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Musiques Singulières

    Au fil du temps, une encyclopédie visuelle et sonore des musiques différentes (plus ou moins). Pour les amateurs de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique ! Utilisez le module "Recherche" pour trouver musiciens ou disques. Créé le 20 février 2007.
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 13:52
Harmonic 313 : "When machines exceed human intelligence", l'heure de la Désincarnation.
   J'ai découvert Mark Pritchard grâce aux compilations de la Red Bull Music Academy, cette rencontre internationale de DJs sélectionnés qui se réunit chaque année dans une ville différente, avec conférences, concerts, publications, et bien sûr une radio à la clef (vous la trouverez sur le site). Sur la compilation de cette année-là, j'avais tout de suite repéré "Call to arms", et j'attendais avec impatience la sortie du titre sur un cd. C'est chose faite depuis février de cette année, sur l'excellent label électro Warp. J'ai commandé de suite le disque sur une plate-forme connue, mais pas moyen, j'ai dû annuler, puis commander directement chez Warp, ce fut assez long, d'où mon retard, mais vous êtes indulgents, n'est-ce pas ici un quasi-principe philosophique que de ne pas obéir promptement à toutes les sirènes tyranniques de l'actualité?
   Bref, Harmonic 313, c'est l'Australien de Sydney dans sa splendeur électro-robotique. Le voilà dans les pas de Kraftwerk et de bien d'autres, sans doute. Pour une techno-électro-dub minimale comme pour "Dirtbox" et "Cyclotron", les deux premiers titres, bandes-sons idéales pour film de science-fiction avec androïdes et autres créatures d'après l'homme. Coups de fouet rythmiques implacables, primaires, notes en paquets répétés, micro-modules en deçà de l'harmonie. Mais d'autres titres proposent une vision plus lyrique, voire flamboyante, de cet univers libéré de la sentimentalité humaine. C'est le cas notamment de "Köln", le titre 5, où l'orgue sinueux déploie une ligne sombre et mélancolique à l'"arrière des beats désaxés, ou encore du déjà sus-nommé "Call to arms", le morceau-phare, grand jeu cathédralesque de l'orgue qui sonne la charge derrière les percussions glacées et sons graves de basse en bourdon épais qui malaxent nos tripes pour le grand saut dans le trou noir de l'anti-matière, du gothique techno en quelque sorte pour une claque magistrale si vous l'écoutez comme il se doit, c'est-à-dire très fort...
 

"Word problems", qui joue de manière lancinante du vocoder pour épeler le nom du groupe, est un autre grand moment de cet album inspiré : morceau très post-kraftwerkien, quand les robots deviennent presque facétieux, au final meilleur que "Battlestar", honnête morceau hip-hop encore trop humain...avec la participation  de Kat & Elzhi. "Falling away", second morceau avec une participation, celle de Steve Spacek, offre un bref répit presque émouvant quand l'homme réclame sa liberté. Mais la fin de l'album est sans appel : les machines triomphent, et c'est le court titre éponyme et le splendide titre final, "Quadrant 3" : six minutes qui ne dépareraient pas un album d'Autechre, morceau impérial dans son développement méta-mélancolique (si j'ose dire !) pour déblayer toutes les rengaines lacrimo-menteuses. N'ayez plus peur des machines, elles sont la dernière beauté d'un monde ravagé (le lecteur attentif ne manquera pas de voir le lien subtil avec l'article précédent...).

Paru en 2009 chez Warp Records / 15 plages / 60 minutes environ
Pour aller plus loin
- album en écoute et en vente sur bandcamp :

(Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 17 décembre 2020)

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Publié par Dionys - dans Musiques Électroniques etc...