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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 21:22

Nico Muhly speaks volumes  Nico Muhly, né en 1981, appartient à cette jeune génération de compositeurs influencée par les grandes œuvres conceptuelles du trio minimaliste Reich-Riley-Glass. Après des études en littérature anglaise, il obtient son diplôme de composition à la Julliard School de New York. Il est proche de Philip Glass, dont il est l'éditeur et le claviériste pour de nombreuses pièces, travaille avec Björk, sollicite la collaboration du chanteur Antony. Auteur de musiques de film, il est particulièrement remarqué pour la B.O. de The Reader.

   "speaks volumes", sorti début 2007, est son premier disque, qui réunit sept pièces pour petite formation de chambre. Le tout est enregistré et mixé par Valgeir Sigurdsson, producteur et ingénieur du son de la déjà citée Björk et de quelques autres, Valgeir qui sort ces jours-ci son premier album solo. L'islandais imprime sa marque en enregistrant les instruments de très près et en ajoutant un environnement électronique discret et efficace.

   "Clear music" commence par une phrase languide de violoncelle qui s'étire, se déploie peu à peu dans l'énergie retrouvée, s'épanouit au contact du célesta. La harpe apporte son contrepoint plus grave. Et le trio va, plus enjoué ou plus réfléchi, avec de beaux passages transparents, des dissonances calculées, vers sa résolution méditative. Nico Muhly reconnaît deux sources d'inspiration à cette pièce : le motet Mater Christi Sanctissima de John Taverner, compositeur anglais de la Renaissance, et Vespertine ...de Björk ! "It goes without saying" fait dialoguer d'emblée clarinette et harmonium, l'acoustique organique et les machines : morceau tout en tension, en chromatisme ostentatoire, dans une scansion hâchée très reichienne. Les drones percussifs s'invitent pour une envolée auréolée de trouées lumineuses, ponctuée par les bruits de la soufflerie, les frappes sur les touches. Le début de la pièce suivante, "Honest Music" peut faire songer à la musique d'un Michael Nyman : présence emphatique des cordes langoureuses et insinuantes sur un bourdon de clavier. Le violon chante, domine, épaulé par la harpe et des arrangements enveloppants de cordes et claviers, dans un mouvement aéré de stases solo, jalonné de silences et de reprises en chœur, ce qui me fait aussi songer à un autre anglais, Graham Fitkin , c'est frappant notamment sur la superbe fin, proche dans l'esprit de celle de Slow. D'ailleurs, comme Graham, Nico est d'abord pianiste, et un beau pianiste : il suffit d'écouter "Quiet Music", clair obscur austère, où la rareté est densité expressive. Le piano balbutie, tintinnabule brièvement, découpant le silence en lanières de lumière. "Pillaging Music" semble d'abord un clone (assumé comme l'indique le titre), un remix de bien des pièces percussives de Steve Reich, mais en plus dissonant, destructuré : piano, marimba, sorte de gamelan aussi, mènent une danse de trémolos parcourue de silences frémissants. Pièce au final surprenante, pleine de fantaisie. Retour au piano solo avec "A Hudson cycle", morceau choral hanté par Philip Glass cette fois, l'excellent Glass des pièces pour piano : lumineux et émouvant. Le disque se termine avec "Keep in touch" : faux retour au début avec un phrasé solo d'alto,  mais détruit par des froissements, les cordes grincent, grimpent dans des aigus agressifs. tandis qu'une voix se fait entendre. Tout se calme, l'harmonium (et ses clapets bien audibles) apporte sa douceur suave dans laquelle se fond d'abord la voix d'Antony. Le morceau se fait prière miaulante, lamento douceâtre et déjanté, plombé de percussions métalliques. Sans doute la pièce la plus inventive, écartelée entre sentimentalisme et parodie, ferveur et folie, avec son long crescendo incandescent, sa retombée majestueuse et décalée à la fois dans les mélismes gentiment outranciers d'Antony.

    Un disque difficile à classer, entre post-minimalisme et électro. Parler de néo-classicisme à son égard m'étonne. Singulier en tout cas, inspiré et souvent beau, sans rien à jeter comme dirait Georges.

Sept titres / 54 minutes // Paru en 2007 chez Bedroom Community

Pour aller plus loin

- le site de Bedroom community, avec une page consacrée à l'album, en écoute intégrale.

- une vidéo superbe pour la musique de "It goes without saying":

 

 

Programme de l'émission du dimanche 20 juin 2010

Slow Six : because together we resonate (piste 4, 6' 02), extrait de tomorrow becomes you (Western vinyl, 2010)

Four Tet : Angel Echoes / Circling / This Unfolds (p.1-3-6, 17'), extraits de There is love in you (Domino Recordings, 2010)

Nico Muhly : It goes without saying / Honest Music (p.2-3, 15' 40), extraits de speaks volumes (Bedroom Community, 2007)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti :Livre V "First flight" / Livre VI "Le sable et le vent" (Cd 2, p.2 et 3, 26' ), extraits de Kitty Hawk, Le sable et le vent (Césaré, 2010)

 

Programme de l'émission du dimanche 4 juillet 2010

Clogs : Red seas / The Owl of love / Adagio of Cleansing (p.3 à 5, 14' 30), extraits de The creatures in the garden of Lady Walton (Brassland, 2010) Avec Shara Worden du groupe ci-dessous.

My Brightest Diamond : Black & Costaud / To Pluto's moon (p.6-7, 11' 15), extraits de a thousand shark's teeth (Asthmatic Kitty Records, 2008)

Maya Beiser : I was there (p.1, 15' 36), extrait de Provenance (Islandia Music, 2010) Le retour très attendu de Maya...

Nico Muhly : Quiet Music / Pillaging Music (p.4-5, 12' 45), extraits de speaks volumes (Bedroom Community, 2007)

Four Tet : Plastic people / She just likes to fight (p.8-9, 11' 10), extraits de There is love in you (Domino Recordings, 2010)

Autechre : os veix 3 / O = 0 / d-shoqub (p.8 à 10' 16' ), extraits de Oversteps Warp records, 2010)

P.S. Dernière émission avant la reprise début septembre. Je ne vous abandonne pas pour autant...


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