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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:39

Les quatre saisons de l'Éternité

   Je n'ai jamais été un enthousiaste d'Antonio Vivaldi. Pourtant, je ne nie pas les beautés des Quatre Saisons, cet ensemble de quatre concertos pour violon édité à Amsterdam en 1725. Un des points culminants de la musique baroque, dit-on. Curieusement, c'est en le réécoutant maintenant, après le disque de Max Richter, que cette grâce merveilleuse, cette alacrité m'émeuvent enfin, par ricochet. Il aura fallu la décantation opérée par le musicien allemand, pianiste co-fondateur de l'ensemble Piano Circus en 1989, auteur de musiques de films et de quelques disques en solo, à la tête de formations variables, et devenu au fil des ans une des références d'un post minimalisme à la fois accessible et personnel.

Max-Richter-Recomposed.jpeg   Le miracle de cette recomposition des Quatre saisons, c'est d'avoir fait de Vivaldi un post minimaliste qui s'ignore. Max Richter a écarté autour des trois-quarts du matériau originel pour nous offrir la quintessence du sublime. Dès le début, il y a un frémissement inconnu à la musique de Vivaldi. De temps à autre, les cordes sont creusées par des sons électroniques. C'est cela que j'attendais. Que cette musique en trompe l'œil, en trompe l'oreille plutôt, cesse d'être simplement cette belle surface. En mettant en avant les motifs vivaldiens, en les prolongeant par des cadences outrageusement alanguies ou en les soumettant à une amplification inattendue, Max Richter transcende cette esthétique où la virtuosité tient lieu d'âme. Par un mouvement vers l'intérieur, d'abord, car il retourne l'œuvre pour nous montrer ses dessous, ses sous-bassements véritables ou potentiels. Ô combien plus beau le solo de violon de "Spring 2" après une ouverture en sourdine, retenue, d'une exquise pudeur et par-dessus un orchestre en apesanteur, structuré en grandes plaques monolithiques. Peu après, cela donne par exemple la longue coda brûlante de "Summer 1", ce suavissime "Summer 2", Vivaldi revu par Arvo Pärt, le temps retrouvé par delà l'ivresse factice. Même épaississement saisissant dans "Summer 3", graves plus profonds, arrière-plans fouillés qui rendent les évolutions du violon solo plus intenses, plus crues, moins vaines, tout est là : on sent des réserves, des échappées, le violon troue la trame et s'envole dans des aigus archangéliques, et puis soudain tout dérape, d'où sourdent ces nappes saccadées, ce soulèvement d'une ombre épandue sur la lumière...L'automne, la carte postale sonore vivaldienne, est elle aussi nettoyée de son côté chromo par une aération générale du tissu musical, une des opérations les plus intelligentes de Max Richter. Cette musique sentait le renfermé : il n'y avait aucune place pour le rêve, la coda lente de "Autumn 1" lui redonne sa place. "Autumn 2" est un autre sommet de cette recomposition exemplaire : le clavecin impérial, altier, égrène ses notes sur un fond bruissant de cordes sourdes. Sur quelle corde raide marchons-nous, au-dessus de quels noirs abimes ? Max Richter habite Vivaldi, cette exquise coquille vide, comme un bernard l'hermite fragile, sensible aux moindres variations météorologiques. L'hiver connaît enfin la neige, les étendues poignantes sur lesquelles gémit le violon des délaissés. C'est le surgissement de l'infini dans les forêts immenses, les vannes de l'émotion trop longtemps contenue qui s'ouvrent pour une cadence d'une incroyable douceur, d'une beauté blessée, farouche, se rebellant contre la monotonie du monde. Max Richter n'a jamais, décidément, été aussi proche d'Arvo Pärt, et ce n'est certes pas moi qui le lui reprocherai. J'aime à la folie Antonio Richter, Max Vivaldi, Arvo Richter, Max Pärt, Antonio Pärt, Arvo Vivaldi. Un chef d'œuvre, une transfiguration...une recomposition magistralement servie par le son admirable de l'orchestre, du violon d'époque prêté par une famille allemande ayant souhaité rester anonyme.

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Paru en 2012 chez Universal - Deutsche Grammophon / 13 titres / 44' environ

Pour aller plus loin 

- le site de Max Richter

- "Summer 2" en écoute (une autre version, la précédente bloquée...)

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 22 octobre 2012

Astrïd : bysimh (Piste 5, 11'15), extrait de High Blues (Rune Grammofon, 2012)

Ryan Brown : Four pieces for piano solo (p. 5 à 8, 9'), extraits de The Bright Motion (New Amsterdam records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

Grandes formes :

• Max Richter : Summer 2 et 3 / Autumn 1 et 2 (p.6 à 9, 18'), extraits de Recomposed by Max Richter (Universal / Deutsche Grammophon, 2012)

• John Luther Adams : Wood Thrush / Morningfieldsong / Meadowdance / August Voices (p. 1 à 4, 17'), extraits de songbirdsongs (Mode Records, 2012)

16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:28

Astrid-High-Blues.jpg   High Blues est le troisième album d'Astrïd, groupe français qui existe depuis une quinzaine d'années...et que je découvre maintenant seulement grâce à l'un de mes fidèles lecteurs. Au départ, c'était un duo constitué par Cyril Secq - guitare, guitare à archet, harmonium et autre -, Yvan Ros aux percussions et à la contrebasse, auquel sont venus s'adjoindre Vinina Andreani au violon et à la kalimba, Guillaume Wickel aux clarinettes, à l'harmonium et au rhodes...De quoi nous concocter une musique de chambre électrique et boisée, chaude et colorée, n'ayant pas peur de s'étirer, de s'échapper des formats trop convenus.

   Le premier titre éponyme, c'est vingt-cinq minutes d'une balade vaporeuse menée par la guitare électrique. Le thème est un motif sans cesse repris, varié, dans des boucles tranquilles parfumées d'harmonium, de percussions cliquetantes, de flutes chavirées. Lent et doux délire, on croit entendre une cornemuse parfois. On est ailleurs, dans un pays de forêts et de rocs aux formes étranges. Une clarinette vous ensorcelle au détour d'un bosquet. Elle s'entortille autour de la guitare comme du lierre, et les alentours se mettent à bouger, les arbres s'enflamment. Il y a quelque part un barde que l'on n'entend pas, mais qui fait vivre le paysage. Musique de volutes, de soupirs mélodieux : tous les gnomes, toutes les créatures féériques concourent à l'immense et mouvant enlacement. Comme il est bon de se laisser aller à goûter cette musique sensuelle et mystérieuse !

   Le second titre, "erik s.", ne cache pas sa source. Plus bucolique que le premier, flirtant souvent avec le silence, il se développe paresseusement. Les instruments sont touchés avec amour, avec retenue, pour mieux faire entendre leurs timbres. Peu à peu, tous sont dans le cercle, autour du feu invisible qui crépite. L'incandescence monte, on est à nouveau embarqué dans une cérémonie, pris par le charme, c'est-à-dire le carmen incantatoire. La "Suite", solennellement ouverte par une percussion sombre et puissante, est scandée par la guitare électrique : nous sommes chez une confrérie soufie de derviches convertis au  post rock psychédélique. La guitare tournoie, sa robe bordée d'étincelles, belle à décrocher tous les luminaires enfumés.

    Retour à une ambiance plus nettement folk avec "James", guitare acoustique en avant. Elle chante à peine, cherche sa ligne, se reprend, persiste : moments de simple grâce, limpides. Le repos avant l'entrée dans une autre autre danse orientalisante, la clarinette m'évoquant le doudouk arménien y est pour quelque chose. Une de ces danses crétoises ou grecques ramenées par les rébètes quittant l'Asie mineure.

   Le disque se termine avec "bysimh" : là aussi, une longue intro, le temps de prendre le temps, de saisir l'impalpable, la mélodie, le rythme qui vient. Il faut dire ce plaisir de l'auditeur qui se sent respecté : comme les musiciens, il attend ce qu'il faudra savoir saisir, le moment venu, et qu'on pressent sans l'avoir encore cerné. À l'opposé de tous ceux qui assènent, assomment, pressés de montrer leur talent, leur inspiration...Du silence surgit le rythme lancinant qui colle à la peau, le lent balancement pendulaire où l'ego se dissout.

   Car, l'air de rien, High Blues est un superbe album de tranquilles transes illuminantes.

   Si, après un tel disque, Astrïd ne parvient pas à mieux tourner en France...

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Paru en 2012 chez Rune grammofon / 5 titres / 53' environ

Pour aller plus loin

- le site MySpace d'Astrïd, avec d'autres titres en écoute.

- un bel entretien avec Cyril Secq sur Popnews

- "Bysimh" en écoute en bas de l'article.

Programme de l'émission du lundi 15 octobre 2012

Annie Gosfield à l'honneur :

• Annie Gosfield : Wild pitch / Phantom shakedown (p.1-2, 21'), extraits de Amost Truth and Open Deceptions (Tzadik, 2012)

Vrais et faux motifs (patterns) au piano :

• James Sellars : Piano Sonata n°6 (p.6, 10'04), extrait de Piano works (CRI, 2001) Piano : Lisa Moore

• John Mayrose : Faux patterns (p.9, 5'42), extrait de The Bright Motion (New Amsterdam records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

Grande forme :

• Max Richter : Spring + Summer 1 (p. 1 à 5, 13'45), extraits de Recomposed by Max Richter (Universal / Deutsche Grammophon, 2012). Les quatre Saisons de Vivaldi revisitées... 

Un peu de patience pour l'écoute (une quinzaine de secondes)...

9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 13:28

John Zorn The Hermetic Organ   John Zorn, compositeur et improvisateur féru d'avant-garde, se frotte à l'orgue. Pas n'importe lequel, celui de la chapelle Saint-Paul, un édifice religieux de New-York inauguré en 1766, doté d'un orgue du dix-neuvième plusieurs fois restauré. Un orgue dont la puissance projette hors du monde : c'est cette dimension grandiose qu'il se plaît à explorer dans une improvisation de plus de trente minutes. Le disque est l'enregistrement de ce solo du 9 décembre 2011, à 23h. Les différents moments de cet Office n°4, Introït - Bénédiction - Offertoire - Élévation - Communion - Descente, ne sont pas distingués sur le disque : les pauses séparatrices ne doivent pas empêcher l'auditeur d'écouter l'ensemble d'une traite. Il faut plonger dans les grondements de l'au-delà, dans les flammes de la fournaise. Il faut être écrasé par la puissance déchaînée, malaxé par les drones, ému par les soudaines caresses extatiques de l'instrument lorsqu'il prend des allures pastorales. Il y a tout dans l'orgue : de l'ange d'une sidérante douceur, de l'archange terrible et rayonnant, du démon dont le souffle destructeur balaye toutes nos petitesses. John Zorn s'en donne des allures de prophète, lui qui se faisant revient au premier instrument à l'avoir fasciné. Lui, qui l'eût cru, qui écoutait aussi tous les musiciens s'y étant intéressé : pas seulement Bach, mais Kagel, Ligeti, Messiaen, et Charles Tournemire, et bien sûr Terry Riley (liste évidemment incomplète). Tant pis pour ceux qui ne voient en lui que le saxophoniste de jazz, le musicien fou, un iconoclaste pas toujours inspiré. John Zorn est ici tour à tour méditatif, recueilli, embrasé : totalement en phase avec cet instrument dantesque qu'il chevauche avec un évident plaisir. L'orgue, il s'en souvient et nous le rappelle, est l'instrument de prédilection de certains films d'horreur, comme ce Fantôme de l'Opéra (1925) inspiré du roman de Gaston Leroux et mis en scène par le réalisateur américain Rupert Julian, avec Lon Chaney dans le rôle du fantôme. Stupeurs et frémissements, ébranlements et suavités : quelles sensations ! Mais l'orgue n'est-il pas là pour nous faire prendre conscience de nos vies vaines, nous rappeler à la transcendance ? Peu importe pour l'auditeur — qui choisira sa voie — transporté, ravi par la performance !

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Paru en 2012 chez Tzadik / 1 titre / 36' 25

Pour aller plus loinLe-Fantome-de-l-Opera-affiche.jpg

- John Zorn en solo à Anvers le 13 août 2011, car le bougre y prend goût, aime bien se faire inviter pour des solos d'orgue ! Seulement du son :

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 1er octobre 2012

Erdem Helvacioglu : Bridge to horizon / Dreaming on a blind saddle (Pistes 1 & 4, 15'34), extraits de Altered realities (New Albion Records, 2006)

Réédition :

• Maria Monti : Il Serpente innamorato / Lo zoo (p.4-5, 5'30), extraits de Il Bestiario, parution initiale en 1974 / réédition par Unseen World Records, 2012. Une chanteuse de cabaret, un peu comme Dagmar Krause. Et, parmi ses accompagnateurs : Alvin Curran !!

Grande forme :

•John Zorn : Office n°4 (p.1, 36'25), extrait de The Hermetic Organ / St Paul's Chapel NYC (Tzadik, 2012)

Programme de l'émission du lundi 8 octobre 201

Peter Broderick à l'honneur :

• Peter Broderick : Low light / Eyes closed and travelling (p.5-7, 7'35), extraits de Glimmer, disque avec Takumi Uesaka pour les premiers titres (cotelabo, 2011)

                                            We didn't find anything / It wasn't a deer skull / What was found / Circumstancial evidence (p. 3-7-8-11, 11'), extraits de Music for Confluence (Erased Tapes, 2011)

Astrïd Suite / James (p.3-4, 13'45), extraits de High Blues (Rune Grammofon, 2012)

Mark Dancigers : The Bright Motion (p.3-4, 18'34), extraits de The Bright Motion (New Amsterdam Records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 17:28

   Philip Glass, l'un des phares de la musique répétitive / minimaliste avec Steve Reich, Terry Riley, LaMonte Young, fête cette année ses soixante-quinze ans. Pour lui rendre hommage, le Collège des Bénardins organise un concert événement : à l'occasion de la Nuit Blanche, samedi 6 octobre, le pianiste Nicolas Horvath, déjà en première ligne avec un autre concert consacré aux concertos pour piano (voir article antérieur) du même compositeur, s'est lancé un beau défi : interpréter l'intégralité de sa musique pour piano. Près de 5h 30 dans la nef des Bernardins, de 21h à plus de 2h du matin. Il renoue ainsi avec l'esprit des concerts fleuves de Riley, LaMonte Young, ou encore Charlemagne Palestine (que je n'ai pas mentionné ci-dessus). Amis noctambules, réjouissez-vous, voici le programme !

21h : Glasstroduction
Opening / The Orphée Suite

21h30 : Glasstuoso
Études n° 1 à n° 10

22h : Glassics
Metamorphosis n° 1 à n° 5 / Mad Rush / Modern Love Waltz

22h20 : Glass et le cinéma
The Hours / Candyman Theme / Truman Sleeps / Dreaming of Fiji / Reunion / Notes on a Scandal

23h20 : Glassics II
Dreaming awake / Trilogy sonata / A Musical Portrait of Chuck Close / Epilogue of Monster of Grace / Wichita Vortex Sutra

00h20 : Glass l’avant-gardiste I
1+1 / How Now / Music in Contrary Motion / 2 Pages / Music In Fifths
01h20 : Glass l’avant-gardiste II
600 Lines

02h10 : Fin
 
Entrée libre dans la limite des places disponibles. 

Localisation :

Collège des Bernardins
20 rue de Poissy- 75005 Paris
Tél. 01.53.10.74.44
www.collegedesbernardins.fr
Métro : Cardinal Lemoine, Maubert-Mutualité, Jussieu
Bus : 63, 86, 87, 24, 67,47,89
Parking : Maubert - Collège des Bernardins

 

Pour aller plus loin

- si vous hésitez à vous lancer dans la pléthorique discographie de Philip Glass, profitez-en pour découvrir le premier coffret "Minimal piano Collection" du pianiste Jeroen van Veen : neuf cds consacrés au minimalisme, dont au moins trois à la seule œuvre de Philip Glass. Dans l'article, une vidéo montrant Jeroen interprétant en concert "Mad rush".

- Philip Glass au piano, le 4 septembre 2011, en Californie. Une belle jeunesse !!!

 

 

30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 21:01

Je me lance : elle sera très sélective...

Gavin Bryars Hommages- Hommages, un ensemble de pièces enregistrées "avec les moyens de fortune" ; Gavin Bryars dirige son propre ensemble. Producteur : Wim Mertens ! Années 1978 -1981. Cd chez Les Disques du Crépuscule - label indépendant de Bruxelles fondé en 1980 et disparu en 2006 : un super catalogue, éclectique et fou - en 1989. On y trouve notamment "Vespertine park" : deux pianos (dont Gavin, j'avais oublié !), deux vibraphones, deux marimbas, cloches, gongs, cymbales.

Meph - Complètement abyssal, en roue libre. Minimalisme pur jus, ventru de vibrations.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin-Bryars-The-Sinking-of-the-Titanic.jpgDio. - The Sinking of the Titanic, une heure avec l'ensemble de Gavin : plus de piano, mais des cordes (Alexander Balanescu est là avec son alto), toujours des percussions, clarinette basse, cor ténor, clavier...Pièce de 1969, publiée en 1990 en cd sur le label ci-dessus.

Meph - L'incontournable : le glauque du glauque, majestueuse ode au naufrage. Je n'ose pas dire : renversant !

Dio. - Tu l'as dit. Méandres, volutes...

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin Bryars Three Viennese dancersDio. - Three Viennese dancers, le premier disque dans les nouvelles séries d'ECM, en 1986. Avec le Quatuor Arditti pour le quatuor à cordes, et le corniste Pascal Pongy, Gavin et Charles Fullbrook aux percussions pour les trois autres pièces.

Meph. - La grande claque avec le chef d'œuvre, le "String Quartet N°1" de 1985 : rarement entendu sonner les cordes de cette manière hallucinante, grâce à l'emploi des instruments RAAD créés par Richard Armin dans ces années-là.

Dio. - Violon, alto et violoncelle sont électrifiés, dotés de transducteurs et de sorties d'effets. Gavin a tout fait pour brouiller la frontière entre sons naturels et sons artificiels.

Meph - Mieux qu'une attaque à main armée : le gang des cordes a frappé !

 

 

Gavin-Bryars-After-the-Requiem.jpgDio. - After the Requiem, dans les nouvelles séries d'ECM aussi, en 1991. Du beau monde : l'ensemble de Gavin, Bill Frisell à la guitare électrique, des membres du Balanescu Quartet, et un quatuor de saxophones.

Meph - Outrageusement mélancolique, d'une lenteur splendide. Quelles couleurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin-Bryars-Vita-Nova.jpgDio. - On garde aussi Vita Nova, dernier volet de la trilogie ECM New series, en 1994. Un disque marqué par la participation du Hilliard Ensemble — tous les quatre sur "Glorious Hill", du superbe chant contemporain — son contreténor David James ouvrant le premier titre, "Incipit Vita Nova", accompagné par violon, alto et violoncelle, un décollage assez fulgurant, et fermant...

Meph - ...l'extraordinaire "Four Elements", presque une demi-heure avec un ensemble de chambre assez large : l'alchimie Bryars, ses timbres colorés, profonds, toujours cette impression de plonger, je n'ai pas dit de couler, note-le bien, comme si l'on était massé par les ondes sonores, le mouvement à la fois calme et fort. Ce qui nous entraîne vers "Sub Rosa", interprété par l'ensemble de Gavin, un ensemble plus restreint, mais toujours une belle palette, le tout mené par le piano mystérieux : la texture même du rêve, une apesanteur fascinante.

 

 

 

Gavin-Bryars-The-Last-days.jpgDio. -Enfin, The Last days, chez Argo en 1995.

Meph - Argo qui te servit longtemps de guide, belle nef chargée de disques, mieux qu'une toison d'or...

Dio. - Ici, le quatuor Balanescu au gouvernail : une reprise du quatuor à cordes n°1, rien à redire par rapport au quatuor Arditti, le quatuor à cordes n°2, un grand quatuor aussi, moins sidérant que le un, mais au chromatisme somptueux. Et cinq duos de violon justement baptisés "The Last days", cinq bijoux pour (ré)apprendre à aimer le violon.

Meph - Après ? En voici déjà assez pour vous mettre en oreilles. Voyez aussi l'article consacré au piano concerto...

 

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 24 septembre 2012

Hommage à Gavin Bryars :

                   - Ramble on Cortona (Piste 2, 12'34), extrait de Piano Concerto (The Solway Canal) (Naxos, 2011)

                   - String Quartet n°1 (p.2, 20'03), extrait de Three Viennese Dancers (ECM New Series, 1986)

                   - After the Requiem (p.1, 15'38), extrait de After the Requiem (ECM New Series, 1991)

                   - Incipit Vita Nova (p.1, 6'02), extrait de Incipit Vita Nova (ECM New Series, 1994)

25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 21:23

   Une fois n'est pas coutume, je vous fais part d'un événement concocté par Nicolas Horvath, jeune pianiste rencontré lors de l'(entre)ouverture du Palais de Tokyo, le 12 avril dernier, après le semi-échec de la nuit consacrée à une autre intégrale, celle des Inner Cities (ce blog balbutiait encore) d'Alvin Curran , cycle pourtant magnifiquement servi par le pianiste Daan Vandewalle, mais desservi par une organisation déplorable, incapable d'assurer le silence dans la salle.

Concert Exceptionnel

"Hors les murs"  : Première intégrale des concertos pour piano de Philip GLASS
Jeudi 27 Septembre 2012 à 20h / Théâtre des Variétés - Monaco

 A l'occasion de son 3ème Anniversaire, l'Entrepôt, à Monaco, propose un concert exeptionnel: la première intégrale des Concertos pour piano de Philip GLASS.
De plus, en hommage à Philip GLASS, trois grands compositeurs internationaux offrent trois "bis" en création mondiale.
Programme :
- Philip GLASS : 1er Concerto pour piano, dit  "Tirol Concerto", deuxième exécution nationale.
- Jeroen VAN VEEN : « Minimal Prelude 26 ; Hommage to Philip Glass »
                                        (première exécution mondiale)

 - Philip GLASS : "Dracula : Suite", première exécution nationale.
- Regis CAMPO : « A Smiley for Mister Glass », (première exécution mondiale)

Entracte

- Philip GLASS : 2ème Concerto pour piano, "After Lewis and Clark", première exécution nationale.
- Kyle GANN : « Going to bed », première exécution mondiale

ENSEMBLE INSTRUMENTAL DE NICE / DIRECTION : Avner SOUDRY 

PIANO : Nicolas HORVATH

Le concert sera suivi d'un cocktail anniversaire à l'Entrepôt, au 22 rue de Millo.
 Plein tarif : 28€ / Tarif réduit : 15€
Tarif réduit en vente uniquement à la Galerie l'Entrepôt, 22 rue de Millo, Monaco

 Notes concernant les œuvres au programme :
 - 1er Concerto pour piano : Aussi nommé « Tirol Concerto », écrit pour piano et orchestre à corde, sans doute influencé par Dimitri CHOSTAKOVITCH, il possède tous les éléments typiques de l'écriture minimaliste de GLASS. Le concerto est devenu fameux car la mélodie de son deuxième mouvement a été réutilisée dans le film « The Truman Show », musique qui a valu à Philip GLASS un Grammy Award.
- Dracula : Suite / En 1998, alors qu'Universal s'apprète à rééditer le chef d'oeuvre de Tod BROWNING, on commande à Philip GLASS de composer une Bande Originale qui par faute de moyens n'avait jamais été exclusivement composée. Philip GLASS voulant selon ses mots : « refléter l'atmosphère de cette fin du XIXème siècle ». Ayant un grand succès l’œuvre est souvent présentée en version Ciné-Concert. Beaucoup plus rare en concert, la « Dracula : Suite » en est un condensé adoptant la forme d'un concerto pour piano. En se recentrant sur les éléments principaux et en évitant les nombreuses répétitions nécessaires pour une BO, l’œuvre est sombre et dense.
-  2ème Concerto pour piano : Aussi nommé « Concerto After Lewis and Clark » en hommage à la première expédition transcontinentale. D'une écriture bien plus traditionnelle pour le piano, de facture fortement romantique, l’écriture est plus virtuose et de même que, pour la première fois des passages solo de hautes envolées font leur apparition. Œuvre brillante et lyrique.

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Nicolas, je ne pourrai pas être à Monaco ! Je me console en espérant t'envoyer quelques spectateurs - auditeurs de plus.

En attendant, le second mouvement du "Tirol concerto", orchestre dirigé par Dennis Russell Davies, et photographies de Petra, en prime :

 

25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 14:01

Gavin-Bryars-Piano-Concerto--The-Solway-Canal-.jpeg   Je viens de vérifier que le nom de Gavin Bryars ne figurait dans aucun titre d'article de ce blog. Incidemment, on le trouve dans un article consacré à Carla Bozulich, et un second à Pierre-Yves Macé...

Meph. - Je te sens consterné, effrayé par ce trou incompréhensible dans ta liste de références sacrées.

Dio. - Content de te revoir, vieux démon. Tu ne crois pas si bien dire !

Meph. - Parce que Gavin, quand même, est au cœur de ton parcours.

Dio. - Je me rappelle le choc produit par l'écoute du Quatuor à cordes n°1.

Meph. - Interprété par le Quatuor Arditti, qui comprenait encore Alexander Balanescu avant qu'il ne fonde son propre quatuor. Un enregistrement de 1986 des nouvelles séries d'ECM encore assez récentes.

Dio. - Oui, la collection commence en 1984.

Meph. - Et va publier, en plus de Gavin, Steve Reich, Meredith Monk...

Dio. - Je te vois venir : tu ne vas quand même pas verser une larme, toi ?

Meph. - Big brother, il serait interdit de se souvenir ? Le fait est que tu as décroché de la production de Gavin après cette période féconde de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt dix.

Dio. - J'ai moins aimé ses disques du label Point Music, une filiale de Philips. Et j'en ai manqué quelques suivants.

Meph. - Tu le retrouves chez Naxos.

Dio. - Label indépendant fondé en 1987, qui fête donc en 2012 son vingt-cinquième anniversaire.

Meph. - Et cela ne te chagrine pas de le retrouver dans cette collection réputée d'abord pour être bon marché ?

Dio. - Pas du tout. D'abord, parce que Klaus Heymann, son fondateur, n'a jamais sacrifié la qualité. Ensuite parce qu'il a édité des compositeurs peu connus en valorisant des répertoires nationaux. Enfin, parce qu'il a l'audace de consacrer des disques à des compositeurs d'aujourd'hui, et pas n'importe lesquels. Vois le disque consacré à David Lang, magistral !

Meph. - Tu as raison. Je le retrouve avec plaisir.

Dio. - Quelques mots rapides pour le présenter : compositeur britannique né en 1943, contrebassiste de jazz, fondateur de ce drôle d'orchestre, le Portsmouth Sinfonia, qui avait le toupet de proposer des versions sonores approximatives de pièces classiques...

Meph. - Et membre du Collège de pataphysique, n'oublie pas, ça situe le bonhomme au parcours atypique. Devenu compositeur post minimaliste en suivant sa pente, pas un véritable cursus académique.

Dio. - Que nous retrouvons ici avec deux pièces pour piano seul et le concerto qui donne son titre à l'album. Je m'étonne qu'il te plaise, toi l'amateur d'énergie, de force. Ne le trouves-tu pas un tantinet mou ?

Meph. - Cela m'arrive de lui décocher ce reproche. Pour cet enregistrement, je retiens ma langue. J'apprécie en lui la mélancolie, le sens de la lenteur, le goût des graves. Sa musique est chaleureuse, brumeuse. Elle me semble témoigner de la faiblesse humaine. Éloignée de toute prétention, elle coule comme une rivière modeste aux beautés discrètes.

Dio. - Une musique facile, dans le meilleur sens du terme, en somme : pas de tics avant-gardistes,  un zeste d'électronique...

Meph. - L'équivalent britannique d'un Philip Glass : tous les deux ont réussi à être vraiment populaires, ce qui déplaît, tu t'en doutes.

Dio. - Gavin, comme d'autres minimalistes, revient aux sources anciennes. La première pièce l'affiche dès son titre "After Handel's Vesper", à l'origine prévue pour clavecin.

Meph. - Clavecin ? Impensable pour Gavin, l'homme des cordes sombres. Déjà, le piano, c'est une surprise.

Dio. - Cela donne une pièce fluide, parfois lente, à d'autres moments d'une belle vigueur, qui tient à la fois de l'ornementation baroque et du minimalisme par les accès de flux pulsant la dynamisant à intervalles réguliers, héritage de la première période de Gavin.

Meph. - De l'allure, vraiment, une ligne mélodique prenante, un lyrisme parfois orchestral.

Dio. - La composition suivante, "Ramble on Cortona", doublement dérivée d'une pièce antérieure de Gavin, "Laude", et de thèmes issus d'un manuscrit du treizième siècle trouvé à Cortona...

Meph. - Je t'arrête : à chaque fois, je pense à Janácek, "Dans les brumes".

Dio. - Gavin appartient donc au passé ?

Meph. - Il y a du néo classicisme dans le post minimalisme, non ?

Dio. - Je te l'accorde. Pour en revenir à Janácek, je trouve la narration de Bryars plus simple, et s'il y a brouillard, il est plein de douce lumière, ce n'est pas oppressant : le piano résonne tranquillement, il nous montre un chemin. "ramble", c'est une balade. Tu vois, moi, je pense bien plus à Gurdjieff, surtout dans les deux dernières minutes.

Meph. - On bavarde, mais on va  bientôt excéder la longueur maximum d'un article.

Dio. - Signe des temps : se presser, jeter. J'en arrive et termine avec le concerto.

Meph. - Le gros morceau, presque une demi-heure. Impressionnant, grave, dramatique, sur le temps qui passe. Une méditation élégiaque au bord dudit canal, sur les mots du poète écossais Edwin Morgan - on regrette que le livret ne nous en dise pas plus, ne fournisse pas le texte, le chant passant de temps en temps à l'arrière-plan de surcroît -, par un bel ensemble vocal, la Cappella Amsterdam.

Dio. - Le piano est plus lyrique que jamais, tandis que l'orchestre compose une tapisserie sonore vaporeuse, chatoyante.

Meph. - Et l'on se laisse porter par cette coulée profonde, hypnotique, le grand Gavin du Sinking of the Titanic...

Dio. - Bien avant le film...Oui, la vie est un songe aux multiples couleurs, un nuage qui passe, somptueux et changeant. On pourrait reprendre les mots de Walt Whitman que je citais dans l'article sur The Open road de Kate Moore : « We will sail pathless and wild seas ; / We will go where winds blow, waves dash... / Allons ! with power, liberty, the earth, the elements ! »

Meph. - C'est en effet un hommage émouvant à la vie. Le canal ne mène-t-il pas à la mer, à l'infini ?

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Paru en 2011 chez Naxos / 3 titres / 52 minutes environ.

Pour aller plus loin

- le site personnel de Gavin Bryars

- "After Handel's Vesper"... dans la version initiale pour clavecin !! Interprétée par Julie Ventoura à la fondation Theodorakis à Athènes en 2008 :

 

18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:00

Due-East.jpg    Drawn only once est le second album d'un duo étonnant baptisé Due East. Elle, Erin Lesser, est une flûtiste confirmée impliquée dans l'interprétation de la musique contemporaine. Elle a notamment joué avec So Percussion. Lui, Greg Beyer, est un percussionniste friand d'interprétations solo et d'instruments non-occidentaux (oriental semblerait ici trop restrictif). N'oublions pas le compositeur, mentionné quand même au dos du cd : John Supko, né en 1980, qui a étudié à Princeton (notamment), mais aussi à l'École normale de musique de Paris, et déjà auteur d'un abondant catalogue d'œuvres associant souvent instruments acoustiques et électronique.

 Due-East-drawn-only-once.jpg  Le disque comporte deux pièces. La première, "Littoral" est un quasi continuum de presque trente-cinq minutes articulé en quatre moments assez distincts. Début calme : vagues, bruits de moteur, sons électroniques répétés, auxquels la flûte et les percussions viennent se superposer. Impression de chants d'oiseaux, démultipliés, fractionnés. Frissonnement de milliers d'ailes, clapotis percussif. Sons aigus, brefs, percussions transparentes. Une immense aspiration à la lumière dans une aube encore trouble. Cercles, éclaboussures, jaillissements. Les percussions sont plus intenses, plus orientales de timbre tandis que le flux électronique est devenu plus prégnant. Nous sommes entre musique ambiante et musique électro-acoustique, enchantés par ce voyage merveilleux dans un paysage sonore aux mille micro variations, modulations. Le deuxième temps se caractérise par la superposition de poèmes de l'écrivain néerlandais Cees Nooteboom, dits par l'auteur : la trame musicale est encore plus nettement orientale, pas loin du gamelan indonésien. « des couches de couleurs sur un atlas aussi grand que le monde » dit l'un des poèmes. Des couches qui vibreraient sans cesse, s'interpénètreraient en un ballet dansant, aérien. Des extraits de The principal navigations, voyages, traffiques & Discoveries of the English nation (1598 - 1600) de Richard Hakluyt, dits par John Supko, marquent le troisième mouvement : texte réverbéré, recouvert, ou plutôt fondu dans la pâte sonore plus liquide. La mer impose sa présence, dans le temps même où percussions, fond électronique et flûte sont plus différenciés. Reviennent les mots de Cees Nooteboom : vagues de mots, ombres du passé, constellations. La musique comme mélange révélateur, « art du mètre et du temps » qui tente de saisir au vol le vivant volatile, l'oiseau des hauteurs et des profondeurs en ses multiples traces impalpables. Les tracés infimes entrelacés nous serrent dans les rets du temps, matérialisés par l'éternel retour hypnotique de la flûte, du triangle et des gongs dans les dernières minutes de cette composition atypique et splendide.

   "The window makes me feel" est un voyage intérieur dans l'épaisseur du papier, des mots et des voix. Une rêverie au fil du chuchotement féminin au premier plan, du piano intermittent au second, de drones et sons électroniques en fond sonore, le tout agrémenté de phrases veloutées de flûte, de percussions mystérieuses. Le texte support du poète Robert Fitterman est lui-même une série d'associations liées à l'idée de "fenêtre". Des sons d'extérieur - klaxons, bruits de rue - font d'ailleurs rentrer le monde dans la lente dérive, le flux très doux : ainsi s'abolit l'opposition intérieur / extérieur...« The window makes me feel like I'm flying all over the place, gliding and swirling down suddenly ».

   J'allais oublier. Sur l'autre tranche de l'emballage du cd, une phrase de Saint-John Perse : « Aile falquée du songe, vous nous retrouverez ce soir sur d'autres rives ! » Extrait de Oiseaux (1962), bien sûr...

   Un très beau disque servi par un livret très complet : textes, photographies, entretien avec John Supko - qui précise que tout est écrit, mais aussi que la partie électronique est issue d'instruments virtuels accordés de manière aléatoire, de voix retraitées. La partie Dvd m'enthousiasme moins pour le moment (en tout cas pour "Littoral", car je n'ai pas encore regardé la seconde vidéo).

Paru en novembre 2011 chez New Amsterdam Records / 2 titres / 50 minutes / Cd + Dvd

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Pour aller plus loin

- le premier titre en écoute intégrale ici.

- un court fragment de la vidéo associée à "Littoral":

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 17 septembre 2012

Grandes formes :

John Supko :  Littoral (Piste 1, 34'43), extrait de Drawn only once (New Amsterdam Records, 2012)

Nurse With Wound + Franz Müller : Tickety-Boo (p.1, 16'33), extrait de Erroneus, a selection of Errors (Important Records, 2010)