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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:10
   Ce qui frappe dès l'abord, c'est la présence massive du piano. La jeune galloise, pour son second album "Wrought iron", a été conquise par l'instrument dans un bâtiment abandonné en Espagne, où elle était partie enregistrer. L'anecdote laisse rêver. On imagine les grilles lourdes, baroques, en fer forgé, le piano comme un appel dans les grandes salles désertes. Alors que "Battle and Glory" faisait retentir toute la panoplie idéale des instruments folk, de la harpe 12 cordes au dulcimer, dans des morceaux souvent très enlevés, "Wrought iron" est d'une veine plus intime. D'autant plus bouleversant que l'accompagnement s'est resserré, ce qui ne veut pas dire appauvri d'ailleurs, mais moins d'instruments en même temps. Guitares, mais aussi une belle apparition de la trompette sur le très folk "Lay low", harmonica sur le bluesy "The act", cloche sur le miraculeux "Winter, baby" et sur "Cat Bells" à la beauté suspendue,  pincée de choeurs, percussions diverses...tous servent la voix fine, fragile, flexible, transparente de Nancy Elizabeth et ses superbes mélodies. Ce deuxième disque confirme l'émergence d'une grande chanteuse, compositrice accomplie, capable de se renouveler profondément d'un disque à l'autre. On le sait dès le premier morceau, "Cairns", piano presque solo, morceau au hiératisme si doux, ponctué de choeurs séraphiques : paysage immémorial, un rêve d'harmonie. "Bring on the Hurricane", le titre suivant, est un petit bijou folk où la voix de Nancy joue de toutes ses nuances tandis que la guitare nous emporte, relayée par de courts choeurs puissants. Le piano revient au premier plan (il n'avait pas tout à fait disparu...) avec "Tow the Line", chanson dépouillée un brin mélancolique sur laquelle s'appuie avec parcimonie l'harmonica On le retrouve sur l'un de mes titres préférés, "Divining", complètement hanté par "Videotape", le magnifique dernier morceau de In Rainbows de Radiohead : la jeune galloise peut tout se permettre ! "Canopy", parfois a capella, la voix qui semble se renverser, et les fées qui viennent vous caresser, encore un morceau envoûtant, le meilleur du celtique, et rien à voir avec le catastrophique dernier album d'Alan Stivell -qui fut parfois capable du meilleur, dans un autre siècle..., une douceur fulgurante. Et puis il y a "Ruins", somptueuse ballade d'une sirène pudique et suave, la raucité étrange de la voix par moments, le piano royal doublé par un piano jouet sur la fin. Magique, cet album, enchanteur. Nous avions Merlin, voici Nancy Elizabeth !
Paru sur The Leaf label. 11 titres, environ 41 minutes.
Pour aller plus loin
- Nancy Elisabeth sur MySpace
- Chronique du premier album sur ce blog.
- Une video en concert du titre "Lay low" (elle est à la guitare, pas au piano...) :


Programme de l'émission du dimanche 29 novembre 2009
Larvae : Polemic dub / 164 spin (pistes 1 et 2, 9' 30), extraits de How to desintegrate (Creative space, 2007)
Didier Petit : Coupes et découpes / Élision / Interlude rituel / Almost / Soleil bleu / La Tour de Babel (p.1 à 6, 16' 30), extraits de Don't explain (Buda Musique, 2009)
William Duckworth : The Time Curve preludes I à IV, Book I (p.10 à 13, 12' ), extraits de time curve (Arabesque Recordings, 2009), disque du pianiste Bruce Brubaker.
Fuse Ensemble
: Big skate / Train (p.1 et 3, 12' 10), extraits de Big skate (2009)
Julia Wolfe : Lad (p.1-2, 17' ), extraits de Dark Full Ride (Cantaloupe Music, 2009)
Larvae : Nothing ends (p.4, 5' 38), extrait du même disque que ci-dessus (un mini cd vendu avec un autre de Spyweirdos).

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