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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:45

Victoire Cathedral City  L' électrique vêture veloutée du mystère

   Victoire, quintette de chambre entièrement féminin fondé en 2008, appartient à cette floraison d'ensembles de grande qualité qui témoigne de l'extraordinaire vitalité des musiques contemporaines aux États-Unis. Dirigé par Missy Mazzoli, compositrice, claviériste, qui ajoute à sa panoplie jouets et mélodica, il compte quatre autres instrumentistes : la violoniste Olivia de Prato, la claviériste Lorna Krier, la clarinettiste Eileen Mack, et la contrebassiste et bassiste électrique Eleonore Oppenheim. Cathedral City est leur premier disque, mais elles sont toutes des instrumentistes à la carrière déjà bien remplie. Quelques invités enrichissent la palette du groupe.

   Que voilà un  disque pour réconcilier le public avec la création d'aujourd'hui ! Mélodieux, chaleureux, il associe sonorités acoustiques et sons électroniques pour créer des morceaux à la fois beaux et complexes, à mi-chemin entre abstraction et musiques expérimentales, électroniques ou post-rock. C'est dire qu'il défie les catégories, ou plutôt qu'il les transcende, qu'il s'en moque. Dès "A Door in the Dark", le premier titre, on sait qu'un territoire se dessine, tout en courbes et en chaudes résonances. C'est intense, ça dérape électrique : une porte en effet s'ouvre sur le mystère créé par une écriture à base de claviers soutenus par le boisé de la clarinette, le violon déchiré. Du Slow Six à leur plus haut niveau, en plus resserré, plus intrigant. "I am coming for my things" débute à la clarinette et au violon, avec échantillon vocal retraité. Boucles et variations, avancées enveloppantes et envolées discrètes tissent une atmosphère intimiste troublante, comme si l'on nous chuchotait un secret qui explosait au soleil sombre des chambres closes. Le morceau-titre s'ouvre sur la lumière de vocaux diaphanes ponctués de percussions pointillistes, puis le violon, des échantillons, démultiplient la perspective. La clarinette approfondit le tout, rejointe par la contrebasse profonde, pour un cantique englouti dans une gangue sinueuse. Et l'on débouche sur un titre sidérant, magnifique : "Like a miracle", tout en vocaux retraités, tremblés, cernés de nappes bégayantes de claviers, de violon frémissant. Du post minimalisme à la fois voluptueux et rigoureux. Ce titre justifierait à lui seul l'acquisition de l'album, c'est peu dire. La fin est prodigieuse, complètement hoquetante, avec l'impression de rentrer au cœur épais de la fabrique souterraine des affects. La suite confirme les talents de compositrice de Missy Mazzoli. "The Diver" superpose nappes glissantes de claviers et de clarinette traversées de zébrures de violon pour libérer ensuite une mélodie élégiaque au violon soutenue par les claviers ouatés : nage en eaux profondes, avec des torsades lumineuses et des moments dansés. Le chœur nonchalant des sirènes vous accueille dans cet aquarium où se déroule un ballet virevoltant qui creuse comme un appel... Le violon dialogue avec la guitare électrique de Bryce Dessner (de The National) sur fond de clavier sostenuto : voici "A Song for Mick Kelly", les accordailles de l'acoustique et de l'électrique avant l'échappée belle de la voix de Melissa Hughes pour un hymne suave qui s'enflamme dans une superbe montée électrique. Voix syncopée, beats et orgue donnent à "A Song for Arthur Russell" une allure de gospel furieusement singulier parti à l'escalade d'un ciel en trompe l'oreille, perdu dans les boucles et les soupirs. L'électronique se fait plus présente dans les cafouillis, crachotements d'échantillons qui marquent le dernier titre, mystérieux et envoûtant : le violon écorché survole une plaine de claviers profonds, tout semble s'arrêter avant la reprise crescendo et les ultimes voltes  aiguës du violon. Un disque superbe de bout en bout, qu'on ne se lasse pas de réécouter.

Paru en 2010 chez New Amsterdam Records / 8 titres / 45 minutes.

Pour aller plus loin

- le site de l'ensemble, très bien fait, avec 5 titres en écoute.

- "Like a Miracle" en concert à "The Stone" :

 

 

Programme de l'émission du lundi 7 février 2011

Le Ciel brûle  :

  Psykick Lyrikah : Quelle langue / Melmoth (Interlude) (p.3-4, 5'), extraits de Derrière moi (Idwet, sortie en avril 2011)

  Esben and the Witch : Argyria / Marching Song (p.1-2, 9'45), extraits de Violet Cries (Matador, 2010)

Victoire : Cathedral City / Like a Miracle (p.3-4, 11'), extraits de Cathedral City (New Amsterdam Records, 2010)

Grande forme :

  Phil Kline : In Cognito (cd 1, p.9, 6'01) Remix de "In C"

  Terry Riley : In C (cd 2, p.8, 20'43), extraits de In C remixed (Innova, 2010)

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commentaires

Tree House Code Violation 03/04/2014 08:09

Being a hard core fan of Missy Mazzoli, happy to land on this web page! He is one of the legends in Keyboard playing. Last year my uncle gave me his first album Cathedral City and was flattened by the music!