Samedi 30 octobre 2010
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En plein Stare Mesto, non loin des flux piétonniers de Prague, une ruelle d'un autre temps, oubliée. Une galerie
s'y est installée. C'est là que je découvre Reiko Imoto, photographe japonaise née à Kobe, qui a étudié aux États-Unis et vit à Bruxelles. Ses photographies interrogent le temps, questionnent la
réalité en dévoilant d'autres strates, d'autres perspectives. Prague, après tout, est à moins de cent kilomètres de Litomerice, la ville natale d'Alfred Kubin, dessinateur de génie et auteur de
cet étonnant roman, L'Autre côté, paru en 1909, qu'il illustra lui-même.
Je vous propose un photo-montage de Reiko, illustré par une musique de Peter Smith (que je n'ai pas identifié),
musique parfaitement sinistre. Faites de beaux cauchemars...
Par Dionys
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Publié dans : inactuelles
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Samedi 27 février 2010
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Le mardi 20 février 2007, je posais la première pierre de ce blog, qui compte aujourd'hui 177 articles, répertorie
autour de 200 disques et autant de musiciens, compositeurs. Trois ans de découvertes, de recherches, d'évolution et de tournants. De multiples contacts avec des musiciens d'un peu partout, avec
des blogueurs fureteurs : qu'ils soient tous ici remerciés pour leur soutien !
Je viens de relire le premier article, consacré au "concept de l'émission". Rien à y changer, sauf en ce qui concerne les références, aujourd'hui beaucoup plus diversifiées. Défenseur
passionné des musiques minimalistes et de toute une pop expérimentale, ambiante, je me suis progressivement ouvert aux musiques électroniques, grâce notamment aux différents volumes de
l'Anthology of Noise & electronic Music parue chez Sub Rosa, admirable compilation dûe à l'énorme travail de Guy-Marc Hinant : c'est à lui que je dois la découverte
d'Autechre, de Daphne Oram, de Beatriz Ferreyra, de Maja Ratkje, de Tod Dockstader, et de quelques autres. Je n'ai d'ailleurs pas exploré toutes les pistes. Mais j'ai appris à écouter et apprécier
des musiques que je trouvais jusqu'alors inaudibles, laides. Pas toutes, bien sûr, mais le chemin était ouvert vers des artistes comme l'allemande Antye Greie dont je viens de chroniquer
deux albums. Parallèlement, j'ai fréquenté assidument les sites internet de mes labels de prédilection, rebondi sur des labels cousins. Grâce à Tzadik, j'ai déniché Annie Gosfield et Ikue Mori, deux compositrices
rares. Cantaloupe, le label de mes nouveaux favoris, David Lang et Julia Wolfe, s'est révélé un vecteur idéal pour découvrir nombre de compositeurs américains
décomplexés, qui se plaisent à brouiller les frontières, à marier la musique contemporaine pure et dure avec le rock, le jazz, les musiques du monde.
Du côté de la Radio Primitive, en dépit de l'arrivée d'un certain nombre de titres sous forme de fichiers peu aisés à consulter (à moins de vivre dans les locaux...), les
envois des maisons de disques m'ont procuré quelques pépites assez inattendues si l'on considère que la radio est orientée rock : Scott Walker, chanteur qui s'est bien éloigné de son début
de carrière pour édifier une oeuvre puissamment personnelle ; Half Asleep, étonnant duo belge où la pop se mâtine de minimalisme ; plus récemment le trio Aufgang, deux pianistes de formation classique et un percussionniste pour des compositions inclassables, entre musique
contemporaine et électro. Je ne suis pas sûr que les musiciens, les producteurs, les distributeurs, estiment à sa juste valeur le travail de fond des radios associatives, en train de disparaître
faut-il le rappeler - l'avenir de la Primitive est en point d'interrogation, à ce propos... Elles contribuent à la diversité du paysage musical, aussi ne serait-il pas temps que la communauté
musicale se mobilise pour soutenir cette trame qui depuis 1981 a lancé tant d'artistes aujourd'hui célèbres, ou qui ont trouvé leur place ? La multiplicité foisonnante d'Internet pourra-t-elle
jouer le même rôle, offrir des relais commodes, repérables ?
Je ne vais pas tout inventorier, rassurez-vous : c'est à vous de fouiller dans ce qui a pris mine de rien la tournure d'une encyclopédie irraisonnée des musiques
d'aujourd'hui. Irraisonnée, car partiale, sous le signe de la passion, du dilettantisme à la Stendhal. Je suis un butineur, je suis mes humeurs, je n'en fait qu'à ma tête, ou qu'à mes
oreilles plutôt, capable de faire succéder à un disque de musique expérimentale un album (presque) folk, une galette inclassable. D'où ma difficulté à constituer des catégories.
J'essaie de les concevoir assez larges, mais je trouve toujours des musiques qui en débordent, qui ne rentrent dans aucune case. À la limite, mon sous-titre suffirait : "Musiques
Singulières", uniques, personnelles, originales. Et comme toutes les musiques que l'on trouve infiniment belles, elles sont inactuelles, au même titre que le Requiem de
Mozart, le Sacre du Printemps de Stravinski ou le Concerto pour orchestre de Bartok.
L'aventure continue. Le disque survivra-t-il à la crise ? Je l'espère. Les vrais musiciens ont besoin de ce vecteur pour créer des ensembles cohérents dans lesquels l'auditeur doit
apprendre son chemin. À quoi rime de ne picorer que des fragments, à moins de se contenter du seul format de la chanson de trois minutes, et c'est un peu comme si toute la poésie se
réduisait à la seule forme sonnet et toute la littérature narrative à la seule nouvelle, très courte de surcroît ? Pochettes et livrets prolongent la musique, la situent dans un environnement
artistique irremplaçable...quand le travail est soigné. Le disque se porte mal aussi à cause du peu de soin apporté à sa présentation. Combien de pochettes illisibles, vides de tout
renseignement ? Même pas les paroles des morceaux , ou pas la politesse d'une présentation bilingue, voire trilingue. Je suis anglophile, mais j'en ai assez des artistes qui désertent leur
langue pour ne proposer que l'anglais, un pauvre anglais de plus, aux ailes coupées. Les meilleures maisons de disques pensent toutefois à l'acheteur. Le label américain Mode
offre des livrets trilingues. Je suis tombé récemment sue deux disques de Katia et Marielle Labèque, deux pianistes que j'aime beaucoup, sur le label KML Recordings. Le site internet est en anglais, mais les deux disques sont bien présentés dans des livrets bilingues, avec les paroles in
extenso pour le très beau De Fuego y de Agua - pas chroniqué !, avec la chanteuse Mayté Martin. Voilà ce qu'on attend des maisons de disque, et qu'elles cessent de se
lamenter en se coupant l'herbe sous le pied !!
Je termine en rappelant que j'essaye de répondre à tous, mais que je n'ai guère le temps de faire un blog interactif avec classement des blogueurs, comme le fait Art-rock,
j'imagine qu'il est à la retraite pour avoir tant de temps, non, je plaisante (à peine). Je suis père de famille et j'exerce un métier qui me passionne aussi. Par contre, vos commentaires sont
les bienvenus. J'ai l'impression que vous n'osez pas toujours vous manifester, peut-être par manque de temps ou parce que je vous intimide. Ne vous laissez pas impressionner par mes critiques
enthousiastes. C'est mon tempérament. Je ne chronique que ce que j'aime, durement sélectionné (à la radio, sur 20 disques passés au laminoir de l'écoute rapide de quelques débuts de morceaux, il
n'en reste parfois qu'un seul, et parfois rien, heureusement que j'ai mes filières, mes réseaux !). J'allais oublier : vos suggestions sont également les bienvenues, j'ai toujours une oreille qui
traîne...
Une video d'un titre de l'album De Fuego y de Agua que j'évoquais ci-dessus. Manière d'indiquer encore un chemin possible, entre musique classique et chanson.
Programme de l'émission du dimanche 21 février 2010
Ingram Marshall : The Fragility Cycle (Gambuh) (piste 4, 14' 59), extrait de September
canons (New World records, 2009)
Antye Greie : Do Nothing Until (A
Quiet Sense Of Truth Is Established) / We Break Out / Dis-Hero Equals / Einzelkämpfer / Her Beauty Kills Me (p.1 à 5, 25' ), extraits de Einzelkämpfer (Agf Producktion, 2008)
Port-Royal : hva (failed revolutions) / Nights in Kiev / Exhausted muse : Europe (p.1-2-4, 25' ), extraits de dying in time
(debruitetdesilence, 2009)
Joan Jeanrenaud : Ink blot / Blue kite / Livre
(p.7 à 9, 4' 35), extraits de Strange toys (Talking house Records, 2008)
Par Dionys
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Publié dans : inactuelles
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Mardi 20 février 2007
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Inactuelles est née en 1981 d'un constat : la plupart des programmes musicaux radiophoniques font l'impasse sur l'essentiel des musiques singulières qui émergent un peu partout, soit parce qu'elles sont jugées trop difficiles, soit parce qu'elles excèdent le format "commercial" de trois ou quatre minutes, ou encore parce qu'elles ne rentrent pas dans les catégories référencées, en vogue. L'émission s'est donc voulue une alternative à la standardisation, à la spécialisation, une ouverture sur l'infinie diversité de la création contemporaine. Elle prend le temps de la musique : que le morceau dure trois ou cinquante minutes, il est diffusé dans son intégralité, sans être rogné sauvagement ou subrepticement. Construite en fonction de l'humeur, de mes découvertes, des sorties quand même (la radio reçoit les nouveautés envoyées aux radios membres de la Férarock), Inactuelles se développe autour d'un compositeur, d'un disque, d'un instrument, d'un thème, d'un climat, tissant des relations plus ou moins évidentes, voire surprenantes, entre des musiques qu'on n'attend guère se côtoyer. Entre inactualité et actualité, elle diffuse des disques oubliés, mal ou pas distribués en France, donne des coups de projecteur sur des oeuvres phares, les dernières sorties qui risqueraient de passer inaperçues. Parmi les références de l'émission, Steve Reich, Thom Yorke ou Brian Eno.
Par dionys
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