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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 17:59

 

    La rubrique La Musique et les Mots me permet d’évoquer des musiques que j’ai choisi de ne pas chroniquer dans ce blog déjà très éclectique, mais qui comptent pour moi, ou qui interrogent mon oreille, ma sensibilité. Plongé dans l’excellent roman du cubain Guillermo Cabrera Infante, La Havane pour un Infante défunt, dont le titre est une transparente paronomase de la ravélienne Pavane pour une Infante défunte, je n’ai été qu’à demi-surpris par un chapitre intitulé « La plus que lente », qui établit un rapprochement inattendu, en tout cas pour moi (qui connais si peu la musique cubaine), entre Debussy et la musique populaire cubaine. Voici le début du chapitre qui prend justement pour titre celui de la valse du compositeur français :

Guillermo Cabrera Infante La Havane pour un Infante défunt   «  Notable fut l’influence de Claude Debussy sur la musique  populaire cubaine, ou plutôt un certain domaine de la musique populaire, d’où j’excepte le faux folklore et l’expression presque savante  illustrée par le meilleur d’Ernesto Lecuona ou le style typiquement havanais de Boule de Neige. Non que ces deux musiciens, ou d’autres plus modernes (je pense aux chansons et aux interprétations  de Franck Dominguez  ou aux beaux accompagnements pianistiques  d’un Mémé Solis) imitent consciemment l’auteur d’Images – hasard ou non, Images est aussi le titre d’un boléro de Dominguez, très populaire et apprécié d’un délicieux écrivain anglais qui a connu La Havane au temps de sa splendeur-, mais le clavier et les sonorités debussystes sont entré dans la musique  populaire pour piano, peut-être via les œuvres  contemporaines d’Albeniz, sous une forme inconsciente mais constante. S’il y manque les accords brisés, les harmonies moribondes, les arpèges liquides de Debussy, on y retrouve beaucoup de ses sonorités pianistiques, surtout dans les aigus et les forti, plus que dans les pianissimi, et l’on évoque aussitôt en l’écoutant les phrases hésitantes de « La Plus que lente », cette valse que Debussy avouait avoir composée « dans le genre brasserie ».

  La suite du chapitre développe le « rôle joué par Debussy dans (sa) vie amoureuse », puisque le roman se présente comme la chronique autobiographique d’un apprenti Don Juan dans La Havane des années quarante et cinquante. La confession lie intimement musique et érotisme :

« La première fois que j’ai fait l’amour – j’emploie ce gallicisme à dessein, et pour une double raison-, c’était, je m’en étonne encore aujourd’hui, avec la plus jolie fille jamais contemplée par mes yeux cubains ; et, pour la conserver, je dus m’évertuer à lui caresser les tympans avec du Debussy, les pénétrant de ce suave perforateur qui la faisait tomber  dans une extase que j’étais pour ma part bien incapable de lui procurer sans l’aide de vagues à douze heures et quart du matin (comme dit Satie). »

   Comme quoi la musique dite savante infuse souvent la meilleure musique populaire, et peut même s’intégrer à une stratégie de séduction. Alors, Debussy, le tube intemporel et irrésistible de l’été ?

Extraits p.200 et 201.

Roman paru en 1979 / Edité au Seuil, Collection Points n°P599 dans une magnifique traduction d'Anny Amberni, en février 1999.

   Quant à la valse de Debussy, en voici une version plus que lente de Samson François  (un peu lente à charger, cela va de soi...) :

 

21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 20:42

Clogs The Creatures in the Garden of Lady Walton   Comme promis, un petit mot du paradis. Je suis connecté, mais il fait noir, je ne vois guère le clavier Les moustiques ont débarqué en bataillons serrés. En somme, les circonstances idéales pour vous conseiller un bijou insolite. Clogs ? Vous avez dit Clogs...Un quatuor de chambre composé de Padma Newsome, violon, alto, célesta et voix, Bryce Dessner, guitares, mandoline, ukulele, Thomas Kozumplik aux percussions et Rachael Elliott au basson, renforcé par de nombreux musiciens et une chanteuse, et pas n'importe qui, Shara Worden de My Brightest Diamond. Le résultat : un étonnant parcours entre musique aux fragrances médiévales, folk, et accents nettement plus contemporains. C'est leur cinquième album (je ne connais pas encore les précédents). Beauté des mélodies raffinées, des voix, bien sûr d'abord celle de Shara Worden, qui escalade si facilement les aigus devenus si suaves, des instruments saisis comme dans leur fraîcheur native.

 

   L’album s’ouvre sur “Cocodrillo”, courte pièce chantée, léger petit canon tout en ailes. " I used to do " est tout en boucles délicates, battement des cordes et souffles de basson : une entrée au Jardin des Délices. L’âme s’envole avec "On the Edge", chanson merveilleuse qui rappelle les meilleures pièces du folk irlandais, des voix comme celle de Jackie Mac Shee. Désormais, on est sous le charme. Guitare, banjo, cordes et percussions tissent une musique de chambre qui a peu d’équivalent en Europe, si ce n’est dans des ensembles comme celui de Jean-Philippe Goude. La viole de gambe nous saisit sur "The Owl of Love", seconde petite perle transfigurée par la voix de Shara Worden. Quelle liberté, quelle grâce…Shara chante, incante "Adages of Cleansing", le sixième titre, entre quasi murmures et cordes agitées ou frissonnantes, percussions hoquetantes : atmosphère magique, intense. La guitare, l’avions-nous entendu avant "Last Song", ce n’est pas si sûr. La voix de Matt Berninger de The National, qui rappelle celle du chanteur de The Devastations, apporte un superbe contrepoint grave sur ce titre à la belle mélancolie. Suit un instrumental, "To Hugo", ballade vaporeuse qui fait dialoguer guitare et basson, cor. Accents irlandais au début de "Raise the flag", violon caressant, chœur à la Matt Elliott qui reprend sur le dernier titre, très émouvant, à l’instrumentation raréfiée. Reste à savoir qui est Lady Walton…Sans doute la femme du compositeur Sir William Walton, qui a créé sur l'île d'Ischia, dans la baie de Naples, l'un des plus beaux jardins du monde sur le site d'une immense carrière de pierre. D'un jardin l'autre. 

Voilà un disque miraculeux, à la fois accessible et enchanteur à l'image de la pochette.

 

Paru chez Brassland en 2010 / 10 titres.

Pour aller plus loin :

- Clogs sur MySpace.

 - Une fausse vidéo de "On the edge" chanté par Shara Worden :

 

5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 21:22

Nico Muhly speaks volumes  Nico Muhly, né en 1981, appartient à cette jeune génération de compositeurs influencée par les grandes œuvres conceptuelles du trio minimaliste Reich-Riley-Glass. Après des études en littérature anglaise, il obtient son diplôme de composition à la Julliard School de New York. Il est proche de Philip Glass, dont il est l'éditeur et le claviériste pour de nombreuses pièces, travaille avec Björk, sollicite la collaboration du chanteur Antony. Auteur de musiques de film, il est particulièrement remarqué pour la B.O. de The Reader.

   "speaks volumes", sorti début 2007, est son premier disque, qui réunit sept pièces pour petite formation de chambre. Le tout est enregistré et mixé par Valgeir Sigurdsson, producteur et ingénieur du son de la déjà citée Björk et de quelques autres, Valgeir qui sort ces jours-ci son premier album solo. L'islandais imprime sa marque en enregistrant les instruments de très près et en ajoutant un environnement électronique discret et efficace.

   "Clear music" commence par une phrase languide de violoncelle qui s'étire, se déploie peu à peu dans l'énergie retrouvée, s'épanouit au contact du célesta. La harpe apporte son contrepoint plus grave. Et le trio va, plus enjoué ou plus réfléchi, avec de beaux passages transparents, des dissonances calculées, vers sa résolution méditative. Nico Muhly reconnaît deux sources d'inspiration à cette pièce : le motet Mater Christi Sanctissima de John Taverner, compositeur anglais de la Renaissance, et Vespertine ...de Björk ! "It goes without saying" fait dialoguer d'emblée clarinette et harmonium, l'acoustique organique et les machines : morceau tout en tension, en chromatisme ostentatoire, dans une scansion hâchée très reichienne. Les drones percussifs s'invitent pour une envolée auréolée de trouées lumineuses, ponctuée par les bruits de la soufflerie, les frappes sur les touches. Le début de la pièce suivante, "Honest Music" peut faire songer à la musique d'un Michael Nyman : présence emphatique des cordes langoureuses et insinuantes sur un bourdon de clavier. Le violon chante, domine, épaulé par la harpe et des arrangements enveloppants de cordes et claviers, dans un mouvement aéré de stases solo, jalonné de silences et de reprises en chœur, ce qui me fait aussi songer à un autre anglais, Graham Fitkin , c'est frappant notamment sur la superbe fin, proche dans l'esprit de celle de Slow. D'ailleurs, comme Graham, Nico est d'abord pianiste, et un beau pianiste : il suffit d'écouter "Quiet Music", clair obscur austère, où la rareté est densité expressive. Le piano balbutie, tintinnabule brièvement, découpant le silence en lanières de lumière. "Pillaging Music" semble d'abord un clone (assumé comme l'indique le titre), un remix de bien des pièces percussives de Steve Reich, mais en plus dissonant, destructuré : piano, marimba, sorte de gamelan aussi, mènent une danse de trémolos parcourue de silences frémissants. Pièce au final surprenante, pleine de fantaisie. Retour au piano solo avec "A Hudson cycle", morceau choral hanté par Philip Glass cette fois, l'excellent Glass des pièces pour piano : lumineux et émouvant. Le disque se termine avec "Keep in touch" : faux retour au début avec un phrasé solo d'alto,  mais détruit par des froissements, les cordes grincent, grimpent dans des aigus agressifs. tandis qu'une voix se fait entendre. Tout se calme, l'harmonium (et ses clapets bien audibles) apporte sa douceur suave dans laquelle se fond d'abord la voix d'Antony. Le morceau se fait prière miaulante, lamento douceâtre et déjanté, plombé de percussions métalliques. Sans doute la pièce la plus inventive, écartelée entre sentimentalisme et parodie, ferveur et folie, avec son long crescendo incandescent, sa retombée majestueuse et décalée à la fois dans les mélismes gentiment outranciers d'Antony.

    Un disque difficile à classer, entre post-minimalisme et électro. Parler de néo-classicisme à son égard m'étonne. Singulier en tout cas, inspiré et souvent beau, sans rien à jeter comme dirait Georges.

Sept titres / 54 minutes // Paru en 2007 chez Bedroom Community

Pour aller plus loin

- le site de Bedroom community, avec une page consacrée à l'album, en écoute intégrale.

- une vidéo superbe pour la musique de "It goes without saying":

 

 

Programme de l'émission du dimanche 20 juin 2010

Slow Six : because together we resonate (piste 4, 6' 02), extrait de tomorrow becomes you (Western vinyl, 2010)

Four Tet : Angel Echoes / Circling / This Unfolds (p.1-3-6, 17'), extraits de There is love in you (Domino Recordings, 2010)

Nico Muhly : It goes without saying / Honest Music (p.2-3, 15' 40), extraits de speaks volumes (Bedroom Community, 2007)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti :Livre V "First flight" / Livre VI "Le sable et le vent" (Cd 2, p.2 et 3, 26' ), extraits de Kitty Hawk, Le sable et le vent (Césaré, 2010)

 

Programme de l'émission du dimanche 4 juillet 2010

Clogs : Red seas / The Owl of love / Adagio of Cleansing (p.3 à 5, 14' 30), extraits de The creatures in the garden of Lady Walton (Brassland, 2010) Avec Shara Worden du groupe ci-dessous.

My Brightest Diamond : Black & Costaud / To Pluto's moon (p.6-7, 11' 15), extraits de a thousand shark's teeth (Asthmatic Kitty Records, 2008)

Maya Beiser : I was there (p.1, 15' 36), extrait de Provenance (Islandia Music, 2010) Le retour très attendu de Maya...

Nico Muhly : Quiet Music / Pillaging Music (p.4-5, 12' 45), extraits de speaks volumes (Bedroom Community, 2007)

Four Tet : Plastic people / She just likes to fight (p.8-9, 11' 10), extraits de There is love in you (Domino Recordings, 2010)

Autechre : os veix 3 / O = 0 / d-shoqub (p.8 à 10' 16' ), extraits de Oversteps Warp records, 2010)

P.S. Dernière émission avant la reprise début septembre. Je ne vous abandonne pas pour autant...


26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 16:55

Autechre Oversteps   Après l'intermède Quaristice avec ses titres à la brièveté déconcertante ou/et frustrante, Rob Brown et Sean Booth reviennent à des morceaux plus longs (entre trois minutes trente et six minutes trente).

  Et voilà : le chroniqueur atterré relit sa première phrase avec une immense fierté. Il a réussi à ne pas parler de la musique du duo. Il va pourtant falloir s'y frotter...

   La musique semble sortir des limbes : comme une fanfare de synthétiseurs qui se bousculent à la sortie d'un tunnel, c'est "R Ess". Quelques égratignures rythmiques, un beat léger sur des déflagrations erratiques, des échos qui meurent dans de courbes agonies. La planète électronique efface tout repère pour s'emparer de vous. Des chœurs synthétiques ténébreux vous saluent à l'orée de "Ilanders"; des mines explosent, le sol se fracasse, des percussions lourdes défoncent l'air tandis que des mélodies épaisses tournoient dans le vortex des alarmes, somptuosité broyée. "Known(1)" émerge : cithares ou clavecins synthétiques pour une sarabande orientale totalement étrange, beaux étranglements sonores à coups de faux gongs. On marche dans une forêt d'éclats mélodiques, fascinés. "Pt2ph8" poursuit cette espèce d'errance musicale prismatique, en plus paisible, quasi bucolique si le mot pouvait encore avoir un sens dans ce monde minéral qui joue avec délectation des miroirs brisés. Le ralenti s'accentue avec le début  trompeur de "Qplay", tuyaux d'orgue d'une cathédrale aquatique soudain balafrés de percussions froissées. Le morceau jouera du contrepoint entre leurs sonorités épaisses, leurs rythmes irréguliers, et les synthétiseurs lumineux, presque langoureux (un comble, non ?) qui folâtrent dans les espaces vacants.

   Cinq titres, et l'on est déjà si loin, si profond. Très loin des draperies parfois pompeuses des débuts, des méditations mélancoliques. Les deux anglais sont de plus en plus des alchimistes minutieux, qui travaillent sur de très petites unités sonores, agencées en séquences labiles, aux multiples chatoiements. Capables d'ouvrir soudain les vannes d'une antique beauté que l'on croyait perdue : "See on see" ruisselle, déferle, dans un luxe de claviers grandioses, radieux. C'est si simple, la beauté, si évident, surtout enchâssée dans un tel monde... "Treale" reprend la route obscure : rythmes lourds de techno aveugle, foisonnement des arrière-plans, un clavier qui chante sur la poussière sonore. Le paysage s'atomise plus encore avec "Os Veix3", magnifique ballade lointaine à la rythmique minimale éclaboussée de crépitements, d'apparitions déformées. La distinction bruit-musique n'a plus de sens, volatilisée par cette avancée de micro échardes sonores sur un champ de mines surgissantes. Autechre atteint ici une perfection sereine, une forme d'élévation troublante à laquelle on a peine à s'arracher. Le carillon de "O=0" nous paraît alors outrageant de grossièreté, mais il s'émiette, se résorbe en glissades, lorgne vers un orient de pacotille caricaturé par un musicien amateur... "D-Sho Qub" en paraît d'abord la résurgence monstrueusement accentuée, affligée d'un rythme agressif, mais très vite laminée, découpée par d'incisives frappes, des silences et des bouffées intenses de sons texturés superbes : sur la carcasse du dragon s'épanouissent des fleurs explosives, et des entrailles décomposées surgissent des chœurs synthétiques plus étoffés qu'au début de "Ilanders" : envolée majestueuse ponctuée de douces décharges nébuleuses. Pas question pour autant de rester dans ces hauteurs lyriques. "St Epreo" nous ramène fermement sur le chemin du chaos maîtrisé, pavé de rebondissements incessants : la mélodie se faufile loin à l'arrière, tandis que les percussions ou sons percussifs lacèrent le premier plan. Même écartèlement pour "Redfall", à la fois cristallin en fond et froissé en surface, et parcouru par un troisième plan intermédiaire où circulent des sons plus ronds ou comme chiffonnés. "krYlon" renoue avec l'inspiration de "See on see" : veine merveilleuse des claviers qui se chevauchent dans un savant désordre de sonorités étirées, soyeuses, beaume pour le voyageur-auditeur dont les oreilles sont si sollicitées. Ainsi reposé, l'on aborde aux rivages farouches de "Yuop", mélange de splendeur hiératique aérienne et de plongée dans la matière sonore boursoufflée d'éruptions corrosives : et l'on disparaît dans les sables, absorbé, terrassé par la Beauté, l'impitoyable Beauté.

  Je comprends que les deux anglais en concert jouent dans le noir : cette musique sculptée comme un diamant noir peut alors briller de tout son éclat intérieur, d'une incomparable densité. Depuis 1993, date de la parution d'Incunabula, que de chemin parcouru ! Nulle doute que Quaristice, sorti en 2008, n'ait marqué une étape décisive dans le renouvellement de leur musique : ils cherchaient une nouvelle voie...Oversteps. Un disque à écouter en intégralité pour en apprécier la composition soignée. Un chef d'œuvre ? Il me semble... Je suis en train de réécouter "Os Veix3", sublime...Et les titres, de quoi rêver de surcroît, de quoi se détourner de la laideur des manipulations financières qui jouent avec la vie des gens dans l'impunité la plus attristante.

Plus le temps d'aller plus loin ce soir...

16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 13:07

Slow Six Tomorrow becomes you   Private times in public places en 2004 chez If Then Else Records, Nor'Easter  en 2007 chez New Albion Records : deux disques magnifiques du groupe de Brooklyn mené par Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement. Comment ne pas attendre toujours aussi beau, aussi haut ? Tomorrrow Becomes You, sorti voici peu chez Western Vinyl, m'a d'abord laissé sur ma faim. Il fallait lui laisser le temps de se décanter, qu'il développe son atmosphère propre. C'est chose faite. Accomplissement, pour que triomphe la lumineuse douceur des mélodies brumeuses de ce groupe post minimaliste.

   "The Night You Left New York" commence au ralenti, quelques notes piquées sur les cordes, une guitare qui s'étire, des boucles en volutes tranquilles, puis on rentre dans une ronde étourdissante menée par le violon, des particules de lune dans les cheveux. Les percussions s'en mêlent, la guitare s'électrise, flambée post rock, les étoiles se rapprochent dans la déferlante qui semble ne devoir jamais finir (ce qui en exaspèrera quelques uns, ne niez pas !). Vous êtes arrivés, mûrs pour "Cloud Cover", plus de douze minutes en deux parties. La quintessence de Slow Six : trame minimaliste de motifs répétés, un tissage à plusieurs niveaux qui donne l'impression de s'enfoncer dans une constellation radieuse, avec le martèlement du Rhodes, les spirales du violon et de la guitare, les sons électroniques. Le groupe réussit comme d'habitude une synthèse harmonieuse entre trois courants : post minimaliste et post rock, déjà évoqués, mais aussi ambient. La deuxième partie de "Cloud cover" nous transporte en effet au-dessus de la mêlée, dans la raréfaction sensuelle des sons, le lent tournoiement des mélodies qui glissent dans l'éther, diaprées d'échos, alanguies de splendeur. "Because Together We Resonate" reste en altitude, alchimie de sons synthétiques résonants et de violon distant, se rapproche ensuite pour nous envelopper d'intenses boucles lentes - Slow Six, ou l'esthétique de la lenteur, l'auriez-vous oublié ?

   Plus de quatorze minutes pour les deux parties de "Sympathetic Response System" : c'est peut-être la longue intro de ce titre qui m'avait agacé. Je m'étais dit : « Tiens, Slow Six fait du Slow Six, de la saucisse musicale au mètre. » Je devenais méchant en somme, prêt à haïr ce que j'aimais tant, classique quoi. Oublions donc la première partie, car la seconde est si belle, tellement plus légère, émouvante dans sa robe trouée. Et puis la peau frissonne, vous sentez que ça y est, la musique décolle dans ses dentelles de nuées parcourues d'ondes vibrantes et de frappes percussives. Le piano Rhodes amorce "These Rivers Betweeen Us", sorte de gigue allumée qui brûle sur place, menée par le violon auquel se joignent les autres instruments, avant une brusque dépression suivie d'une reprise graduelle et d'un long final nettement post rock, beaucoup plus conventionnel. Deuxième faiblesse de l'album à mon sens, qui explique aussi le passage du groupe chez Western Vinyl ( à moins que ce ne soit l'inverse !). Oublions. Reste un disque souvent superbe : cinq titres sur sept, tout de même...

Pour aller plus loin

- leur site officiel.

- Slow Six sur My Space.

- Slow Six en concert interprète la première partie de "Cloud cover" :

 

 

Programme de l'émission du dimanche 6 juin 2010

Autechre : ilanders / known / seeonsee (pistes 2-3-6, 15' ), extraits de Oversteps (Warp, 2010)

On Fillmore : checking in / Master Moon / Complications (p.1-2-4, 16' ), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Andrew Byrne : Desert Terrain for solo crotales / Desert weather for piano and crotales, glockenspiel (p.3-9, 8' ), extraits de White bone country (New World Records, 2009)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti : Livre IV : Parliament of stones (dédale du bien triste) (Cd2, p.1, 16' 48), extrait de  Kitty Hawk, le sable et le vent (Césaré, 2010)

Élodie Lauten : Orchestral Memory / Con spirito / Moderato (p.8 à 10, 23' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Programme de l'émission du dimanche 13 juin 2010

On Fillmore : Off the path / Extended vacation (p.5 et 6, 14' 30), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Greg Davis : Clouds as edges (p.2, 10' 49), extrait de Somnia (Kranky, 2004) Le retour du label de Chicago sur Inactuelles ?

Graham Fitkin : Relent for solo piano / White for two pianos (p.3-6, 15' 50), extraits de Circuit (Bis records, 2009)

Élodie Lauten : Concerto pour piano & Orchestral Memory : Tempo di habanera / Andante cantabile / Orchestral Memory Exit  + Tango (p.11 à 14, 15' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : steps doxm / towers to keep people in (p.5-6, 12' 20), extraits de the sound between us (Creative Space, 2009)

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 13:55

  Elodie Lauten 1975  Née à Paris en 1950, Élodie Lauten étudie le piano et l'harmonie au Conservatoire dès l'âge de sept ans, compose à partir de douze. Admise à l'Institut d'Études politiques à 18 ans, elle en sort diplômée trois ans plus tard, s'intéresse à la vie musicale en ébullition, devient l'égérie des punks parisiens après un premier séjour à New York où elle a fondé un groupe, les "Flamin youth", qui s'est séparé. Elle forme un nouveau groupe éphémère avec Jacno (voir photo ci-contre), donne quelques concerts avant de repartir pour s'installer définitivement à New York. Là, elle rencontre le poète Allen Ginsberg, chantre de la "Beat generation", qui achète un orgue Farfisa : c'est un choc majeur pour elle, qui lui révèle les possibilités de la musique électronique. Ginsberg l'initie aussi aux religions orientales, notamment le bouddhisme. Les années 80 sont pour Élodie fondamentales : étude de la musique indienne avec LaMonte Young, l'un des "papes" de la musique minimaliste, méditation et composition sous la direction de quelques grands maîtres, et pour couronner le tout, un Master d'Art en Composition électronique à l'Université de New York en 1986. Depuis, elle a poursuivi une carrière de compositrice électrique et prolifique, développant un style très personnel d'improvisation. qui passe avec aisance du modal au polytonal ou à l'atonal, intègre des influences rock et jazz. N'a-t-elle pas le métissage musical dans le sang ? Son père, Errol Parker (un pseudonyme pour ce musicien français né à Oran), est un pianiste, batteur et saxophoniste de jazz...  Généralement étiquetée "minimaliste", elle préfère se dire "microtonaliste". L'envisager comme "post-minimaliste" est assez juste.

  Elodie Lauten piano worksJ'ai déjà chroniqué la réédition d'un de ses étonnants opéras, The Death of Don Juan, et évoqué ses Variations on the Orange Cycle, interprétées par la pianiste Lois Svard. Piano Works Revisited rassemble en deux Cds généreux l'œuvre pour piano d'Élodie composée entre 1983 et 1995. C'est d'une beauté, d'une fraîcheur et d'une inventivité inouïes. Le premier disque s'ouvre avec les "Piano Works", en cinq parties. Motifs répétitifs et improvisation flamboyante pour le piano, accompagné par des séquences de synthétiseur analogique en guise de basse étrange, par des boucles de différents sons ambiants (eau, voitures sous la pluie, flippers...). L'esprit du New York underground transcendé par une compositrice inspirée, en train de ré-enchanter le piano, d'en faire le vecteur des émotions d'aujourd'hui. Le "Concerto for Piano and Orchestral Memory", contemporain de son opéra The Death of Don Juan, occupe les huit plages suivantes. Aux matériaux précédemment évoqués, il faut rajouter un arrière-plan orchestral modifié électroniquement, ce qui donne une pâte sonore dense, en perpétuelle mutation. Des climats très différents se suivent : ambiance débridée, fantomale, un petit côté Nuit Transfigurée à la Schoenberg. C'est confondant de liberté, d'une somptuosité sauvage, ravagée, jubilatoire. Le premier disque se referme avec un très beau tango qu'Élodie chante en français de sa belle voix de mezzo.

  Le disque deux nous permet enfin d'entendre la compositrice interpréter les "Variations On The Orange Cycle" : trente six minutes de bonheur, à mon sens le sommet de la littérature pianistique de ces trente dernières années avec les Inner Cities d'Alvin Curran, les Études de Pascal Dusapin (liste non exhaustive...). Après la lumière viennent les brumes de la curieuse "Sonate modale", piano doublé de compositions électroniques fondues dans la pénombre des harmoniques, le tout enregistré en direct à la Music Gallery de Toronto en 1985 : beau comme un éclair dans une mine d'anthracite !

   On l'aura compris : un disque indispensable, essentiel, magnifique d'un bout à l'autre.

Paru chez Unseen Worlds Records / 2 Cds, plus de deux heures de musique.

Pour aller plus loin

-le finale d'un opéra d'Élodie pour découvrir une autre facette du talent de cette immense artiste d'aujourd'hui : violon électrique sur composition électronique, avec un travail visuel de toute beauté, d'elle également.

 

 

Programme de l'émission du dimanche 16 mai 2010

Sig : Premier mouvement (pistes & à 9, 19' ), extraits de Freespeed sonata (Makasound, 2010)

Olivier Capparos / Lionel Marchetti : Livre II : La Roue et la Flèche  / Les Oiseaux (CD1, p.3 et 4, 25' ), extraits de Kitty Hawk : le sable et le vent (Césaré, 2010)

Moby : mistake / one time we lived (p.6-7, 13' ), extraits de Wait for me - remixes (Little idiot, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : the smallest wooden box / higher spin stage (p.2-4, 14' ), extraits de the sound between us (Creative space, 2009)

Greg Kowalsky : VI et VII (p.4, 13' 24), extraits de Tape chants (Kranky, 2009)

 

Programme de l'émission du dimanche 30 mai 2010

Petit hommage à Sig pour commencer...

Sig : Deuxième mouvement (p.10 à 15, 15' ), extraits de Freespeed sonata (Makasound, 2010)

         Varanasi station / Kali vision (p.1 et 2, 12' ), extraits de Vertigo Bound (Vagabondages / Night and Day, 2002)

High Tone : Home way / Propal / Altered State (p.10-11-15, 15' 30), extraits de Out Back (Jarring Effects, 2010)

Glenn Klotche : Clapping music variations (p.1, 4' 45)

                                       Mobile, part I & II (p.2-3, 8' 20), extraits de Mobile (Nonesuch, 2006)

Elodie Lauten : Concerto pour piano & orchestral memory : Allegro vivace / Andante (Dedicated to the imposssible) (p.6-7, 14' ), extraits de Piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 21:29

    High Tone Out BackDe retour après une cure de silence, trop occupé ailleurs... J'ai beaucoup hésité à chroniquer ce disque.  Effrayé déjà par le jargon des critiques musicales, qui multiplient les étiquettes incompréhensibles. Une véritable novlangue, qui ne fait plus l'effort de traduire : des initiés s'adressent aux initiés, aux branchés. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. » disait ce brave Boileau. Et en français ! Je n'en démords pas.

   De plus, après la première écoute, je me disais qu'on ne le verrait jamais sur ce blog. Je trouvais la musique lourde, envahie par des tics technologiques agaçants. Le premier titre, "Spank", concentrait en fait mes griefs : trop de zébrures, d'échos, l'impression d'être dans une baraque de tir avec une bande d'excités, pouf pouf pouf, je triture le maximum de boutons... Avec le recul et plusieurs écoutes, je ne vais pas crier au chef d'œuvre, certes non, mais ces lyonnais, au fil des titres, parviennent à capter l'attention, à séduire par la grande diversité d'approche du dub, et, curieusement, par un certain humour. La lourdeur de "Dirty Urban Beat" n'est pas dénuée d'une grâce éléphantesque que souligne plaisamment le commentaire final : "this is the most beautiful ugly sound in the world". D'ailleurs, reprocher au dub sa lourdeur n'est-il pas ridicule ? Le dub s'appuie sur la terre, il se dandine tranquillement, indifférent aux moqueries. Il est là pour célébrer le rythme dans son épaisseur. Une fois acceptés ces simples prolégomènes, on peut apprécier cette musique sans complexe, qui charrie des influences très diverses. "Liqor", avec la prestation vocale de l'excellent Oddateee, est, à mi-chemin du reggae et du rap, un morceau bourré d'une belle énergie. "Rub-a-dub Anthem" m'amuse beaucoup, reggae parfait transcendé par les inflexions presque enfantines de Pupa Jim. "Fly to the moon" prend des allures parodiques de dub gentiment braillard, pied de nez à toutes les sauces cosmiques. "Boogie dub Production", d'une folie un peu poussive, ferme la première partie, titrée Dub Axiom, de ce disque à deux faces.

   Je ne cache pas ma préférence pour No Border, huit autres titres qui font preuve d'une belle volonté de renouvellement. Et tant mieux si on oublie les axiomes posés précédemment. "Space rodeo" est un morceau hip-hop mâtiné de pop tout à fait convaincant, rudement mené par le très inspiré Ben Sharpa, avec une très belle fin électrique. "Bastard" prend le temps du rêve, orgue et guitare, glisse dans un climat orageux, tranquillement halluciné, avant une fin très douce, mais oui, vous avez bien lu. Le meilleur se profile avec "Home way", flûte envoûtante surgie d'une lointaine galaxie indienne sur un reggae d'abord aérien, délicat, puis lui aussi incantatoire avec le retour des volutes de la flûte, avant la surprise finale. En voix off, quelques phrases en français, déclamées avec une emphase amusante, ponctuées de coups de cymbales : "J'ai commencé à parler au milieu du silence / J'ai fait en sorte que tous les hommes disposent d'un chemin sur lequel marcher / J'ai ouvert tous les yeux afin qu'ils puissent voir / Mon œil droit est le jour / Mon œil gauche est la nuit / et le Nil prend son élan sous mes sandales." Parodie de discours prophétique qui ne manque pas de sel ! "Propal" s'ouvre sur un vibrato percussif brumeux : nouveaux territoires, décidément, d'autant que les percussions roulantes, les cordes frémissantes, la guitare hawaïenne, une clarinette égarée, dépaysent le dub, et tant mieux. Un nuevo dub, comme on eut un nuevo tango ? Sans doute l'un des plus beaux titres de l'album, de fait inclassable, parfaite musique de film si l'on veut prendre en compte les échantillons de la fin. "Uncontrolable flesh" confirme la mutation génétique du groupe : morceau qui surfe sur les marges du dub, ambiance quasiment lynchienne avec relents de western psychédélique, mixture électrisée et fantômatique, cauchemardesque, peut-être un peu chargé je le concède, mais une belle conclusion. Les oiseaux chantent, de curieux grincements inquiètent, c'est "Ollie Bible" zébré de scratches, à la progression enrayée de hoquets, disques qui tournent à l'envers et sons synthétiques glissants : drôle de titre, agaçant et original à la fois. Le titre suivant, "7th Assault", sera plus consensuel, avec sa rythmique d'acier, son atmosphère étouffante et ses arrière-plans bruitistes, saturés, le tout  se résorbant peu à peu dans une échappée belle assez inattendue : long morceau de plus de sept minutes incanté in extremis par une flûte veloutée et l'insertion d'un court texte dit (dont je n'ai pas identifié l'origine...) : « L'espèce humaine, contrairement à ce que nous avons tendance à croire, est tout à fait au commencement de son histoire. Elle vient seulement de faire, vers l'infini de l'espace, son tout premier pas. La terre est une graine qui commence à germer." Propos que je suis tenté d'appliquer à High Tone, qui termine en beauté son très long album avec "Altered State",  imaginez un dub hanté par un dulcimer, la réconciliation des musiques électro-technologiques et des musiques traditionnelles. Pas si mal, décidément. Et dire que j'ai failli me taire. Voilà ce que c'est, de vraiment les écouter : ils nous emportent, et l'on oublie les scories.

16 titres / Sortie en mai 2010 chez Jarring Effects.

Pour aller plus loin

- leur site officiel, un peu foutraque, en construction, qui rétrécit votre page internet, curieux...

- leur page  officielle MySpace.

13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:46

Sig Freespeed Sonata   J'avais repéré Sig grâce à l'album Vertigo bound sorti en 2002, à mi-chemin entre musique indienne traditionnelle et musiques électroniques. Puis je l'avais perdu de vue. Quelle surprise de le retrouver dans les nouveautés de la radio, au milieu des disques rock, perdu, tout seul, avec son sous-titre effrayant "Sonate classique hip-hop en quatre mouvements opus 32". Quel bonheur dès la première écoute !! Un piano qui chante, lumineux, instrument central d'une sonate, mais oui, et hip-hop, indéniablement, avec les voix de Joy Frempong ou de Nya. Entouré de quelques musiciens talentueux : le saxophoniste Christophe Turki, qui joue notamment avec Erik Truffaz, Marcello Juliani, bassiste du Erik Truffaz Quartet, Christophe Calpini aux percussions. Tous au service d'une composition fluide, rythmée par une trame presque post-minimaliste avec le jeu lancinant des boucles, reprises, échos. L'album décline une grande variété de couleurs, indiquées en français pour chacun des 28 fragments : du "solennel" initial à "automate " pour le final, en passant par "calme et indécis", "éveillé et naïf", "dans la foule", "gai et funky décalé," "poétique et flottant", pour n'en citer que quelques unes. Sig, non content de prouver avec éclat que le piano convient merveilleusement au rap, sort aussi le hip-hop de son image agressive et brutale : si le genre déborde d'énergie intense dans certaines plages, il sait aussi suggérer le rêve, les ombres, comme lors des "Shadows whisper", le délicat, les transparences, la fragilité comme dans le magnifique "Closed eyes". Une fois montés à bord, on se laisse aller, embarqués pour un voyage aux multiples facettes chatoyantes : il y a du Erik Satie dans cet art de la miniature, un Satie qui aurait beaucoup regardé les estampes de l'ukiyo-e, ces images d'un monde flottant, et qui bien sûr serait parfois jazzy. "Cool me out" m'évoque d'ailleurs les excellents Lounge Lizards, c'est dire comme Sig nous promène avec une confondante aisance. Sa sonate est une manière de poème en prose musical qui, "assez souple et assez heurtée", "s'adapte aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience", dirait Baudelaire. Une réussite éclatante qui donne envie d'écouter les autres disques de ce musicien voyageur, pianiste et violoncelliste, auteur de bandes originales de nombreux films de par le monde.

Paru chez Makasound, label indépendant plutôt reggae, en février 2010. 28 titres / une heure environ.

Pour aller plus loin

- Sig sur MySpace

- La page consacrée à Sig sur le site du label Makasound, avec des extraits en écoute.