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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 14:10
   Trois pays, trois traditions, trois pianistes qui se distinguent par une audace tranquille. L'air de rien, ils sortent chacun à leur manière un courant musical de la sclérose.
 
Le norvégien Tord Gustavsen tord le cou (tordant, non ?) à un jazz qui court après la performance, comprise comme une démonstration de virtuosité, de maîtrise, culminant dans le solo pendant lequel les autres instrumentistes éventuels se taisent pour mieux faire ressortir le talent du maestro. Il rompt aussi avec un certain type de phrasé devenu très prévisible, bref avec tout ce qui, dans le jazz, relève d'une extériorité vite creuse. Il choisit des lignes mélodiques d'une grande simplicité, explorées avec retenue, délicatesse : un minimum de notes pour camper une ambiance. Suggérer plutôt que d'assener, démontrer, voilà sa ligne, qui privilégie l'intériorité, l'exploration de l'âme. Harald Johnsen à la basse et Jarle Vespestad aux percussions sertissent le piano dans un écrin léger, tout en frémissements, frottements, ponctuations sensibles. Sans doute son rôle d'accompagnateur de la chanteuse Silje Nergaard a-t-il contribué à cette discrétion du trio et de son compositeur, mais c'est surtout le fruit d'une démarche consciente (cf biographie).Ses trois albums en trio, le premier date de  2003, constituent à ses yeux une trilogie, l'approfondissement d'une voie : calme, réconfort et émotion garantis pour l'auditeur ! Quelques extraits sur le site du pianiste ici.



















 

    Le sévillan Diego Amador, né en 1973 (Gustavsen est de 1970) dans une famille de gitans, aborde quant à lui la tradition flamenca ...au piano. "Guitariste frustré", comme il se définit lui-même, il aborde son piano comme une guitare, utilisant parfois ses ongles, attaquant directement les cordes au besoin. Quelque part entre jazz, musique contemporaine et flamenco, cet improvisateur autodidacte bouscule les règles, impose son énergie et sa virtuosité - nous sommes aux antipodes de Gustavsen !, sans cesser de faire chanter son instrument. Et il a réussi à m'intéresser à ce flamenco qui souvent m'exaspère par ses postures, ses mimiques, ce qui n'est pas un mince prodige...Piano Jondo, qui vient se sortir, est en fait son second solo après El aire de lo puro en 2001. Ecoutez notamment le prodigieux titre 7, Seguiriya de Pildorilla, avec passages  très contemporains, changements rythmiques imprévus, cordes pincées, doublage à la guitare et claquements des mains sur la fin. Un site très généreux vous permettra d'écouter et télécharger cette musique éblouissante.
  Pianiste de formation classique, le grec Vassilis Tsabropoulos joue notamment Rachmaninov ou Prokofiev, mais participe aussi depuis plusieurs années à des expériences jazz en trio. Avec Akroasis, sorti en 2003, il revient aux racines de la musique grecque, à savoir les hymnes de la liturgie byzantine, pour en donner un éclairage nouveau, plus pianistique comme il dit, sous l'angle de la musique improvisée. " Son côté intemporel et sa simplicité expressive peuvent parler à n'importe qui, pas seulement aux pratiquants", affirme-t-il. Le disque propose la relecture de cinq hymnes, auxquels s'ajoutent trois compositions personnelles. De l'austère majesté des amples phrases mélodiques, parfois répétées, variées, entrecroisées, finit par se dégager une sérénité mystérieuse, tournoyante, intemporelle. Des extraits de deux hymnes sur le site du pianiste.
   Cette dernière émission avant la reprise de septembre aura été introduite par les créations électroniques d'An On Bast, compositrice polonaise déjà présentée dans de précédents articles. C'est à mon sens le même esprit qui les réunit : partir de la tradition, se nourrir d'elle, pour créer les musiques d'aujourd'hui. N'a-t-elle pas utilisé du Lizst comme échantillon pour l'une de ses pièces les plus abouties, son De profundis ?
An On Bast : Minimal walking (piste 4, 5' 17)
                         Whocat (p.5, 4' 40)
                         De Profundis (p.6, 6' 21), extraits de Welcome scissors (2006)
Tord Gustavsen Trio : Vicar street (p.2, 3' 46)
                                           Karmosin (p.7, 5' 12)
                                           Where we went (p.9, 4' 49)
                                           Vesper (p.12, 4' 30), extraits de Being there(ECM, 2007)
Diego Amador : Solea del Churri (p.1, 7' 43)
                               Pa los viejitos (p.2, 4' 33)
                            Seguiriya de pildorilla (p.7, 9' 54), extraits de Piano Jondo(World Village, 2007)
Tord Gustavsen Trio : Tears transforming (p.1, 5' 38)
                                           The Ground (p.12, 7' 16), extraits de The ground(ECM, 2004)
                                          
Turning point (p.7, 5' 52), extrait de Changing places( ECM, 2003)
Vassilis Tsabropoulos : Hymns I & II (p.1-2, 10')
                                              The secret garden (p.4, 5' 58), extraits de Akroasis(ECM, 2003)

Reprise de l'émission le deuxième dimanche de septembre. D'ici là, je vais essayer d'envoyer un ou deux billets, rien de garanti. Tout déconnecter, pour mieux continuer !

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