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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 18:12
   Le mardi 20 février 2007, je posais la première pierre de ce blog, qui compte aujourd'hui 177 articles, répertorie autour de 200 disques et autant de musiciens, compositeurs. Trois ans de découvertes, de recherches, d'évolution et de tournants. De multiples contacts avec des musiciens d'un peu partout, avec des blogueurs fureteurs : qu'ils soient tous ici remerciés pour leur soutien !
   Je viens de relire le premier article, consacré au "concept de l'émission". Rien à y changer, sauf en ce qui concerne les références, aujourd'hui beaucoup plus diversifiées. Défenseur passionné des musiques minimalistes et de toute une pop expérimentale, ambiante, je me suis progressivement ouvert aux musiques électroniques, grâce notamment aux différents volumes de l'Anthology of Noise & electronic Music parue chez Sub Rosa, admirable compilation dûe à l'énorme travail de Guy-Marc Hinant : c'est à lui que je dois la découverte d'Autechre, de Daphne Oram, de Beatriz Ferreyra, de Maja Ratkje, de Tod Dockstader, et de quelques autres. Je n'ai d'ailleurs pas exploré toutes les pistes. Mais j'ai appris à écouter et apprécier des musiques que je trouvais jusqu'alors inaudibles, laides. Pas toutes, bien sûr, mais le chemin était ouvert vers des artistes comme l'allemande Antye Greie dont je viens de chroniquer deux albums. Parallèlement, j'ai fréquenté assidument les sites internet de mes labels de prédilection, rebondi sur des labels cousins. Grâce à Tzadik, j'ai déniché Annie Gosfield et Ikue Mori, deux compositrices rares. Cantaloupe, le label de mes nouveaux favoris, David Lang et Julia Wolfe, s'est révélé un vecteur idéal pour découvrir nombre de compositeurs américains décomplexés, qui se plaisent à brouiller les frontières, à marier la musique contemporaine pure et dure avec le rock, le jazz, les musiques du monde.
   Du côté de la Radio Primitive, en dépit de l'arrivée d'un certain nombre de titres sous forme de fichiers peu aisés à consulter (à moins de vivre dans les locaux...), les envois des maisons de disques m'ont procuré quelques pépites assez inattendues si l'on considère que la radio est orientée rock : Scott Walker, chanteur qui s'est bien éloigné de son début de carrière pour édifier une oeuvre puissamment personnelle ;  Half Asleep, étonnant duo belge où la pop se mâtine de minimalisme ; plus récemment le trio Aufgang, deux pianistes de formation classique et un percussionniste pour des compositions inclassables, entre musique contemporaine et électro. Je ne suis pas sûr que les musiciens, les producteurs, les distributeurs, estiment à sa juste valeur le travail de fond des radios associatives, en train de disparaître faut-il le rappeler - l'avenir de la Primitive est en point d'interrogation, à ce propos... Elles contribuent à la diversité du paysage musical, aussi ne serait-il pas temps que la communauté musicale se mobilise pour soutenir cette trame qui depuis 1981 a lancé tant d'artistes aujourd'hui célèbres, ou qui ont trouvé leur place ? La multiplicité foisonnante d'Internet pourra-t-elle jouer le même  rôle, offrir des relais commodes, repérables ?
   Je ne vais pas tout inventorier, rassurez-vous : c'est à vous de fouiller dans ce qui a pris mine de rien la tournure d'une encyclopédie irraisonnée des musiques d'aujourd'hui. Irraisonnée, car partiale, sous le signe de la passion, du dilettantisme à la Stendhal. Je suis un butineur, je suis mes humeurs, je n'en fait qu'à ma tête, ou qu'à mes oreilles plutôt, capable de faire succéder à un disque  de musique expérimentale un album (presque) folk, une galette inclassable.  D'où ma difficulté à constituer des catégories. J'essaie de les concevoir assez larges, mais je trouve toujours des musiques qui  en débordent, qui ne rentrent dans aucune case. À la limite, mon sous-titre suffirait : "Musiques Singulières", uniques, personnelles, originales. Et comme toutes les musiques que l'on trouve infiniment belles, elles sont inactuelles, au même titre que le Requiem  de Mozart, le Sacre du Printemps de Stravinski ou le Concerto pour orchestre de Bartok.
  L'aventure continue. Le disque survivra-t-il à la crise ? Je l'espère. Les vrais musiciens ont besoin de ce vecteur pour créer des ensembles cohérents dans lesquels l'auditeur doit apprendre son chemin. À quoi rime de ne picorer que des fragments, à moins de se contenter du seul format de la chanson de trois minutes, et c'est un peu comme si toute la poésie se réduisait à la seule forme sonnet et toute la littérature narrative à la seule nouvelle, très courte de surcroît ? Pochettes et livrets prolongent la musique, la situent dans un environnement artistique irremplaçable...quand le travail est soigné. Le disque se porte mal aussi à cause du peu de soin apporté à sa présentation. Combien  de pochettes illisibles, vides de tout renseignement ? Même pas les paroles des morceaux , ou pas la politesse d'une présentation bilingue, voire trilingue. Je suis anglophile, mais j'en ai assez  des artistes qui désertent leur langue pour ne proposer que l'anglais, un pauvre anglais de plus, aux ailes coupées.  Les meilleures maisons de disques pensent toutefois à l'acheteur. Le label américain  Mode offre des livrets trilingues. Je suis tombé récemment sue deux disques de Katia et  Marielle Labèque, deux pianistes que j'aime beaucoup, sur le label KML Recordings. Le site internet  est en anglais, mais les deux disques sont bien présentés dans des livrets bilingues, avec les paroles in extenso  pour le très beau De Fuego y de Agua - pas chroniqué !, avec la chanteuse Mayté Martin. Voilà ce qu'on attend des maisons de disque, et qu'elles cessent de se lamenter en se coupant l'herbe sous le pied !!
   Je termine en rappelant que j'essaye de répondre à tous, mais que je n'ai guère le temps de faire un blog interactif avec classement des blogueurs, comme le fait Art-rock, j'imagine qu'il est à la retraite pour avoir tant de temps, non, je plaisante (à peine). Je suis père de famille et j'exerce un métier qui me passionne aussi. Par contre, vos commentaires sont les bienvenus. J'ai l'impression que vous n'osez pas toujours vous manifester, peut-être par manque de temps ou parce que je vous intimide. Ne vous laissez pas impressionner par mes critiques enthousiastes. C'est mon tempérament. Je ne chronique que ce que j'aime, durement sélectionné (à la radio, sur 20 disques passés au laminoir de l'écoute rapide de quelques débuts de morceaux, il n'en reste parfois qu'un seul, et parfois rien, heureusement que j'ai mes filières, mes réseaux !). J'allais oublier : vos suggestions sont également les bienvenues, j'ai toujours une oreille qui traîne...
   Une video d'un titre de l'album De Fuego y de Agua que j'évoquais ci-dessus. Manière d'indiquer encore un chemin possible, entre musique classique et chanson.

Programme de l'émission du dimanche 21 février 2010
Ingram Marshall : The Fragility Cycle (Gambuh) (piste 4, 14' 59), extrait de September canons (New World records, 2009)
Antye Greie : Do Nothing Until (A Quiet Sense Of Truth Is Established) / We Break Out / Dis-Hero Equals / Einzelkämpfer / Her Beauty Kills Me (p.1 à 5, 25' ), extraits de Einzelkämpfer (Agf Producktion, 2008)
Port-Royal : hva (failed revolutions) / Nights in Kiev / Exhausted muse : Europe (p.1-2-4, 25' ), extraits de dying in time (debruitetdesilence, 2009)
Joan Jeanrenaud : Ink blot / Blue kite / Livre (p.7 à 9, 4' 35), extraits de Strange toys (Talking house Records, 2008)
                            

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Published by Dionys - dans inactuelles
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commentaires

Epikt 08/03/2010 14:56


Hello,
Bounaniv à ton blog !

Deux trois réactions (je vais à l'envers du texte)

Au sujet des commentaires (et de leur rareté) : je ne t'apprends rien en te disant que tu tiens un blog très pointu ^^
C'est très dur de commenter au sujet de quelque chose qu'on ne connait pas. On lit, on écoute, parfois on se dit "awé, c'est cool ça" et on note le nom quelque part. Difficile d'apporter quoi que
ce soit, d'autant plus que ton blog invite rarement à la discussion (c'est pas un reproche d'ailleurs).
Il y a également le fait que, en tout cas c'est ce qu'il parrait, il est difficile de parler de musique et les blogs de musique ont moins de commentaires que, disons, ceux de cinéma.
L'"abstraction" de la musique y est peut-être pour quelque chose. Alors imagine un peu avec le genre de zic que tu nous proposes !

Au sujet du disque : je suis fortement attaché à l'album (= ensemble cohérent) et n'aime pas du tout le zapping et autres playlists aléatoires - je pense qu'il faut du temps pour rentrer dans
(j'aurais écrit "univers" si je ne détestais pas le mot) la manière de faire du musicien/compositeur, la consomation morcelée c'est juste bon pour la musique prédigérée (ou pour celle qu'on connait
par coeur : il m'arrive de ne réécouter qu'un ou deux morceau d'un album, quand je suis nostalgique) -, bref, mais je ne pense pas pour autant que le support physique soit indispensable à la
création. Au contraire même, un format dématérialisé permettrait un truc fleuve de 15 heures sans interruption, contrairement au disque !
Par contre, là c'est mon coté collectionneur qui parle, j'aime beaucoup accumuler les disques, l'aime les livrets, les planches de storyboard, les photobooks, etc... s'il y a un avenir pour le
support physique c'est celui-là : l'objet.

Au sujet des radios associatives : leur avenir n'est-il pas justement sur internet, en total indépendent ? Je suis chroniqueur (très occasionnel)(de plus en plus) pour une emission de Fréquence
Paris Plurielle, du coup j'ai quelques échos des problèmes liés au passage à la radio numérique (entre autres), mais j'avoue que j'y comprends un peu rien. Je veux dire, je comprends pas trop
pourquoi on s'acharne à passer par des voies "officielles" alors que le net permet de monter une radio pour pas cher, sans se faire chier.

En tout cas, bonne continuation !
E.

PS bloguesque : tu devrais faire des liens dans tes articles. Exemple, ici tu parles de ton premier article, mets un lien ! Tu évoques Autechre, Ikue Mori et David Lang, j'ai envie de lire ce que
tu as écrit sur eux !
(sans compter que ça aide un peu ton référencement)


Dionys 08/03/2010 23:52


Salut à toi,
   Ta réaction fait bien plaisir ! Prem!ère conséquence : j'ai rajouté des liens dans l'article et corrigé une erreur (ce n'est pas "Annie Gosfeld", mais "Annie Gosfield"). Tu vois, c'est
utile, un lecteur qui se manifeste.
  C'est vrai que mon blog est pointu, seulement je dirais qu'il a plusieurs pointes, et je ne voudrais pas qu'on conclue trop vite que je ne propose que des musiques difficiles. J'aime aussi
certaines musiques que l'on peut qualifier de faciles, tiens par exemple le dernier album de The Album Leaf, que je n'ai pas encore chroniqué. Puis j'ai envie de retourner les
qualificatifs. Combien de musiques faciles me semblent difficiles...à avaler, à écouter jusqu'au bout, je hurle, c'est insoutenable. Inversement, d'autres musiques, dites difficiles, sont
délectables, faciles, évidentes. Question de formation de l'oreille ? De curiosité, d'écoute active...Il est clair que l'un des buts de ce blog, c'est de lutter contre les préjugés. On conspue les
musiques contemporaines, alors qu'elles sont méconnues, ignorées des médias frileux, même de France Musique ou France Culture.
  Je suis fatigué ce soir, je te répondrai sur le reste dès que possible (notamment sur l'abstraction de la musique, l'avenir des radios associatives, le disque, tu as fait fort).
Formidable
   Bien à toi,
                 Dionys
(Suite)
 La musique, art abstrait, encore plus pour la musique instrumentale, c'est sûr. Art qui stimule l'imaginaire, par conséquent, ce que j'essaie de traduire en mots en m'immergeant en elle. Mon
écriture est d'immersion, c'est ça, empathique, à fond.
  Pour revenir à l'avenir des radios associatives, j'avoue que le net manque de transparence, de visibilité. Comment trouver une radio qui nous convienne dans cet écheveau ? Par contre, sur un
poste, le nombre limité des stations aide au choix (restreint sans doute), à tout le moins au repérage. Ceci dit, c'est peut-être mon inexpérience quant aux radios internet qui me fait parler
ainsi.
  Je suis d'accord en ce qui concerne les limites du support "disque", qui ne peut reproduire une oeuvre-fleuve, un concert d'une nuit entière. A noter que certains artistes se méfient de la
reproductibilité, préfèrent l'éphémère, je pense à La Monte Young, par exemple, dont on ne trouve les oeuvres pratiquement que par de enregistrements pirates.
  C'est vrai que mon blog n'est pas d'abord un outil de discussion. Il sert avant tout à contribuer à une meilleure diffusion des musiques qui y sont chroniquées. Il essaye de donner une
visibiliité à des musiques exclues ou ignorées de certains circuits médiatiques (ce n'est pas le cas de toutes, je rejoins parfois l'actualité ou un engouement plus large du public). C'est une
contribution à une autre histoire des musiques d'aujourd'hui, dans un esprit qui doit beaucoup à des festivals, par exemple celui, ancien et bien défunt, des "Musiques de traverses" de Reims ou
celui, vivant et permanent, du "Bang On A Can festival" initié par David Lang, Michael Gordon et Julia Wolfe.
  Justement, les commentaires sont l'espace privilégié de la discussion, du dialogue, et je te remercie encore de m'en fournir l'occasion.
   Cordialement,
     Dionys...qui s'en va écrire un article moins pointu pour ne pas blesser le lecteur ?? dur métier...