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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 14:56
Le second était en solde chez un disquaire connu. Premier disque acheté depuis bien longtemps dans un magasin, c'est-à-dire depuis mon passage à Internet, il faut bien l'avouer (j'achète en ligne, n'allez pas croire, non, j'aime les vrais disques, avec pochette, notes, pas les fichiers dépersonnalisés, les morceaux orphelins d'albums inconnus...) Le premier se trouvait sur une brocante. D'habitude, c'est le désert pour les musiques inactuelles. Mon dernier achat marquant sur une brocante remonte à la trouvaille de Out of season de Beth Gibbons, un de ces disques qui nous poursuivent, allez savoir pourquoi, quelque chose de fêlé dans la voix, le temps qui roule ses galets d'infini, attrapé dans les filets de mélodies rouillées.
   Bref, me voilà avec deux disques de 1996, le beau hasard en somme, deux fragments d'une année qui s'éloigne à la même vitesse que les autres. 1996 qui semble avoir quelque chose à me dire. En effet, comme j'enlève le cd de Jean-Philippe Goude pour le mettre dans le lecteur, je découvre une citation d'un livre déjà lu plusieurs fois, d'un livre admirable à mes yeux :
   "Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, évité les malheurs non nécessaires, ilrestera toujours, pour tenir en haleine les vertus héroïques de l'homme, la longue série des maux véritables, la mort, la vieillesse, les maladies non guérissables, l'amour non partagé, l'amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d'une vie moins vaste que nos projets et plus terne que nos songes : tous les malheurs causés par la divine nature des choses."
   Quel rapport entre les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar et la musique de Jean-Philippe Goude, l'extrait pris comme titre mis à part ? Tout semble les opposer : gravité et hauteur chez Yourcenar, légèreté variée chez Goude. Deux voies pour parvenir à circonscrire "la divine nature des choses". Le personnage romanesque est fasciné par les danseurs barbares aux confins des terres danubiennes, par les rites exotiques de peuplades qui pétrissent le mystère sans vergogne. Jean-Philippe Goude, échappé solitaire des terres Magma et Weidorje, joue les cavaliers de l'air. Rien qui pèse, des mélodies simples, qui deviennent parfois ritournelles à la Wim Mertens, morceaux de chambre façon Michael Nyman. Les timbres apparaissent, se mêlent avant de s'éclipser pour distiller mélancolie ou gaieté. L'orgue de cristal cède la place au piano, aux clarinettes, au violoncelle, au xylophone, et à bien d'autre
s instruments qui sont un peu l'équivalent des différents peuples tant contemplés par Hadrien. Tout cela danse, "je suis chose lègère", "fugace", "léger et disposé", ce sont quelques-uns des titres de cet album sans prétention. Qui a dit que le divin devait être lourd, pesant comme une statue de marbre ? Variété de chambre à air, si j'ose dire..., pour apprendre à devenir impalpable.
   En 1996, Polly Jean Harvey co-signe avec John Parish "dance hall at louse point", les mots pour elle, la musique pour lui. Un album écorché, intimiste, avec la voix qui dérape parfois vers des aigus sidérants. A la confluence du rock et du blues, c'est un parcours chargé d'émotions, d'électricité, qui n'a rien perdu de sa charge humaine, de sa fulgurance parfois maladroite. Si Goude vous semble trop primesautier, voire inconsistant, plongez chez PJ Harvey et John Parish, c'est l'autre manière d'appréhender la divine nature des choses.
Pour aller plus loin
- Le site officiel de Jean-Philippe Goude.
- Jean-Philippe Goude sur MySpace (quelques morceaux en écoute, dont un extrait de cet album).

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