Publié le 25 Février 2009

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   Je n'attends plus, le voici, dans sa diversité, son inachèvement. Comme d'habitude, le classement est indicatif, n'a aucune prétention à couvrir toutes les sorties de l'année. Disons que les dix premiers correspondent aux chocs majeurs. Dans les suivants, l'humeur peut faire beaucoup fluctuer le classement. Celui-ci mélange les genres, défend les artistes exigeants qui vont jusqu'au bout de leur vision créatrice, de leur vision du monde. On retrouvera sans surprise les maisons de disques présentes dans les liens (sur la gauche), avec une percée cette année de New World Records, label qui se consacre depuis 1975 aux compositeurs américains négligés par les grandes maisons commerciales. La présence de parenthèses dans la colonne artistes/ compositeurs signifie qu'il s'agit d'un interprète. Les disques ont été chroniqués ou présentés dans ces colonnes. Ce n'est qu'une première mouture, et je vais bien sûr comme d'habitude me rendre compte très vite qu'il y a d'énormes oublis. J'en suis d'avance accablé...

1. David Lang                     Pierced                                   Naxos
2. John Luther Adams         For Lou Harrison                    New World Records
3. Psykick Lyrikah              Vu d'ici                                    Idwet
4. (Seth Josel)                     The Stroke that kills                 New World Records
Les disques de l'année 2008Les disques de l'année 2008
Les disques de l'année 2008Les disques de l'année 2008

5. Evangelista                      Hello, voyager                           Constellation
6. Steve Reich                     Daniel Variations                       Nonesuch
7. My Brightest diamond      a thousand shark's teeth             Asthmatic Kitty Records
8. Kyle Gann                       Private dances                           New Albion Records

 

(Soyez patient pour le morceau d'Evangelista ci-dessous: vrai démarrage vers 1'40...)

Les disques de l'année 2008


9. Portishead                        Third                                          Go! Discs 
10. Spyweirdos/...                Epistrophy at Utopia                   Ad Noiseam
11. Jean-Philippe Goude       aux solitudes                               Ici d'ailleurs
12. Leo Ornstein                   Fantasy and Metaphor                New Albion Records

 

Les disques de l'année 2008

13. Terry Riley                     The Cusp of Magic                       Nonesuch
14. Vassilis Tsabropoulos
       / Anja Lechner /...          Melos                                          ECM
15. Imagho                           Inside looking out                         We Are Unique records
16. Broadway                       Enter the Automaton                    We Are Unique records 

 

Les disques de l'année 2008


17. Michael Byron                Dreamers of pearl                         New World records
18. Fred Frith                       Back to Life                                  Tzadik
19. Idem                               The Sixth/ Aspiration Museum
                                                                 Overview                  Jarring Effects
20. Italtek                              Cyclical                                         Planet Mu Records    

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 11 décembre 2020)

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Classements

Publié le 18 Février 2009

Carla Bozulich : sibylle foudroyée de l'ère crépusculaire.
  Un jour, j'entends, je n'entends plus que cela, alors que ça parle, que monte du rez-de-chaussée le brouhaha des visiteurs : une voix éraillée, un orgue en nappes tordues. Je demande de qui il s'agit. On me répond qu'elle s'appelle Carla Bozulich, que le morceau se trouve sur un disque sorti en 2006, Evangelista. Depuis, elle m'habite, et son dernier disque, sous le nom de groupe d'Evangelista (c'était aussi le titre d'un morceau en deux parties sur le disque éponyme), n'arrange rien !
   La pochette d'Evangelista, son troisième album solo annonce l'univers sombre, tourmenté, halluciné même, de Carla Bozulich. "Evangelista I" fournit une ouverture théâtrale : orgue insinuant comme un brouillard insidieux, cloches, on frappe, ça frappe, des bruits viennent des recoins, puis la voix s'élève, incantatoire, fêlée, sur fond de guitares saturées, de cordes mugissantes, puis le silence lourd, la voix qui murmure et qui supplie, s'enfle en cris rageurs, déchirés, tandis que des échantillons d'un prêche de 1936 retentissent à l'arrière-plan. Enfin, l'orgue se déchaîne, la voix se fait imprécatrice, le ciel est zébré d'éclairs. "How to survive being hit by lightning" sera d'ailleurs l'un des titres suivants de cet album à l'ambiance millénariste, prophétique. Le post-rock(punk) gothique se mâtine de blues et de gospel, dit la lancinante recherche de l'amour, de lumière dans un monde de ténèbres. Evangelista frappe par sa sincérité à vif, son refus des formules musicales attendues, sa recherche de timbres instrumentaux, de climats. Dans cet opéra post-brechtien de fin du monde, l'ombre de la grande Nico plane et The Silver Mount Zion Memorial Orchestra rôde, ayant collaboré à l'album avec quelques musiciens, dont sa tête pensante, Efrim Menuck - lequel ne se contente pas d'intervenir au piano, mais a enregistré le disque à Montréal, Jessica Moss au violon ou encore  Thierry Amar  à la contrebasse.
Paru en 2006 chez Constellations / 9 plages / 49 minutes environ
Pour aller plus loin :
 
- album en écoute et en vente sur bandcamp :
Carla Bozulich : sibylle foudroyée de l'ère crépusculaire.
Efrim a présidé à la naissance du nouvel album de Carla, "Hello, voyager", sorti en 2008 toujours chez Constellation. On y retrouve des musiciens de The Silver Mount Zion, et, nouveauté,  la participation de la bassiste Tara Barnes, qui a collaboré à l'écriture de quatre des neuf titres. Carla, en plus des guitares électriques, joue de l'harmonium sur deux morceaux, ce qui n'est pas sans rendre la référence à Nico plus sensible encore. Les textes prennent une place plus importante, reproduits sur le dépliant illustré typique du label (près de cinquante centimètres de haut déplié, le verso entièrement recouvert du long texte visionnaire du dernier titre, éponyme). La palette des compositions s'est encore élargie. Ouverture déchirante dans une atmosphère de folie claustrophobique avec "Winds of Saint Anne", harmonium, craquements, guitares hurlantes, écorchées, " Happily buzzing thru the dark sky with my hand in my pants. / I can't dance but I can blow like the wind. / Pay no attention to the trouble I'm in.", mais aussi chansons intimistes, dépouillées, fragiles, comme "The Blue room" ou "Paper Kitten Claw", cette marche à tâtons obsédante, illuminée par les envolées de l'orgue de Nadia Moss (à laquelle on doit les peintures de la pochette)et des violons de Jessica Moss (sa soeur ?). Mais aussi le magnifique instrumental "For The Li'l Dudes" où contrebasse, violoncelle, alto et violons tissent un quintette grave à la Gavin Bryars. Mais encore la déflagration inoubliable de "Hello, voyager" où l'évangéliste Carla nous somme de regarder la réalité en face : "Voyagers!!! Set down upon the earth. Open your cramped legs locked in that flying suit of lights. Open your eyes, adjust your eyes to the dark." Texte flamboyant, d'une urgence absolue, brutal et grandiose, qu'on pourrait trouver excessif s'il n'était pas si en phase avec un monde qui déraille. Tous les prophètes ont toujours été méjugés, vilipendés par ceux qui n'aiment pas être dérangés. Il y a dans cette mise à nu de ses penchants les plus profonds non pas une complaisance sordide, mais un désir irrépressible de vérité, d'en finir avec les faux-semblants qui sont aussi ceux de la société toute entière, des églises mêmes : " The church runs unchecked and tax-free and I hardly notice the irony of it anymore because I'm busy thinking that my scarf doesn't match my jacket. "
   Parce qu'à la fin " We'll stand upon this brutal skull planet as we really are and laugh - strange light pushing out, sitting up on the highest pile of junk and watching the fast moving sky rolling in a storm of perfect, lethal dust and rain "...Carla Bozulich est une authentique inspirée, dans le sens le plus noble du terme, âme d'une musique sans pareille, chaudron cosmique qui réconcilie punk, post-rock, musiques expérimentale et contemporaine. Brûlures indélébiles garanties, mais salutaires !
Paru en 2008 chez Constellations  / 9 plages / 42 minutes environ
Pour aller plus loin :
 
- album en écoute et en vente sur bandcamp :
 

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 10 décembre 2020)

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Pop-rock - dub et chansons alentours

Publié le 14 Février 2009

Amanda Palmer, Shara Worden, Zoe Keating : Femmes flammes, le désir réinventé.
  Je ne reviens pas sur Shara Worden, chanteuse et compositrice de My Brightest diamond, ni sur Zoe Keating, déjà célébrées dans ces pages. Deux musiciennes sans oeillères, qui passent allègrement du rock à la musique de chambre, mais j'aimerais leur associer Amanda Palmer, autre femme étonnante capable de se métamorphoser. Après un début de carrière en duo avec Brian Viglione à la batterie ou à la guitare dans le groupe The Dresden Dolls, dont l'esthétique est très inspirée par Bertold Brecht et Kurt Weill, elle sort en septembre 2008 "Who killed Amanda Palmer", son premier album solo. Dès le premier titre, "Astronaut : a short story of nearly nothing", le charme opère : chant incisif, piano endiablé, Amanda nous entraîne irrésistiblement dans son tourbillon exubérant, ponctué de passages intimistes, où la voix se fait grave et troublante. L'énergie chez elle est flamboyante, les orchestrations tantôt presque symphoniques, tantôt rock, avec un piano vigoureux, lyrique ou élégiaque. L'album dégage un vrai bonheur, bourré de mélodies superbes, d'envolées majestueuses, sarcastiques, servi par la voix flexible, à l'aise dans les aigus comme dans les cassures rocailleuses. "Blake says", le cinquième titre, sonne comme une chanson des Beatles, nostalgique et langoureux, avec arrangement de cordes, dérape dans une douce folie, violoncelle de...Zoe Keating à l'appui (c'est l'un des liens qui unissent ces trois musiciennes !): Amanda Palmer est alors une réincarnation très convaincante de John Lennon, qu'on se le dise ! "Oasis" semble davantage relever de la variété festive, avec chœurs enjoués, ce qui a déchaîné un véritable scandale. Amanda  y évoque une jeune fille violée au cours d'une soirée, qui se fait avorter et qui s'en moque parce qu'elle a reçu par la poste un autographe de son groupe préféré...Oasis ! Je vous renvoie au blog d'Amanda et à son admirable réponse aux sinistres effarouchés qui, en Grande-Bretagne, s'opposent à la diffusion de cette chanson. Retenez cette phrase, en ces temps de repli frileux et de retour insidieux de la censure : "WHEN YOU CANNOT JOKE ABOUT THE DARKNESS OF LIFE, THAT’S WHEN THE DARKNESS TAKES OVER". Suivent des confidences voilées comme le très beau "Have to drive", serti dans des boucles de piano et des volutes orchestrales un brin mélodramatiques. C'est peut-être ce qui est le plus touchant chez elle, cette ingénuité qui lui permet de ne reculer devant rien, de passer d'un registre à l'autre, de jouer en somme tous les rôles avec la même conviction. "Strength trough music", ce titre pourrait résumer sa démarche, son style imprévisible : quelle force dans ces mots murmurés en réponse à un narrateur masculin à la voix métallique, dans ces bruits de bouche, le tout ponctué par un piano impavide, puis discrètement frémissant sur la fin ! "Leeds united", rock bruyant et convenu, en laissera sans doute plus d'un perplexe, moi le premier, mais je ne vais pas dénigrer un album dans l'ensemble très réussi pour un titre...
Pour aller plus loin :
- le très beau site officiel d'Amanda.

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 10 décembre 2020)

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Pop-rock - dub et chansons alentours

Publié le 7 Février 2009

Psykick Lyrikah, le rap lyrique ou "rien ne sert de courir quand tout s'effondre".
  Cela fait quelque temps que je voulais revenir sur ce groupe que je défends depuis ma découverte de leur premier véritable album, Des Lumières sous la pluie. Actuellement en tournée, ils seront à la Cartonnerie de Reims le 19 février en soirée et au Brise-glace à Annecy le 26 mars.
   "
Une seule image sous un ciel en feu" : ces paroles extraites de "De plein fouet", titre du dernier album Vu d'ici situent Psykick Lyrikah, les rennais qui ont su tirer du rap le meilleur en évitant les pièges de l'agression gratuite et de la vulgarité. Arm, rappeur inspiré et compositeur, écrit des textes denses, visions hallucinées d'un monde en décomposition, bouleversantes promenades de paumés parmi les décombres d'une société sécuritaire. "Allez-y, comptez les heures, je suis de l'autre côté (...) loin des armes communes qui n'tolèrent que dollars et colère étendards et peaux dures", rarement les mots auront à ce point collé à la sinistrose organisée. Depuis que le groupe s'est séparé de Mr Teddybear, le compagnon et compositeur des débuts, le guitariste Olivier Mellano, déjà présent sur trois titres de Des lumières sous la pluie (2004), le premier ovni flamboyant de la trilogie dont Acte (2007) et Vu d'ici (2008) sont les volets suivants, et le bassiste et homme-machines Robert Le Magnifique donnent au groupe une assise musicale qui lui permet de transcender les limites du genre hip-hop. Arm lui-même s'est mis à la programmation sur le dernier opus, qui accueille aussi le rappeur parisien Iris sur "Comptez les heures" ou Dominique A sur "Un point dans la foule". Le résultat, c'est un rap poétique, visionnaire, frénétique, intimiste, brûlant, qui frappe au cœur, déchire les ténèbres pour chercher l'aurore d'un monde lynchien (l'un des titres de Des Lumières sous la pluie s'appelle d'ailleurs "La tête à effacer"). Là où les guitares flambent dans une grande lumière, les claviers chevauchent le chaos, on passe du duo ou trio dépouillé d'une mélancolie poignante au raz-de-marée électro-orchestral, rock, aux ambiances saturées para-industrielles.-

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 10 décembre 2020)

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Pop-rock - dub et chansons alentours

Publié le 5 Février 2009

Vassilis Tsabropoulos / Anja Lechner - Melos, chants d'un orient intemporel.

Le pianiste grec Vassilis Tsabropoulos et la violoncelliste allemande Anja Lechner, quatre ans après la sortie de Chants, Hymns and Dances, une série de transcriptions d'œuvres de Georges Ivanovitch Gurdjieff, philosophe et maître spirituel d'origine arménienne, poursuivent leur collaboration avec Melos, sorti en 2008 sur ECM. Si deux danses et Reading From a sacred Book sont encore des arrangements d'après Gurdjieff, toutes les autres compositions sont signées Tsabropoulos. L'album baigne dans une fluidité mystérieuse, douce : un monde de rêves très anciens, de réflexions et d'ombres, comme le soulignent les titres. Le pianiste semble effleurer les touches, ailleurs se laisse porter par un flux toujours renouvelé, accompagné par le violoncelle caressant, velouté. Le percussionniste U.T. Ganghi se joint à eux  sur quelques titres avec une louable discrétion, sans casser le lyrisme translucide de ces compositions aux mélismes subtilement orientaux, aérées çà et là par de courtes improvisations. Tout un monde lointain de grâce et d'émotions ressurgit, baume salutaire par ces temps brutaux d'oubli des choses essentielles...

Paru en 2008 chez ECM Records / 15 plages / 61 minutes environ

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Hybrides et Mélanges, #Musiques du Monde - Folk

Publié le 1 Février 2009

Pedestrian / Devastations : deux formidables trios pop-rock !

   Après une série d'articles du côté des musiques contemporaines, un petit coup de barre du côté de la pop, je vous présente deux trios, le premier découvert grâce au disque de My Brightest Diamond, auquel il participait, le second que je réécoute avec plaisir. Pedestrian est Joel Shearer, voix et guitares, Zac Rae, basse, guitare et claviers, et Blair Sinta, voix et percussions, mais le trio s'adjoint volontiers d'autres musiciens. Ghostly Life, sorti en 2006, est leur troisième album, autoproduit : superbe pochette, belles voix, harmonies évidentes, finesse et force, transparence et trouble. Au total, une pop élégante, ciselée,  qui se permet des incursions poétiques tout en laissant surgir de belles explosions. " The Abundance of" ne vous sortira plus du crâne, "This pretty girl" est une merveilleuse ballade, et le titre éponyme fournit une belle envolée électrique. Ils viennent de sortir un nouvel album, Seidegeist, qui me paraît moins varié, plus monochrome ai-je envie de dire. Vous en jugerez sur leur site. 

Paru en 2006 chez Headwreckords  / 11 plages /   

Pedestrian / Devastations : deux formidables trios pop-rock !

   J'avais salué "Yes, U" du trio australien Devastations, quelque part entre Nick Cave, en moins compassé, et Tinderstick, en moins endormi. Avec un  peu de recul, cet album reste un des meilleurs albums pop de ces dernières années ! N'oublions pas le précédent, "Coal", souvent excellent.

Paru en 2007 chez Beggars Banquet / 10 plages / 51 minutes enviro

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 9 décembre 2020)

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Rédigé par Dionys

Publié dans #Pop-rock - dub et chansons alentours