Ana Suda (An on Bast) : Just blast (cd2, p.4, 3' 58) Elle propose ici une musique synthétique délicate, qui joue des contrastes entre grignotements et rythmique hypnotique de cloches. Cette polonaise a sorti son premier album Welcome scissors en mai 2006.Nous sommes accueillis sur son site par un arbre magnifique : vous pourrez écouter d'autres extraits de cette oeuvre étonnamment organique.
Mark Pritchard (Harmonic 313) : Call to Arms (cd1, p.5, 4' 38) De la techno flamboyante, spatiale et inspirée par un artiste aux nombreux pseudonymes.
Richard Eigner : Concrete leaves (cd2, p.12, 4' 51) Une oeuvre exigeante, imprégnée de musiques contemporaines, comme le reconnaît cet autrichien amateur de Morton Feldman, Ligeti ou Arvo Pärt.
La scène allemande nous offre deux parutions d'artistes déjà confirmés.
Apparat : Not a number (p.1, 3' 59)
Hailin' from the edge (p.2, 3'39)
Useless information (p.3, 4' 04)
Birds (p.8, 5' 03) extraits de Walls (Shitkatapult, 2007)
Apparat est le pseudonyme du batteur Sascha Ring, qui a commencé sa carrière de DJ dans les années 90 à Berlin. Dans la mouvance d'Aphex Twin ou de Radio head, il a déjà plusieurs albums à son actif. Celui-ci sort sur son label Shitkatapult fondé en 1999. L'album précédent, Orchestra of bubbles, est sorti en 2006 en duo avec Ellen Allien, une des reines de la techno berlinoise, laquelle propose le trente-quatrième mix de la série Fabric, du club de Londres du même nom. Beaucoup d'invités, où l'on retrouve encore Thom Yorke...(pas diffusé ce soir).
Ellen Allien : Don't believe the chord (Schubert-S1, p.1, 5' 13)
Jamie Jones' Pacific Mix (EStro-Driven, p.3, 6' 06)
Tu y yo (Damian Schwartz, p.4, 2' 23)
Aaltovaihe (Aste-Maan, p.10, 1' 36)
Just a woman (Ellen Allien, p.12, 3' 10), extraits de Fabric 34(Fabric London, Pias 2007).
Un oublié (en ce qui me concerne, pas pour tout le monde) de 2006, un excellent duo anglais entre Massive Attack et...folk cold wave :
Various : Thuunk (p.1, 2' 22)
Circle of sorrow (p.2, 4' 31)


soit peu novatrice. Même Steve Reich (ou des amis )recourt à cette formule pour présenter sa musique à un large public sur une plate-forme bien connue des musiciens (cf.
Je suis plus perplexe avec le
disque suivant, le dernier d'un des groupes phares de la musique industrielle, Einstürzende Neubauten, groupe qui compte à son actif de nombreux albums depuis le début des années 80. N'ayant pas
le visuel de la pochette à vous proposer, je place ci-contre une très belle vue de ruine industrielle trouvée sur l'un de leurs sites. Ne connaissant guère le groupe que de réputation, je
m'attendais à une musique plus bruyante, violente, saturée. L'album est relativement apaisé (tout est relatif...), souvent poussif et bien peu créatif. Je propose toutefois deux titres très
réussis, où le texte tient une place prépondérante : deux poèmes dits avec une très grande intensité, et ça fait plaisir d'entendre de l'allemand si bien porté, si bien sonnant. Le premier titre,
"Die Wellen", qui ouvre d'ailleurs l'album, est construit sur un crescendo implacable, la voix étant relayée par des percussions métalliques impressionnantes. Malheureusement, après ce morceau si
beau dans son dépouillement, et à l'exception de "Unvollständigkeit", de la même veine que j'oserais dire slammante ou quasi rappeuse, que de titres convenus...
La fin du programme est consacrée à Duane Pitre et son Pilotram Ensemble. Compositeur, improvisateur,
Duane Pitre circule entre Brooklyn et San Diego. Influencé par La Mounte Young, Terry Riley et Steve Reich, il propose des compositions abstraites alliant drones atmosphériques et structures
minimales et s'intéresse aux problèmes de la microtonalité, de l'intonation juste. La couverture de "Organized pitches occurring in time" donne une excellente idée de cette musique qui se veut
comme un corps, un organisme dont les différents instruments seraient les organes ou les membres. Ainsi, dans le morceau diffusé, l'orgue à pompe serait le système circulatoire, la clarinette
basse les muscles, les guitares la chair, les sons d'origine électriques le système nerveux, l'alto la peau, les violons les mèches de cheveux, le violoncelle et les saxophones les organes
internes. Quant à l'auditeur, pour boucler l'analogie, ce serait les yeux, des yeux qui regardent dans le corps de la musique, qui perçoivent la composition différemment pour chacun d'entre nous.
Discipline, liberté et variation sont les principes conducteurs de cette musique fascinante, à écouter dans le noir ou la pénombre pour en savourer le continuum chatoyant, le lent déploiement des
sons courbes sur le lit mouvant des drones telluriques. L'oeuvre majeure de ce programme !
Le duo stéphanois issu du collectif dub Bangarang
sort début mars un CD qu'ils présentent à la fois comme faisant référence au Commercial Album des Residents et au film de Robert Altman dont ils reprennent le titre.
C'est leur quatrième disque sous le nom de Brain Damage. Le troisième, Spoken Dub Manifesto, sorti en 2006, frayait de nouvelles voies dans le dub en travaillant un
"dit-parlé"(néologisme que je forge à partir de "spoken word") d'une grande inventivité. Ce nouvel opus va plus loin encore à la fois dans la même voie et dans le mélange toujours plus réussi
entre électro-dub et expérimental, ambient. On obtient vingt-quatre miniatures, toutes autour de deux minutes, qui cisèlent des univers sonores foisonnants, hantés par des voix qui parlent,
crient, murmurent, incantent en sept langues (français, anglais, bosnien, catalan, polonais, arabe et allemand). Lieder d'aujourd'hui, d'un monde trouble et fascinant : un lyrisme floydien
(référence assumée !)émane parfois de ses bribes émaillées de cloches, tapissées d'arrière-plans tournoyants. Le dub le plus sombre est traversé d'échos fragiles et émouvants, si bien que
l'étiquette revendiquée par le duo, émo-dub-ambient, est assez juste : rien de désincarné dans ce dub-là, vivifié par les très nombreuses collaborations, venues notamment de l'Est où la groupe a
récemment tourné. Indéniablement un groupe majeur de la scène française, à l'énergie communicative, Brain Damage signe tout simplement un disque abouti, passionnant de bout en
bout. Basse et machines, et toute l'humanité en raccourcis habités.
Après la joueuse de pipa Wu Man, l'une des interprètes de la dernière oeuvre de Terry Riley (cf.
Programme du dimanche 8 juin 2008
(Première partie)