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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 13:07

Slow Six Tomorrow becomes you   Private times in public places en 2004 chez If Then Else Records, Nor'Easter  en 2007 chez New Albion Records : deux disques magnifiques du groupe de Brooklyn mené par Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement. Comment ne pas attendre toujours aussi beau, aussi haut ? Tomorrrow Becomes You, sorti voici peu chez Western Vinyl, m'a d'abord laissé sur ma faim. Il fallait lui laisser le temps de se décanter, qu'il développe son atmosphère propre. C'est chose faite. Accomplissement, pour que triomphe la lumineuse douceur des mélodies brumeuses de ce groupe post minimaliste.

   "The Night You Left New York" commence au ralenti, quelques notes piquées sur les cordes, une guitare qui s'étire, des boucles en volutes tranquilles, puis on rentre dans une ronde étourdissante menée par le violon, des particules de lune dans les cheveux. Les percussions s'en mêlent, la guitare s'électrise, flambée post rock, les étoiles se rapprochent dans la déferlante qui semble ne devoir jamais finir (ce qui en exaspèrera quelques uns, ne niez pas !). Vous êtes arrivés, mûrs pour "Cloud Cover", plus de douze minutes en deux parties. La quintessence de Slow Six : trame minimaliste de motifs répétés, un tissage à plusieurs niveaux qui donne l'impression de s'enfoncer dans une constellation radieuse, avec le martèlement du Rhodes, les spirales du violon et de la guitare, les sons électroniques. Le groupe réussit comme d'habitude une synthèse harmonieuse entre trois courants : post minimaliste et post rock, déjà évoqués, mais aussi ambient. La deuxième partie de "Cloud cover" nous transporte en effet au-dessus de la mêlée, dans la raréfaction sensuelle des sons, le lent tournoiement des mélodies qui glissent dans l'éther, diaprées d'échos, alanguies de splendeur. "Because Together We Resonate" reste en altitude, alchimie de sons synthétiques résonants et de violon distant, se rapproche ensuite pour nous envelopper d'intenses boucles lentes - Slow Six, ou l'esthétique de la lenteur, l'auriez-vous oublié ?

   Plus de quatorze minutes pour les deux parties de "Sympathetic Response System" : c'est peut-être la longue intro de ce titre qui m'avait agacé. Je m'étais dit : « Tiens, Slow Six fait du Slow Six, de la saucisse musicale au mètre. » Je devenais méchant en somme, prêt à haïr ce que j'aimais tant, classique quoi. Oublions donc la première partie, car la seconde est si belle, tellement plus légère, émouvante dans sa robe trouée. Et puis la peau frissonne, vous sentez que ça y est, la musique décolle dans ses dentelles de nuées parcourues d'ondes vibrantes et de frappes percussives. Le piano Rhodes amorce "These Rivers Betweeen Us", sorte de gigue allumée qui brûle sur place, menée par le violon auquel se joignent les autres instruments, avant une brusque dépression suivie d'une reprise graduelle et d'un long final nettement post rock, beaucoup plus conventionnel. Deuxième faiblesse de l'album à mon sens, qui explique aussi le passage du groupe chez Western Vinyl ( à moins que ce ne soit l'inverse !). Oublions. Reste un disque souvent superbe : cinq titres sur sept, tout de même...

Pour aller plus loin

- leur site officiel.

- Slow Six sur My Space.

- Slow Six en concert interprète la première partie de "Cloud cover" :

 

 

Programme de l'émission du dimanche 6 juin 2010

Autechre : ilanders / known / seeonsee (pistes 2-3-6, 15' ), extraits de Oversteps (Warp, 2010)

On Fillmore : checking in / Master Moon / Complications (p.1-2-4, 16' ), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Andrew Byrne : Desert Terrain for solo crotales / Desert weather for piano and crotales, glockenspiel (p.3-9, 8' ), extraits de White bone country (New World Records, 2009)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti : Livre IV : Parliament of stones (dédale du bien triste) (Cd2, p.1, 16' 48), extrait de  Kitty Hawk, le sable et le vent (Césaré, 2010)

Élodie Lauten : Orchestral Memory / Con spirito / Moderato (p.8 à 10, 23' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Programme de l'émission du dimanche 13 juin 2010

On Fillmore : Off the path / Extended vacation (p.5 et 6, 14' 30), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Greg Davis : Clouds as edges (p.2, 10' 49), extrait de Somnia (Kranky, 2004) Le retour du label de Chicago sur Inactuelles ?

Graham Fitkin : Relent for solo piano / White for two pianos (p.3-6, 15' 50), extraits de Circuit (Bis records, 2009)

Élodie Lauten : Concerto pour piano & Orchestral Memory : Tempo di habanera / Andante cantabile / Orchestral Memory Exit  + Tango (p.11 à 14, 15' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : steps doxm / towers to keep people in (p.5-6, 12' 20), extraits de the sound between us (Creative Space, 2009)

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