Musiques Singulières

Entre actualité et inactualité, prendre le temps des musiques différentes (plus ou moins selon l'humeur !). D'autres arts s'invitent régulièrement.
    L'index des musiciens présents dans ces colonnes est à votre disposition dans la catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures, avec rediffusion le dimanche dans l'après-midi .
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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 17:33

Evangelista In Animal Tongue   Carla Bozulich, comment l'oublier ? Elle revient nous hanter avec ce quatrième album, In Animal Tongue, paru à nouveau sur le label canadien Constellation. Si je n'ai pas chroniqué le précédent, c'est plus par manque de temps, surabondance de matière, que défection. Comment ne pas aimer cette chanteuse qui chante comme on aime, avec passion, ardeur, de toute sa voix pleine, flexible. Tout brûle, dès le superbe "Artificial Lamb". Elle ne renoncera jamais à jouer les prophétesses, rôle qui lui sied à merveille. L'ardeur, oui, sans doute moins dévastatrice que sur certains titres des albums parus sous son nom, mais d'une intensité bouleversante, soutenue par une guitare obsédante, une percussion sombre et quelques poussées de synthétiseur et notes de clavier. Chevauchant un agneau artificiel auquel elle s'identifie, elle traverse la ville dans un climat halluciné, devenue métal, œil à l'intérieur duquel se reflètent les planètes. "In Animal Tongue" est plus sombre, concentré : temps de déréliction, « No bell was rung, no church was raised, no lord was praised », l'orgue surgit dans une lumière noire, tandis que les créatures s'expriment en langue animale. L'atmosphère est explicitement apocalyptique, le monde envahi par des bêtes chanteuses ensorceleuses. Pas étonnant que le troisième titre nous propose un "Black Jesus" adoré, figure d'Eros triomphant. La voix caresse, soupire, d'une sensualité magnifique, sous-tendue par une basse très sourde. "Bells ring fire" frappe par son dépouillement : basse discrète, et surtout violoncelle comme seul écho à la voix, parfois presque a capella, pour dire la difficulté à être au monde : « Forever I stood aside. To be in the world, I have tried...Holding myself to the sun waiting for just someone. » En attente d'être appelée par son nom pour enfin briller de tout son éclat... Le chant de Carla est invocation, désir immense de voler comme une aile en diamant noir pour enfin être à l'unisson des cloches sonnantes, du feu terminal. "Hands of Leather" sonne comme un interlude, un moment d'accalmie qui laisse brièvement la guitare devenir simplement lumineuse...avant "Tunnel To the Stars", incandescente chanson d'amour où pleurent alto, violon et violoncelle dans une ambiance lourde saturée par la scansion de deux contrebasses. La voix dit le rêve de fusion amoureuse, extatique, qui abolira les frontières de la réalité : « I feel you pushing into me. Every dream is an adventure. My hands folding into you as you sleep in my arms like your body is singing to the stars. ». Comme on est loin des mensonges et des fadeurs écœurantes des bluettes sentimentales ! Un des sommets de ce disque habité ! Le chant d'amour devient mélopée lancinante avec "Die Alone", la voix de Carla doublée en écho par une sorte de voix de gorge hurlant à la mort - l'amour : l'amour veut toujours aller plus loin, ne se satisfait pas de l'ordinaire. Et si le Prince allait venir ? Mais "Enter the Prince", dédié à plusieurs musiciens, dont Prince, dit plutôt la disparition de la lumière : la comète est passée tout près, laissant l'être à ses rêves de naissance véritable. "Hatching", morceau déstructuré, comme passé dans un hachoir géant, correspond peut-être à cette épiphanie tant guettée : la voix semble revenir d'un long voyage, déformée.  Du très beau travail que cette pop mâtinée de post rock, de blues, de gospel, transfigurée par une soif infinie et torturante d'amour.

Evangelista-In-Animal-Tongue-2b.jpeg

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Paru fin septembre 2011 chez Constellation / 9 titres / 42 minutes environ

Pour aller plus loin

- la page du label consacrée au disque, en écoute.

- le premier titre en concert le 19 août 2011 à Berkeley :

 

 

Programme de l'émission du lundi 21 mai 2012 

Slow Flow : Viens (Piste 2, 4'03), extrait de leur album sans titre (2011)

Mi & L'Au : Faces (p.7, 3'32), extrait de If Beauty is a crime (Alter K, 2011)

Thomas Bel : Souffles et souvenirs / Notes for dusk / The Passing Bird (p.1 à 3, 13'30), extraits de  Innerly (Annexia Records, 2012)

Christina Vantzou Homemade mountains / Prefude for Juan / Super Interlude parties 1 et 2 (p.1 à 4, 14'), extraits de  N°1 (Kranky, 2012)

Grande forme :

• Duane Pitre : Sections 1 & 2 (p. 1 & 2, 19'01), extraits de Feel free (Important Records, 2012)

Evangelista-In-Animal-tongue-3b.jpeg


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commentaires

Palotin Chaamba 02/06/2012


J'ai dû interrompre l'écoute (sur le site) pendant Bells ring fire, préférant découvrir le reste via mon lecteur "de salon". Encore une belle rencontre que je te dois, merci Dionys.

dissertation analysis 20/03/2014

A blistering spiral of snafu besides psychosis, it tolerates the make of the diary of a likewise basis-obligated inamorata who befalls infatuated along the cowardly wallpaper sheath the chamber to which she's limited. Untruthful serene for periods on conclusion.

car accident settlement 27/05/2014

Carla is absolutely one of the most loved person on this Planet. Her appearance on any stage will bring in a big crowd. And A big thanks to whoever drew this art of her. I just love this picture.Thanks for the share.

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