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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 15:26

 Michael Fiday Same rivers differentSorti en 2009 chez Innova Recordings, label du Forum des Compositeurs américains, Same rivers different est le premier enregistrement entièrement consacré à Michael Fiday, compositeur né en 1961 que j'avais repéré grâce au disque du guitariste Seth Josel, The Stroke that killsÉlève notamment de George Crumb et de Louis Andriessen, il se caractérise par son écriture dense, quasi aphoristique : ses compositions sont des calligraphies musicales fondées sur un geste tout à la fois économe et expressif.

  Le disque s'ouvre avec neuf haïkus d'après Bashô  grand maître japonais du dix-septième siècle de cette forme lapidaire (5-7-5 syllabes). Cycle pour piano et flûte daté de 2005, l'ensemble vaut par sa nervosité délicate et ferme. De  trente-trois secondes à trois minutes et huit secondes, les pièces se déploient en jouant avec brio du contrepoint entre la flûte mélodieuse aux traits rapides et le piano percussif  plus intériorisé. Une merveille de précision, de justesse. "Hands On !", composition plus ancienne de 1993, interprétée par le Mantra Percussion Quartet, allie rigueur et légèreté tout en progressant vers un impalpable mystère. "Dharma Pops"  est un double hommage à Jack Kerouac, dont certains haïkus de son "Livre des Haïkus" sont mis en musique, et à Charlie Parker, parfait musicien et image de Bouddha selon le poète de la Beat Generation. Cela donne douze miniatures pour les deux violons de Graeme Jennings et Carla Kihlstedt et un narrateur : pièces arachnéennes tissées sur le silence autour des mots rares, une série de petits miracles étincelants. Le morceau éponyme est interprété par le percussionniste Christopher Froh : huit minutes trente emportées par le flux, le pulse d'une rivière tantôt calme, tantôt plus impétueuse, mais toujours transparente, dont le mouvement est donné par le vibraphone, combiné avec des percussions boisées ou métalliques. Le morceau est inspiré de fragments de textes du philosophe présocratique Héraclite : " Dans les mêmes rivières se mélangent différentes eaux qui se dispersent, se rassemblent, se réunissent et coulent ensemble, proches et séparées." Très grand moment de ferveur intériorisée. La "Protest Song" qui suit, d'après un texte du poète américain Peter Gizzi, parvient à échapper aux clichés qui collent à la musique contemporaine chantée. Le chant de la mezzo soprano reste mélodieux, se fond parfaitement dans le climat recueilli créé par le violon, la basse, la clarinette et le piano. Beau texte d'ailleurs, composé de cinq distiques qui énumèrent tout ce que ce chant de protestation n'est pas plutôt que de le définir. Le disque se termine avec une vaste pièce de plus de quinze minutes pour piano et percussion. "Automotive Passacaglia", titre emprunté à un essai de Henry Miller, déploie ses variations avec une labilité confondante : morceau à métamorphoses, d'une intensité splendide, qui nous invite, comme Kerouak ou Bashô, à prendre la route pour atteindre l'essentiel.

24 titres / 1 heure / Paru chez Innova Recordings en 2009.

Pour aller plus loin

- le site de Michael Fiday

- Voici deux des haïkus parus sous le titre "Dharma Pops":

Les gouttes de pluie

Ont beaucoup de personnalité :

Chacune d'entre elles.

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Inutile ! Inutile !

- Lourde pluie tombant

Sur la mer.

Programme de l'émission du lundi 20 septembre 2010

Deux nouveaux modules :

Textes, vous avez dit textes ? Intitulé clair, mais dont je ne suis pas encore satisfait...

Le ciel brûle consacré aux incandescences, aux incendies électriques. Du post rock aux musiques industrielles. Le titre est emprunté à la poétesse russe Marina Tsvétaïeva.

So Percussion / Matmos : Needles / Water (pistes 3-4, 13' 01), extraits de Treasure State (Cantaloupe Music, 2010)

Textes, vous avez dit textes ? :

Laurie Anderson : Dark time in the revolution (p.9, 5' 15), extrait de Homeland (Nonesuch, 2010)

Réécoute / Grande forme :

Scott Walker : Cossacks are (p.1, 4' 31)Scott Walker The Drift

                                   Clara (p.2, 12' 44), extraits de The Drift (4AD, 2006)

Un disque extraordinaire de ce chanteur et musicien né en 1943 à Cleveland, qui se fit connaître en Angleterre avec le trioThe Walker Brothers et ses adaptations anglaise de chanson de Jacques Brel. The Drift est un album atypique, absolument hanté (y rôdent notamment les fantômes de benito Mussolini -justement dans Clara, et d'Elvis Presley). Les arrangements sont somptueux, et la voix de Scott envoûtante...Il faudrait que je revoie le classement de mes disques 2006 : en nette hausse !

Avec une vidéo à partir du premier titre :

 

 


Le ciel brûle :

Russian Circles : Fathom / Geneva (p.1-2, 10' 45), extraits de Geneva (Suicide Squeeze Records, 2009)

La boucle se referme :

Glenn Kotche : Fantasy on a Shona Theme (p.8, 4' 06), extrait de Mobile (Nonesuch, 2006)

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