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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:28
Jeoren van Veen piano minimalisme contemporaine   En ce dimanche où l'actualité triomphe, il aura pu paraître incongru de diffuser une musique aussi déconnectée de tout que celle d'Alvin Curran. Mais justement, il me semble urgent, vital, d'inviter la musique de la long(ue) distance (ce beau nom de label..) dans le débat, de creuser les apparences pour retrouver le réel enfoui sous le spectacle. Né én 1938, Alvin Curran étudie avec Elliott Carter, fréquente Morton Feldman, John Cage, fonde l'ensemble Musica Elettronica Viva avec Steve Lacy, Richard Teitelbaum et Frédéric Rzewski, ensemble qui, entre 1966 et 1971, se livre à de très libres improvisations. Compositeur éclectique, il écrit des oeuvres instrumentales, électroacoustiques, crée des pièces radiophoniques, réalise des installations sonores qui relient plusieurs pays, collabore à des ballets, bref est incontournable dans l'univers des musiques nouvelles, innovantes, sans pour autant jouir de la notoriété d'autres compositeurs américains de sa génération comme Steve Reich par exemple. C'est que l'artiste rebondit sans cesse, étonne par des projets imprévus ou difficiles à médiatiser, déjoue toutes les étiquettes. A des musiques explosives, tonitruantes, succèdent des compositions méditatives. A côté des collages qui mêlent bruits, cris, cornes de navire, sections déchaînées de cuivres rutilants, il y a la musique pour piano, déjà entendue dans cette émission(voir le 18 février pour un disque magnifique..), trop peu entendue pourtant. Il y a ces Inner Cities, ces onze pièces d'une durée totale d'environ quatre heures trente que le pianiste flamand Daan Vandewalle aime interpréter intégralement dans certains festivals, réunies dans ce coffret de quatre disques (avec livret en français, distribué par Harmonia Mundi) sorti en 2005. Les quatre premières font l'objet de cette première émission spéciale. Trois pièces méditatives,chacune d'une durée comprise entre vingt et trente minutes, et une quatrième pour piano-jouet d'un peu plus de sept minutes : le début d'un cycle majeur, l'un des premiers monuments de la littérature pour piano du vingt-et-unième siècle après les études de Pascal Dusapin. J'ai pensé d'abord à Morton Feldman, pour cette manière de dérégler le temps, de le distendre de l'intérieur, à John Cage pour la fabuleuse liberté, légèreté d'une musique qui semble toujours improvisée, naissante, insousieuse de sa fin, à Gurdjieff pour sa simplicité, sa limpidité confondante, et puis je n'ai pensé à rien qu'à la musique...Compte-rendu d'une Expérience, ces quelques mots :
  Où vont ces notes, ces sons que la nuit égrène du bout de ses doigts aventureux ? Nul projet, pur jet, dépot de notes rejouées à satiété. Musique obstinée qui glisse dans les failles pour troubler l'inconnu, surprendre les secrets du dedans. Inner Cities, labyrinthes éclos au détour de quatre notes qui ne formaient qu'à peine une mélodie. Rien ne se joue, tout se déjoue, se troue.La musique est avènement, pure et miraculeuse immanence pour qui s'y abandonne dans l'oubli de tout. Il faut accepter de ne plus rien attendre pour que tout nous soit donné par surcroît, par surprise. Alors qu'on pense entendre les pas feutrés de la mort, on découvre les vertus du silence, prélude aux jaillissements cristallins, aux grappes résonnantes, aux escaliers martelés du descendre dans la spirale vertigineuse du moi. Balbutiements sublimes, tâtonnements féconds zébrés de fractures qui nous échouent soudain sur des plages inconnues traversées dirait-on par les sources radieuses de l'Energie.
 
Pour écouter de (trop)brefs fragments du cycle ou d'autre oeuvres d'Alvin, cliquer ici.

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Publié par dionys - dans Alvin Curran
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commentaires

cathy 05/07/2007 12:06

Alvin Curran... Ce nom se passe de commentaires. Il est un peu, pour moi en tout cas, comme le matt Elliott ou le David Lang d'Inactuelles : Une Reference avec un grand "R". Je n'ai malheureusement pas écouté cette émission, à cause d'un petit problème technique : La Prim' est très souvent inaudible aux alentours de Reims... snif'
=>La bonne et vraie Musique se mérite, elle ne se trouve pas à tous les coins de rue, ou plutot d'émissions radio ^^.