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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 13:07

Slow Six Tomorrow becomes you   Private times in public places en 2004 chez If Then Else Records, Nor'Easter  en 2007 chez New Albion Records : deux disques magnifiques du groupe de Brooklyn mené par Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement. Comment ne pas attendre toujours aussi beau, aussi haut ? Tomorrrow Becomes You, sorti voici peu chez Western Vinyl, m'a d'abord laissé sur ma faim. Il fallait lui laisser le temps de se décanter, qu'il développe son atmosphère propre. C'est chose faite. Accomplissement, pour que triomphe la lumineuse douceur des mélodies brumeuses de ce groupe post minimaliste.

   "The Night You Left New York" commence au ralenti, quelques notes piquées sur les cordes, une guitare qui s'étire, des boucles en volutes tranquilles, puis on rentre dans une ronde étourdissante menée par le violon, des particules de lune dans les cheveux. Les percussions s'en mêlent, la guitare s'électrise, flambée post rock, les étoiles se rapprochent dans la déferlante qui semble ne devoir jamais finir (ce qui en exaspèrera quelques uns, ne niez pas !). Vous êtes arrivés, mûrs pour "Cloud Cover", plus de douze minutes en deux parties. La quintessence de Slow Six : trame minimaliste de motifs répétés, un tissage à plusieurs niveaux qui donne l'impression de s'enfoncer dans une constellation radieuse, avec le martèlement du Rhodes, les spirales du violon et de la guitare, les sons électroniques. Le groupe réussit comme d'habitude une synthèse harmonieuse entre trois courants : post minimaliste et post rock, déjà évoqués, mais aussi ambient. La deuxième partie de "Cloud cover" nous transporte en effet au-dessus de la mêlée, dans la raréfaction sensuelle des sons, le lent tournoiement des mélodies qui glissent dans l'éther, diaprées d'échos, alanguies de splendeur. "Because Together We Resonate" reste en altitude, alchimie de sons synthétiques résonants et de violon distant, se rapproche ensuite pour nous envelopper d'intenses boucles lentes - Slow Six, ou l'esthétique de la lenteur, l'auriez-vous oublié ?

   Plus de quatorze minutes pour les deux parties de "Sympathetic Response System" : c'est peut-être la longue intro de ce titre qui m'avait agacé. Je m'étais dit : « Tiens, Slow Six fait du Slow Six, de la saucisse musicale au mètre. » Je devenais méchant en somme, prêt à haïr ce que j'aimais tant, classique quoi. Oublions donc la première partie, car la seconde est si belle, tellement plus légère, émouvante dans sa robe trouée. Et puis la peau frissonne, vous sentez que ça y est, la musique décolle dans ses dentelles de nuées parcourues d'ondes vibrantes et de frappes percussives. Le piano Rhodes amorce "These Rivers Betweeen Us", sorte de gigue allumée qui brûle sur place, menée par le violon auquel se joignent les autres instruments, avant une brusque dépression suivie d'une reprise graduelle et d'un long final nettement post rock, beaucoup plus conventionnel. Deuxième faiblesse de l'album à mon sens, qui explique aussi le passage du groupe chez Western Vinyl ( à moins que ce ne soit l'inverse !). Oublions. Reste un disque souvent superbe : cinq titres sur sept, tout de même...

Pour aller plus loin

- leur site officiel.

- Slow Six sur My Space.

- Slow Six en concert interprète la première partie de "Cloud cover" :

 

 

Programme de l'émission du dimanche 6 juin 2010

Autechre : ilanders / known / seeonsee (pistes 2-3-6, 15' ), extraits de Oversteps (Warp, 2010)

On Fillmore : checking in / Master Moon / Complications (p.1-2-4, 16' ), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Andrew Byrne : Desert Terrain for solo crotales / Desert weather for piano and crotales, glockenspiel (p.3-9, 8' ), extraits de White bone country (New World Records, 2009)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti : Livre IV : Parliament of stones (dédale du bien triste) (Cd2, p.1, 16' 48), extrait de  Kitty Hawk, le sable et le vent (Césaré, 2010)

Élodie Lauten : Orchestral Memory / Con spirito / Moderato (p.8 à 10, 23' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Programme de l'émission du dimanche 13 juin 2010

On Fillmore : Off the path / Extended vacation (p.5 et 6, 14' 30), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Greg Davis : Clouds as edges (p.2, 10' 49), extrait de Somnia (Kranky, 2004) Le retour du label de Chicago sur Inactuelles ?

Graham Fitkin : Relent for solo piano / White for two pianos (p.3-6, 15' 50), extraits de Circuit (Bis records, 2009)

Élodie Lauten : Concerto pour piano & Orchestral Memory : Tempo di habanera / Andante cantabile / Orchestral Memory Exit  + Tango (p.11 à 14, 15' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : steps doxm / towers to keep people in (p.5-6, 12' 20), extraits de the sound between us (Creative Space, 2009)

10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 13:55

  Elodie Lauten 1975  Née à Paris en 1950, Élodie Lauten étudie le piano et l'harmonie au Conservatoire dès l'âge de sept ans, compose à partir de douze. Admise à l'Institut d'Études politiques à 18 ans, elle en sort diplômée trois ans plus tard, s'intéresse à la vie musicale en ébullition, devient l'égérie des punks parisiens après un premier séjour à New York où elle a fondé un groupe, les "Flamin youth", qui s'est séparé. Elle forme un nouveau groupe éphémère avec Jacno (voir photo ci-contre), donne quelques concerts avant de repartir pour s'installer définitivement à New York. Là, elle rencontre le poète Allen Ginsberg, chantre de la "Beat generation", qui achète un orgue Farfisa : c'est un choc majeur pour elle, qui lui révèle les possibilités de la musique électronique. Ginsberg l'initie aussi aux religions orientales, notamment le bouddhisme. Les années 80 sont pour Élodie fondamentales : étude de la musique indienne avec LaMonte Young, l'un des "papes" de la musique minimaliste, méditation et composition sous la direction de quelques grands maîtres, et pour couronner le tout, un Master d'Art en Composition électronique à l'Université de New York en 1986. Depuis, elle a poursuivi une carrière de compositrice électrique et prolifique, développant un style très personnel d'improvisation. qui passe avec aisance du modal au polytonal ou à l'atonal, intègre des influences rock et jazz. N'a-t-elle pas le métissage musical dans le sang ? Son père, Errol Parker (un pseudonyme pour ce musicien français né à Oran), est un pianiste, batteur et saxophoniste de jazz...  Généralement étiquetée "minimaliste", elle préfère se dire "microtonaliste". L'envisager comme "post-minimaliste" est assez juste.

  Elodie Lauten piano worksJ'ai déjà chroniqué la réédition d'un de ses étonnants opéras, The Death of Don Juan, et évoqué ses Variations on the Orange Cycle, interprétées par la pianiste Lois Svard. Piano Works Revisited rassemble en deux Cds généreux l'œuvre pour piano d'Élodie composée entre 1983 et 1995. C'est d'une beauté, d'une fraîcheur et d'une inventivité inouïes. Le premier disque s'ouvre avec les "Piano Works", en cinq parties. Motifs répétitifs et improvisation flamboyante pour le piano, accompagné par des séquences de synthétiseur analogique en guise de basse étrange, par des boucles de différents sons ambiants (eau, voitures sous la pluie, flippers...). L'esprit du New York underground transcendé par une compositrice inspirée, en train de ré-enchanter le piano, d'en faire le vecteur des émotions d'aujourd'hui. Le "Concerto for Piano and Orchestral Memory", contemporain de son opéra The Death of Don Juan, occupe les huit plages suivantes. Aux matériaux précédemment évoqués, il faut rajouter un arrière-plan orchestral modifié électroniquement, ce qui donne une pâte sonore dense, en perpétuelle mutation. Des climats très différents se suivent : ambiance débridée, fantomale, un petit côté Nuit Transfigurée à la Schoenberg. C'est confondant de liberté, d'une somptuosité sauvage, ravagée, jubilatoire. Le premier disque se referme avec un très beau tango qu'Élodie chante en français de sa belle voix de mezzo.

  Le disque deux nous permet enfin d'entendre la compositrice interpréter les "Variations On The Orange Cycle" : trente six minutes de bonheur, à mon sens le sommet de la littérature pianistique de ces trente dernières années avec les Inner Cities d'Alvin Curran, les Études de Pascal Dusapin (liste non exhaustive...). Après la lumière viennent les brumes de la curieuse "Sonate modale", piano doublé de compositions électroniques fondues dans la pénombre des harmoniques, le tout enregistré en direct à la Music Gallery de Toronto en 1985 : beau comme un éclair dans une mine d'anthracite !

   On l'aura compris : un disque indispensable, essentiel, magnifique d'un bout à l'autre.

Paru chez Unseen Worlds Records / 2 Cds, plus de deux heures de musique.

Pour aller plus loin

-le finale d'un opéra d'Élodie pour découvrir une autre facette du talent de cette immense artiste d'aujourd'hui : violon électrique sur composition électronique, avec un travail visuel de toute beauté, d'elle également.

 

 

Programme de l'émission du dimanche 16 mai 2010

Sig : Premier mouvement (pistes & à 9, 19' ), extraits de Freespeed sonata (Makasound, 2010)

Olivier Capparos / Lionel Marchetti : Livre II : La Roue et la Flèche  / Les Oiseaux (CD1, p.3 et 4, 25' ), extraits de Kitty Hawk : le sable et le vent (Césaré, 2010)

Moby : mistake / one time we lived (p.6-7, 13' ), extraits de Wait for me - remixes (Little idiot, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : the smallest wooden box / higher spin stage (p.2-4, 14' ), extraits de the sound between us (Creative space, 2009)

Greg Kowalsky : VI et VII (p.4, 13' 24), extraits de Tape chants (Kranky, 2009)

 

Programme de l'émission du dimanche 30 mai 2010

Petit hommage à Sig pour commencer...

Sig : Deuxième mouvement (p.10 à 15, 15' ), extraits de Freespeed sonata (Makasound, 2010)

         Varanasi station / Kali vision (p.1 et 2, 12' ), extraits de Vertigo Bound (Vagabondages / Night and Day, 2002)

High Tone : Home way / Propal / Altered State (p.10-11-15, 15' 30), extraits de Out Back (Jarring Effects, 2010)

Glenn Klotche : Clapping music variations (p.1, 4' 45)

                                       Mobile, part I & II (p.2-3, 8' 20), extraits de Mobile (Nonesuch, 2006)

Elodie Lauten : Concerto pour piano & orchestral memory : Allegro vivace / Andante (Dedicated to the imposssible) (p.6-7, 14' ), extraits de Piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 21:29

    High Tone Out BackDe retour après une cure de silence, trop occupé ailleurs... J'ai beaucoup hésité à chroniquer ce disque.  Effrayé déjà par le jargon des critiques musicales, qui multiplient les étiquettes incompréhensibles. Une véritable novlangue, qui ne fait plus l'effort de traduire : des initiés s'adressent aux initiés, aux branchés. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. » disait ce brave Boileau. Et en français ! Je n'en démords pas.

   De plus, après la première écoute, je me disais qu'on ne le verrait jamais sur ce blog. Je trouvais la musique lourde, envahie par des tics technologiques agaçants. Le premier titre, "Spank", concentrait en fait mes griefs : trop de zébrures, d'échos, l'impression d'être dans une baraque de tir avec une bande d'excités, pouf pouf pouf, je triture le maximum de boutons... Avec le recul et plusieurs écoutes, je ne vais pas crier au chef d'œuvre, certes non, mais ces lyonnais, au fil des titres, parviennent à capter l'attention, à séduire par la grande diversité d'approche du dub, et, curieusement, par un certain humour. La lourdeur de "Dirty Urban Beat" n'est pas dénuée d'une grâce éléphantesque que souligne plaisamment le commentaire final : "this is the most beautiful ugly sound in the world". D'ailleurs, reprocher au dub sa lourdeur n'est-il pas ridicule ? Le dub s'appuie sur la terre, il se dandine tranquillement, indifférent aux moqueries. Il est là pour célébrer le rythme dans son épaisseur. Une fois acceptés ces simples prolégomènes, on peut apprécier cette musique sans complexe, qui charrie des influences très diverses. "Liqor", avec la prestation vocale de l'excellent Oddateee, est, à mi-chemin du reggae et du rap, un morceau bourré d'une belle énergie. "Rub-a-dub Anthem" m'amuse beaucoup, reggae parfait transcendé par les inflexions presque enfantines de Pupa Jim. "Fly to the moon" prend des allures parodiques de dub gentiment braillard, pied de nez à toutes les sauces cosmiques. "Boogie dub Production", d'une folie un peu poussive, ferme la première partie, titrée Dub Axiom, de ce disque à deux faces.

   Je ne cache pas ma préférence pour No Border, huit autres titres qui font preuve d'une belle volonté de renouvellement. Et tant mieux si on oublie les axiomes posés précédemment. "Space rodeo" est un morceau hip-hop mâtiné de pop tout à fait convaincant, rudement mené par le très inspiré Ben Sharpa, avec une très belle fin électrique. "Bastard" prend le temps du rêve, orgue et guitare, glisse dans un climat orageux, tranquillement halluciné, avant une fin très douce, mais oui, vous avez bien lu. Le meilleur se profile avec "Home way", flûte envoûtante surgie d'une lointaine galaxie indienne sur un reggae d'abord aérien, délicat, puis lui aussi incantatoire avec le retour des volutes de la flûte, avant la surprise finale. En voix off, quelques phrases en français, déclamées avec une emphase amusante, ponctuées de coups de cymbales : "J'ai commencé à parler au milieu du silence / J'ai fait en sorte que tous les hommes disposent d'un chemin sur lequel marcher / J'ai ouvert tous les yeux afin qu'ils puissent voir / Mon œil droit est le jour / Mon œil gauche est la nuit / et le Nil prend son élan sous mes sandales." Parodie de discours prophétique qui ne manque pas de sel ! "Propal" s'ouvre sur un vibrato percussif brumeux : nouveaux territoires, décidément, d'autant que les percussions roulantes, les cordes frémissantes, la guitare hawaïenne, une clarinette égarée, dépaysent le dub, et tant mieux. Un nuevo dub, comme on eut un nuevo tango ? Sans doute l'un des plus beaux titres de l'album, de fait inclassable, parfaite musique de film si l'on veut prendre en compte les échantillons de la fin. "Uncontrolable flesh" confirme la mutation génétique du groupe : morceau qui surfe sur les marges du dub, ambiance quasiment lynchienne avec relents de western psychédélique, mixture électrisée et fantômatique, cauchemardesque, peut-être un peu chargé je le concède, mais une belle conclusion. Les oiseaux chantent, de curieux grincements inquiètent, c'est "Ollie Bible" zébré de scratches, à la progression enrayée de hoquets, disques qui tournent à l'envers et sons synthétiques glissants : drôle de titre, agaçant et original à la fois. Le titre suivant, "7th Assault", sera plus consensuel, avec sa rythmique d'acier, son atmosphère étouffante et ses arrière-plans bruitistes, saturés, le tout  se résorbant peu à peu dans une échappée belle assez inattendue : long morceau de plus de sept minutes incanté in extremis par une flûte veloutée et l'insertion d'un court texte dit (dont je n'ai pas identifié l'origine...) : « L'espèce humaine, contrairement à ce que nous avons tendance à croire, est tout à fait au commencement de son histoire. Elle vient seulement de faire, vers l'infini de l'espace, son tout premier pas. La terre est une graine qui commence à germer." Propos que je suis tenté d'appliquer à High Tone, qui termine en beauté son très long album avec "Altered State",  imaginez un dub hanté par un dulcimer, la réconciliation des musiques électro-technologiques et des musiques traditionnelles. Pas si mal, décidément. Et dire que j'ai failli me taire. Voilà ce que c'est, de vraiment les écouter : ils nous emportent, et l'on oublie les scories.

16 titres / Sortie en mai 2010 chez Jarring Effects.

Pour aller plus loin

- leur site officiel, un peu foutraque, en construction, qui rétrécit votre page internet, curieux...

- leur page  officielle MySpace.

13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 19:46

Sig Freespeed Sonata   J'avais repéré Sig grâce à l'album Vertigo bound sorti en 2002, à mi-chemin entre musique indienne traditionnelle et musiques électroniques. Puis je l'avais perdu de vue. Quelle surprise de le retrouver dans les nouveautés de la radio, au milieu des disques rock, perdu, tout seul, avec son sous-titre effrayant "Sonate classique hip-hop en quatre mouvements opus 32". Quel bonheur dès la première écoute !! Un piano qui chante, lumineux, instrument central d'une sonate, mais oui, et hip-hop, indéniablement, avec les voix de Joy Frempong ou de Nya. Entouré de quelques musiciens talentueux : le saxophoniste Christophe Turki, qui joue notamment avec Erik Truffaz, Marcello Juliani, bassiste du Erik Truffaz Quartet, Christophe Calpini aux percussions. Tous au service d'une composition fluide, rythmée par une trame presque post-minimaliste avec le jeu lancinant des boucles, reprises, échos. L'album décline une grande variété de couleurs, indiquées en français pour chacun des 28 fragments : du "solennel" initial à "automate " pour le final, en passant par "calme et indécis", "éveillé et naïf", "dans la foule", "gai et funky décalé," "poétique et flottant", pour n'en citer que quelques unes. Sig, non content de prouver avec éclat que le piano convient merveilleusement au rap, sort aussi le hip-hop de son image agressive et brutale : si le genre déborde d'énergie intense dans certaines plages, il sait aussi suggérer le rêve, les ombres, comme lors des "Shadows whisper", le délicat, les transparences, la fragilité comme dans le magnifique "Closed eyes". Une fois montés à bord, on se laisse aller, embarqués pour un voyage aux multiples facettes chatoyantes : il y a du Erik Satie dans cet art de la miniature, un Satie qui aurait beaucoup regardé les estampes de l'ukiyo-e, ces images d'un monde flottant, et qui bien sûr serait parfois jazzy. "Cool me out" m'évoque d'ailleurs les excellents Lounge Lizards, c'est dire comme Sig nous promène avec une confondante aisance. Sa sonate est une manière de poème en prose musical qui, "assez souple et assez heurtée", "s'adapte aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience", dirait Baudelaire. Une réussite éclatante qui donne envie d'écouter les autres disques de ce musicien voyageur, pianiste et violoncelliste, auteur de bandes originales de nombreux films de par le monde.

Paru chez Makasound, label indépendant plutôt reggae, en février 2010. 28 titres / une heure environ.

Pour aller plus loin

- Sig sur MySpace

- La page consacrée à Sig sur le site du label Makasound, avec des extraits en écoute.

4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 15:00

Graham Fitkin Circuit  Graham Fitkin est revenu à son instrument de prédilection, le piano, comme j'en formulais le vœu à la fin d'un article de septembre 2007 consacré à sa deuxième incursion du côté des lutheries électroniques et des claviers électriques. En France, il est difficile de suivre la carrière de ce compositeur anglais pourtant assez prolifique, mais systématiquement absent des programmations. Né en 1963, il se rattache au post minimalisme bien qu'il soit plus juste de le qualifier de "constructiviste" ou de "structuraliste". Il adore en effet jouer avec des structures complexes pour en tirer des compositions à la fois virtuoses et extatiques. "Circuit", pièce pour deux pianos et orchestre, qui ouvre l'album,  télescope la forme tripartite traditionnelle d'un concerto, un peu comme le ferait un circuit électrique, l'analogie insistant sur la circulation d'énergies qui en résulte. Le début est très reichien avec son ostinato martelé au piano, mais très vite on retrouve la manière Fitkin, ce goût des décrochages, cette façon de bousculer les lignes, de jouer des contrastes et des couleurs. Les percussions se déchainent, l'orchestre dentelle l'arrière-plan, tandis que les pianos caracolent. Puis la vague sonore s'affaisse brutalement, commence un dialogue élégiaque entre les solistes et l'orchestre. Des blocs de notes se développent, s'enrichissent, la tension remonte, l'orchestre gronde, les pianos pulsent, l'énergie fuse entre les grappes, dans les fulgurances. Tout se tait soudain, les pianos se répondent dans une atmosphère recueillie, on imagine des sources pures entre les rocs, l'orchestre se fait diaphane. Miracle, mystère, captage des forces. La composition s'allège, pétule, repart à l'assaut, s'évanouit à nouveau pour recueillir la beauté d'entre les lignes, la grâce des interstices. La baisse de tension caresse les harmonies pour les déployer au vent échevelé de reprises fulgurantes. Les pianos escaladent le ciel. Tout cela serait emphatique et lourd si Graham ne fissurait pas ces masses en ébullition par des décharges salutaires. Seule concession à l'écriture académique, un finale puissant, cuivré, heureusement assez ramassé pour ne pas être amphigourique. Il faudrait considérer la musique de Fitkin comme une sculpture de César, sous l'angle d'un art de la compression dirigée qui recycle et dépayse des matériaux. En ce sens, de même que César se rapproche des Nouveaux Réalistes, Fitkin est un nouveau classique qui se sert de la rigueur structurale pour sculpter un hymne à l'énergie.

   La suite du disque est consacrée à quatre pièces pour piano solo et trois autres pour deux pianos. On y trouve le sublime "T1" pour deux pianos : la reprise lancinante d'une phrase ascendante, interrrogation illuminée par les silences et les résonances, dans une écriture qui rejoint les "Inner Cities" d'Alvin Curran. Et dire que j'accusais Graham de flirter avec la mièvrerie dans ses escapades harpiques... Balayés mes griefs !! Le revoici au mieux de son talent, ce que confirme toute la suite. "Relent" pour piano solo est une longue ligne dédoublée, puissamment dynamique, à la fois d'une grande rigueur et d'une belle allure semi improvisée, qui ne souffle guère qu'à mi-parcours pour rebondir dans la joie étincelante. "Carnal", pour piano solo encore, déploie une chevauchée tumultueuse, heurtée, dans une écriture d'une grande densité dramatique, avant de s'effondrer dans le calme. On oublie tout pour écouter un chant très simple et lent, mais la course reprend, effrénée, avant d'être soumise à nouveau à la loi des contraires, dêtre rabattue presque sauvagement sur le silence. Rien de spectaculaire avec la miniature suivante, une des premières pièces reconnues par le compositeur, "From Yellow to Yellow", d'une beauté simple et lumineuse, si loin des tensions qui traversent toute son œuvre ultérieure. Tensions qui travaillent le syncopé "White" pour deux pianos, qui prend parfois l'allure d'un ragtime, l'obsessionnel "Furniture" où le piano se fait mécanique déréglée. Fin tranchante avec "T2" pour deux pianos, écho sans orchestre de "Circuit": tandis qu'un des pianos se fait percussif, l'autre bondit, emporté par une virtuosité ivre d'elle-même, à peine tempérée de brefs ralentis, qui vient se fracasser une fois encore sur le silence. Tumultueux comme la vie, ce disque. Une gangue nerveuse avec un cœur secret de discrètes merveilles.

8 titres / environ 69 minutes / paru chez Bis Records en décembre 2009.

Pour aller plus loin

- le site officiel du compositeur : très beau portail et des extraits à écouter.

- un de mes articles sur la période Argo, label de Decca aujourd'hui disparu, consacré notamment aux musiques anglo-saxonnes issues du minimalisme.

- la page du label Bis consacrée au disque de Graham, avec en écoute à peu près la moitié de chacun des titres.

Programme de l'émission du dimanche 2 mai 2010

Graham Fitkin : Circuit (piste 1, 19' 48), extrait de Circuit (Bis records, 2009)

Christopher Roberts : Remote stories / The Channel (p.1-2, 13' 30), extraits de Last cicada singing (Cold Blue Music, 2009)

Zachary James Watkins : Country western, extrait (p.7, 10' 08!, extrait de la compilation The harmonic series (voir article précédent)

Slow Six Sympathetic response system, part 1 & 2 (p.5-6, 14' 40), extraits de Tomorrow Becomes You (Western Vinyl, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : Close to you (p.1, 6' 26), extrait de the sound between us (Creative space, 2009)

Publié par Dionys - dans Graham Fitkin
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 17:08

The harmonic series Duane Pitre   Duane Pitre n'est pas un inconnu sur ce blog (voir article notamment). Ce compositeur et instrumentiste qui circule entre New-York et San Diego est l'un des artistes majeurs des nouvelles musiques. Travaillant sur les sons longs, les drones, la microtonalité, il écrit des œuvres qui combinent avec bonheur l'instrumentation acoustique et les sons électroniques. Il a travaillé deux ans sur cette compilation de pièces écrites selon l'intonation juste (je vous renvoie à ma présentation de cette notion), disque paru en novembre 2009 sur le label Important Records. Huit titres, huit compositeurs. On y retrouve sans surprise un extrait du splendide Revelation de Michael Harrison, ce proche de La Monte Young qui fait sonner son piano comme personne. Duane Pitre donne un solo semi-improvisé de ukeliukelinn, instrument à cordes de la famille des cithares, sans frette. "Comprovisation for Justly Tunes ukelin n°1", inspiré au départ par le koto japonais, est une merveille de délicatesse qui joue de la transparence des résonances. Musique limpide de méditation, de joie pure. Le disque s'ouvre avec "Blue Tunnel Fields" d'Ellen Fullman & Theresa Wong. La première est cette étonnante compositrice, née en 1957, conceptrice d'un instrument incroyable, à cordes longues, le "long string instrument", dont les cordes doivent atteindre entre 16  et 60 mètres et être jouées par des mains enduites de résine. Son instrument est depuis le début accordé en intonation juste, dont elle est une pionnière. Le morceau joue sur une succession de sons glissés, étirés, qui créent un continuum ondulatoire fascinant. L'auditeur se sent enveloppé de boucles sonores insinuantes, en perpétuelle métamorphose. J'imagine qu'en concert l'impression doit être extraordinaire, un véritable massage vibratoire. La compilation m'a permis de découvrir James Tenney (1934-2006) compositeur qui fut l'un des interprètes du légendaire "Pendulum Music" (1969) de Steve Reich. Le deuxième titre, "Star Primes" lui est en effet dédié par Greg Davis, artiste de Chicago qui a déjà quelques cds à son actif depuis 2001et qui travaille à la fois avec l'ordinateur portable et des instruments acoustiques. Ses recherches récentes portent sur les drones, ces sons tenus parfois en clusters denses, et sur les très basses fréquences. Ici, ces dernières, synthétiques, sont agitées de microvibrations, pulsent lentement grâce à l'utilisation de systèmes de retardement et d'écho. R. Keenan Lawler utilise une sorte de guitare préparée, guitare résonante à archet pour un extrait de "Bow Shock", longs drones scintillants comme produits par des corps à grande vitesse dans la stratosphère. Retour d'un instrument apparemment plus conventionnel avec l'accordéon de Pauline Oliveros, compositrice qui a théorisé le "deep listening", notion qui distingue l'entendu de l'écouté. Artiste du courant minimaliste et des musiques électroniques, elle joue de son accordéon accordé en intonation juste comme une déesse. L'instrument est transfiguré, éblouissant, si bien que cet extrait de "Beauty of Sorrow" est l'un des sommets du disque. La compilation se termine avec deux titres très différents.  Zachary James Watkins propose une pièce quasi orchestrale, "Country Western" pour un ensemble composé de koto, guitare préparée, violon, clarinette, saxophone, trombone, percussion, tous les instruments en intonation juste, bien sûr, voix et poème, programmation : musique extatique, en lévitation majestueuse. Puis "Stanzas set Before a Blank Surface" de Charles Curtis, nappes d'aigus à l'unisson parsemées de trous noirs, difficile, vraiment expérimental.

  En somme, une compilation indispensable pour aborder les expérimentations musicales d'aujourd'hui et, dernier titre excepté, des œuvres d'une belle tenue, très souvent superbes, qui donnent un sentiment de grande plénitude.

Pour aller plus loin

- le site officiel de Duane Pitre.

- la page d'Important Records consacrée au disque, avec des MP3s.

- Duane Pitre sur MySpace.

- le site officiel d'Ellen Fulman.

- une video en public :  20 mars 2009 — Extrait de 22-piece ensemble performance of Pitre's 'ED09' composition at NYC' Roulette performance space.


27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 17:03

The Album Leaf A Chorus of StorytellersMeph. - Tu tiens vraiment à parler d'eux ?

Dio. - Pourquoi non ? Que leur reproches-tu ?

Meph. - L'ensemble n'est pas trépidant, c'est lent, on s'endort bercé par une cornemuse à fleurs. Un disque pour boy scouts ou bergers ramollis.

Dio. - Toujours à jouer les durs, hein ? Moi, je trouve que Jimmy LaValle, après un bien joli album Into the Blue again sorti en 2006, , nous offre avec ses compères une balade reposante, sans prétention...

Meph. - ...Et sans surprise. L'électro moins l'électricité, ça donne une musique qui ne cesse de s'étirer à la recherche d'une vaine inspiration. On a envie de bailler avec eux.

Dio. - Tu es injuste. A Chorus of Storytellers, paru chez Sub pop Records, ce sont claviers mélodieux, rythmiques détendues, guitares lumineuses. Des titres gentiment post-rock, un tantinet ambient. Pour qui cherche la douceur, voilà une musique moelleuse, qui n'a pas peur d'être bucolique, rêveuse. Écoute "Summer Fog", nappe électronique et violons en apesanteur, un andante pour aujourd'hui...

Meph. - ...qui pèse des tonnes, j'en suis tout ankylosé. En apesanteur, tu parles, nous sommes aux antipodes de la légèreté. "Until the last", j'attends toujours que ça décolle, parce que pour ce qui est de piétiner dans la gazon spongieux de la section de cordes, mâtinée d'un brin de cuivres, je me sens tout visqueux, liquoreux. Et ne me parle pas de lyrisme, sinon je t'ensoufre !

Dio. - Je n'insisterai donc pas, d'autant que Jimmy n'est pas une voix impérissable.

Meph. - C'est toi qui l'as dit...

Dio. - J'aime toutefois sa diction détachée, à distance, une assez belle nonchalance

Reverse Engineering Highly Complex Machinery   Passons au deuxième album du trio suisse Reverse Engineeering, Highly Complex machinery, sorti en début d'année chez Jarring Effects. Cela te convient mieux ?

Meph. - L'énergie est là, tu ne diras pas le contraire ?

Dio. - J'avais déjà évoqué leur premier disque, Duck & Cover, sorti en 2006 sur le même label. C'était impressionnant, glacial, massif.

Meph. - Oui. Un groupe marquant de la scène électronique, qui allie cette fois la puissance des musiques industrielles à la fantaisie hip-hop. Avec toujours quelques titres instrumentaux plus abstraits, comme on dit.

Dio. - L'entrée dans une nouvelle ère, celle d'un lyrisme implacable, dès le premier titre éponyme. Voix désincarnées, rythmes démultipliés en rafales de claviers, plus aucun instrument reconnaissable. D'où peut-être le recours au rap, manière d'humaniser une musique qui pourrait sembler trop machinique...

Meph. - Discutable, le rap transforme le flot verbal en mitrailleuse, en machine percussive. Chaque mot est une balle, une unité jaillissante, bondissante. Le langage se métallise pour mieux se fondre dans le beat.

Dio. - Que penses-tu des intervenants ?

Meph. - M. Sayyid, du duo de hip-hop électro new-yorkais Airborn Audio, présent sur deux titres en solo, assure comme un dieu...

Dio. - Comme tu y vas, ça m'étonne de toi, tu dérailles !

Meph. - Tu n'as rien compris ! Comme un dieu, trop bien fait, trop beau. Il manque un grain de méchanceté.

Dio. - Tant mieux. Tu as entendu la fin de "Six clicks", superbe d'abstraction et de plus en plus envahi par une atmosphère de conte de fée, avec des voix féériques, sensuelles. C'est nouveau, ça, chez eux...

Meph. - On ne peut pas se passer des femmes. Jasmine sur "Instant Art" fait son enjôleuse au cœur des rythmes graves, des scratches. Et puis il y a Diyala sur l'étonnant "World in reverse", velouté et envoutânt comme le meilleur de DJ Shadow. Titre inspiré, halluciné, là tu pourrais dégainer ton lyrisme, celui qui brûle, emporte.

Dio. - Je dégaine. "Socially acceptable", qui suit, est aussi une très belle réussite inhumaine. "Harmosaurus", le titre 10, évoque un monstre post-apocalyptique dans une sorte de préhistoire à l'envers.

Meph. - On se rejoint. Assez d'humanité. L'homme n'est qu'une transition. Blu Rum 13, l'autre rappeur, qui apparaît une fois en solo et une autre en duo sur le dernier titre avec M Sayyid, me plaît davantage avec sa voix aigre, acide, une voix à décaper toute sentimentalité.

Dio. - Ne sois pas injuste avec M. Sayyid. Le duo final, "Future Schock", est acéré à souhait, ponctué de lourdes percussions syncopées. Grand...

Meph. - Encore un effort, et on sera au niveau d'Harmonic 313...

Dio. - Beau compliment dans ta bouche !

Pour aller plus loin

- le site officiel de The Album Leaf, pour se rendre compte que Meph est bien sévère... au fait, la cornemuse n'est peut-être pas imaginaire, on croit l'entendre (sons synthétiques, violons languissants ?)  sur le second titre, "Blank pages", le plus simplement lyrique, si j'ose encore le dire.

- The Album Leaf sur MySpace

- Reverse Engineering sur MySpace

Une fausse video du deuxième titre de l'album de The Album Leaf :

 

 

Programme de l'émission du dimanche 25 avril 2010

Reverse Engineering : Highly complex machinery / Instant Art / Future schock (pistes 1-3-12, 12' ), extraits de Highly complex machinery (Jarring Effects, 2010)

Bettina Koester : Helker Shelter / Regina / Holy water (p.1-6-7, 10' 30), extraits de Queen of noise (Asinella records, 2010)

The Album Leaf : Falling from the sun / until the last / Tied knots (p.5-8-10, 13' 30), extraits de A Chorus of Storytellers (Sub pop Records, 2010)

Olivier Capparos / Lionel Marchetti : incipit / Livre I : Dayton, Ohio, 1878 (Cd 1, p.1 et 2, 20' ), extraits de Kitty Hawk, le sable et le vent (Césaré, 2010)

Christopher Hobbs : Sudoku 82, pièce unique du mini album éponyme (Cold Blue Music, 2009)

Programme de l'émission du dimanche 28 mars 2010

Slow Six : the night you left New York / Cloud cover part 1 & 2 (pistes 1 à 3, 21' 30), extraits de Tomorrow Becomes You ( Western Vinyl, 2010)

Élodie Lauten : Pino works 1 à 5 (p. 1 à 5, 24' ), extraits de Piano Works revisited (Unseen Worlds records, 2010)

Pauline Oliveros : The beauty of sorrow, extrait (p.5, 9' 46)

Zachary James Watkins : Country western, extrait (p.7, 10' 08), deux extraits de la compilation The Harmonic Series, A compilation from Musical works in Just Intonation, rassemblée par Duane Pitre (Important Records, 2009)

Louisville : Soir / Forest (p.5-6, 10' 30), extraits de a silent effort in the night (Debruit&desilence, 2009)

7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 07:48

    Les voilà enfin ! Je sacrifie une fois encore sur l'autel de l'Actualité, ce dieu vorace et tentaculaire, non sans un retard significatif, veuillez le remarquer. J'aime prendre de la distance, du recul, que voulez-vous. Cette année, si je garde le "classement", je l'éclate en "blocs" pour mieux refléter les grandes orientations de ce blog éclectique. Faut-il à nouveau préciser qu'un tel rangement est indicatif, que ce classement est partiel ? Il obéit plus à un objectif de commodité, de lisibilité qu'à une quelconque prétention à devenir l'arbitre du bon goût. Il s'inscrit bien sûr dans la volonté de mettre en lumière des compositeurs et des musiques que les médias et l'actualité ignorent parfois injustement. Des artistes connus y figurent toutefois.

   La plupart des noms renvoient à des articles. Mais rien sur Sonic Youth, par exemple...: ils sont là, c'est tout. À quoi bon renchérir sur les articles qui les concernent ? Évidemment que je les aime, c'est l'un des rares groupes de rock présent dans ce classement, parce que parmi les rares à ne pas être lourds et fatigués...(et un pavé dans la mare, un !).

  Disques année 2009 bloc 1

1/Spyweirdos                    Ten Letters                                        Creative Space

Ingram Marshall                 September Canons                          New World Records

David Lang                        The little match girl passion              Harmonia Mundi usa

Bruce Brubaker                  time curve                                                      Arabesque Recordings

Disques année 2009 bloc 2

2/Sonic Youth                   The Eternal                                       Matador Records

Pierre-Yves Macé              Passagenweg                                   Brocoli

Morton Feldman                Patterns in a Chromatic Field          æon

Antye Greie (Agf)              Einzelkämpfer                                  Agf Producktion

Disques année 2009 bloc 3

3/Andrew Byrne               White Bone Country                                  New World Records   

Julia Wolfe                        Dark Full Ride                                 Cantaloupe Records

Harmonic 313                  When Machines exceed

                                                           human Intelligence                     Warp Records   

John Luther Adams          The place we began                         Cold Blue Music

Disques année 2009 bloc 4

4/Louisville                       a silent effort in the night                        debruit&desilence

Aufgang                           (sans titre)                                         InFiné

Port-royal                         dying in time                                      debruit&desilence

Pantha du Prince             Black Noise                                       Rough trade

Disques année 2009 bloc 5

5/Nancy Elisabeth           Wrought Iron                                    The Leaf Label

Danton EEprom               Yes is more                                       InFiné

Doctor Flake                    Minder surprises                                       New Deal / Differ-ant

Jon Balke                                       Siwan                                               ECM

Disques année 2009 bloc 6

6/ Ballaké Sissoko /

      Vincent Segal               Chamber Music                                 No Format

7/ del cielo                          Sous les cendres                               Idwet

8/ Dälek                                               Gutter Tactics                                                Ipecac recordings

9/ Fink                                 Sort of Revolution                             Ninja Tune

11/ The Unthanks               Here's the tender coming                  The Leaf Label

12/ Zahia                            (sans titre)                                         (autoproduit)

13/ DM Stith                        Heavy ghost                                     Asthmatic Kitty Records

Disques année 2009 bloc 7

Publié par Dionys - dans Classements
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