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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 19:06

Douwe Eisenga   Le compositeur néerlandais Douwe Eisenga, après des études académiques, a écrit des pièces pour de nombreux ensembles. Très influencé par la musique pop, il ne fait pas de distinction entre les genres musicaux, aussi intéressé par le dodécaphonisme que par la musique baroque ou le minimalisme. Music for Wiek a été composé pour un spectacle de danse intitulé Wiek (Rotor) conçu et dirigé par Boukje Schweigman, dont la première a eu lieu en 2009 en Zélande.

   La pièce est écrite pour un quatuor de saxophones - tous joués par Erik-Jan de With, du Python Saxophone Quartet - , piano (Douwe Eisenga en personne), percussions échantillonnées. D'une durée d'une heure, elle comprend quatre danses encadrées par un prologue et un épilogue et aérées par deux interludes. C'est une expérience intense, une cérémonie à laquelle nous convie le néerlandais. Il s'agit bien d'entrer dans la danse, une fois passé le troublant appel du début du prologue - cloche, percussion sèche et lancinante interrompue régulièrement par un vent de sons - et l'entrée du premier saxophone, d'abord à l'unisson du mystère, puis qui prend son envol dans un phrasé à la Wim Mertens : la ronde a commencé, intrigante, inexorable, elle ne nous lâchera plus. Marquée par une écriture Douwe Eisenga Music for Wiekrépétitive dans le plus pur style minimaliste, la pièce, commencée lento, monte vers un climax frénétique en trois paliers : 1) danses 1 et 2 / interlude / 2) danse 3 / interlude / 3) danse 4. Si l'on songe bien sûr, comme je l'ai signalé ci-dessus, à Wim Mertens, pour la mélodie de base et pour la couleur chaude, l'entraînement d'une musique évoquant une cavalcade intemporelle, l'aspect de plus en plus pulsant des danses 3 et 4 est nettement reichien - je pense à Music for 18 Musicians, pièce justement aimée des chorégraphes. L'intrication savante des motifs, le jeu des variations, évitent toute monotonie à l'auditeur, reposé par les interludes méditatifs, presque orientaux par moment. L'épilogue met en valeur le piano de Douwe Eisenga, et c'est un enchantement, un magnifique duo aussi avec le saxophone, ce qui n'est pas si fréquent. On continue de tourner dans la poussière dorée du soir, abasourdis, heureux, on ne sait plus depuis combien de temps on s'agite tels des pantins désarticulés, on voudrait que cela ne s'arrête jamais, car cela ne s'arrêtera jamais, n'est-ce pas ?

   Le disque fini, en effet, le carrousel continuera son manège. Cette musique agit comme un sortilège agitant dans nos cerveaux mille émotions : comme un écho lointain de Brueghel et de Bosch, bouleversante musique de cette Folie qu'est la vie !!

Paru en 2009 chez Zefir Records / 8 titres / Une heure

Pour aller plus loin

- le site de Douwe Eisenga.

- son MySpace.

- Jeroen et Sandra van Veen interprétant l'épilogue de Music for Wiek dans un arrangement pour deux pianos :

 

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commentaires

Palotin Chaamba 26/07/2011 00:05



En guise de suggestions je viens de me livrer à un lâcher de playlist sur ton dernier post. Rares seront les noms inconnus de toi. 


Dans des climats plus proches de l'impro et des jazz, je pense que tu pourrais être intéressé par certaines productions du label bordelais Amor Fati  , notamment Hors ciel,
un duo voix-batterie. Un label à explorer, pour qui ne craint pas les excursions en secteurs peu balisés. Je pense aussi, pour rester dans la voix, aux Diseurs de musique avec le poète Serge
Pey. Enregistrement de 1997 entendu récemment. Je pense à un duo clarinette-contrebasse entre Jean-Marc Foltz et Bruno Chevillon, Cette opacité.  Découvert cet été le jeune pianiste italien Livio Minafra et son album solo La dolcezza del grido. 


Sorties récentes qui m'ont touché : 


Ran Blake - Grey December, live in Rome (2010, Tompkins
Square)


Sonny Simmons & Bruno Grégoire, Fatherlands (2006, Hello World! 04-05)


Sonny Simmons & Delphine Latil - Symphony of the Peacocks (2010, Improvising
Beings ib04, 2011)


Voilà, quelques suggestions ; à bientöt Dionys ! 



Dionys 27/07/2011 14:50



Merci Palotin. Je suis loin de connaïtre tous ces noms. Voilà de quoi prospecter, d'autant que nous avons en effet des points d'appui commun. Mon oreille reviendra déjà vers Meredith Monk, que je
connais bien pour l'avoir vu et entendu deux fois en concert, mais dont j'ai manqué le dernier album. Tu es le deuxième à me signaler sa réapparition. Elle doit figurer parmi les artistes
singuliers d'aujourd'hui !!



Palotin Chaamba 24/07/2011 18:00



Merci Dionys pour ces chroniques stimulantes et belles. J'avais écrit un message plus haut, sur Dani ..., mais j'ai la mauvaise habitude de cliquer sur "fermer" après avoir rédigé mes messages.
Il faut que je commente plus souvent, pour corriger ce réflexe. 


 



Dionys 25/07/2011 19:28



Un commentaire fait toujours plaisir, même bref. Il témoigne du voyage effectué par l'article, de la présence quelque part d'un destinataire, donc de la vie du net. Je suis heureux de te savoir
toujours au bout de mes mots, de mes musiques. Et bien sûr, si tu as des suggestions, n'hésite pas. Ce blog me permet d'élargir encore mon spectre musical, grâce aux suggestions d'internautes
devenus au fil des mois des amis.


  A plus.