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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:06

newspeak sweet light crude  Après Victoire et Janus, deux ensembles américains qui se consacrent aux musiques d'aujourd'hui, voici Newspeak, toujours sur New Amsterdam Records. L'ensemble compte huit membres : Caleb Burhans au violon, Melissa Hughes au chant, James Johnston au piano, synthétiseurs et orgue, Taylor Levine à la guitare, Eileen Mack, co-dirigeante aux clarinettes, Brian Snow au violoncelle et deux percussionnistes, Yuri Yamashita et David T. Little, également son directeur artistique, selon lequel Newspeak est né sous les feux conjugués de Black Sabbath, Louis Andriessen, Dead Kennedys et Frederic Rzewski. L'ouverture est donc de rigueur et cela donne un album stimulant, sans doute un peu dispersé, mais n'est-ce pas lié au concept lui-même, puisqu'il rassemble six pièces de six compositeurs ?

   J'avoue ne guère accrocher au premier titre signé Oscar Bettison, très jazzy, construit sur des tempi variables. Par contre, dès la seconde pièce, la magie s'installe. " I would prefer not to", de Stefan Weisman, se déroule comme un magnifique adagio transfiguré par le dialogue entre la voix archangélique de Mélissa Hughes et les autres instruments : la guitare électrique lumineuse et incisive, le piano qui pose ses notes répétées, les déchirures percussives, le violoncelle et le violon qui les encerclent dans des volutes glissantes, ce qui donne une pièce mystérieuse, d'une douceur ineffable. La seconde partie de la composition, comme hachurée par des silences et des baisses de tension, prend un relief extraordinaire, si bien que j'ai pensé à plusieurs reprises à l'opéra de David Lang, Michael Gordon et Julia Wolfe,  The Carbon Copy Building,  notamment l'ouverture et le finale. La composition du directeur artistique, David T. Little, qui donne son titre à l'album, est aussi une belle réusssite. Présentée comme une chanson d'amour et de dépendance, elle évolue entre lied passionné et effervescence rock, servie par une mise en place instrumentale impeccable. Missy Mazzoli, directrice et compositrice de l'ensemble Victoire déjà évoqué, signe le quatrième titre,  "In Spite of All This", dominé par les glissements du violon, des courbures suaves qui m'ont rappelé une compositrice dont on parle assez peu, Lois V. Vierk. Morceau à la fois mélancolique et virtuose, intense, comme travaillé par des bouillonnements intérieurs finalement recouverts par la trame répétitive qui tisse son cocon insidieux. "Brennschluβ", de Pat Muchmore, est une pièce détonnante, écartelée entre les incursions sidérales dans les aigus éthérés, les convulsions électriques désordonnées et le chant suspendu de Mélissa, pythie farouche et vindicatrice ou charmeuse d'arcs-en-ciel - la pochette ne nous rappelle-t-elle pas que le mot allemand du titre désigne le sommet de la trajectoire balistique d'un missile, plus particulièrement le moment où le moteur cesse de brûler du carburant ? Quant au dernier titre signé par le violoniste de l'ensemble, Caleb Burhans, c'est bien un requiem, comme l'indique le titre, "Requiem for a General Motors in Janesville", mais un requiem nettement post-rock, dominé par les interventions étirées de la guitare électrique et la langueur des cordes, et pour finir l'envolée de la voix dans le beau climax brûlé.

   Cette nouvelle langue, à la différence de la novlangue imaginée par George Orwell dans 1984 (immense roman, faut-il le rappeler, terriblement d'actualité...), est à découvrir sans inquiétude...

  Paru en 2010 chez New Amsterdam Records / 6 titres / 42 minutes

Pour aller plus loinnewspeak ensemble

- le site de New Amsterdam Records, page de l'album sur laquelle vous pourrez écouter tous les titres en bas en cliquant sur chacun d'entre eux en milieu de page.

- la page de Melissa Hughes sur MySpace : j'ai découvert qu'elle chantait aussi Giacinto Scelsi...

- le blog de Melissa, encore elle : concerts, recettes de cuisine (une apple pie notamment !), et des trouvailles musicales à faire, entre autre une belle pièce de David First, électronique et voix : on peut écouter et suivre le texte anglais d'Anselme  Berrigan.

 

Programme de l'émission du lundi 28 mars 2011: Sous le signe du 6 / 666 666

Avec une nouvelle rubrique, Pièce(s) recomposée(s),consacrée aux mix et aux remix, et bien sûr éventuellement aux musiques à l'origine de ces réécritures.

Antony & the Johnsons Swanlights (piste 6, 6'08), extrait de swanlights (Rough Trade, 2010)

Psykiick Lyrikah : Personne (p.6, 3'44), extrait de Derrière moi (Idwet, 2011)

Grande forme :

 • Gavin Bryars : By the Vaar (p.6, 19'36), extrait de I have heard it said that a spirit enters (GB Records, 2009)

Pièces recomposées :

• Jad Abumrad : Counting in C (cd 1 / p.6, 6'08)

• Kleerup : In C Remix (cd 2 / p.6, 5'46), extraits de In C Remixed (Innova, 2010)

Newspeak : Requiem for a General Motors in Janesville (p.6, 8'05), extrait de sweet light crude (New Amsterdam records, 2010)

Programme de l'émission du lundi 4 avril 2011:

Élisa Vellia : Anathema ton etio / To Tragoudi tou Andrea (p.5-6, 8'), extraits de La Femme qui marche (à paraître : Le Chant du Monde, 2011)

Daphné / Henri Duparc / Charles Baudelaire : L'Invitation au voyage (4'05), extrait de D'un siècle à l'autre / Mélodies françaises (Dièse Records, 2007)

Grande forme :

• Sig : Troisième mouvement (extrait p. 16 à 20, 12'), extrait de Freespeed sonata (Makasound, 2010)

Fuse Ensemble : Holes in the Wall / Parallels (p.1-2, 6'40), extraits de L'Usina Mekanica (Fuse Ensemble, 2010)

Pièces recomposées :

• Pantha du Prince : Welt Am Draht (p. 9, 7'13), extrait de Black Noise (Rough Trade, 2010)

• Moritz von Oswald : The One version of "Welt Am Draht" (p.1, 6'37)

• Die Vögel : Version de "Welt Am Draht" (p. 2, 6'40), extraits de XI versions of "Black Noise" (Beggars Banquet, 2011)

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