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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 22:13
flight from samarkand                                                                                                        Peu de temps en ce moment à vous consacrer, chercheurs de musiques singulières...J'ai trouvé, en guise d'intermède, d'interlude, cette petite vidéo avec des marionnettes sur une musique de Vizier of Damascus : lotte reinger studios vizier of damascus rework for HELMI SALIM STUDIO YEMEN.  Bon voyage !
20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 18:47
   Le récemment défunt label grec Poeta negra n'a pas fini de livrer ses trésors. Keene, un trio composé de Kostas Giazlas, Haris Martis et Dimitris Mitsopoulos, renforcé parfois du violoncelliste Evi Kazantzi,  au départ un projet audio-visuel, propose une musique alliant sons acoustiques et textures électroniques pour créer des ambiances denses, volontiers incantatoires, répétitives parfois. "Patch", le premier titre, juxtapose notes obsédantes de guitare et appels troubles de claviers, échantillons sonores de bruits divers. "Stroked trees" commence par une belle intro très mystérieuse au piano et aux claviers, puis surviennent guitare et cordes en vagues épaisses, peut-être un trombone en fond, le morceau avance dans la forêt inconnue, rythmé par une pulsation profonde, tranquille, qui ignore les accidents sonores surgis de tous les coins de l'espace. Musique architecturale, en réfractions multiples, comme, sur la couverture de l'album, cette structure du Prada Epicentre Store de Tokyo, conçu par le bureau d'architecture suisse Herzog & De Meuron. Ouverture en apesanteur pour "The River", le titre 3, avant une rupture inattendue, l'entrée en force d'une guitare électrique en boucle courte, du violoncelle plaintif sur bruits de pas qui résonnent lourdement, courant puissant et lent qui charrie tout jusqu'à ce que le violoncelle demeure presque seul en scène, que tout reparte plus puissamment encore tandis que l'arrière-plan se charge d'alluvions bruitistes, avant un duo inégal entre le violoncelle très en avant et la guitare peu bavarde accompagnée d'une clochette lointaine, coda mélancolique avant "Here", morceau pointilliste tout en perspectives lointaines, lui-même sorte d'interlude pour "Weir of fog", collage subtil de piano léger, appels étranges de claviers-cors, grappes de notes de cordes, entrecoupé de micro-silences. La musique de Keene tient du cristal, prismatique, tout en surgissements, en métamorphoses permanentes. "Door on glass", le titre 6, est magistral, inoubliable : dialogue en boucle obsessionnelle entre le piano et la guitare, ponctué de poussées de claviers. On est enfermé dans le labyrinthe, la structure s'opacifie, la tension monte, reflue, rendue sensible par la disparition progressive du piano, englouti sous d'autres boucles d'une sorte de glockenspiel synthétique. La musique devient hantée avec "Cave of error", peuplé de voix fantômales, de chuintements et de rumeurs, le violoncelle déploie un lamento lamentable, un rituel de sorcellerie se tient là-bas, dans les tréfonds. Nous voici devant la clôture, "The Fence", adagio majestueux en canon à la Arvo Pärt (encore lui, source d'inspiration très fréquente...), cordes élégiaques ad libitum, quels trains partiront pour quels ailleurs... Un des excellents albums de ce label consacré aux musiques électroniques-expérimentales.
Label : Poeta Negra, 2007 / 8 titres, environ 45 minutes
1   Patch (3:12)
2   Stroked Trees (8:37)
3   The River (9:12)
4   Here (1:34)
5   Door On Glass (5:14)
6   Weir Of Fog (7:59)
7   Cave Of Error (4:08)
8   The Fence (6:07)
Pour aller plus loin
- trois morceaux disponibles ici.(les 1, 2 et 6)
- pour acheter le disque ici.
Programme de l'émission du dimanche 14 juin 2009
Sonic Youth : Sacred Trickster / Anti-orgasm (pistes 1 et 2, 8' 20), extraits de The eternal (Matador Records, 2009)
Michael Rother : Feuerland (cd2, p.7, 7' 20)
Rune Lindblad : Till Zakynthos (cd2, p.10, 13' 39), extraits de an anthology of noise & electronic music, vol.3 (Sub Rosa, 2005)
An on Bast : Foible / used to S / the purpose of sleep (p.2-6-7, 13' 30), extraits de Words are dead (Rednectic Recordings, 2007 ?)
Vizier of Damascus : Lectures / Secretive modesty living on top of the London rainbow / Lament halves (p.1-2-4, 9' 30 ), extraits de Badshahi (Rednetic recordings, ?)
John Balke : Giada / scintilla / Spread / Castello / Resilience (p.1 à 5, 16' ), extraits de Book of velocities (ECM, 2007)
16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 21:33
   Non, je ne vous abandonne pas, c'est le temps qui me fait défaut depuis quelques jours. La matière ne manque pourtant pas, soyez rassurés. Je ratisse les ondes, le net surtout, vaste prairie fleurie de petites maisons de disques attachantes, qui méritent bien mieux que la petite niche où l'incuriosité, le conformisme...et le mercantilisme ravageur tendent à les confiner. Après avoir débusqué Debruit&desilence, ce très beau label parisien, je braque mon puissant projecteur sur Rednetic recordings, label anglais consacré aux musiques électroniques. C'est en suivant la piste d'An on Bast, artiste de la scène électro polonaise, que j'ai trouvé son asile actuel et que j'ai ainsi pu me procurer son deuxième disque, Words are dead, un sept titres dans la lignée de Welcome scissors : électro délicate, tout en textures fines, avec des flambées lyriques inspirées de musiciens comme Mozart, Liszt ou Arvo Pärt. Elle invoque également l'influence d'Autechre..."sth important", le quatrième titre, est sans doute le sommet : claviers en boucles lancinantes, beats démultipiés, texte dit fragmenté et traité comme la pâte feuilletée musicale. Du très beau travail, décidément une artiste à l'univers très personnel.
   Sur le même label, après quelques écoutes, j'ai aussi déniché
Arfan Ezra Munir Rai, alias Vizier of Damascus, un anglais dont les racines familiales sont en Arabie, vers Samarcande, bref dans un Orient peut-être en partie fantasmé -comme on peut le voir sur son site Myspace. "Badshahi", un neuf titres, est un disque prenant inspiré par ses voyages de la Lybie à l'Ouzbékistan. Morceaux emprunts d'une poignante mélancolie, avec "Lament halves", lui aussi très inspiré par l'estonien Arvo Pärt, un canon magnifique piqueté de beats et de scratches ; paysages sonores apaisés, baignés de lumière diffuse dans l'hypnose des soirs interminables, comme sur le titre éponyme hanté par un hypothétique muezzin. L'impression que le temps s'est arrêté, soudain, immémorial à jamais, déconnecté de toutes les folies humaines. Il y a du mystique chez ce voyageur en quête d'origines, sculpteur attentif d'espaces sonores denses déchirés par des percussions erratiques.
Pour aller plus loin
- le site de Rednetic recordings, sur lequel vous trouverez des extraits à écouter.
- la page Myspace de An on Bast : je vous recommande particulièrement "cyesmolik".
- la page Myspace de Vizier of Damascus, très belle.
- une vidéo sur "Foible", deuxième titre de Words are dead. Vous pourrez la voir en direct sur la vidéo associée suivante, sur le titre 5, "moonsiso".

Programme de l'émission du dimanche 7 juin 2009
Fink : Move on me / Six weeks / Nothing is ever finished (pistes 2 à 4, 11' ), extraits de Sort of Revolution (Ninja Tune, 2009)
Doctor Flake : Comedy / Loveless / Fin (p.10 à 12, 8' 10), extraits de Minder surprises New deal / Differ-ant, 2009)
Louisville : the only thing to come now in the sea / Soir / Forest (p.4 à 6, 16' ), extraits de a silent effort in the night (debruit&desilence, 2009)
Keene The River / Here / Weir of fog (p.3 à 5, 16' ), extraits de The River and the fence (Poeta Negra, 2007)
9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:23

Paris at night

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.

 

Pour toi mon amour

 Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j'ai acheté des fleurs
Pour toi
Mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j'ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi
Mon amour
Et je suis allé au marché aux esclaves
Et je t'ai cherchée
Mais je ne t'ai pas trouvée
Mon amour


   Doctor Flake, pour son troisième album Minder surprises, a choisi de nous raconter un conte. Dans un coin, alors que les musiciens parlent des instruments qu'ils jouent, n'écoutent même pas la musique, un homme se tait. L'un des musiciens finit par lui demander de quel instrument il joue, lui qui se tait. Sa réponse, c'est le disque tout entier, qui s'ouvre sur un phrasé obsédant de clavier et.. .sur deux poèmes presque enchaînés de Jacques Prévert (reproduits ci-dessus), extraits du recueil Paroles publié en 1945. Quel rapport me direz-vous ? Quels rapports plutôt. Rapport à la langue française, déjà, qui regagne sa place dans la musique électro, laquelle se marie admirablement à la poésie, l'auriez-vous oublié ? Rapport à une esthétique du collage, ensuite, dont le chirursicien - non, ce n'est pas une coquine de coquille, vous comprendrez bientôt si vous ne faites pas partie du clan des Flakiens, est un expert patenté. Après l'introduction, "Amours obscurs" nous introduit dans un univers mélancolique et doux, ritournelle pour clavier, guitare et percussions ponctuée de soupirs féminins. "A last dance with Leon" est une danse obsédante pour pantin désarticulé. Et c'est le magnifique "Fightclubbing", boucles de piano, paroles chuchotées et déformées de Vale Poher, guitares grondantes qui strient l'arrière-plan, l'incendie sensuel de la voix enfin nue, atmosphère lourde, on voudrait toucher le ciel...des pas se rapprochent, puis s'éloignent... La suite alterne morceaux franchement hip-hop, comme les excellents "Let us play with your brain" et "Hip hop tourist", ou résolument électro-atmosphériques comme l'ensorcelant "Sweep Out", le brumeux "Comedy", le délicat "Eclaircie", ou encore quasi techno comme l'exsangue et alangui "Loveless", sur lequel on retrouve la voix insinuante de Vale Poher. Collage parfait en son genre, qui digère tous les échantillons prélevés par le Docteur ChirurSicien pour distiller des morceaux évidents, prenants, voire très émouvants. L'air de rien, un bel album poétique, qui coule ...comme du Prévert.

Paru en mars 2009 chez New Deal / Differ-ant, 12 titres (10 si l'on enlève l'introduction et la fin), environ 36 minutes

Pour aller plus loin

- un joli travail vidéo sur "Comedy"

 

 

- Doctor Flake sur My Space.

- le site officiel de Doctor Flake

A écouter également

Les deux albums précédents de Doctor Flake, Intervention chirursicale (2006) et Paradis dirtyficiels (2007), tous les deux en écoute sur Musicme.

4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 15:49
"Des champs / de l'eau / Chicago", le refrain murmuré du premier titre, "LouisEville", donne le ton de ce disque étonnant, d'une liberté poétique et musicale superbe. Un disque de rêve, aéré, sensuel, fougueux, mystérieux, qui passe du folk au post-rock et à l'expérimental, l'électronique, du texte dit du bout des lèvres, qui nous fait tendre l'oreille, aux ballades limpides, évidentes, du français à l'anglais (et au russe ou au polonais comme en passant).
  Olivier Cavaillé, multi-instrumentiste, Félicia Atkinson, textes et voix, Nikolu, guitare et basse, sont à l'origine de ce voyage imaginaire entre Louisville et Chicago.  "Dans LouisEville il y a Louisville", ça commence ainsi, par une évocation litanique des groupes mythiques de Louisville, avec un banjo balbutiant en fond, puis la guitare survient, le banjo lui emboîte le pas, la ballade surgit, le poème s'efface pour reprendre ensuite, et plus tard le texte dit par Félicia" se mêlera à la voix masculine chantée. Quel bonheur ! "a silent effort", quelques griffures électroniques,  la voix distordue de Félicia entre chant et murmure, les cordes suaves, le morceau vire au post-rock, guitare brûlante. "Matin" est un interlude brumeux, piano ouaté, miracle de la venue de la lumière sur les eaux,  bruits feutrés. Le monde est mystère, claviers suspendus, voici "The only thing to come now in the sea", " Tout n'est pas doux / Les aiguilles, les eaux croupies / Les stades, les stades vides / à contourner sans conduire / Les trombes couchées autour forment un rectangle / Autour de l'ovale vert et blanc / Une flaque, une mare / Une larme sur le gazon sec / Clairsemé / ", le morceau s'échauffe, "c'est l'été vers sa chute / la chute de la lumière sur les écorces", l'anglais prend le relais, le poème se fait vibrant, les guitares rageuses ou obsédantes pour une fin de morceau entre incandescence et intensité radieuse, apaisée. "Soir" répond à "Matin", à peine deux minutes hantées par le piano et le violoncelle dans une atmosphère trouble à la Harold Budd, avec les accents cristallins d'un glockenspiel dansant dans le crépuscule. Nous entrons dans la "Forest", le plus long titre avec ses un peu plus de huit minutes, morceau extraordinaire, atmosphérique, "Forest glass / Forest / hidden.(...) The evening is falling down / The forest locked us on / It's around us / A green circle made of leaves / With a visible hole inside", touffeur moite, mots troués de russe, crépitements, résonnances sourdes, le français revient, l'eau est là, voda, l'envolée soudaine des sons électroniques (Jean-Yves Macé n'est pas loin !?), dans le marais des sons d'inquiétants dérapages, "La rivière est un lasso / Chaque tige dans l'eau dévie la surface". Musique idéale pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, car elle aussi peuplée de revenants, saturée de présences. On peut alors s'abandonner, dans la lumière revenue et les repères retrouvés, à la magnifique ballade finale, interprétée par Sylvain Chauveau : entrée dans la légende country... L'un des plus beaux disques de ces premiers mois de 2009, celui qui me touche le plus en tout cas.
7 titres / 32 minutes environ (album court, mais intégralement superbe... aucune allusion à la chronique précédente ?)
Pour aller plus loin
- Louisville sur MySpace
- Pour acheter l'album, sur le site du label debruit&desilence
- le blog de Félicia Atkinson
Programme de l'émission du dimanche 31 mai 2009
Archive : Bullets / Words on signs / Dangervisit  (pistes 2-3-4, 17' 40), extraits de Controlling crowds (Warner, 2009)
Louisville : LouisEville / a silent effort / Matin (p.1 à 3, 12' 20), extraits de a silent effort in the night (debruit&desilence, 2009)
Jon Balke : Toda sciencia trancendiendo (p.11, 12' 22), extrait de Siwan (ECM, 2009)
 Doctor Flake : Melting feelings / Eclaircie / Hip Hop tourist (p.6 à 8, 10' 20), extraits de Minder surprises (New deal / differ-ant, 2009)
An on Bast : permissum sulum / foible / sth important (p.1-2-4, 16' ), extraits de Words are dead (Rednetic records, 2008)
30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 16:04
Je cède. Archive fait son entrée sur INACTUELLES avec son huitième album, "Controlling crowds".
Meph.- Alors ? Boursouflure pseudo-onirique ? Camembert planant indigeste ? Soporifique hip-hop plombé à l'électro ? Symphonies de soupirs synthétiques ?
Dio.- Je me doutais que tu te manifesterais. J'avais écouté distraitement les précédents albums(pas tous, mea culpa), mis en mémoire "Londinium", le premier, que j'ai ensuite effacé. Je trouvais ça emphatique, lourdaud, pas désagréable d'ailleurs...
Meph.- Parce que maintenant ils chaussent des semelles de vent ?
Dio.- Je n'irai pas jusque là. L'emphase ici est en phase (ah ! ah !) avec leur projet. Album long, qui prend son temps, creuse son sillon, soigné, entre post-rock mâtiné d'électro et hip-hop assez sombre et plutôt rare à dire vrai.
Meph.- Oui, l'excellent "Bastardised ink", avec Rosko John, ou "Quiet time" et ses beats enveloppés de claviers en nuages sombres
Dio.- La voix voilée de "Whore"...
Meph.- Relent d'apocalypse confisquée, nous sommes loin du rap, ça patauge dans la guimauve sur la fin, non ?
Dio.- Je te l'accorde, et on tombe dans le joli avec "Chaos", piano domestiqué et l'orchestre de Cannes /Provence / Côte d'Azur sévit sévère...
Meph.- Il est présent sur d'autres titres, heureusement moins envahissant. Jamais entendu un "Chaos" aussi calme : allez plutôt voir Caos calmo, le superbe film d'Antonello Grimaldi. "Razed to the ground" est plus réjouissant, légions démoniaques en sourdine lointaine, je suis dans mon élément, retour de Rosko John, rythmes bondissants et grondeurs, claviers superposés. Dommage que "Funeral" verse dans le grandiloquent, le funèbre pour pompes à cirer. Consternant. Faudrait leur dire d'écouter "The Carbon Copy building" et son extraordianire "Funeral march of the unfinished desserts"
Dio. Tu sais qu'on fait tout à l'envers ? On n'a pratiquement pas parlé de la première moitié de l'album, et notre discussion tourne à l'éreintement.
Meph.- J'aime l'ouverture éponyme, orgue balbutiant, comme enrayé. Long et lourd décollage, trop lourd diront certains. C'est qu'ils ne se prennent pas pour des anges. Musique incarnée, hantée par la chute, ça revient dans les paroles, fly with me falling through the night, ça sue la solitude traquée, une épouvante sourde. Une revendication d'être ici, the world is my playground too, cour de récréation menacée par la venue des controlling crowds, foules contrôlées et contrôleuses qui haïssent la différence.
Dio.- D'où "Bullets", belle invitation à regarder un homme ordinaire dans les yeux, à le toucher, superbe chanson pop au lyrisme incantatoire.
Meph.- Et la plainte écorchée de "Words on signs": Close those eyes down, we all fall down, into the space, gone with no trace(...)There's nobody for me here now.
Dio.-Et le chant fragile de "Dangervisit", le morceau le plus émouvant, rageur sur la fin.
Meph.- La boucle est bouclée. On en est à "Quiet time", le cinquième titre.
Dio. Tu vas rire. Je vais encore parler des illustrations. Je ne trouve pas le nom de l'artiste, c'est curieux. Elles sont à l'image de ce monde naufragé, perdu dans l'espace, où l'organique déchiré dévoile le squelette, tout s'agglutine et se replie dans un camaïeu de bleu froid. Je pense à un artiste comme Miodrag  Djuric, alias Dado : il a un site étonnant, à découvrir !!
Meph.- Pas de conclusion? Tu t'échappes !!
Dio.- Très bien pour la première moitié, parfois calamiteux pour la seconde, à part "Bastardised Ink",  et, partiellement, "Kings of speed" et "Whore", qui ont tendance à s'enliser. Ne boudons pas notre plaisir : nobody's perfect !
Meph.- Reste à méditer sur le titre de cet article, que je trouve vraiment mauvais...
Dio.- J'ai cru qu'il te plairait !
Pour aller plus loin
- le site officiel du groupe.
- une vidéo très minimale (un "viral teaser" ad libitum !! ) sur l'ouverture éponyme.


Programme de l'émission du dimanche 24 mai 2009
Jon Balke : Ya safwa / Ayshyin Raquin / Thulathyath (Pistes 4-9-10, 19' 40), extraits de Siwan (ECM, 2009)
Doctor Flake : Fightclubbing / Let us play with your brain / Sweep out (p.4-5-9, 14' 15), extraits de Minder surprises (New deal / Differ-ant, 2009)
Archive : Controlling crowds / Quiet time / Kings of speed (p.1-5-9, 20' 30), extraits de Controlling crowds (Warner, 2009)
Spyweirdos : First / Second (p.1-2, 11' ), extraits de Ten Numbers (Creativespace, 2008)
26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 21:02
  Avec "Siwan", Jon Balke, Amina Alaoui et les musiciens qui les accompagnent nous invitent à poursuivre le voyage. Je vous propose deux pistes. La première, celle du dernier titre, sur le texte de Jean de la Croix, que l'on peut trouver dans la collection Poésie / Gallimard, bilingue avec la très belle traduction de Jacques Ancet. (désolé, je n'arrive pas à mettre sur deux colonnes...)

COPLAS

 hechas sobre un éxtasis
de harta contemplación

Entréme donde no supe,
y quedéme no sabiendo,
toda sciencia trascendiendo.

1. Yo no supe dónde entraba,
pero cuando allí me vi,
sin saber dónde me estaba,
grandes cosas entendí.
no diré lo que sentí,
que me quedé no sabiendo,
toda sciencia trascendiendo.                                           

2. De paz y de piedad
era la sciencia perfecta,
en profunda soledad,
entendida vía recta ;
era cosa tan secreta,
que me quedé balbuciendo,
toda sciencia trascendiendo.

3. Estaba tan embebido,
tan absorto y ajenado,
que se quedó mi sentido
de todo sentir privado ;
y el espíritu, dotado
de un entender no entendiendo,
toda sciencia transcendiendo.

4. El que allí llega de vero,
de sí mismo desfallesce ;
cuanto sabía primero
mucho bajo le paresce ;
y su sciencia tanto cresce,
que se queda no sabiendo,
toda sciencia trascendiendo.

5. Cuanto más alto se sube,
tanto menos se entendía
qué es la tenebrosa nube
que a la noche esclarecía ;
por eso quien la sabía
queda siempre no sabiendo,
toda sciencia trascendiendo.

6. Este saber no sabiendo
es de tan alto poder,
que los sabios arguyendo
jamás le pueden vencer ;
que no llega su saber
a no entender entendiendo,
toda sciencia trascendiendo.

7. Y es de tan alta excelencia
aqueste sumo saber,
que no hay facutad ni sciencia
que le puedan emprender ;
quien le supiere vencer
con un no saber sabiendo,
irá siempre trascendiendo.

 

8. Y si lo queréis oír,
consiste esta suma sciencia
en un subido sentir
de la divinal esencia ;
es obra de su clemencia
hacer quedar no entendiendo,
toda sciencia trascendiendo.


COUPLETS                                                           

faits sur une extase

de très haute contemplation                           Du danger d'être mystique...

 

je suis entré où ne savais

et je suis resté ne sachant

toute science dépassant

 

moi je n'ai pas su où j'entrais

mais lorsqu'en cet endroit me vis

sans savoir où je me trouvais

de grandes choses j'ai compris

point ne dirai ce qu'ai senti

car je suis resté ne sachant

toute science dépassant

 

De piété de quiétude

c'était là science parfaite

au profond d'une solitude

une voie entendue directe

c'était là chose si secrète

que suis resté balbutiant

toute science dépassant

 

J'étais en tel ravissement

si absorbé si transporté

qu'est demeuré mon sentiment

de tout sentir dépossédé

ainsi que mon esprit doué

d'un comprendre non comprenant

toute science dépassant                                                                 

 

Qui en ce lieu parvient vraiment

de soi-même a perdu le sens

ce qu'il savait auparavant

tout cela lui semble ignorance

et tant augmente sa science

qu'il en demeure ne sachant

toute science dépassant

 

D'autant plus haut il est monté

et d'autant moins il a compris

quelle ténébreuse nuée

venait illuminer la nuit

celui qui savoir en a pris

il reste toujours ne sachant

toute science dépassant

 

Il est ce non savoir sachant

chargé d'un si puissant pouvoir

que les sages argumentant

n'en tireront jamais victoire

car il ne peut tout leur savoir

ne point comprendre en comprenant

toute science dépassant

 

Et une si haute excellence

est en ce suprême savoir

que ni faculté ni science

de le défier n’a pouvoir

qui de soi tirera victoire

avec un non savoir sachant

il ira toujours dépassant

 

et si vous désirez l’ouïr

cette souveraine science

consiste en un très haut sentir

de la toute divine essence

c’est une œuvre de sa clémence

faire rester ne comprenant

toute science dépassant


 La deuzième piste est celle d'Al-Hallaj, grâce à une vidéo proposant une curieuse musique électro-soufie de Ghaffar Youcef, dont je ne peux rien vous dire...


Al Hallaj
envoyé par btayeb - Films courts et animations.      

23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 16:37
  La guitare, un monde en soi Pas question de manquer l'événement. Je serai à Gand ce mercredi 27 mai à 20 heures. Au Biljoke Muziekcentrum. Fred Frith, le guitariste le plus fou, le plus imprévisible, le plus créatif, le plus décomplexé, en roue libre depuis la disparition du groupe Henry Cow, y sera en compagnie de Daan Vandewalle, pianiste rare, interprète des oeuvres les plus singulières de notre époque, d'Alvin Curran à Gordon Mumma. Avec eux, le hautboïste Piet Van Bockstal et le percussionniste Géry Cambier.



Défricheur des musiques contemporaines














Et une vidéo de Fred en concert solo à Mexico en mars 2007, rien que pour faire grincer quelques dents...