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Musiques Singulières

    Prendre le temps des musiques différentes (plus ou moins selon l'humeur !), avec une certaine prédilection pour des formats plus longs . Musiques d'aujourd'hui, généralement postérieures à 1960, pour les amateurs de dépaysement, de découvertes.
  L'index des musiciens présents dans ces colonnes est à votre disposition dans la catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures, avec rediffusion le dimanche dans l'après-midi.
  À compter du 9 février 2013, le blog s'élargit avec les chroniques de Timewind, nouveau collaborateur passionné : pour vous proposer encore plus de Musiques singulières !

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 21:30

(Suite de l'article précédent)

Matmos-Supreme-balloon.jpgDio. - Supreme Balloon paraît deux ans plus tard sur le même label, Matador Records.

Meph. - Et nous sommes d'emblée prévenus : aucun microphone n'a été autorisé. Cent pour cent pur jus de synthétiseurs et d'ordinateurs. Aucun objet, escargot (voir "Snails and lasers for Patricia Highsmith" dans l'album précédent), instrument ou voix. Des modèles de synthétiseurs de toute taille, anciens ou non. Et quant aux invités, quel que soit leur instrument d'origine, ils respectent la règle : ainsi la pianiste Sarah Cahill, si présente dans nos colonnes, joue du Korg MS2000 sur "Les Folies Françaises" de François Couperin (pièce très raccourcie...).

Dio. - Relecture malicieuse qui fait songer à la bande originale d'Orange mécanique de Kubrick. Il y a un côté outrageusement kitsch qui m'avait écarté de l'album au début.

Meph. - Môsieur veut du beau tout de suite ! Et pourtant l'auditeur un peu patient se trouve emporté dans un flux coloré de sons moelleux, rebondissants, et déposé dans des jungles exubérantes, même sur d'imprévues pages planantes. Les musiciens s'amusent comme des petits fous. Ce n'est pas parce que "Polychords" commence avec un air faussement martial, genre Kraftwerk, qu'on va être enrôlé dans une armée de robots patibulaires : les machines dérapent assez vite, glissent, couinent pour nous réserver une fin délicate et calme. "Mister Mouth", avec sa voix synthétique, éructe de partout, le vilain, se dégonfle en longues traînées flasques, ronflantes. Tu as dû souffrir, non ?

Dio. - N'empêche que j'y suis revenu, et qu'après le débridé "Exciter Lamp and the Variable Band", véritable moulinette infernale à dézinguer des airs de fête foraine, j'ai été récompensé par les vingt-quatre minutes du titre éponyme succédant à "Les Folies Françaises" déjà évoqué. Là, on a pris le large. Finis les hoquets, les quolibets synthétiques : une envolée, ample, de sons étirés, qui pourrait faire penser à un groupe comme Gong, en moins éthéré tout de même car revu par un Terry Riley en pleine période musique indienne avec ce tabla électronique qui nous accompagne une partie du morceau.

Meph. - Moins éthéré ? Écoute mieux vers les huit minutes. Ce qui est très beau, c'est la palette de timbres des synthés qui se chevauchent, s'entrelacent dans un infini nettement moins dramatique que chez beaucoup.

Dio. - Je te rejoins. "Supreme Balloon" est un long hymne à la chaleur radieuse de ces synthétiseursLe duo Matmosmatmos-supreme-balloon.jpg rutilants. Les sons sont gorgés d'une énergie joyeuse, galvanisante. Déprimés qui lisez ceci, consommez cet album sans modération, jusqu'à l'ivresse de vivre enfin retrouvée !

Meph. - Amoureux des musiques planantes, prenez place sur leur tapis volant pour aller très haut. Ennemis farouches des musiques électroniques pour qui électronique équivaut à froideur, raideur, sautez à pieds joints sur vos préjugés médiévaux ! Les synthétiseurs se gondolent dans les espaces intergalactiques, finissent par concocter un voyage onirique...

Dio. - Magnifique, osons le terme. Il faut toujours aller jusqu'au terme, d'ailleurs, pour apprécier les choses. La fin du voyage est rêveuse, sereine... Et le dernier titre de l'album, "Cloudhoppers",  est à l'avenant, tout en chatoiements fluides, en torsades légères...

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Paru en 2008 chez Matador Records / 7 titres / 44 minutes

(à noter que le vinyl offre un huitième titre, "Orban")

Pour aller plus loin

- Matmos sur MySpace

- la seconde moitié du titre éponyme en écoute :

 

 

Programme de l'émission du lundi 11 juin 2012

Evangelista : Tunnel to the stars / Die Alone (Pistes 6-7, 8'05), extraits de in Animal Tongue (Constellation, 2011)  

Thomas Bel : Grieves / Les Heures grises / Pâle (p. 4 à 6, 14'20), extraits de  Innerly (Annexia Records, 2012)

Grande forme :

• Duane Pitre : Sections 3 à 5 (p. 3 à 5, 19'01), extraits de Feel free (Important Records, 2012)

Matmos : Semen Song for James Bidgood / Snails and Lasers for Patricia Highsmith (p. 5-6, 11'), extraits de The Rose has Teeth in the Mouth of a Beast (Matador Records, 2006)

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