Musiques Singulières

Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques différentes (plus ou moins selon l'humeur !). D'autres arts s'invitent régulièrement.
    L'index des musiciens présents dans ces colonnes est à votre disposition dans la catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures, avec rediffusion le dimanche dans l'après-midi .
  Vous pouvez me retrouver sur Facebook où je poste notamment des photographies personnelles, des trouvailles "empruntées" à mes amis, histoire de recomposer un univers ...
   À compter du 9 février 2013, le blog s'élargit avec les chroniques de Timewind, nouveau collaborateur passionné : pour vous proposer encore plus de Musiques singulières !

Recherche

8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 20:12
   Iva Bittova est la musique incarnée, baignée depuis son enfance slovaque et moldave par la source tsigane colportée par son père poly-instrumentiste. Actrice, au théâtre comme au cinéma, elle joue du violon comme on respire, et elle chante, fidèle à l'injonction paternelle répétée dans les nuits de fête de l'Europe centrale. Quelle carrière que la sienne ! Interprète brûlante du folklore de son pays, elle est de toutes les expériences, les plus folles de préférence, par-dessus les frontières, puisqu'elle joue aussi bien avec le guitariste Fred Frith, le plus incandescent des avant-gardistes, qu'avec Bang on a Can, les instrumentistes guerrriers au service de toutes les nouvelles musiques. La rencontre avec ces derniers donne Elida, disque magnifique paru en 2005 chez Cantaloupe, le label fondé par David Lang, Michael Gordon et Julia Wolfe.                                             
  Oubliez tous les clichés sur la musique folklorique ! Aucune fétichisation du passé, mais une interprétation fougueuse d'un répertoire habité par une voix, un corps qui sur scène vit la musique en l'incarnant, sur disque la rencontre magique entre une musicienne accomplie et l'un des ensembles de chambre les plus talentueux. Même aux Etats-Unis, elle n'a pas renoncé à sa langue, ce que je salue à l'heure où tant de français croyant élargir leur audience et...leurs ventes adoptent un anglais insipide. Sa langue, elle en joue comme elle joue du violon, elle est câline, joyeuse, elle jubile, danse, quelque part entre Meredith Monk, Hans Eisler et la tsigane inconnue. Bang On a Can épouse toutes les inflexions de la chanteuse, l'enveloppe dans une interprétation à la fois dynamique et sobre, très aérée, qui laisse la place à de splendides moments suspendus, lorsque la langue perd les mots comme à la fin de Nejsi ou dans Bolis me, Lasko. Piano, basse, percussions, guitare électrique, violoncelle, clarinettes, mais aussi banjo et harmonica soutiennent Iva dans ce parcours tourbillonnant ou rêveur, où les chansons alternent avec titres ou passages purement instrumentaux. Hopahop Talita, le titre 5, déploie sur neuf minutes un très beau dialogue élégiaque entre clarinette, violoncelle et piano, que le violon vient relancer et enjouer, rejoint par les autres instruments, avant de laisser la place à un passage en équilibre sur le silence, piano comme sur des pointes et guitare électrique tout en zébrures retenues s'effaçant ensuite devant le grave violoncelle et une ultime poussée festive, irrésistible. Une rencontre réussie de bout en bout, musicalité et bonheur, la vie imprévisible...
- le
site d'Iva Bittova.
- Iva Bittova sur Myspace.
- une vidéo de Samota (Solitude), quatrième titre de l'album Elida, enregistré au Palace Akropolis de Prague le 23 juin 2006, avec Lisa Moore au piano.

- une seconde enregistrée le même jour au même endroit, du premier titre, Maliri v Parizi(Peintres à Paris)

------------------------------------------------
Programme de l'émission du dimanche 6 juillet 2008 (Première partie)
Iva Bittová/Bang On a Can : Samota (piste 4, 4' 08)
                                                             Hopálop Tálitá (p.5, 9' )
                                                             Zepískej (p.6, 9' 28), extraits de Elida (Cantaloupe, 2005)

Arthur H : Cosmonaute père et fils (p.7, 6' 19)
                    The Hypno-Techno Gipsy Queen (p.12, 6' 45), extraits de L'Homme du monde (Polydor, 2008)
Pas mal, Arthur H après Iva Bittova ! Il a l'esprit bohème, le goût du poème, du voyage et de la folie. J'aime bien quand il raconte des histoires, qu'il se laisse aller à sa fantaisie. Je n'aime guère les premiers titres de l'album, où il rentre un peu trop dans les formats standardisés. A partir du titre 5, on respire, on prend le large, et c'est alors très bien !!
Elodie Lauten : Variations on the Orange Cycle (p.1 à 4, environ 25' ), extraits de Other places (Lovely Music, 1997)
   
                      

Partager cet article

commentaires

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog