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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 11:01

Douwe-Eisenga-the-piano-files-copie-1.jpg  L'été sera placé sous le double signe d'Alva Noto et de Douwe Eisenga. Je reviens en effet vers ce compositeur néerlandais, représentant actif d'un minimalisme serein, lumineux. The Piano Files, paru en 2009 chez Zefir Records, rassemble cinq pièces pour un, deux ou quatre pianos. Si l'on excepte le cinquième titre, sous les doigts du pianiste Marcel Worms, les autres titres sont interprétés par Jeroen van Veen, auquel on doit déjà deux coffrets magistraux de 10 cds chacun sous le titre The Minimal Piano Collection (le premier est chroniqué ici), deux fois en duo avec son épouse Sandra, et en multipistes sur Les Chants estivaux, pour quatre pianos.

  Cloud Atlas, le premier titre, écrit en 2008 pour la production éponyme inspirée du roman de David Mitchell, nous prend comme une berceuse océanique, avec son balancement très doux, son carillonnement envoûtant. Une sourdine dans les medium-graves, et la mélodie du second piano qui grimpe parfois dans un registre plus aigu. Le flux harmonieux ne nous abandonnera pas, tant les deux pianos avancent dans un éclaboussement de lumière, décrivent des boucles ascendantes irrésistibles. Le soleil se baigne dans la mer, le temps distendu d'une célébration de la beauté joyeuse. Un peu plus de onze minutes de bonheur pour ce chef d'œuvre du minimalisme. Je sais que le titre réfère à un nuage, mais cette musique est ruissellement, transport sur le dos ondulé d'une mer euphorisante. Les Chants estivaux, pour quatre pianos, semblera moins évident, facile : n'oublions pas que la quadriphonie était accompagnée d'une mise en espace élaborée par des architectes lors de la première. Néanmoins, ces presque vingt-et-une minutes sont impressionnantes : imaginez quatre pianos partis à l'assaut Jeroen et Sandra van Veend'une escalade toujours à recommencer, enlaçant leur obstacle de boucles toutjours plus serrées, vous aurez une idée de la structure immobile-tourbillonnante de ce morceau virtuose, assez proche du climat de Music for Wiek. C'est un titre fou, un numéro de derviche lors d'un rite ascétique, une aspiration au gouffre sublimée. Theme I, pour piano solo, est tout le contraire : calme, limpide, une barque glisse en cercles lents autour d'une source, elle danse, s'élève dans une lévitation extasiée. Magnifique moment.

   Le compositeur dit avoir composé City Lines pour deux pianos après avoir réentendu Tubular Bells bien des années après sa parution et en pensant aux œuvres de Simeon ten Holt, autre compositeur néerlandais représentatif d'un minimalisme européen vivace. Pièce très chantante, aux boucles presque guillerettes, qui joue des chevauchements et des ruptures pour une échappée belle échevelée : musique séduisante, étincelante, réjouissante... L'album se termine avec Growing Worm pour piano solo : sautillements hésitants, enroulements de côté, puis des bonds, des précautions, le ver s'enhardit et se contorsionne avec une certaine majesté raide. Pièce qui a le sens du grotesque et de la farce !

   De toute façon, vous reviendrez à Cloud Atlas, d'une grâce miraculeuse...

   Paru en 2009 chez Zéphir Records / 5 titres / 57 minutes.

Pour aller plus loin

- le site de Zefir Records.

- Jeroen van Veen interprète Theme I :

 

 

8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 13:30

   J'avais chroniqué en juillet 2010 l'album The Creatures in the Garden of Lady Walton. Voici une vidéo inspirée de l'album Lantern, paru en 2005 chez Brassland.

 

 
2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 17:57

  Que penser de cette rencontre très festive de deux grands de la musique électronique d'aujourd'hui, accompagnés par Floros Floridis, saxophoniste et clarinettiste ? Le son sur mon portable est assez mauvais :  j'espère qu'il n'en est pas de même pour vous. Nuits chaudes, emportez-nous !

 

28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 18:44

    Dandy fortuné à la santé fragile, Valery Larbaud (1881-1957) fait paraître en 1913 un curieux ouvrage, A.O. Barnabooth, constitué des œuvres complètes d'un personnage imaginaire qui lui ressemble beaucoup. Déjà publiées en 1908 sous le titre Poèmes par un riche amateurLes Poésies de A.O. Barnabooth, incluses dans l'ouvrage, ont été sévèrement révisées. Elles sont aujourd'hui bien éclipsées par la parution en ces mêmes années 1912-1913 de recueils majeurs de la poésie du vingtième siècle, comme Les Pâques puis La Prose du Transsibérien de Cendrars et Alcools d'Apollinaire. Pourtant, à presque un siècle de distance, ces émouvants poèmes sonnent vrais, naturels. Il y a chez Larbaud un sens aigu du cliché, de l'instantané, donc de l'éphémère, d'où un lyrisme à la fois exalté et mélancolique qui en font l'ancêtre par anticipation bien involontaire et approximative d'un Grand corps malade - ce que Larbaud se sentit être par sa santé fragile, puis fut à partir de son hémiplégie -, même si tout oppose a priori le riche rentier et le fils de la banlieue. J'ose imaginer qu'il n'aurait pas détesté le rap - toute protestation politique mise à part cependant-, le slam. Ne rêve-t-il pas, comme ici, de libérer "la bête lyrique qui bondit dans (s)on sein", de trouver "'s)on chant à (lui)" ?

 

Musique après une lecture

 

Assez de mots, assez de phrases ! ô vie réelle,

Sans art et sans métaphore, sois à moi.

Viens dans mes bras, sur mes genoux,

Viens dans mon cœur, viens dans mes vers, ma vie.

Je te vois devant moi, ouverte, interminable,

Comme une rue du Sud béni, étroite et chaude,

Et tortueuse entre des maisons très hautes, dont les faîtes

Trempent dans le ciel du soir, heurtés

Par des chauves-souris mou-volantes ;

Rue, comme un grand corridor parfumé

D’un Barrio del Mar dont la mer est en effet voisine,

Et où, dans la nuit calme, tout à l’heure,

Les serenos psalmodieront les heures…

 

Mais, ma vie, c’est toujours cette rue à la veilleLarbaud Les poésies de A.O. Barnabooth

Du jour de Saint-Joseph, quand des musiciens,

Des guitares sous leurs capes, donnent des sérénades :

On entendra, jusqu’au sommeil très doux, le bruit

Plus doux encore que le sommeil des cordes et du bois,

Si tremblant, si joyeux, si attendrissant et si timide,

Que si seulement je chante

Toutes les Pepitas vont danser dans leurs lits.

 

Mais non !

Mon chant entrecoupé de cris ! mon chant à moi !

(Ce n’est pas toi, Amérique, tes cataractes, tes forêts

Où frémit la venue du printemps, ce n’est pas toi,

Grand silence des Andes prodigieux et solitaires,

Ce n’est pas vous, non, qui remplissez ce cœur

D’une harmonie indescriptible, où se mêlent

Une joie féroce et des sanglots d’orgueil !...)

Oh ! que j’aille dans les lieux inhabités, loin des livres,

Et que j’y laisse rire et hurler

La bête lyrique qui est en mon sein !

23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 18:51

    Un artiste rare, un disque inoubliable : petite piqûre de rappel, en somme. La couverture du cd paru chez Poeta Negra (l'excellentissime label grec de musique électronique, au jourd'hui disparu) et une vidéo du visuel utilisé par Dani dans ses concerts pour "of goodbyes", le dernier titre.

   Pour en revenir à Poeta Negra, il y a bien  Creative Space qui a pris le relais, mais la production de cd semble raréfiée : là comme ailleurs, le téléchargement (illicite ou légal) sévit... Triomphe de la quantité sur la qualité : le baladeur comme hyper-marché individuel de la musique délocalisée, décontextualisée. Le mélomane existe-t-il encore, d'ailleurs ? Restent quelques toqués - parmi lesquels je me range évidemment - attachés au disque, à l'album comme concept, œuvre...

Meph. - Tu te rends compte que tu emploies des mots aujourd'hui désuets, aux connotations ridicules ? Ringard, va !

Dio. - Te revoilà, toujours pour me plomber le moral ?

Meph. - J'éclaire tes ténèbres aristocratiques, mon gars.

Dio. - Parce que pour toi, aimer un son de haute fidélité, apprécier un disque comme un tout pensé, organisé, cela relève du privilège...

Meph. - Tout à fait. La musique pour les anglo-saxons fait partie de l'entertainment, du divertissement. C'est pas de l'art, surtout que je te soupçonne de vouloir y mettre par-dessus le marché une majuscule. Plus de majesté à l'âge démocratique. On consomme et on jette. On télécharge, on écoute vite fait, et puis on oublie, on efface, dans l'attente de la prochaine, très prochaine sortie du nouveau tube.

Dio. - Je suis donc d'arrière-garde ?

Meph. - Réactionnaire, archaïque, à l'évidence. Et ça te fait peur ? Assume, et charge. Tu as encore le droit d'être différent. Et puis, tu sais que j'aime les maudits, les réfractaires...


Dani-Joss-Shaper-of-form.jpg

 

 

 

 


19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 19:06

Douwe Eisenga   Le compositeur néerlandais Douwe Eisenga, après des études académiques, a écrit des pièces pour de nombreux ensembles. Très influencé par la musique pop, il ne fait pas de distinction entre les genres musicaux, aussi intéressé par le dodécaphonisme que par la musique baroque ou le minimalisme. Music for Wiek a été composé pour un spectacle de danse intitulé Wiek (Rotor) conçu et dirigé par Boukje Schweigman, dont la première a eu lieu en 2009 en Zélande.

   La pièce est écrite pour un quatuor de saxophones - tous joués par Erik-Jan de With, du Python Saxophone Quartet - , piano (Douwe Eisenga en personne), percussions échantillonnées. D'une durée d'une heure, elle comprend quatre danses encadrées par un prologue et un épilogue et aérées par deux interludes. C'est une expérience intense, une cérémonie à laquelle nous convie le néerlandais. Il s'agit bien d'entrer dans la danse, une fois passé le troublant appel du début du prologue - cloche, percussion sèche et lancinante interrompue régulièrement par un vent de sons - et l'entrée du premier saxophone, d'abord à l'unisson du mystère, puis qui prend son envol dans un phrasé à la Wim Mertens : la ronde a commencé, intrigante, inexorable, elle ne nous lâchera plus. Marquée par une écriture Douwe Eisenga Music for Wiekrépétitive dans le plus pur style minimaliste, la pièce, commencée lento, monte vers un climax frénétique en trois paliers : 1) danses 1 et 2 / interlude / 2) danse 3 / interlude / 3) danse 4. Si l'on songe bien sûr, comme je l'ai signalé ci-dessus, à Wim Mertens, pour la mélodie de base et pour la couleur chaude, l'entraînement d'une musique évoquant une cavalcade intemporelle, l'aspect de plus en plus pulsant des danses 3 et 4 est nettement reichien - je pense à Music for 18 Musicians, pièce justement aimée des chorégraphes. L'intrication savante des motifs, le jeu des variations, évitent toute monotonie à l'auditeur, reposé par les interludes méditatifs, presque orientaux par moment. L'épilogue met en valeur le piano de Douwe Eisenga, et c'est un enchantement, un magnifique duo aussi avec le saxophone, ce qui n'est pas si fréquent. On continue de tourner dans la poussière dorée du soir, abasourdis, heureux, on ne sait plus depuis combien de temps on s'agite tels des pantins désarticulés, on voudrait que cela ne s'arrête jamais, car cela ne s'arrêtera jamais, n'est-ce pas ?

   Le disque fini, en effet, le carrousel continuera son manège. Cette musique agit comme un sortilège agitant dans nos cerveaux mille émotions : comme un écho lointain de Brueghel et de Bosch, bouleversante musique de cette Folie qu'est la vie !!

Paru en 2009 chez Zefir Records / 8 titres / Une heure

Pour aller plus loin

- le site de Douwe Eisenga.

- son MySpace.

- Jeroen et Sandra van Veen interprétant l'épilogue de Music for Wiek dans un arrangement pour deux pianos :

 

12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 21:19

del cielo sur des braisesMeph. - Je te sens hésitant ?

Dio. - Ah bon ? Tu sais pourtant que j'ai chroniqué leur premier album cd, sous les cendres, paru en 2009 déjà chez Idwet, un label qu'on aime beaucoup tous les deux.

Meph. - Le label de Psykick Lyrikak !!

Dio. - C'est tout dire, non ? Incontournable pour découvrir la nouvelle scène française.

Meph. - Des textes, quoi, des vrais, qui n'ont pas peur d'être des poèmes...

Dio. - Un mot qui fait peur aujourd'hui, Arm s'en défend d'ailleurs, d'écrire de la poésie. Peur de la mièvrerie faussement attachée au mot..

Meph. - Parce qu'ils pensent tous à des formes figées, châtrées, alors que la poésie vit, bouge, va toujours à l'esssentiel.

Dio. - Et elle est bien là chez del Cielo...

Meph. - Déjà dans le nom qu'ils ont donné à leur duo. Après sous les cendres, nous voilà...Sur des braises. Leur petit côté post-rock, guitare qui flambe sur "Si l'encre", par exemple.

Dio. - Oui, « si l'encre en silence aspirait les souffrances ». C'est l'un de mes titres préférés.

Meph. - Alors, vas-tu me dire...

Dio. - D'abord tout ce que j'aime chez eux. Les sons de Gaël Desbois : rien à dire, les mélodies évidentes, de l'électro-pop intelligente formidablement arrangée au service d'atmosphères lancinantes, volontiers hypnotiques, qui servent le chant acide et suave à la fois de Liz Bastard. Ah ! J'adore sa voix qui susurre les textes, dits, murmurés, chantonnés. Des textes qui s'entendent, bien balancés dans nos mâchoires comme de curieux coups de poing en coin, malicieux : « Dans l'ombre, dans les maisons sombres, / ...sur la banquise dézinguée, / Je repousse les murs / Sur les mers glacées / Je glisse contre les fissures... / Et dans des rêves bizarres, / Je m'attaque aux soudures... / Mais dans ton escalier, / Je fous des coups de pieds dans les murs (...) » Je n'ai pas résisté à citer un extrait de "Dans les murs", avec ce si simple, si bel accompagnement au piano. Et puis j'en ai tellement assez d'entendre des textes en mauvais anglais, mal prononcés, l'anglais comme cache-misère, brouet commercial. Bonheur d'entendre notre langue, que diable...

Meph. - À qui le dis-tu !! Moi, j'aime les fissures, toutes les entrées dans un monde semi-onirique, décalé. Les attaques de textes, du genre : « On a marché pieds nus sur des étroits sentiers, glacés, glissants / On a marché les paupières brûlées, l'âme dévastée, renversée / On a marché en haut des volcans / On s'en est tirés. » Nous voilà loin des mots trop entendus, dans un monde personnel, au pays des funambules dont le fil n'est pas d'acier, au cinéma Casoretto...

Dio. - "Casoretto", guitares en boucles obsédantes, claviers sombres, et le texte le plus beau, le plus émouvant de l'album : la vie intime d'un cinéma peuplé d'anges et de fantômes qui « ont fait des trucs que j'te dirai pas". C'est l'occasion d'un duo magnifique avec un Dominique A absolument bouleversant !

Meph. - Totalement d'accord. Tu mettrais donc cinq étoiles, si on notait...

Dio. - Tu sais qu'il n'en est pas question : chroniqué, ou niqué, éliminé, c'est la règle ici, on ne parle pas de ce qu'on n'aime pas.

Meph. - Ta réticence, accouche !

Dio. - Des redites évitables dans certains textes (Je ne parle pas de "Casoretto", les répétitions y font vraiment sens) comme "Ma vipère", dont j'aime le début et l'idée, même chose sur "Veux-tu", dont le début là encore est superbe...

Meph. - Je te trouve d'un dur...

Dio. - Quand on aime, on n'attend pas le meilleur, dis ? Je suis sûr que Liz fera mieux, avec des textes plus aboutis, vraiment déroulés jusqu'au bout, sans peur aucune : qu'ils ne s'en tiennent pas au format ordinaire de la chanson, qu'ils font déjà parfois exploser, ou plutôt imploser par des changements de rythme audacieux, et là j'applaudis très fort. J'imagine un mini-opéra, un oratorio, de leur part !!

Meph. - En somme, tu attends "Dans les flammes", post-opéra effondré et effronté ?

Dio. - Tout à fait !! On leur fait confiance, on les aime tant !!!

Paru chez Idwet en 2011 / 12 titres / 38 minutes

Pour aller plus loin

- le disque est en écoute intégrale ici.

- une fausse vidéo de "Casoretto" :

 

6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 09:41

Agf & Craig Armstrong Orlando   En 2010, Antye Greie, alias AGF, écrit la musique d'Orlando, le roman de Virginia Woolf adapté pour la scène par Darryl Pinckney, dont la première est donnée le 30 septembre de la même année à Edimbourg : électronique et vocaux en direct, avec une bande son originale du musicien écossais Craig Armstrong, arrangeur de U2, Madonna et Massive Attack, compositeur de nombreuses musiques de film. Tous les deux reprennent le travail pour en faire un cd cohérent, qui propose un voyage évocateur. Le résultat est un mélange de sons de terrain, de violoncelle classique interprété par Alison Lawrance, de voix retraitée ou non et de traitements électroniques.

   Cela donne un disque beau et mystérieux. Comme d'habitude, AGF sculpte sa voix, joue avec maestria du dit-chanté, des échos, dislocations, déformations, développe des ambiances sonores délicates et fortes à la fois. Fort bien conçu, l'album joue des rencontres, de l'alternance entre les interventions mélodiques, somptueuses, du violoncelle (et de cordes), les fragments de textes et les passages électroniques oniriques. On se laisse emporter en effet dans une histoire, même si l'on ne connaît pas le roman de Virginia Woolf, tant la musique parle à notre imagination. Les sommeils d'Orlando marquent la trame de ce voyage à travers les époques, mais finalement aussi intérieur. "Konstantinopolis", le titre onze, est un exemple de cette réussite : cordes en lentes poussées à l'ouverture, bruits de chemins de fer et de foule, cordes qui reviennent en impulsions profondes, voix d'AGF murmurante, piano aux notes rares par-dessus, brouillage final avant le titre suivant "You sleep", tissage de la voix et des bruits dans un flux hypnotique, suivi de "Sleep", torsade lourde de cordes et d'électronique.

   Un des excellents albums de cette très grande AGF - qui a déjà collaboré avec Craig Armstrong à plusieurs reprises.

Paru en février 2011 chez AGF Produktion / 20 titres / environ 59 minutes.

Pour aller plus loin

- cinq titres (2 à 6) en écoute ici :

- le site dédié à l'album par AGF

article sur Einzelkämpfer, sorti en 2009.

- article sur Words are missing, sorti en 2008

- le site de Craig Armstrong.