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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 16:53

Quand la musique est habit de lumière  

Brian Eno est l'un des inspirateurs de mon émission et de ce blog, avec quelques autres au départ, comme Steve Reich...Aussi chaque nouveau disque est-il écouté dans l'impatience d'une confirmation : Brian est toujours là, compagnon fidèle d'une route qui file vers les ténèbres. La première écoute de Lux n'a pas répondu à mes attentes : je restais loin, la musique me semblait inconsistante, plate. Imaginez ma déception ! Et puis je me suis rappelé : il existe un bouton pour augmenter le son. La musique a surgi, étincelante, enveloppante, ensorcelante. Brian était revenu, plus présent que jamais. On ne le dira jamais assez : montez le son, écoutez vraiment la musique, elle n'attend que cela, au risque de devenir guimauve, musique d'hypermarché. Ne faites plus rien, ou quasiment, sacré non !

 Brian-Eno-Lux.jpeg  Quatre plages d'une musique ambiante pure, décantée. Quatre hymnes aux synthétiseurs, claviers, rejoints par la guitare Moog de Leo Abrahams, les violons et altos de Nell Catchpole. Quatre tableaux changeants au fil du temps, articulés entre deux pianos, l'un dans les aigus, à l'arrière-plan, l'autre dans les médiums et les graves, au premier plan, sur un fond d'échos, d'harmoniques, de nappes d'orgue. C'est une lente avancée, ponctuée de stases, l'inventaire obstiné des potentialités lumineuses de chaque note : l'homme pressé n'y entendra goutte. C'est une musique d'une sensualité insensée, vertigineuse. L'arbre de lumière, sur la pochette, ne vise rien moins qu'à se substituer à l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Brian Eno est plus que jamais un plasticien sonore, un ascète ébloui qui voudrait nous propulser par delà tous les conflits dans un monde réconcilié : rien ne tient face à l'abyssale beauté de ces motifs fondus les uns dans les autres pour constituer une tapisserie majestueuse, aux douces, fortes et amples modulations, ondulations. Brian rejoint ainsi le travail d'un John Luther Adams, dont je réécoutais hier  Four Thousand Holes. Les grands musiciens modifient notre rapport au temps. Brian et John Luther, en véritables amoureux de la lumière, jouent la musique contre le temps mesuré. Il s'agit d'élargir les mailles du filet temporel pour que l'auditeur se baigne dans les interstices obtenus, dont il s'aperçoit vite qu'ils fournissent autant d'échappée belle pour échapper au bagne de Chronos, le dieu dévoreur. Grâce à de telles musiques, on trouve en chaque seconde une poignée pour s'agripper, se hisser au-dessus de la maya. Le temps, au fond, n'est qu'illusion. Seule la lumière est vraie, éternelle : c'est ce que j'entends dans une telle musique, si souverainement indifférente, se déplaçant comme un immense serpent aux millions d'écailles rutilantes. Au sens propre, cette musique exténue le temps, nous rappelle à l'essentiel, la jouissance de chaque instant. Il me semble que tout le travail antérieur de Brian devait conduire à Lux (je sais bien, l'illusion rétrospective est sans doute une facilité douteuse, une reconstruction commode). Jouer l'espace, en le meublant, c'est-à-dire en se l'appropriant, contre le temps, dont la matière même est métamorphosée, sublimée en lumière. Je te salue, Brian, le brillant, en français...

Paru en 2012 chez Opal - Warp Records  / 4 titres / 75 minutes

Pour aller plus loin

- la musique dans son environnement initialement prévu, celui de la Grande galerie du Palais de la Venaria, à Turin :

 

 

   Pas forcément convaincant, ce genre d'environnement, pour une telle musique, je vous comprends. Je viens de tomber sur un passage de L'Homme approximatif (section XV) de Tristan Tzara, que j'associerais volontiers à Lux :

dans chaque pore de la peau

il y a un jardin et toute la faune des douleurs

il faut savoir regarder avec un œil plus grand qu'une ville

sur la glace dansent les loups

on mène sa clarté en croupe

sur sa verdure on fait des sports on joue à la bourse

et souvent on chante sur le toit

de chaque note il monte des lignes de la main sur la misaine

il descend des animaux aux racines

car chaque note est grande et voit

 

Plus loin encore, ceci :

la lumière nous est un doux fardeau un manteau chaud

et quoique invisible elle nous est tendre maîtresse

consolation

15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 17:31

 Erik-K.-Skodvin-Flare.jpeg  Musicien norvégien né en 1979, fondateur du label Miasmah recordings, graphiste, Erik K. Skodvin a sorti fin 2010 Flare, premier album publié sous son vrai nom (parmi ses pseudonymes, Deaf Center ou Svarte Greiner) sur le label berlinois Sonic Pieces, qui a le vent en poupe sur Inactuelles.

   L'album est envoûtant : dix atmosphères ciselées dans le moindre détail, prenantes, denses, belles. Le norvégien associe des sons acoustiques - guitare, piano, claviers, violon, basse, avec quelques incursions de voix - à quelques bruits environnementaux choisis. Tout est traité avec une grande sobriété, chaque note ou chaque son se détachant nettement : une évidente prédilection pour des sons bruts, rêches, crée pour l'auditeur une impression de grande proximité, atténue ce que la musique a de dramatique dans ses développements par nappes crescendo ou par insidieuses progressions, lents paliers qui nous entourent peu à peu. Un zeste de réverbération, quelques échos, donnent à la musique une profondeur souvent somptueuse, une aura rêveuse mais tendue, farouche.

   Le premier titre, "Etching an entrance" donne le ton : on commence peut-être à l'intérieur du piano, en caressant, frottant les cordes, tandis que surgissent des sons caverneux, épais, que le piano se fraye un chemin entre les deux. Comme une eau-forte (c'est le sens d'etching), la matière sonore est travaillée au burin, imprime des sillons précis dans la pâte. "Matiné", c'est le piano qui écarte le silence à coups de notes résonnantes, s'étoffant en brèves grappes, rejoint par la guitare grattée et des drones discrets, surmontés par un violon stratosphérique, aux sonorités fines, limpides : pour la salutation de quelle aube de glace et de grâce, traversée par des oiseaux séraphiques ? Extraordinaire pièce ! On frappe sur une caisse (de guitare ou sur le cadre du piano), ce qui éveille le piano aux notes préparées (dirait-on), une voix s'élève, légère, translucide, "Pitch Dark" est un autre miracle de ce disque. La guitare domine "Falling eyes", enregistrée de très près pour nous donner le moindre frottement et tout le dégradé des échos : simple, et beau. "Neither dust" chemine au fil de boucles de guitare parsemées de quelques notes de piano et de virgules de claviers, de vents, peu à peu développées en filoches enveloppantes. On croît entendre des profanateurs de tombes au début de "Graves", scandé par des coups sourds dans une atmosphère épaisse, ténébreuse à souhait, avec voix d'outre-tombe : debout les morts, les Temps sont venus, car il y a paradoxalement quelque chose de presque jubilatoire, dans cette tranquille et méthodique avancée. Piano roi, grave, pour "Escaping the day", tout en échappées de lumières troubles : ne marche-t-on pas sur la mer de cendres à la rencontre du Mystère ? La guitare flambe sur "Stuck in burning dreams", tournoiement de visions au rythme du grattement lancinant. Et puis voici "Vanished", orgue souverain, prince anthracite serti par le piano lumière : lointain écho des chansons perdues de Nico avec son harmonium, il ravira aussi les amateurs de Tim Hecker : un diamant noir pour rêveurs fous... Le violon réapparaît dans le somptueux "Caught in flickering lights" à la splendeur élégiaque, transcendant le grattement obstiné de la guitare, les gonflements sonores sourds surgis des profondeurs. Un parcours impeccable, impressionnant !

Paru en 2010 chez sonicpieces / 10 titres / 36 minutes

Pour aller plus loin

- le site personnel de Erik K. Skodvin 

- Album en écoute sur Soundcloud

- "Matiné " en particulier :

 

 

Programme de l'émission du lundi 14 janvier 2013

Peter Broderick & Machinefabriek : Blank Grey / Homecoming (Pistes 4-5, 17'48), extraits de Blank grey Canvas Sky (Fangbomb, 2009)

Christian Fennesz & Ryuichi Sakamoto : Pistes 9 à 11, Disque 2 (16'20), extraits de Flumina (Touch, 2011)

Erik K. Skodvin : Etching an entrance / Matiné / Pitch dark (p. 1 à 3, 11'10), extraits de Flare (sonicpieces, 2010)

Maya Beiser / Michael Harrison : Just Ancient Loops I Genesis (p.1, 10'09), extrait de Time Loops (Cantaloupe Music, 2012)

P.S. Je crée une nouvelle catégorie : "Musiques Ambiantes / électroniques" pour réorganiser (!!) mes références, sachant que bien des musiques ne rentrent pas dans les tiroirs (en dépit du fourre-tout "Hybrides et mélanges", pas clair d'ailleurs...à voir !)

8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 12:00

  Un regard vers l'arrière : non, pas encore 2012, trop proche, mais 2011. Doucement, les choses se décantent, et puis, si des disques m'ont échappé, cela fait partie de l'exercice, vous le savez. Le panorama est donc comme d'habitude tout relatif, limité, et de surcroît, blog de passion oblige, sauvagement subjectif, poil au subjonctif. Je procède par blocs, le plus souvent, tant il est difficile de départager certaines œuvres. Ce qui n'est pas sans créer des rapports inattendus, de traverse si l'on peut dire, en se souvenant d'un excellent festival : tant mieux ! J'aime bien aussi ce qui se passe entre les couvertures : quelque chose qui risque de passer à la trappe avec la numérisation et le morcellement, la notion d'album disparaissant purement et simplement au profit de titres, de chansons flottant au milieu du grand rien de la marchandisation aveugle. Une histoire surgit à chaque fois à partir de la réunion d'images sur une même bande : je vous laisse ce plaisir...

   Les liens vers les chroniques se trouvent dans les titres d'album. Il peut arriver qu'un disque non chroniqué figure dans cette liste, et que, inversement, un disque chroniqué ait disparu. Mystère des fluctuations de la Subjectivité...Ce qui donne, après bien des déchirements - ainsi, je ne sais pas très bien encore où placer Greg Haines, jeune compositeur assez stupéfiant :

 

1/ Donnacha Dennehy       Grá agus brá                                          (Nonesuch)

David Lang                        this was written by hand                        (Cantaloupe Music)

John Luther Adams           Four Thousand holes                             (Cold Blue Music)

Psykick Lyrikah                Derrière moi                                          (Idwet)

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Nurse with Wound /    Graham Bowers             Rupture                                                 (Dirter)

J'ai failli l'oublier !! Évidemment dans ce premier ensemble... 

Nurse with Wound rupture

 

2/ Steve Reich                   WTC 9/11 // Mallet Quartet

                                                       // Dance Patterns                          (Nonesuch) 

Half Asleep                       Subtitles for the silent versions              (We are Unique Records)

Michael Gordon                Timber                                                    (Cantaloupe Music)

Julia Wolfe                        Cruel Sister                                           (Cantaloupe Music)

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3/ Peter Broderick

     & Machinefabriek       Mort aux vaches                                     (Mort aux vaches)

Tim Hecker                      Dropped Pianos                                     (Kranky)

itsnotyouitsme                  Everybody's pain is magnificent            (New Amsterdam Records)

Brian Eno                          Drums between the Bells                       (Warp Records - Opal)

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4/ Due East                       Draw only once - the music of John Supko  (New Amsterdam Records)

Nico Muhly                      Seeing Is Believing                                 (Decca)

Peter Broderick                Music for Confluence                                   (Erased Tapes)

Greg Haines                       Digressions                                           (Preservation Music)

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5/ Institut                           Ils étaient tombés instantanément amoureux (Institut & Rouge-Déclic)

Guillaume Gargaud          Lost chords                                            (Dead Pilot Records)  

AGF & Craig Armstrong   Orlando                                                          (Agf Produktion)

Francesco Tristano            bachCage                                              (Deutsche Grammophon)

Jefferson Friedman           Quartets                                                          (New Amsterdam Records)

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6/ Gavin Bryars               Piano Concerto (The Solway Canal)     (Naxos)

Kuniko Sato                     Kuniko plays Reich                                (Linn Records)

Jody Redhage                   of minutiae and memory                       (New Amsterdam Records)

 Christina Vantzou            N°1                                                          (Kranky)

Dakota Suite

   & Emanuele Errante     The North Green Down                           (Lidar)

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7/ My Brightest Diamond    All Things will Unwind                      (Blus Sword / Asthmatic Kitty Records)    

Evangelista                      In Animal Tongue                                   (Constellation)

Del Cielo                          Sur des braises                                       (Idwet)

Nils Frahm                       Felt                                                         (Erased Tapes)

Slow Flow                        (sans titre)                                               (autoproduit)

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8/ Andy Stott                   Passed me by / We Stay Together          (Modern Love)

Alva Noto

   & Ryuichi Sakamoto     Summus                                                  (Raster Noton)

Douwe Eisenga                House of Mirrors                                   (Zefir Records)

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9/ Dustin O'Halloran

& Adam Bryanbaum Wiltzie  A Winged Victory for the Sullen       (Kranky)

Wim Mertens                   Series of Ands / Immediate Givens         (Usura-EMI)

Amute                               Black Diamond Blues                            (Humpty Dumpty Records)

Mi & L'Au                       If Beauty Is A Crime                               (Alter K)

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Programme de l'émission du lundi 7 janvier 2013

Spéciale La Monte Young (1) :

La Monte Young & The Forever Bad Blues Band : Just Stompin' (disque 1, plus d'une heure...), extrait du double cd paru chez Gramavision en 1993. Il était temps qu'Inactuelles diffuse (même amputée...) une pièce du mythique compositeur américain, un des fondateurs du minimalisme, pièce qui met en évidence les relations de ce courant avec le blues notamment. Merci à l'ami qui m'a rapporté ce précieux album de la côte Ouest !

Published by Dionys - dans Classements
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 22:08

   Une idée, comme çà : associer la musique de David Lang à la photographie personnelle ci-dessous. Dans les deux cas, le travail de la main recrée le monde, à l'image du nôtre rentré dans un nouveau cycle. Le Cycle de la Fragilité. Une musique tâtonnante. Doigté, équilibre, miracle : beauté sur le fil, surgie au hasard du moment, sans prévenir, émouvante...

L-annee-2013.jpeg

 

 

 

23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 17:17

Revo-In-Vacuum.jpg   Le duo morlaisien Revo revient avec un batteur en renfort pour son second album In Vacuum, quatre ans après leur très bon premier opus, Artefacts. Moins de machines, la batterie très présente, l'album est résolument plus rock, plus instrumental encore.

Meph. - Impeccable pour une fin d'année bourrée d'énergie. De quoi galvaniser tes lecteurs endormis  par tes musiques molles...

Dio. - Fielleux ! Tu n'en penses rien, monsieur le très noir. Là où tu touches juste, pourtant, c'est que l'album répond à un besoin, chez moi en tout cas. Beaucoup de disques de post-rock - je ne parle même pas de ceux qui se réclament du rock, aujourd'hui une musique d'un conformisme trop souvent confondant - note bien ma prudence, jamais de généralités - me tombent des oreilles, même des groupes connus comme Sigur Ros. Or, avec Revo, on est me semble-t-il juste entre post-rock et rock, à un point d'équilibre qui donne au disque sa force, son homogénéité. Rien en trop, rien de trop attendu : certes, pas non plus de total inconnu, mais des titres nets, sans graisse, efficace.

Meph. - Du concentré, qui tape bien, puissant sans être lourd, car ça lorgne aussi vers le hard rock. Le trio, un quatuor en concert avec un bassiste en plus, doit être redoutable. Leur univers est tout en flambées aérées par de brefs moments plus rêveurs, les titres compris entre une minute et une seconde et six minutes vingt-sept, pour être précis. C'est un format en pleine adéquation avec leur propos, réorienté vers une évidente musicalité. Un disque moins glacé, plus humain.

Dio. - J'aime beaucoup leur pochette : des condensateurs géants (?) emprisonnant des immeubles, des tours, comme s'ils captaient l'énergie de cette population enfermée, qu'ils la mettaient en circulation. Une énergie saine, que l'on sent bonne, traversée de fines nervures comme dans "Hunt", du beau rock bien fini commencé pourtant comme une incantation fantomale.

Meph. - "Verse of agony", d'une veine un soupçon plus noire et en même temps plus atmosphérique, est aussi impeccable avec son entrée à l'harmonium, sa progression post-rock et sa retombée toute en résonances. Et "Belly", plus ravageur après un début tremblé étonnant.

Dio. - Bref, un virage réussi, un disque réjouissant, qui sait surprendre par des moments quasiment orchestraux, un réel sens du ciselé. Et qui vient de nous permettre d'entrer dans le nouveau cycle, après la fin d'un monde...déjà samedi 22 décembre, 0h02 !!!

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Paru en décembre 2012 chez Offoron Records / 10 titres / 40 minutes

Pour aller plus loin

- le disque en écoute sur bandcamp et plus.

- "Split in the living", le deuxième titre :

 

 

Programme de l'émission du lundi 17 décembre 2012

Peter Borderick & Machinefabriek : Session II (Piste 3, 25'35), extrait de Mort aux vaches (Mort aux vaches, 2011)

Juv : los / juv (p.1-2, 12'50), extraits de S/t (Miasmah Recordings, 2011)

Revo : In Vacuum / Split with the living / Juno (p.1 à 3, 14'), extraits de In Vacuum (Offoron Records, 2012)

17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:18

Peter Broderick & Machinefabriek Mort aux vachesPeter Broderick, ce jeune compositeur américain né en 1987, multi-instrumentiste qui participa au groupe danois Efterklang, étoffe ces temps-ci sa discographie. Sa rencontre avec Rutger Zuydervelt, guitariste, artiste sonore néerlandais connu sous le nom de Machinefabriek depuis 2004, nous vaut ce magnifique Mort aux vaches, trois sessions en partie improvisées en compagnie d'autres invités, comme le pianiste Nils Frahm, Jan Kleefstra pour ses mots, Romke Kleefstra, son frère, à la guitare et aux effets, et Anne Chris Bakker, compositeur de musique électroacoustique, expérimentale ou ambiante originaire de Groningue aux Pays-Bas, ici à la guitare, aux effets et à l'ordinateur, tous les quatre pour la seconde session. 

Meph. - Cela commence avec des enregistrements de sons extérieurs : cliquetis, cris d'enfants au loin, toute une vie discrète. Le violon s'introduit par courtes plaintes prolongées de halos de drones : entrée dans l'univers somptueusement mélancolique dont on peut dire, sans jouer sur les mots, qu'elle est sa marque de fabrique sans machine...

Dio. - Toi, te laisser ainsi aller !

Meph. - Laisse-moi parler du surgissement feutré du piano, dans les médiums d'abord, puis dans les graves. On entend une machine - je n'y peux rien - à écrire. Les textures se resserrent insensiblement, quelque chose cherche à s'élever dans un climat d'intense émotion. Il y a là comme un lyrisme cérémoniel, en sourdine, avant que la cadence au violon ne vienne nous enlever.

Dio. - Et tout se soulève, dans une montée irrésistible, la voix de Peter en bourdon tout au fond de ce grand mouvement farouche que le piano martèle. C'est puissant, et délicat, méditatif, lorsque le piano se retrouve presque seul dans un environnement légèrement ondulant de sons rugueux, égrenant et laissant résonner ses notes limpides, isolées ou en accords plaqués tandis que le violon, en retrait laisse entendre des notes déformées, étirées.

Meph. - Le disque continue avec la session III, piano en avant, guitare en second plan, avec une dimension "orchestrale" plus sensible, des arrière-plans à la fois plus harmoniques et électroniques. La pièce prend des allures de toile miroitante, oscillante, alternant avancées et moments d'apesanteur. Soudain s'élèvent des voix miaulantes tandis que les ondes courtes se brouillent. Retrouvailles avec les meilleures envolées des grandes pièces psychédéliques, mais d'une fantastique douceur. 

Dio. - Incroyable polyphonie de voix suaves au cœur de cette session océanique, sur laquelle le piano vient marcher comme un miracle, histoire de pendre le temps à un vieux clou. Le violon s'enroule en courtes phrases courbes autour du vaisseau spatial lancé dans les espaces infinis...

Meph. - Quelle imagination ! Je souscris, toutefois. N'oublie quand même pas tous ses petits bruits qui installent notre navire dans un concret habité. Ce qui est beau, c'est cette union intime d'un lyrisme abstrait, si l'on peut dire, et d'un chant des objets qui nous permet d'installer cette musique dans un quotidien transcendé.

Dio. - Ne te moque plus de moi, vieux rêveur.

Meph. - Tu crois plaisanter, mais c'est en effet une musique d'après la chute, hantée par son avant. Cette musique-là n'est rien d'autre qu'une tentative pour réintroduire le paradis dans les interstices de notre vie. Entends-tu la voix de Jan Kleefstra dans la dernière pièce, la session II, la plus longue ? Je ne comprends pas ces mots - j'aimerais les lire en même temps -, j'entends leur velours, leur incantation ouatée, à donner envie d'apprendre le frison (et non le néerlandais, comme nous l'a fait remarquer un de nos lecteurs - le frison est la langue des îles de la Frise), la voix des anges déchus réclamant la beauté foudroyante, disant la beauté troublante et infinie du monde, et peu importe si ce n'est pas leur sens, c'est ce que j'entends par-delà les mots, sur le matériau musical retenu et frémissant qui s'enfle peu à peu jusqu'à devenir une cathédrale sonore dans laquelle se mêlent les arpèges du piano, les drones, les particules poussiéreuses, les chuchotements, la voix bouleversée, pour que surgisse la musique d'avant, commer nommer cela, ce chaos sonore extraordinaire, je ne sais pas pourquoi je pense à Tabula rasa d'Arvo Pärt, le même mouvement de déconstruction, la déchirante suavité arrachée aux décombres, surgie des gestes musicaux en ombres sur le vide qui n'est pourtant pas vide, saturé d'une anti-matière corpusculaire proprement sidérante.

Dio. - Un des très grands disques sortis en 2011, indéniablement. Ouf ! Mon "classement" de 2011 est encore à venir (bientôt...).

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Paru en avril 2011 chez Mort aux vaches (c'est aussi le nom du label...). Si j'ai bien compris, c'est une édition limitée à 500 exemplaires, encore une, alors que ce disque devrait sortir à dix milliards d'exemplaires !! J'espère me tromper, ô fidèles lecteurs, si bien que vous pourrez encore vous le caler derrière les oreilles, je veux dire vous l'instiller dans le cerveau comme une divine ambroisie. / 3 titres / 56 minutes environ.

Pour aller plus loin

- le disque complet en écoute ici.

- à acheter peut-être ici ou encore ici

- un blog entièrement consacré à toutes les parutions de Peter Broderick, en anglais.

- en écoute partielle ci-dessous (fausse vidéo) :

 

 

Programme de l'émission du lundi 10 décembre 2012

Moon ate the dark : Explosions in a Four chambered Heart / Bellès Jar (Pistes 1 & 2, 15'15), extraits ddu disque sans titre paru chez Sonic pieces en 2012

Hommage à ...

• Pascal Dusapin : Études pour piano 1 à 3 (p.1 à 3, 26'30), extraits de À quia (Naïve, 2003) à l'occasion de deux concerts, le premier consacré à un cycle de lieder baptisé "O Mensch" pour baryton et piano d'après des poèmes de Frédéric Nietzsche, dont un enregistrement va paraître, le second à l'intégrale des études pour piano, donné par la pianiste Vanessa Wagner, dont l'enregistrement sort également ces jours-ci. Voir mon classement des disques de l'année 2004 (avais-je commis une erreur de datation ??), où le double album À quia est placé en première position. Ce cycle reste un sommet de la musique de ce nouveau siècle aux côtés - parmi d'autres !! - des Inner Cities d'Alvin Curran.

Greg Haines : Marc's descent (p.2, 10'46), extrait de Until the point of hushed Support (Sonic pieces, 2010)

11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 14:21

Francesco Tristano est un pianiste atypique. De formation classique, il interprète les grands musiciens du répertoire. Mais il ne déteste pas la techno, se produit dans les clubs, participe au trio Aufgang, entre musiques contemporaine et électronique, parfois assaisonnées d'un zeste de jazz fou. 

Meph. - Tu as longtemps hésité, pourtant ? Pourquoi donc ?

Dio. - J'ai connu Francesco Tristano par l'album du trio Aufgang, album que j'ai chroniqué à sa sortie. Depuis, il se trouve que je suis tombé sur ses disques personnels par hasard, à chaque fois lors de soldes.

Meph. - Excuse-moi, je ne vois pas le rapport...

Dio. - Tu as raison. Toujours est-il que j'ai donc engrangé not for piano, idiosynkrasia, Auricle / BIo / On, et enfin bachCage. 

Meph. Et, à chaque fois, l'écoute te laissait partiellement insatisfait. Je te connais : la virtuosité démonstrative  ne te plaît guère.

Dio. - C'est un euphémisme de le dire ! Je le trouvais éblouissant, bien sûr,Francesco-Tristano-Auricle-Bio-On.jpg doué, mais j'étais agacé parfois, l'impression d'une course de vitesse stérile, et d'un autre côté j'aimais bien son ouverture sur la techno, les musiques électroniques.

Meph. - Auricle / Bio / On, c'est quelque chose, quand même, de vraiment courageux, une pure folie "enchantée" (c'est sur la pochette) déjà par Moritz von Oswald.

Dio. - Oui, il m'a tenu par là. C'est un disque qui ne ressemble à rien, un ovni discographique qu'on peut écouter cent fois, une sorte de techno bruitiste ambiante, hallucinée et minimale.

Meph. - Alors ?

Dio. - Il m'arrive ainsi de laisser des disques hors-jeu, comme s'ils m'intimidaient. Il me fallait un autre déclic.

Meph. - Et c'est venu lundi dernier ?

Dio. - Sans prévenir ! J'avais une quantité d'autres nouveautés sous le coude lorsque, dans l'après-midi, je me suis dit, il faut que je rende hommage à Francesco.

Meph. - Que s'est-il donc passé ?

Dio. - J'ai réécouté bachCage dans des conditions optimales, pas en voiture ou en faisant la cuisine. Tu connais ma prédilection pour "In a landscape" de John Cage, une pièce dont je ne me lasse pas. Et là, concentré, détendu, face à ma chaîne, j'ai pris une grosse claque comme on dit, mais alors énorme. La version qu'il en propose avec l'aide de Moritz von Oswald, encore lui, est prodigieuse : jusqu'à quinze pistes, peu importe à vrai dire le détail technique, ce qui compte c'est de réintroduire pour cette pièce l'idée d'un piano non normalisé, donc préparé si l'on veut, mFrancesco Tristano BachCageais qui a existé avant le piano préparé façon Cage, qui consonne avec des cloches, des percussions étouffées : chaque note déclenche un paysage, c'est exactement ça, ce que cherchent d'ailleurs d'autres pianistes en ce moment, comme Anna Rose Carter de Moon Ate the Dark (voir article précédent). C'est somptueux, et le reste de l'album est à l'avenant.

Meph. - On se prend à rêver à une relecture de l'œuvre de Cage pour piano préparé ou non...

Dio. - À partir de là, j'ai réécouté le reste pour extraire les pépites sous la gangue ébouriffante, étourdissante de ce pianiste bondissant.

Meph. - Et d'idiosynkrasia, que reste-t-il ?

Dio. - C'est un album assez proche de l'esprit d'Aufgang, mais à mon goût un peu trop envahi par des machines aveugles, sauf pour le miraculeux deuxième titre, "Nach wasser noch Erde", où le piano revient au premier plan pour un fascinant nocturne minimaliste.

Meph. - Une pure incantation : ce garçon nous met à genoux, il faut le dire, si bien qu'on lui passe les errements, les tâtonnements, les concessions à la mode.

Dio. - L'étoffe d'un vrai compositeur, en effet. Je ne parlerai guère des autres titres...

Meph. - Calamiteux ? Disons inutilement bruyants, clinquants ? Tu es bien dur, non Francesco-Tristano-idiosynkrasia.jpg? "Mambo" a une belle pêche !

Dio. - Trop de programmation lourdaude. "Eastern Market", par exemple, est à hurler. Je préfère encore "Fragrance de Fraga", nettement jazz pourtant, mais plus fin. J'excepte "Last days" à la délicate mélancolie, le piano serti par une électronique ciselée, aussi le long dernier titre, "Hello - Inner space Dub", qui finit par nous prendre, sur la longueur de ses dix-sept minutes, par sa rage de s'envoler dans une immense cadence environnée de tourbillons sonores incessants, recouverte par des vents électroniques intergalactiques, puis trois minutes de silence suivies d'une réapparition du piano, tout en éclaboussures cristallines, en notes longuement résonnantes, le Francesco que j'adore, musicien et non plus icône glamour, Narcisse prodige.

Meph. - Reste not for piano, notamment avec le pianiste Rami Khalifé. Le caracolant "hello" ouvre l'album...

Dio. - Pourquoi pas...

Meph. - "Barcelona trist", du très bon piano jazz, tu ne me contrediras pas. "Strings", début éthéré, notes filées, puis une chevauchée...

Dio. - Intéressante, cette réécriture de "Strings of Life" de Derrick May, surtout lorsqu'elle se brise,Francesco-Tristano-not-for-piano.jpg une minute avant la fin. Suit le splendide "andover" basé sur "overand" d'Autechre : à lui seul, le titre justifie l'achat de l'album. Reprise hypnotique d'une courte phrase, prolongée par un savant jeu d'échos, de prolongements électroniques. Un troisième hommage, "ap*", est dédié à Pascal Dusapin : la pièce s'inscrit dans la lignée des études pour piano, d'une écriture à la fois étincelante et fracassée. Là aussi, je tombe à genoux...

Meph. - Et ça continue avec "the melody", joli duo avec Rami, une gaieté dûe à l'évident plaisir de jouer à deux. C'est mieux encore avec un deuxième titre cosigné, "jeita", une ligne d'aigus très dynamique sur des graves percussifs, syncopés, les deux se rapprochant pour une longue échappée brumeuse.

Dio. - Mes pauvres genoux !! C'est en effet magnifique d'émotion. Un disque qui mérite mieux qu'on pourrait le penser, d'autant que "the bells" est impressionnant par ses syncopes en cascade, sa puissance crescendo, que "hymn", à nouveau avec Rami, offre une bousculade rythmique d'une formidable tonicité débouchant sur une coda plus calme, pour finir sur un duo réjouissant avec Raimundo Penaforte, ce dernier superposant de micros halètements à la rythmique pianistique effrénée, puis des sons de gorge étirés, sortes d'appels surgis du tréfonds, un violon frémissant : une vraie folie, du plaisir...

Meph. - Un disque pour décoincer tous les rigides, larguer les amarres et boire la mer entière sans s'en apercevoir !

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- Auricle / Bio / On paru chez InFiné en 2008 / 2 titres / 50 minutes

- bachCage paru chez Deutsche Grammophon en 2011 / 25 titres / 59 minutes

- idiosynkrasia paru chez InFiné en 2010 / 9 titres / 66 minutes

- not for piano paru chez InFiné en 2007 / 10 titres / 51 minutes

Pour aller plus loin

J'aurais pu proposer la version de "In a landscape", mais découvrez-là sur disque. Voici donc :

- "Nach Wasser noch Erde" en écoute :

 

 

Programme de l'émission du lundi 3 décembre 2012

Sarah Kirkland Snider : Daughter of the waves (Piste 4, 8'43), extrait de Beautiful Mechanical (New Amsterdam records, 2011) de YMusic. Le seul morceau surnageant du désastre, vraiment...

Hommage à ... :

• Francesco Tristano : In a landscape / Étude australe n° VIII, livre I (p.9 & 23, 14') de John Cage

                                                   Interludes (p.24, 2'34)  extraits de bachCage (Deutsche Grammophon, 2011)

                                                    andover / ap* / jeita (p.4-5-7, 16'), extraits de not for piano (InFiné, 2007)

                                                    Nach Wasser Noch Erde (p.2, 8'25), extrait de idiosynkrasia (InFiné, 2010)

3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:32

Illumination négative Moon-Ate-the-Dark.jpg 

   Moon Ate the Dark, c'est la rencontre de la pianiste galloise Anna Rose Carter et du producteur canadien Christopher Bailey aux microphones, pédales et amplis. Enregistré en deux jours d'août 2011 avec Joe Garcia dans des studios de Bristol, masterisé par Nils Frahm au studio Durton de Berlin, le disque est entièrement improvisé, sans ajout ni intégration d'échantillons tout prêts.

   Dès le premier titre, "Explosions in a Four Chambered Heart", l'auditeur est pris dans le flux continu du piano, souligné par le martèlement audible des touches ( que l'enregistrement met en évidence au lieu de le cacher, procédure fréquente notamment chez Nils Frahm, qui peut agacer, mais ici particulièrement pertinente) et l'environnement sonore trouble et liquide, agité de grands remous sourds, de vociférations étouffées. L'inspiration est marquée par le minimalisme répétitif et, à mes oreilles du moins, par le concept de piano en mode continu développé par le pianiste et compositeur d'origine ukrainienne Lubomyr Melnyk. Le piano avance dans un faisceau d'harmoniques qui constituent peu à peu un véritable tapis bruissant. Chaque note claire se détache ainsi, comme rebondissante, de cette trajectoire irrrésistible, sans cesse relancée par le jeu des reprises consécutives aux baisses de tension pendant lesquelles le piano semble s'enfoncer dans la pâte sonore. Les réverbérations créent une profondeur de champ à l'intérieur de laquelle tournoient drones, crissements, cris d'oiseaux métalliques avant l'absorption finale dans le noir abyssal. Une entrée vraiment superbe !! Le second titre, "Bellés Jar", est plus sombre encore, lentes boucles hypnotiques s'enfonçant dans les graves au-dessus d'agitations nébuleuses. "Capsules 11" reprend la veine du premier titre, avec quelques beaux dérapages dans les dissonances, un aspect buddien plus marqué (car le grand Harold Budd n'est jamais très loin - si ce n'est que le dynamisme est nettement plus puissant ici) et des poussées électroniques sensibles. "In Fiction" fonctionne comme un  interlude : piano sépulcral, battements cardiaques épais, envols froissés d'objets non identifiés...Revoici le flux avec "She / Swimming", sillage lumineux et lancinant jouant sur des reprises successives en canon à différents niveaux de l'échelle harmonique : pièce limpide, avec une longue coda en apesanteur. Dissonances et décrochages caractérisent une autre pièce majeure de l'album, "Messy Hearts", comme menacée par un environnement plus inquiétant. Tous les sons semblent se déformer, les réverbérations se courbent dans un espace contracté, saturé : d'autant plus belle la fragilité du piano pris au piège et qui lutte, englué dans les drones et les déferlements bruitistes ! Le calme semble être revenu avec "Sleepwalk", marche précautionneuse, avancée somnambulique dans le cliquetis claudiquant des touches : c'est une extase suspendue dans l'hallucination toute-puissante,  ou bien la difficile remontée du gouffre des rêves et des cauchemars, de marche en marche humide dans les souterrains infernaux démultipliés. Un disque inspiré ! 

Moon-Ate-the-Dark-2.jpeg

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Paru en 2012 chez Sonic Pieces / 7 titres / 45 minutes

Pour aller plus loin

- le site de Sonic Pieces , label berlinois à découvrir...que je commence à explorer.

Addenda : j'aurais dû ajouter que la version cd limitée à 450 est épuisée. Paradoxe : l'évolution du marché conduit à rendre indisponible les meilleures musiques, qui ne sont plus diffusées en grand nombre. C'est à qui dégaine le plus vite. Triste, vraiment triste ! Et n'allez pas me dire qu'un format compressé est l'équivalent d'un format non compressé. Sans parler des visuels et des informations qui disparaissent avec les fichiers...Le morceau de musique anonyme, noyé dans la grande masse des parutions ou au fin fond d'un Mp3, d'un ordinateur...

- le premier titre en écoute ci-dessous :

 

- le second en écoute sur Soundcloud

 

Programme de l'émission du lundi 26 novembre 2006

Peter Broderick and Machinefabriek : Departure / Planes / Kites (Pistes 1 à 3, 19'), extraits de Blank Grey Canvas sky (Fang Bomb, 2009)

Greg Haines : Ernetti / Caden Cotard (p.1-2, 17'), extraits de Digressions (Preservation Music, 2012)

Grande forme :

• Godspeed You ! Black Emperor : Mladic (p.1, 19'59), extrait de Alleluyah ! Don't bend ! Ascend ! (Constellation, 2012)