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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 18:29

Under-the-Snow-The-Vanishing-point.jpg   Under The Snow est le nom d'un duo italien composé de Stefano Gentile, à la guitare, aux objets, et de Gianluca Favaron aux microphones, boucles et électronique, tous les deux utilisant de surcroît des enregistrements de terrain. The Vanishing Point, sorti fin janvier de cette année sur le label Silentes, est en téléchargement libre, à la différence de leurs autres productions sur le même label.

  Il pleut, d'une pluie ruisselante, continue. La guitare cherche des accords, tandis que des drones commencent leur discret ballet. Un chien aboie, qui reviendra ponctuer les quatre titres. Des stridences strient l'espace sonore, la guitare brode sur quelques boucles. Le décor est planté pour ce "First point" : le tempo est résolument très lent, étiré, la musique atmosphérique sera une tapisserie électroacoustique tout en ondulés, en granulations capricieuses. Mais la tension monte, c'est le "Second Point". L'orgue surgit, monolithique et lumineux, par-dessus le chancel. Serti d'objets sonores qui aèrent et lacèrent sa trame, il déploie ses vagues successives, imperturbable, dans une élévation crescendo de grandiose allure. Décidément, tout un courant des musiques électroniques d'aujourd'hui aime l'atmosphère des églises et des cathédrales (voir l'illustration de "couverture"), est animée d'un esprit mystique diffus - je n'ai pas dit "religieux". Le titre suivant fait office d'intermède : retombée dans des sons divers, errance sonore. Notre attention est alors interpellée par les coups frappés au seuil de la longue pièce éponyme, presque vingt-deux minutes. C'est le feu cette fois qui grésille à l'orée, palpite en bouquets d'étincelles. L'orgue réapparaît, plus puissant encore, sombre et rutilant dans sa comète de drones tournoyants comme des vrilles insistantes, têtues. Il veut nous envahir, s'installer. Des cloches ou bols chantants se font entendre de moment en moment : musique cérémoniale, véritable lévitation prolongée. Les drones constellés de fines sonneries aigues se balancent doucement dans nos oreilles sur un fond de poussières discrètement crachotantes. Cette musique récuse la virtuosité : simple, austère, minimale, ne viserait-elle rien moins qu'à l'extinction de la conscience et, tout en s'approchant extatiquement du point obscur de la disparition, l'abolition de toute vanité ? L'orage se rapproche, gronde par intervalles : pour quels déchaînements une fois passé le rappel final des bruits extérieurs et ce point ultime mis par le silence ?

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Paru en janvier 2012 sur le label Silentes / 4 titres / 41' environ

En écoute et en téléchargement libre sur Bandcamp 

Pour aller plus loin

- le site du duo

Programme de l'émission du lundi 19 novembre 2012

Erdem Helvacioglu : The Billowing Curtains / Bench at the park / Jittery Chase / Six clocks in the Dim Room (Pistes 1 à 3-5, 16'), extraits de Eleven Short Stories (Innova Recordings, 2012)

Dunaewsky69 : Andante in modo d'une canzona (p.1, 5'57)

Kotra : The Signals of Szymanowski (p. 3, 6'39), extraits de Myths & Masks of Karol Szymanowki Music by Ukrainian Sound Artists (Kvitnu, 2011)

Grande forme :

• Peter Broderick and Machinefabriek : Session I & III (p. 1-3, 30'44), extraits de Mort aux vaches (2012)

15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:00

   Collectionneur, traqueur des disques du label américain New Albion Records, l'une des sources profondes de ce blog, je devais rencontrer Erdem Helvacioglu, musicien de la scène électronique turque dont le second album, Altered realities, sorti en juillet 2006, fut l'un des derniers produits par la maison de Foster Reed. Né en 1985 à Bursa, il a étudié la composition électroacoustique et l'ingénierie sonore à l'Université technique d'Istanbul, joue de la guitare et du piano. Sa discographie s'étoffe assez rapidement, tandis qu'il compose parallèlement pour des installations sonores, des films, des pièces de théâtre, et même pour des groupes rocks turcs.

  Erdem-Helvacioglu-Altered-realities.jpg  Altered realities est digne de New Albion Records : de la guitare acoustique et des sons électroniques obtenus en transformant les premiers en temps réel. Le disque est vraiment la captation de sept moments baignés d'une intense lumière. Dès "Bridge to horizon", le premier titre, la magie opère : un lyrisme tout en transparences de textures légères, en étagements de plans suggérant des architectures raffinées. Ce qui caractérise la musique d'Erdem Helvacioglu, c'est son élégance, sa suavité acérée. Tout est net, et en même temps une buée rêveuse s'élève, qui nimbe ces courbes, ces arabesques délicates, d'une atmosphère irréelle. La guitare prend ensuite parfois des allures de cithare, de clavecin électronique, sujette à une série de métamorphoses merveilleuses dont le titre rend compte. Ne glisse-t-on pas avec la troisième pièce sur un glacier ? Il y a des moments d'intense jubilation, quelque chose d'une musique foraine intemporelle. D'autres fois, la veine est plus introspective, réflexive, avec des jeux savants de miroirs et d'échos, un impressionnisme éblouissant, comme dans "Dreaming on a blind saddle", pièce hantée, creusée par de lointains appels, envahie par des nappes frémissantes. Jamais de grosse artillerie chez Erdem, des atmosphères sculptées dans les médiums et les aigus, peu de graves, une musique en constante transformation qui ne manie les boucles qu'avec circonspection, préférant un jeu de transformations progressives, pour ainsi dire intérieures. Pas d'exotisme facile non plus : Qui pourrait dire à l'écoute du disque que son compositeur est turc ? La musique d'Erdem jaillit de sa guitare comme une source claire dont l'imagination servie par la technologie s'empare pour la dépayser avec un constant bonheur, construisant de miraculeux paysages. Je suis évidemment d'accord avec tous ceux qui ont considéré cet album comme l'un des plus grands de l'année 2006 ! Sa lumière est intacte, splendide...

Erdem Helvacioglu Eleven Short stories   Je ne pouvais en rester là. En cette année du centenaire de la naissance de John Cage, mes oreilles m'ont emporté vers un des derniers albums d'Erdem, Eleven Short Stories, onze pièces pour piano préparé, paru voici quelques mois chez Innova. Onze pièces conçues comme onze hommages à de grands réalisateurs de cinéma : Kim Ki-Duck, David Lynch, Krzysztof Lieslowski, Théodoros Angelopoulos, Jane Campion, Anthony Minghella, Ang Lee, Atom Egoyan, Darren Aronofsky, Alejandro Gonzalez Inarritu et Steven Soderbergh. Histoires d'atmosphères, à nouveau, magnifiquement servies par le son superbe de ce grand piano, capté avec une incroyable précision par cinq micros placés à l'intérieur de l'instrument, préparé dans la "tradition" cagienne grâce à l'insertion entre, sous, sur les cordes, de crayons, gommes, feuilles de papier, morceaux de plastique, cuillères métalliques, couteaux, fourchettes, baguettes de tambour, plectres de guitare, etc. La pochette, passionnante, nous rappelle d'ailleurs que Cage n'est que le "développeur" d'une technique déjà élaborée à plus petite échelle par Erik Satie, Heitor Villa-Lobos ou Harry Partch, et dont l'invention reviendrait à Mozart qui, dans son Rondo à la Turque K.331, avait placé sur les cordes du piano du papier  pour mieux se rapprocher de la sonorité des percussions turques. Il est donc logique qu'un musicien turc s'empare d'un héritage suscité par son pays. Surtout pour le résultat que nous entendons, admirable là aussi de bout en bout. Erdem est un magicien faisant surgir à volonté des atmosphères d'une incroyable intensité dramatique. À chacun de s'amuser d'associer telle ou telle scène des films des metteurs en scène évoqués à tel ou tel passage : nulle doute que cela soit possible, mais peu importe dans la mesure où les pièces s'imposent comme de micros univers. Un rideau frissonne, la buée s'installe sur la vitre, il fait si sombre dans les couloirs, à en frissonner : le mystère et la mort rôdent, nous sommes enfermés dans le labyrinthe et contemplons le ciel dans la chapelle ruinée...Images flottantes qui se densifient soudain au détour d'une curieuse résonance, d'un insidieux ralenti rythmique. Erdem Helvacioglu est un magnifique serviteur de l'Imaginaire. On retrouve sa précision des lignes, l'économie des moyens, un sens de la couleur, du tempo qui emporte l'auditeur, fasciné par la beauté fastueuse de ses petites formes. C'est dire que je risque de me précipiter sur le deuxième volume annoncé de ces nouvelles histoires où la musique épouse étroitement le corps sublime du meilleur cinéma... 

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Altered Realities : paru en 2006 chez New Albion Records / 7 titres / 53 minutes environ

Eleven Short Stories : paru en 2012 chez Innova Recordings / 11 titres / 48 minutes environ

Pour aller plus loin

- le site personnel d'Erdem Helvacioglu

- "Six clocks in the dim room", cinquième titre d'Eleven Short Stories en écoute :

 

 

Programme de l'émission du lundi 12 novembre 2012

Balmorhea : Steerage and the lamp (p.6, 7'13), extrait de Constellations (Western Vinyl, 2010)

Grandes formes recomposées :

• Max Richter : Autumn 3 / Winter 1-2-3 (p. 10 à 13, 12'30), extraits de Recomposed by Max Richter (Universal / Deutsche Grammophon, 2012)

Matthew Herbert : Parties 1 à 4 (p. 1 à 4, 15'), extrait de Recomposed by Matthew Herbert (Universal / Deutsche Grammophon, 2010)

Grande forme :

• Michael Gordon : Weather 1 (p. 1, 20'32), extrait de Weather (Nonesuch, 1999)

10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 17:15

   Où il sera question de Vivaldi, Max Richter, Baudelaire, Nicolas Bréhal, Carl Craig, Moritz von Oswald, Michael Gordon

et de quelques autres. 

   Cherchant une vidéo pour l'article précédent consacré au travail de recomposition effectué par Max Richter sur les Quatre saisons d'Antonio Vivaldi, j'ai été surpris par certains commentaires, qui reprochaient tout bonnement au compositeur allemand d'avoir osé toucher à un monument intangible. À leurs oreilles, tout avait été dit, rien ne devait jamais altérer, modifier l'œuvre sacralisée par le temps. Pour d'autres, le travail de Richter était passé sous silence, comme si l'ancêtre écrasait de sa célébrité ce jeune bricoleur qui jouait à coller un peu d'électronique sur les sonorités acoustiques. Étonnante surdité des seconds, confondante ignorance ou naïveté des premiers ! Je renvoie les sourds à mon article et les invite à une véritable écoute du disque, sachant bien que je demande là quelque chose qui ne se pratique peut-être plus si souvent, alors qu'on écoute en se baladant ou en se livrant à d'autres activités en occidentaux hyperactifs.

   Quant aux naïfs, aux ignorants, si soucieux de sauver les génies des expérimentations profanatrices, faut-il leur rappeler que les plus grands d'entre les compositeurs classiques ont pratiqué l'emprunt, la citation, le collage, la variation, comme des exercices d'admiration ? En peinture, les maîtres ont commencé par copier dans les musées, puis ils adaptent à leur tempérament. Picasso réinvente Rembrandt, Andy Warhol fait revivre la Joconde de Léonard. Chaque portrait de Giuseppe Archimboldo est une recomposition à partir de fruits, animaux, poissons, ces œuvres de la création divine : qui songerait à lui en faire grief ? En littérature, on a toujours pratiqué la réécriture, autre nom de la recomposition. La Fontaine faisait sienne les fables des grecs Ésope ou Phèdre sans aucunement cacher ses sources : on ne se piquait pas alors d'être original. On imitait les Anciens, on essayait de les égaler, persuadés comme La Bruyère que "Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes qui pensent." Belle modestie, foulée aux pieds par le culte de l'avant-gardisme et la prétention forcenée à la nouveauté. Pourtant, Blaise Cendrars lui-même, chantre d'une poésie nouvelle, a pratiqué le collage à grande échelle, taillant dans le roman-feuilleton Le Mystérieux Docteur Cornélius (1912-1913) de son ami Gustave Le Rouge pour écrire les poèmes de Kodak (1924). William Burroughs, après les cubistes et des surréalistes comme Max Ernst, invente avec Brion Gysin le cut up, qui est sur le plan littéraire l'ancêtre direct du mix et du remix, dans la mesure où il s'agit déjà de créer un texte à partir de fragments d'origines diverses, remontés selon une logique nouvelle.

   C'est qu'une œuvre, une fois éditée, publiée, appartient à tous. Elle devient un matériau au même titre que les autres composantes de ce que l'on appelle inspiration. À ce titre, se référer à elle, c'est non pas la profaner, à moins d'une intention polémique affichée, cas évidemment possible, mais la faire revivre, la rendre à nouveau contemporaine, vivante. Citée, coupée, collée, variée, prolongée, engrossée, elle revient hanter la scène, dire que le présent est tissu de passé comme d'imaginaires d'avenir. Toute recomposition est fascinante justement parce qu'elle vient critiquer notre croyance au présent en tant qu'entité séparée, autonome : elle exhibe son hétérogénéité constitutive, sa nature fictionnelle. Car le présent n'existe pas, il n'est que passage, transition, informé par les héritages superposés des strates du temps passé. Ou s'il existe, c'est comme somme de traces, de sillages, avec un peu d'écume à l'avant du navire temps. Si le passé existe, lui, il n'est pas immuable, sans cesse recomposé par la mémoire, l'imaginaire, les travaux des historiens et des artistes.

   Vivaldi, n'ayant pas disparu des mémoires, offre un support à des œuvres d'aujourd'hui : cela devrait réjouir ses aficionados au lieu de susciter des réprobations incompréhensibles. Grand baudelairien, j'ai lu avec passion le beau roman ténébreux de Nicolas Bréhal, Le Sens de la nuit (1998), dont le tueur en série est surnommé Gaspard de la Nuit, clin d'œil au recueil de poèmes en prose d'Aloysius Bertrand tant apprécié par Charles, le poète que lit justement le fonctionnaire de police baptisé Achille (!), ce qui nous vaut un maillage de citations tout au long des quatre nocturnes de cette enquête admirable, bouleversante. La preuve que Baudelaire est toujours vivant, elle est notamment dans ce roman testament d'un écrivain mort l'année suivante dans sa quarante-septième année.

   Pour finir, je renvoie à mon article consacré à un autre disque de la série "Recomposed" publiée chez Deutsche Grammophon, consacré au travail de Carl Craig et Moritz von Oswald à partir du Boléro et de  la Rapsodie espagnole de Maurice Ravel et des Tableaux d'une exposition de Modeste Moussorgski. J'aimerais aussi dire toute mon admiration pour l'un des chefs d'œuvre de Michael Gordon, Weather, sorti en 1999 : une longue pièce en quatre mouvements, véritable recréation hallucinée des Quatre saisons, sans qu'il soit nulle part d'ailleurs fait référence à Vivaldi, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il a écrit là une composition d'un esprit similaire à celui du maestro, adapté à notre société contemporaine.

Post scriptum métaphysique

   Le temps est perpétuelle recomposition. Rien de nouveau sous le soleil, comme le disait déjà L'Ecclésiaste, cela ne veut pas dire autre chose que le gigantesque et permanent brassage des particules élémentaires dont l'ensemble forme l'univers. Celui-ci ne disparaîtra qu'après avoir épuisé toutes les combinaisons possibles du vivant : or, leur somme doit tendre vers l'infini puisque chaque combinaison peut elle-même être recombinée. Donc l'univers ne saurait disparaître : il sera à jamais, et nous aussi, dont les cellules mutent, migrent vers d'autres formes vivantes. Alléluia ! Sic Manet Gloria Mundi !!Nicolas Bréhal Le Sens de la nuit

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Pour aller plus loin

- Nicolas Bréhal : Le Sens de la nuit (Gallimard, 1998, repris en Folio)

- Michael Gordon : Weather (Nonesuch, 1999)

  Michael Gordon Weather

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Un extrait de Weather, l'extraordinaire troisième partie, avec les sirènes... (L'un de mes lecteurs au moins y verra une allusion à l'une de ses idées, que je n'oublie pas !!) : (Soyez patient, ou laissez charger pour écouter d'affilée...)

 

 

- Giuseppe Arcimboldo, L'Eau (1566, Musée des Beaux-Arts de Vienne) :

Arcimboldo-L-Eau.jpeg

23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 13:39

Les quatre saisons de l'Éternité

   Je n'ai jamais été un enthousiaste d'Antonio Vivaldi. Pourtant, je ne nie pas les beautés des Quatre Saisons, cet ensemble de quatre concertos pour violon édité à Amsterdam en 1725. Un des points culminants de la musique baroque, dit-on. Curieusement, c'est en le réécoutant maintenant, après le disque de Max Richter, que cette grâce merveilleuse, cette alacrité m'émeuvent enfin, par ricochet. Il aura fallu la décantation opérée par le musicien allemand, pianiste co-fondateur de l'ensemble Piano Circus en 1989, auteur de musiques de films et de quelques disques en solo, à la tête de formations variables, et devenu au fil des ans une des références d'un post minimalisme à la fois accessible et personnel.

Max-Richter-Recomposed.jpeg   Le miracle de cette recomposition des Quatre saisons, c'est d'avoir fait de Vivaldi un post minimaliste qui s'ignore. Max Richter a écarté autour des trois-quarts du matériau originel pour nous offrir la quintessence du sublime. Dès le début, il y a un frémissement inconnu à la musique de Vivaldi. De temps à autre, les cordes sont creusées par des sons électroniques. C'est cela que j'attendais. Que cette musique en trompe l'œil, en trompe l'oreille plutôt, cesse d'être simplement cette belle surface. En mettant en avant les motifs vivaldiens, en les prolongeant par des cadences outrageusement alanguies ou en les soumettant à une amplification inattendue, Max Richter transcende cette esthétique où la virtuosité tient lieu d'âme. Par un mouvement vers l'intérieur, d'abord, car il retourne l'œuvre pour nous montrer ses dessous, ses sous-bassements véritables ou potentiels. Ô combien plus beau le solo de violon de "Spring 2" après une ouverture en sourdine, retenue, d'une exquise pudeur et par-dessus un orchestre en apesanteur, structuré en grandes plaques monolithiques. Peu après, cela donne par exemple la longue coda brûlante de "Summer 1", ce suavissime "Summer 2", Vivaldi revu par Arvo Pärt, le temps retrouvé par delà l'ivresse factice. Même épaississement saisissant dans "Summer 3", graves plus profonds, arrière-plans fouillés qui rendent les évolutions du violon solo plus intenses, plus crues, moins vaines, tout est là : on sent des réserves, des échappées, le violon troue la trame et s'envole dans des aigus archangéliques, et puis soudain tout dérape, d'où sourdent ces nappes saccadées, ce soulèvement d'une ombre épandue sur la lumière...L'automne, la carte postale sonore vivaldienne, est elle aussi nettoyée de son côté chromo par une aération générale du tissu musical, une des opérations les plus intelligentes de Max Richter. Cette musique sentait le renfermé : il n'y avait aucune place pour le rêve, la coda lente de "Autumn 1" lui redonne sa place. "Autumn 2" est un autre sommet de cette recomposition exemplaire : le clavecin impérial, altier, égrène ses notes sur un fond bruissant de cordes sourdes. Sur quelle corde raide marchons-nous, au-dessus de quels noirs abimes ? Max Richter habite Vivaldi, cette exquise coquille vide, comme un bernard l'hermite fragile, sensible aux moindres variations météorologiques. L'hiver connaît enfin la neige, les étendues poignantes sur lesquelles gémit le violon des délaissés. C'est le surgissement de l'infini dans les forêts immenses, les vannes de l'émotion trop longtemps contenue qui s'ouvrent pour une cadence d'une incroyable douceur, d'une beauté blessée, farouche, se rebellant contre la monotonie du monde. Max Richter n'a jamais, décidément, été aussi proche d'Arvo Pärt, et ce n'est certes pas moi qui le lui reprocherai. J'aime à la folie Antonio Richter, Max Vivaldi, Arvo Richter, Max Pärt, Antonio Pärt, Arvo Vivaldi. Un chef d'œuvre, une transfiguration...une recomposition magistralement servie par le son admirable de l'orchestre, du violon d'époque prêté par une famille allemande ayant souhaité rester anonyme.

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Paru en 2012 chez Universal - Deutsche Grammophon / 13 titres / 44' environ

Pour aller plus loin 

- le site de Max Richter

- "Summer 2" en écoute (une autre version, la précédente bloquée...)

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 22 octobre 2012

Astrïd : bysimh (Piste 5, 11'15), extrait de High Blues (Rune Grammofon, 2012)

Ryan Brown : Four pieces for piano solo (p. 5 à 8, 9'), extraits de The Bright Motion (New Amsterdam records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

Grandes formes :

• Max Richter : Summer 2 et 3 / Autumn 1 et 2 (p.6 à 9, 18'), extraits de Recomposed by Max Richter (Universal / Deutsche Grammophon, 2012)

• John Luther Adams : Wood Thrush / Morningfieldsong / Meadowdance / August Voices (p. 1 à 4, 17'), extraits de songbirdsongs (Mode Records, 2012)

16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:28

Astrid-High-Blues.jpg   High Blues est le troisième album d'Astrïd, groupe français qui existe depuis une quinzaine d'années...et que je découvre maintenant seulement grâce à l'un de mes fidèles lecteurs. Au départ, c'était un duo constitué par Cyril Secq - guitare, guitare à archet, harmonium et autre -, Yvan Ros aux percussions et à la contrebasse, auquel sont venus s'adjoindre Vinina Andreani au violon et à la kalimba, Guillaume Wickel aux clarinettes, à l'harmonium et au rhodes...De quoi nous concocter une musique de chambre électrique et boisée, chaude et colorée, n'ayant pas peur de s'étirer, de s'échapper des formats trop convenus.

   Le premier titre éponyme, c'est vingt-cinq minutes d'une balade vaporeuse menée par la guitare électrique. Le thème est un motif sans cesse repris, varié, dans des boucles tranquilles parfumées d'harmonium, de percussions cliquetantes, de flutes chavirées. Lent et doux délire, on croit entendre une cornemuse parfois. On est ailleurs, dans un pays de forêts et de rocs aux formes étranges. Une clarinette vous ensorcelle au détour d'un bosquet. Elle s'entortille autour de la guitare comme du lierre, et les alentours se mettent à bouger, les arbres s'enflamment. Il y a quelque part un barde que l'on n'entend pas, mais qui fait vivre le paysage. Musique de volutes, de soupirs mélodieux : tous les gnomes, toutes les créatures féériques concourent à l'immense et mouvant enlacement. Comme il est bon de se laisser aller à goûter cette musique sensuelle et mystérieuse !

   Le second titre, "erik s.", ne cache pas sa source. Plus bucolique que le premier, flirtant souvent avec le silence, il se développe paresseusement. Les instruments sont touchés avec amour, avec retenue, pour mieux faire entendre leurs timbres. Peu à peu, tous sont dans le cercle, autour du feu invisible qui crépite. L'incandescence monte, on est à nouveau embarqué dans une cérémonie, pris par le charme, c'est-à-dire le carmen incantatoire. La "Suite", solennellement ouverte par une percussion sombre et puissante, est scandée par la guitare électrique : nous sommes chez une confrérie soufie de derviches convertis au  post rock psychédélique. La guitare tournoie, sa robe bordée d'étincelles, belle à décrocher tous les luminaires enfumés.

    Retour à une ambiance plus nettement folk avec "James", guitare acoustique en avant. Elle chante à peine, cherche sa ligne, se reprend, persiste : moments de simple grâce, limpides. Le repos avant l'entrée dans une autre autre danse orientalisante, la clarinette m'évoquant le doudouk arménien y est pour quelque chose. Une de ces danses crétoises ou grecques ramenées par les rébètes quittant l'Asie mineure.

   Le disque se termine avec "bysimh" : là aussi, une longue intro, le temps de prendre le temps, de saisir l'impalpable, la mélodie, le rythme qui vient. Il faut dire ce plaisir de l'auditeur qui se sent respecté : comme les musiciens, il attend ce qu'il faudra savoir saisir, le moment venu, et qu'on pressent sans l'avoir encore cerné. À l'opposé de tous ceux qui assènent, assomment, pressés de montrer leur talent, leur inspiration...Du silence surgit le rythme lancinant qui colle à la peau, le lent balancement pendulaire où l'ego se dissout.

   Car, l'air de rien, High Blues est un superbe album de tranquilles transes illuminantes.

   Si, après un tel disque, Astrïd ne parvient pas à mieux tourner en France...

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Paru en 2012 chez Rune grammofon / 5 titres / 53' environ

Pour aller plus loin

- le site MySpace d'Astrïd, avec d'autres titres en écoute.

- un bel entretien avec Cyril Secq sur Popnews

- "Bysimh" en écoute en bas de l'article.

Programme de l'émission du lundi 15 octobre 2012

Annie Gosfield à l'honneur :

• Annie Gosfield : Wild pitch / Phantom shakedown (p.1-2, 21'), extraits de Amost Truth and Open Deceptions (Tzadik, 2012)

Vrais et faux motifs (patterns) au piano :

• James Sellars : Piano Sonata n°6 (p.6, 10'04), extrait de Piano works (CRI, 2001) Piano : Lisa Moore

• John Mayrose : Faux patterns (p.9, 5'42), extrait de The Bright Motion (New Amsterdam records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

Grande forme :

• Max Richter : Spring + Summer 1 (p. 1 à 5, 13'45), extraits de Recomposed by Max Richter (Universal / Deutsche Grammophon, 2012). Les quatre Saisons de Vivaldi revisitées... 

Un peu de patience pour l'écoute (une quinzaine de secondes)...

9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 13:28

John Zorn The Hermetic Organ   John Zorn, compositeur et improvisateur féru d'avant-garde, se frotte à l'orgue. Pas n'importe lequel, celui de la chapelle Saint-Paul, un édifice religieux de New-York inauguré en 1766, doté d'un orgue du dix-neuvième plusieurs fois restauré. Un orgue dont la puissance projette hors du monde : c'est cette dimension grandiose qu'il se plaît à explorer dans une improvisation de plus de trente minutes. Le disque est l'enregistrement de ce solo du 9 décembre 2011, à 23h. Les différents moments de cet Office n°4, Introït - Bénédiction - Offertoire - Élévation - Communion - Descente, ne sont pas distingués sur le disque : les pauses séparatrices ne doivent pas empêcher l'auditeur d'écouter l'ensemble d'une traite. Il faut plonger dans les grondements de l'au-delà, dans les flammes de la fournaise. Il faut être écrasé par la puissance déchaînée, malaxé par les drones, ému par les soudaines caresses extatiques de l'instrument lorsqu'il prend des allures pastorales. Il y a tout dans l'orgue : de l'ange d'une sidérante douceur, de l'archange terrible et rayonnant, du démon dont le souffle destructeur balaye toutes nos petitesses. John Zorn s'en donne des allures de prophète, lui qui se faisant revient au premier instrument à l'avoir fasciné. Lui, qui l'eût cru, qui écoutait aussi tous les musiciens s'y étant intéressé : pas seulement Bach, mais Kagel, Ligeti, Messiaen, et Charles Tournemire, et bien sûr Terry Riley (liste évidemment incomplète). Tant pis pour ceux qui ne voient en lui que le saxophoniste de jazz, le musicien fou, un iconoclaste pas toujours inspiré. John Zorn est ici tour à tour méditatif, recueilli, embrasé : totalement en phase avec cet instrument dantesque qu'il chevauche avec un évident plaisir. L'orgue, il s'en souvient et nous le rappelle, est l'instrument de prédilection de certains films d'horreur, comme ce Fantôme de l'Opéra (1925) inspiré du roman de Gaston Leroux et mis en scène par le réalisateur américain Rupert Julian, avec Lon Chaney dans le rôle du fantôme. Stupeurs et frémissements, ébranlements et suavités : quelles sensations ! Mais l'orgue n'est-il pas là pour nous faire prendre conscience de nos vies vaines, nous rappeler à la transcendance ? Peu importe pour l'auditeur — qui choisira sa voie — transporté, ravi par la performance !

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Paru en 2012 chez Tzadik / 1 titre / 36' 25

Pour aller plus loinLe-Fantome-de-l-Opera-affiche.jpg

- John Zorn en solo à Anvers le 13 août 2011, car le bougre y prend goût, aime bien se faire inviter pour des solos d'orgue ! Seulement du son :

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 1er octobre 2012

Erdem Helvacioglu : Bridge to horizon / Dreaming on a blind saddle (Pistes 1 & 4, 15'34), extraits de Altered realities (New Albion Records, 2006)

Réédition :

• Maria Monti : Il Serpente innamorato / Lo zoo (p.4-5, 5'30), extraits de Il Bestiario, parution initiale en 1974 / réédition par Unseen World Records, 2012. Une chanteuse de cabaret, un peu comme Dagmar Krause. Et, parmi ses accompagnateurs : Alvin Curran !!

Grande forme :

•John Zorn : Office n°4 (p.1, 36'25), extrait de The Hermetic Organ / St Paul's Chapel NYC (Tzadik, 2012)

Programme de l'émission du lundi 8 octobre 201

Peter Broderick à l'honneur :

• Peter Broderick : Low light / Eyes closed and travelling (p.5-7, 7'35), extraits de Glimmer, disque avec Takumi Uesaka pour les premiers titres (cotelabo, 2011)

                                            We didn't find anything / It wasn't a deer skull / What was found / Circumstancial evidence (p. 3-7-8-11, 11'), extraits de Music for Confluence (Erased Tapes, 2011)

Astrïd Suite / James (p.3-4, 13'45), extraits de High Blues (Rune Grammofon, 2012)

Mark Dancigers : The Bright Motion (p.3-4, 18'34), extraits de The Bright Motion (New Amsterdam Records, 2012), disque du pianiste Michael Mizrahi

4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 17:28

   Philip Glass, l'un des phares de la musique répétitive / minimaliste avec Steve Reich, Terry Riley, LaMonte Young, fête cette année ses soixante-quinze ans. Pour lui rendre hommage, le Collège des Bénardins organise un concert événement : à l'occasion de la Nuit Blanche, samedi 6 octobre, le pianiste Nicolas Horvath, déjà en première ligne avec un autre concert consacré aux concertos pour piano (voir article antérieur) du même compositeur, s'est lancé un beau défi : interpréter l'intégralité de sa musique pour piano. Près de 5h 30 dans la nef des Bernardins, de 21h à plus de 2h du matin. Il renoue ainsi avec l'esprit des concerts fleuves de Riley, LaMonte Young, ou encore Charlemagne Palestine (que je n'ai pas mentionné ci-dessus). Amis noctambules, réjouissez-vous, voici le programme !

21h : Glasstroduction
Opening / The Orphée Suite

21h30 : Glasstuoso
Études n° 1 à n° 10

22h : Glassics
Metamorphosis n° 1 à n° 5 / Mad Rush / Modern Love Waltz

22h20 : Glass et le cinéma
The Hours / Candyman Theme / Truman Sleeps / Dreaming of Fiji / Reunion / Notes on a Scandal

23h20 : Glassics II
Dreaming awake / Trilogy sonata / A Musical Portrait of Chuck Close / Epilogue of Monster of Grace / Wichita Vortex Sutra

00h20 : Glass l’avant-gardiste I
1+1 / How Now / Music in Contrary Motion / 2 Pages / Music In Fifths
01h20 : Glass l’avant-gardiste II
600 Lines

02h10 : Fin
 
Entrée libre dans la limite des places disponibles. 

Localisation :

Collège des Bernardins
20 rue de Poissy- 75005 Paris
Tél. 01.53.10.74.44
www.collegedesbernardins.fr
Métro : Cardinal Lemoine, Maubert-Mutualité, Jussieu
Bus : 63, 86, 87, 24, 67,47,89
Parking : Maubert - Collège des Bernardins

 

Pour aller plus loin

- si vous hésitez à vous lancer dans la pléthorique discographie de Philip Glass, profitez-en pour découvrir le premier coffret "Minimal piano Collection" du pianiste Jeroen van Veen : neuf cds consacrés au minimalisme, dont au moins trois à la seule œuvre de Philip Glass. Dans l'article, une vidéo montrant Jeroen interprétant en concert "Mad rush".

- Philip Glass au piano, le 4 septembre 2011, en Californie. Une belle jeunesse !!!

 

 

30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 21:01

Je me lance : elle sera très sélective...

Gavin Bryars Hommages- Hommages, un ensemble de pièces enregistrées "avec les moyens de fortune" ; Gavin Bryars dirige son propre ensemble. Producteur : Wim Mertens ! Années 1978 -1981. Cd chez Les Disques du Crépuscule - label indépendant de Bruxelles fondé en 1980 et disparu en 2006 : un super catalogue, éclectique et fou - en 1989. On y trouve notamment "Vespertine park" : deux pianos (dont Gavin, j'avais oublié !), deux vibraphones, deux marimbas, cloches, gongs, cymbales.

Meph - Complètement abyssal, en roue libre. Minimalisme pur jus, ventru de vibrations.

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin-Bryars-The-Sinking-of-the-Titanic.jpgDio. - The Sinking of the Titanic, une heure avec l'ensemble de Gavin : plus de piano, mais des cordes (Alexander Balanescu est là avec son alto), toujours des percussions, clarinette basse, cor ténor, clavier...Pièce de 1969, publiée en 1990 en cd sur le label ci-dessus.

Meph - L'incontournable : le glauque du glauque, majestueuse ode au naufrage. Je n'ose pas dire : renversant !

Dio. - Tu l'as dit. Méandres, volutes...

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin Bryars Three Viennese dancersDio. - Three Viennese dancers, le premier disque dans les nouvelles séries d'ECM, en 1986. Avec le Quatuor Arditti pour le quatuor à cordes, et le corniste Pascal Pongy, Gavin et Charles Fullbrook aux percussions pour les trois autres pièces.

Meph. - La grande claque avec le chef d'œuvre, le "String Quartet N°1" de 1985 : rarement entendu sonner les cordes de cette manière hallucinante, grâce à l'emploi des instruments RAAD créés par Richard Armin dans ces années-là.

Dio. - Violon, alto et violoncelle sont électrifiés, dotés de transducteurs et de sorties d'effets. Gavin a tout fait pour brouiller la frontière entre sons naturels et sons artificiels.

Meph - Mieux qu'une attaque à main armée : le gang des cordes a frappé !

 

 

Gavin-Bryars-After-the-Requiem.jpgDio. - After the Requiem, dans les nouvelles séries d'ECM aussi, en 1991. Du beau monde : l'ensemble de Gavin, Bill Frisell à la guitare électrique, des membres du Balanescu Quartet, et un quatuor de saxophones.

Meph - Outrageusement mélancolique, d'une lenteur splendide. Quelles couleurs !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gavin-Bryars-Vita-Nova.jpgDio. - On garde aussi Vita Nova, dernier volet de la trilogie ECM New series, en 1994. Un disque marqué par la participation du Hilliard Ensemble — tous les quatre sur "Glorious Hill", du superbe chant contemporain — son contreténor David James ouvrant le premier titre, "Incipit Vita Nova", accompagné par violon, alto et violoncelle, un décollage assez fulgurant, et fermant...

Meph - ...l'extraordinaire "Four Elements", presque une demi-heure avec un ensemble de chambre assez large : l'alchimie Bryars, ses timbres colorés, profonds, toujours cette impression de plonger, je n'ai pas dit de couler, note-le bien, comme si l'on était massé par les ondes sonores, le mouvement à la fois calme et fort. Ce qui nous entraîne vers "Sub Rosa", interprété par l'ensemble de Gavin, un ensemble plus restreint, mais toujours une belle palette, le tout mené par le piano mystérieux : la texture même du rêve, une apesanteur fascinante.

 

 

 

Gavin-Bryars-The-Last-days.jpgDio. -Enfin, The Last days, chez Argo en 1995.

Meph - Argo qui te servit longtemps de guide, belle nef chargée de disques, mieux qu'une toison d'or...

Dio. - Ici, le quatuor Balanescu au gouvernail : une reprise du quatuor à cordes n°1, rien à redire par rapport au quatuor Arditti, le quatuor à cordes n°2, un grand quatuor aussi, moins sidérant que le un, mais au chromatisme somptueux. Et cinq duos de violon justement baptisés "The Last days", cinq bijoux pour (ré)apprendre à aimer le violon.

Meph - Après ? En voici déjà assez pour vous mettre en oreilles. Voyez aussi l'article consacré au piano concerto...

 

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 24 septembre 2012

Hommage à Gavin Bryars :

                   - Ramble on Cortona (Piste 2, 12'34), extrait de Piano Concerto (The Solway Canal) (Naxos, 2011)

                   - String Quartet n°1 (p.2, 20'03), extrait de Three Viennese Dancers (ECM New Series, 1986)

                   - After the Requiem (p.1, 15'38), extrait de After the Requiem (ECM New Series, 1991)

                   - Incipit Vita Nova (p.1, 6'02), extrait de Incipit Vita Nova (ECM New Series, 1994)