet débouche sur la parution d'un double album, Salome dances for peace, chez Elektra:Nonesuch. Salome ne dance plus pour le tétrarque Hérode Antipas. La fille d'Hérodiade ne danse plus pour demander la tête de Jean-Baptiste, non, c'est une autre histoire qu'imagine Terry dans les notes qui accompagnent cette longue oeuvre. Peu importe à vrai dire, la musique est là pour prouver qu'il s'est approprié la forme quatuor pour en faire un voyage spirituel.

Rappel : reprise de l'émission le deuxième dimanche de septembre.
par dionys
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Terry Riley
Je p
rofite de l'été pour décoller davantage de l'actualité, qui nous entraîne impitoyablement en avant, nous impose les sorties innombrables d'une société d'hyper-consommation : sortons de l'hyper-marché, résistons aux stimuli et sachons regarder ailleurs, en arrière, à côté des feux illusoires de la rampe médiatique. Retour à l'essentiel, aux musiques fondamentales qui aident à construire l'être avant de le dépasser. Retour à Terry, le maître des claviers, l'improvisateur le plus génial de notre époque, l'homme des concerts-fleuves, des nuits d'envolées psychédéliques, des chevauchées transcendantes. L'un des fondateurs de la musique minimaliste répétitive avec In C, en do majeur, composée en 1964 : 53 motifs, "patterns", à répéter par chaque interprète, chacun d'eux étant libre de répéter le motif autant de fois qu'il le désire avant de passer au motif suivant, d'où la création d'une tapisserie sonore chatoyante, ondulante comme l'infini qu'elle semble condenser. Je ne reviens pas sur la biographie de ce musicien né en 1935, imprégné de jazz, de musique contemporaine, formé par un maître indien pendant plusieurs années. T
erry Riley est le plus occidental des musiciens orientaux, voilà ce qu'on pourrait dire de son oeuvre immense, si mal connue en France.
Ce premier billet met l'accent sur deux disques. Shri Camel, sorti en 1978 chez CBS, - album, que j'avais en vinyl et que je viens de recevoir en laser, reste une merveille : Terry, à l'orgue électronique modifié pour atteindre une "intonation juste", avec un système d'écho numérisé, crée une oeuvre psychédélique au sens fort, orientale, qui peut tisser jusqu'à seize nappes d'orgue simultanément, atteignant une complexité vertigineuse, d'une beauté stupéfiante. Laissez-vous porter jusqu'au "Desert of ice"...Et regardez bien la pochette, perdez-vous en elle comme dans la musique...
Le second est un double album sorti en 1986 chez Celestial Harmonies, The Harp of New Albion. L'idée de départ est de traiter le piano comme une harpe, d'où un instrument qui sonne autrement, dépaysant. Les onze mouvements de cette vaste pièce sont improvisés, mais jalonnés d'éléments composés qui structurent l'ensemble. L'utilisation d'un Bösendorfer Imperial permet de tirer du piano comme un orchestre complet. Les sons fondamentaux se fondent dans un halo constant d'harmoniqu
es. Pris dans la fougue pianistique de Terry, on a un peu l'impression de vivre à l'intérieur de la chevelure splendide d'une comète.
Quelques extraits (d'autres disques) à écouter ici.
Le site officiel de Terry Riley. Pour finir un vieil adage soufi cité par Terry :
La pensée qui est planifiée est tradition.
La pensée qui n'est pas planifiée est imagination.
La pensée qui est les deux à la fois est l'esprit.
rofite de l'été pour décoller davantage de l'actualité, qui nous entraîne impitoyablement en avant, nous impose les sorties innombrables d'une société d'hyper-consommation : sortons de l'hyper-marché, résistons aux stimuli et sachons regarder ailleurs, en arrière, à côté des feux illusoires de la rampe médiatique. Retour à l'essentiel, aux musiques fondamentales qui aident à construire l'être avant de le dépasser. Retour à Terry, le maître des claviers, l'improvisateur le plus génial de notre époque, l'homme des concerts-fleuves, des nuits d'envolées psychédéliques, des chevauchées transcendantes. L'un des fondateurs de la musique minimaliste répétitive avec In C, en do majeur, composée en 1964 : 53 motifs, "patterns", à répéter par chaque interprète, chacun d'eux étant libre de répéter le motif autant de fois qu'il le désire avant de passer au motif suivant, d'où la création d'une tapisserie sonore chatoyante, ondulante comme l'infini qu'elle semble condenser. Je ne reviens pas sur la biographie de ce musicien né en 1935, imprégné de jazz, de musique contemporaine, formé par un maître indien pendant plusieurs années. T
erry Riley est le plus occidental des musiciens orientaux, voilà ce qu'on pourrait dire de son oeuvre immense, si mal connue en France. Ce premier billet met l'accent sur deux disques. Shri Camel, sorti en 1978 chez CBS, - album, que j'avais en vinyl et que je viens de recevoir en laser, reste une merveille : Terry, à l'orgue électronique modifié pour atteindre une "intonation juste", avec un système d'écho numérisé, crée une oeuvre psychédélique au sens fort, orientale, qui peut tisser jusqu'à seize nappes d'orgue simultanément, atteignant une complexité vertigineuse, d'une beauté stupéfiante. Laissez-vous porter jusqu'au "Desert of ice"...Et regardez bien la pochette, perdez-vous en elle comme dans la musique...
Le second est un double album sorti en 1986 chez Celestial Harmonies, The Harp of New Albion. L'idée de départ est de traiter le piano comme une harpe, d'où un instrument qui sonne autrement, dépaysant. Les onze mouvements de cette vaste pièce sont improvisés, mais jalonnés d'éléments composés qui structurent l'ensemble. L'utilisation d'un Bösendorfer Imperial permet de tirer du piano comme un orchestre complet. Les sons fondamentaux se fondent dans un halo constant d'harmoniqu
es. Pris dans la fougue pianistique de Terry, on a un peu l'impression de vivre à l'intérieur de la chevelure splendide d'une comète.Quelques extraits (d'autres disques) à écouter ici.
Le site officiel de Terry Riley. Pour finir un vieil adage soufi cité par Terry :
La pensée qui est planifiée est tradition.
La pensée qui n'est pas planifiée est imagination.
La pensée qui est les deux à la fois est l'esprit.
par dionys
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Terry Riley
Trois pays, trois traditions, trois pianistes qui se distinguent par une audace tranquille. L'air de rien
, ils sortent chacun à leur manière un courant musical de la sclérose.
Le norvégien Tord Gustavsen tord le cou (tordant, non ?) à un jazz qui court après la performance, comprise comme une démonstration de virtuosité, de maîtrise, culminant dans le solo pendant lequel les autres instrumentistes éventuels se taisent pour mieux faire ressortir le talent du maestro. Il rompt aussi avec un certain type de phrasé devenu très prévisible, bref avec tout ce qui, dans le jazz, relève d'une extériorité vite creuse. Il choisit des lignes mélodiques d'une grande simplicité, explorées avec retenue, délicatesse : un minimum de notes pour camper une ambiance. Suggérer plutôt que d'assener, démontrer, voilà sa ligne, qui privilégie l'intériorité, l'exploration de l'âme. Harald Johnsen à la basse et Jarle Vespestad aux percussions sertissent le piano dans un écrin léger, tout en frémissements, frottements, ponctuations sensibles. Sans doute son rôle d'accompagnateur de la chanteuse Silje Nergaard a-t-il contribué à cette discrétion du trio et de son compositeur, mais c'est surtout le fruit d'une démarche consciente (cf biographie).Ses trois albums en trio, le premier date de 2003, constituent à ses yeux une trilogie, l'approfondissement d'une voie : calme, réconfort et émotion garantis pour l'auditeur ! Quelques extraits sur le site du pianiste ici.



, ils sortent chacun à leur manière un courant musical de la sclérose. Le norvégien Tord Gustavsen tord le cou (tordant, non ?) à un jazz qui court après la performance, comprise comme une démonstration de virtuosité, de maîtrise, culminant dans le solo pendant lequel les autres instrumentistes éventuels se taisent pour mieux faire ressortir le talent du maestro. Il rompt aussi avec un certain type de phrasé devenu très prévisible, bref avec tout ce qui, dans le jazz, relève d'une extériorité vite creuse. Il choisit des lignes mélodiques d'une grande simplicité, explorées avec retenue, délicatesse : un minimum de notes pour camper une ambiance. Suggérer plutôt que d'assener, démontrer, voilà sa ligne, qui privilégie l'intériorité, l'exploration de l'âme. Harald Johnsen à la basse et Jarle Vespestad aux percussions sertissent le piano dans un écrin léger, tout en frémissements, frottements, ponctuations sensibles. Sans doute son rôle d'accompagnateur de la chanteuse Silje Nergaard a-t-il contribué à cette discrétion du trio et de son compositeur, mais c'est surtout le fruit d'une démarche consciente (cf biographie).Ses trois albums en trio, le premier date de 2003, constituent à ses yeux une trilogie, l'approfondissement d'une voie : calme, réconfort et émotion garantis pour l'auditeur ! Quelques extraits sur le site du pianiste ici.




Le sévillan Diego Amador, né en 1973 (Gustavsen est de 1970) dans une famille de gitans, aborde quant à lui la tradition flamenca ...au piano. "Guitariste frustré", comme il se définit lui-même, il aborde son piano comme une guitare, utilisant parfois ses ongles, attaquant directement les cordes au besoin. Quelque part entre jazz, musique contemporaine et flamenco, cet improvisateur autodidacte bouscule les règles, impose son énergie et sa virtuosité - nous sommes aux antipodes de Gustavsen !, sans cesser de faire chanter son instrument. Et il a réussi à m'intéresser à ce flamenco qui souvent m'exaspère par ses postures, ses mimiques, ce qui n'est pas un mince prodige...Piano Jondo, qui vient se sortir, est en fait son second solo après El aire de lo puro en 2001. Ecoutez notamment le prodigieux titre 7, Seguiriya de Pildorilla, avec passages très contemporains, changements rythmiques imprévus, cordes pincées, doublage à la guitare et claquements des mains sur la fin. Un site très généreux vous permettra d'écouter et télécharger cette musique éblouissante.
Pianiste de formation classique, le grec Vassilis Tsabropoulos joue notamment Rachmaninov ou Prokofiev, mais participe aussi depuis plusieurs années à des expériences jazz en trio. Avec Akroasis, sorti en 2003, il revient aux racines de la musique grecque, à savoir les hymnes de la liturgie byzantine, pour en donner un éclairage nouveau, plus pianistique comme il dit, sous l'angle de la musique improvisée. " Son côté intemporel et sa simplicité expressive peuvent parler à n'importe qui, pas seulement aux pratiquants", affirme-t-il. Le disque propose la relecture de cinq hymnes, auxquels s'ajoutent trois compositions personnelles. De l'austère majesté des amples phrases mélodiques, parfois répétées, variées, entrecroisées, finit par se dégager une sérénité mystérieuse, tournoyante, intemporelle. Des extraits de deux hymnes sur le site du pianiste.
Cette dernière émission avant la reprise de septembre aura été introduite par les créations électroniques d'An On Bast, compositrice polonaise déjà présentée dans de précédents articles. C'est à mon sens le même esprit qui les réunit : partir de la tradition, se nourrir d'elle, pour créer les musiques d'aujourd'hui. N'a-t-elle pas utilisé du Lizst comme échantillon pour l'une de ses pièces les plus abouties, son De profundis ?
An On Bast : Minimal walking (piste 4, 5' 17)
Whocat (p.5, 4' 40)
De Profundis (p.6, 6' 21), extraits de Welcome scissors (2006)
Tord Gustavsen Trio : Vicar street (p.2, 3' 46)
Karmosin (p.7, 5' 12)
Where we went (p.9, 4' 49)
Vesper (p.12, 4' 30), extraits de Being there(ECM, 2007)
Diego Amador : Solea del Churri (p.1, 7' 43)
Pa los viejitos (p.2, 4' 33)
Seguiriya de pildorilla (p.7, 9' 54), extraits de Piano Jondo(World Village, 2007)
Tord Gustavsen Trio : Tears transforming (p.1, 5' 38)
The Ground (p.12, 7' 16), extraits de The ground(ECM, 2004)
Turning point (p.7, 5' 52), extrait de Changing places( ECM, 2003)
Vassilis Tsabropoulos : Hymns I & II (p.1-2, 10')
The secret garden (p.4, 5' 58), extraits de Akroasis(ECM, 2003)

Pianiste de formation classique, le grec Vassilis Tsabropoulos joue notamment Rachmaninov ou Prokofiev, mais participe aussi depuis plusieurs années à des expériences jazz en trio. Avec Akroasis, sorti en 2003, il revient aux racines de la musique grecque, à savoir les hymnes de la liturgie byzantine, pour en donner un éclairage nouveau, plus pianistique comme il dit, sous l'angle de la musique improvisée. " Son côté intemporel et sa simplicité expressive peuvent parler à n'importe qui, pas seulement aux pratiquants", affirme-t-il. Le disque propose la relecture de cinq hymnes, auxquels s'ajoutent trois compositions personnelles. De l'austère majesté des amples phrases mélodiques, parfois répétées, variées, entrecroisées, finit par se dégager une sérénité mystérieuse, tournoyante, intemporelle. Des extraits de deux hymnes sur le site du pianiste.Cette dernière émission avant la reprise de septembre aura été introduite par les créations électroniques d'An On Bast, compositrice polonaise déjà présentée dans de précédents articles. C'est à mon sens le même esprit qui les réunit : partir de la tradition, se nourrir d'elle, pour créer les musiques d'aujourd'hui. N'a-t-elle pas utilisé du Lizst comme échantillon pour l'une de ses pièces les plus abouties, son De profundis ?
An On Bast : Minimal walking (piste 4, 5' 17)
Whocat (p.5, 4' 40)
De Profundis (p.6, 6' 21), extraits de Welcome scissors (2006)
Tord Gustavsen Trio : Vicar street (p.2, 3' 46)
Karmosin (p.7, 5' 12)
Where we went (p.9, 4' 49)
Vesper (p.12, 4' 30), extraits de Being there(ECM, 2007)
Diego Amador : Solea del Churri (p.1, 7' 43)
Pa los viejitos (p.2, 4' 33)
Seguiriya de pildorilla (p.7, 9' 54), extraits de Piano Jondo(World Village, 2007)
Tord Gustavsen Trio : Tears transforming (p.1, 5' 38)
The Ground (p.12, 7' 16), extraits de The ground(ECM, 2004)
Turning point (p.7, 5' 52), extrait de Changing places( ECM, 2003)
Vassilis Tsabropoulos : Hymns I & II (p.1-2, 10')
The secret garden (p.4, 5' 58), extraits de Akroasis(ECM, 2003)

Reprise de l'émission le deuxième dimanche de septembre. D'ici là, je vais essayer d'envoyer un ou deux billets, rien de garanti. Tout déconnecter, pour mieux continuer !
par dionys
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Musiques intemporelles
David Shea ouvre l'émission depuis plusieurs années avec un extrait de l'album Satyricon. Il était temps de lui rendre un vibrant hommage ! Et de souligner l'importance d'un label comme Sub Rosa (cf. l'article, et le site de ce label belge), sans doute l'un des plus radicaux, des plus décalés depuis au moins vingt ans, mais bien sûr fort mal distribué en France. J'ai heureusement fini par trouver un bon filon pour me procurer les disques précieux sous la Rose, ainsi que de très nombreux labels passionnants : nulle doute que l'émission et ce blog y gagneront encore en diversité surprenante. Tout est parti ce soir de l'un des derniers disques de David, The Book of scenes, une oeuvre pour alto, piano et électronique.
Né dans le Massachusetts en 1965, David Shea s'installe à New-York en 1985 après des études musicales. Il est alors actif dans des collectifs comme Cobra, se produit avec l'ensemble de John Zorn notamment, travaille comme DJ dans divers clubs, écrit de la musique pour des films. Adepte de l'improvisation libre et de l'électronique, il s'interesse depuis le début des années 90 aux échantillonneurs, qu'il a contribué récemment à perfectionner.Continuant à participer à des concerts, il est attentif à faire de l'échantillonneur un instrument à part entière, qui joue sa partition comme les autres et peut même se produire en solo. Sa production récente associe instrumentistes et échantillonneur pour produire soit des "symphonies" d'un nouveau type, où le matériau acoustique est fondu dans un prodigieux travail sur le son, comme en témoignent les albums Satyricon ou Tryptich, soit des mises en scene de chambre, où l'électronique enveloppe les instruments dans une ambiance sonore qui n'est pas sans rappeler les musiques de film. Chorégraphes et vidéastes font souvent appel à lui, tant ses musiques suscitent des images, comme vous allez le voir. Il a une vingtaine de disques à son actif, participe à de nombreux festivals et vit maintenant à Bruxelles.
Ecrit pour le pianiste Jean-Philippe Collard-Neven et l'altiste Vincent Royer, ce Book of scenes propose vingt-neuf courtes scènes dont le principe exposé par le compositeur est à peu près le suivant : les instrumentistes, en direct, réagissent aux stimuli de leur environnement, échangent leurs rôles, considèrent ce qu'ils viennent de jouer comme des échantillons qu'ils retravaillent, arrangent, abolissant de fait la frontière entre l'acoustique et l'électronique, entre musique écrite et improvisation. Chaque pièce est un microcosme fascinant de précision délicate, avec des moments de grâce, des surprises continuelles : la musique convoque les éléments, les matières, les moments, les formes, pour inventer une beauté sauvage d'une légèreté rarement atteinte. Rien en elle qui pèse ou qui pose, pour paraphraser le poète... Un chef d'oeuvre à découvrir !


Tryptich, à mon sens une véritable symphonie électronique en trois mouvements, même s'ils sont d'origine diverse, est une oeuvre ambitieuse, qui brasse cultures et textures dans une constante magnificence sonore. Christian Jacquemin a choisi un extrait de la troisième partie pour sonoriser un petit film étonnant inspiré par le livre Espèce d'espaces de George Pérec (un peu de patience : une minute avec le texte de Pérec en off, puis plus de quatre minutes d'images et musique pures...Pour une présentation du film, cliquer ici). L'adéquation entre les images de synthèse(cf une ci-dessus)et la musique est totale.
Toujours chez Sub Rosa, un titre du groupe américain Nûs présent sur la compilation "New-York soundscape, september 1996", une édition limitée qui offre aussi un extrait de David Shea et un autre de Scanner. "the basis for the devil's argument" est extrait de leur second album , Inside is the only way out. Sur fond d'orgue ponctué d'éclats de guitare, de choeurs lointains, une belle chanson étirée avec une voix de crooner inspiré, atmosphère lourde au crescendo...diabolique. Pas de visuel à vous proposer, ni d'extrait ...
Pour finir, retour sur le groupe américain Various, parfois comparé à Portishead ou Massiv Attack,qui a sorti fin 2006 The World is gone, déjà présenté dans l'émission. Sa musique est rebelle à toute étiquette, entre ballades folk à la Pentangle et ti
tres dub ou trip-hop hypnotiques, le tout servi par des voix superbes. Un disque qu'on réécoute avec plaisir. J'aime bien leur petit chien, diable...
David Shea : Air // Radio weekend (pistes 1 à 7, 15') ,extraits de The Book of scenes(Sub Rosa, octobre 2005) Il était temps d'attraper l'album au vol, Inactuelles est là pour ça !
One ride pony (p.2, 10' 39)
Satyricon 2000 (p.3, 22' 59), extraits de Tryptich(Quatermass, 2001). Quatermass vient de Sub Rosa, est plus particulièrement centré sur les musiques électroniques.
Nûs : The basis for the devil's argument (p.2, 7' 28), extrait des Sub Rosa Sessions, New-York September 1996. Le titre se retrouve sur l'album original Inside is the only way out, sorti en 1999chez Sub Rosa.


Various : Sir (p.7, 3' 50)
Deadman (p.9, 3'09)
Today (p.10, 3' 45)
Fly (p.12, 5' 01),extraits de The World is gone(XL Recordings, 2006)
Né dans le Massachusetts en 1965, David Shea s'installe à New-York en 1985 après des études musicales. Il est alors actif dans des collectifs comme Cobra, se produit avec l'ensemble de John Zorn notamment, travaille comme DJ dans divers clubs, écrit de la musique pour des films. Adepte de l'improvisation libre et de l'électronique, il s'interesse depuis le début des années 90 aux échantillonneurs, qu'il a contribué récemment à perfectionner.Continuant à participer à des concerts, il est attentif à faire de l'échantillonneur un instrument à part entière, qui joue sa partition comme les autres et peut même se produire en solo. Sa production récente associe instrumentistes et échantillonneur pour produire soit des "symphonies" d'un nouveau type, où le matériau acoustique est fondu dans un prodigieux travail sur le son, comme en témoignent les albums Satyricon ou Tryptich, soit des mises en scene de chambre, où l'électronique enveloppe les instruments dans une ambiance sonore qui n'est pas sans rappeler les musiques de film. Chorégraphes et vidéastes font souvent appel à lui, tant ses musiques suscitent des images, comme vous allez le voir. Il a une vingtaine de disques à son actif, participe à de nombreux festivals et vit maintenant à Bruxelles.
Ecrit pour le pianiste Jean-Philippe Collard-Neven et l'altiste Vincent Royer, ce Book of scenes propose vingt-neuf courtes scènes dont le principe exposé par le compositeur est à peu près le suivant : les instrumentistes, en direct, réagissent aux stimuli de leur environnement, échangent leurs rôles, considèrent ce qu'ils viennent de jouer comme des échantillons qu'ils retravaillent, arrangent, abolissant de fait la frontière entre l'acoustique et l'électronique, entre musique écrite et improvisation. Chaque pièce est un microcosme fascinant de précision délicate, avec des moments de grâce, des surprises continuelles : la musique convoque les éléments, les matières, les moments, les formes, pour inventer une beauté sauvage d'une légèreté rarement atteinte. Rien en elle qui pèse ou qui pose, pour paraphraser le poète... Un chef d'oeuvre à découvrir !

Tryptich, à mon sens une véritable symphonie électronique en trois mouvements, même s'ils sont d'origine diverse, est une oeuvre ambitieuse, qui brasse cultures et textures dans une constante magnificence sonore. Christian Jacquemin a choisi un extrait de la troisième partie pour sonoriser un petit film étonnant inspiré par le livre Espèce d'espaces de George Pérec (un peu de patience : une minute avec le texte de Pérec en off, puis plus de quatre minutes d'images et musique pures...Pour une présentation du film, cliquer ici). L'adéquation entre les images de synthèse(cf une ci-dessus)et la musique est totale.
Toujours chez Sub Rosa, un titre du groupe américain Nûs présent sur la compilation "New-York soundscape, september 1996", une édition limitée qui offre aussi un extrait de David Shea et un autre de Scanner. "the basis for the devil's argument" est extrait de leur second album , Inside is the only way out. Sur fond d'orgue ponctué d'éclats de guitare, de choeurs lointains, une belle chanson étirée avec une voix de crooner inspiré, atmosphère lourde au crescendo...diabolique. Pas de visuel à vous proposer, ni d'extrait ...
Pour finir, retour sur le groupe américain Various, parfois comparé à Portishead ou Massiv Attack,qui a sorti fin 2006 The World is gone, déjà présenté dans l'émission. Sa musique est rebelle à toute étiquette, entre ballades folk à la Pentangle et ti
tres dub ou trip-hop hypnotiques, le tout servi par des voix superbes. Un disque qu'on réécoute avec plaisir. J'aime bien leur petit chien, diable...David Shea : Air // Radio weekend (pistes 1 à 7, 15') ,extraits de The Book of scenes(Sub Rosa, octobre 2005) Il était temps d'attraper l'album au vol, Inactuelles est là pour ça !
One ride pony (p.2, 10' 39)
Satyricon 2000 (p.3, 22' 59), extraits de Tryptich(Quatermass, 2001). Quatermass vient de Sub Rosa, est plus particulièrement centré sur les musiques électroniques.
Nûs : The basis for the devil's argument (p.2, 7' 28), extrait des Sub Rosa Sessions, New-York September 1996. Le titre se retrouve sur l'album original Inside is the only way out, sorti en 1999chez Sub Rosa.


Various : Sir (p.7, 3' 50)
Deadman (p.9, 3'09)
Today (p.10, 3' 45)
Fly (p.12, 5' 01),extraits de The World is gone(XL Recordings, 2006)
par dionys
publié dans :
Musiques contemporaines/électroniques


