Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
N.B Format de votre fenêtre presque carré pour voir le haut des colonnes !

Recherche

Publicités imposées !

Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 10:21
  Annie Gosfield n'a pas toujours la tête dans les étoiles. Alors qu'elle vivait à Valencia, en Californie, elle se promenait souvent dans la ville-fantôme voisine, Mentryville, qui lui a inspiré un des titres de Lost signals and drifting satellites. Elle a recréé l'ambiance étrange de la cité abandonnée à l'aide de son piano préparé, dans lequel elle a placé des matériaux métalliques, du bois, du caoutchouc, entre et sous les cordes, qu'elle frappe avec un maillet de caoutchouc, produisant des sons qui coexistent avec ceux obtenus par la voie traditionnelle; rien d'étonnant au pays de John Cage, mais une belle illustration de la fécondité actuelle de l'invention. Avec The Harmony of the body-machine, titre pris dans un livre de H.G. Wells, elle signe une collaboration impressionnante avec la violoncelliste Joan Jeanrenaud, dont elle exploite l'incroyable virtuosité technique pour la faire dialoguer avec des sons industriels enregistrés dans des usines de Nuremberg : nouvelles harmonies, infinis bercements du métal adouci, respirations organiques de la matière caressée par le violoncelle, engendrent une mélancolie post-humaine, celle d'un monde où l'homme n'existe plus qu'à l'état de trace.
  Flying sparks and heavy machinery, paru en 2001 chez Tzadik comme ces deux autres albums, rassemble deux oeuvres liées à sa résidence en Allemagne, à Nuremberg. "Ewa7", un morceau en trois parties de plus de quarante minutes, intègre la machinerie lourde des usines en tant qu'interprètes, soit en direct comme ce fut le cas lors d'un concert donné sur l'un des sites industriels explorés, soit en tant qu'échantillons sonores mixés et joués sur les claviers de la compositrice. Ewa7 est au final un voyage fascinant, galvanisant, au coeur de l'énergie, depuis la rotation initiale des moteurs qui démarrent jusqu'à la chambre de combustion, chaque étape accompagnée par l'entrée en scène d'un instrument (clavier échantillonné, guitare électrique préparée et percussions "traditionnelles"). L'ajout de nombreuses percussions métalliques, lourds cylindres et autres, frappées contre les machines elles-mêmes, contribue à donner à cette plongée une force extraordinaire. Voilà une artiste qui écoute le monde en face, sans a priori, pour en faire jaillir les beautés ignorées. Des lourdes machines sourdent une lumière, une émotion inattendues. Elles se mettent parfois à danser un sabbat frénétique, ou bien alors semblent bégayer un langage qui n'attend que notre oreille pour nous dire cet au-delà des épaisseurs et des opacités, et, qui sait, la fusion de l'homme et de la machine. Un monument de la musique contemporaine, expérimentale et électronique !!
   Le titre de l'album est celui du second morceau, écrit pour quatuor à cordes et quatuor de percussions juste après son retour à New-York. Tandis que les cordes explorent les micro-tonalités et toutes les ressources acoustiques pour suggérer les étincelles volantes du titre, les percussions évoquent l'univers industriel de la machinerie lourde, dans un dialogue inspiré du constructivisme, enrichi par des rencontres de hasard et ménageant des espaces apaisés où l'on peut écouter les infimes bruissements de la matière. Il y a quelque chose de japonais dans ce morceau, qui me fait penser aux compositions de Kaija Saariaho consacrées aux jardins japonais, pour l'espèce d'austérité suave qui se dégage de cette joute impeccablement menée.
 ------------------------------------------
Programme du dimanche 27 avril 2008
Annie Gosfield : Mentryville (piste 3, 4' 58)
                                    The Harmony of the Body-Machine (p.4, 13' 14), extraits de Lost signals and drifting satellites (Tzadik, 2004)
                                    
Ewa7, parties 2 et 3 (p.2 -3, 23' 20)
                                     Flying sparks and heavy machinery (p.4, 14' 38), extraits de Flying sparks and heavy machinery (Tzadik, 2001)
24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 14:58
Après Eve Beglarian, Julia Wolfe (cf. article du 15 mars 2008), me voici sur la piste d'une autre immense compositrice américaine, Annie Gosfield. Née à Philadelphie en 1960, elle vit à New-York. Claviériste, improvisatrice, elle s'intéresse aux sons non-musicaux, davantage séduite dès le plus jeune âge par les oscillations sauvages d'une alarme de voiture, les trépidations de baratte d'un camion qui fabrique le ciment, les pianos cassés, les grésillements entre les stations de radio, que par les comptines. Ajoutons le choc occasionné par Come out(1966), pièce de Steve Reich dans laquelle celui-ci travaillait à partir de cinq mots prononcés par un jeune noir, diffusés à l'unisson en boucle sur deux voies qui se déphasent progressivement, créant réverbérations, canons, démultiplications, et qui ne gardent des mots, devenus inintelligibles, que les motifs rythmiques et le phrasé de l'intonation, pièce que son frère aîné écoutait la tête entre les haut-parleurs de sa chaîne, et l'on aura une idée assez juste de l'ouverture musicale d'Annie Gosfield, bien décidée à révéler la beauté des sons dits non-musicaux. Sa démarche pourrait sembler rejoindre celle des musiques industrielles, mais elle me semble adopter le mouvement exactement contraire. Tandis que ce courant musical, très influencé par l'esthétique punk, se veut agressif et destructeur en reniant l'harmonie et tout ce qui pourrait flatter l'oreille -pour aller très vite !, plongeant l'auditeur dans un univers sonore saturé, brutal, Annie Gosfield tend l'oreille pour débusquer la musicalité dans l'univers quotidien, apprivoise les sons industriels pour qu'ils livrent la musique qu'ils ont en eux, une musique proprement inouïe, donc jamais mièvre ou flatteusement séduisante : incroyable, étrange, la matière qui s'ouvre pour chanter du fond de ses interstices...
    Rassurez-vous toutefois, elle travaille aussi à partir de matériaux musicaux conventionnels (instruments solistes, ensemble de chambre)...pour les faire sonner autrement, en les confrontant à des sons électroniques, échantillonnés, en jouant sur des micro-tonalités, des intervalles inédits, le désaccordage et la préparation des instruments, en cela dans la lignée de John Cage et de son invention du piano préparé dans les années quarante. Sa musique, jouée par de nombreux artistes de part le monde, est disponible sur trois disques, tous parus sur le label du saxophoniste John Zorn, Tzadik, label entièrement dédié à la musique expérimentale, d'avant-garde.
  Paru en 1998, Burnt ivory and loose wires rassemble pour l'essentiel des oeuvres dans lesquelles le clavier échantillonné d'Annie Gosfield joue un rôle central. Elle y est accompagnée, selon les morceaux, par la guitare électrique préparée de Roger Kleier, qui l'accompagne souvent sur scène, les percussions de Jim Pugliese et Christine Bard, le violoncelle de Ted Mook. Le dernier titre a été écrit pour le quatuor de saxophones Rova. La couverture très surréalisante est à l'image de cette musique étrangement onirique, exploration joyeuse d'univers sonores improbables surgis des percussions métalliques, du clavier préparé et désaccordé, qui utilise parfois des échantillons de vibraphone frotté par un archet, de la guitare touchée par un archet électronique. Ivoire brûlé du piano et cordes détendues, nous indique le très beau titre de l'album. L'un des morceaux est quant à lui titré "The Manufacture of tangled ivory" : fabrication d'ivoire embrouillé, emmêlé, avec l'impression de rentrer dans un labyrinthe où les sons se tordent, se transforment sans cesse, nous sommes dans l'antre même de Tubal-Caïn, dans la forge primordiale. Le résultat est d'une splendeur presque constante, d'une fraîcheur et d'un dynamisme exaltants encore dix ans plus tard, faisant paraître corsetées et poussives bien des musiques plus récentes. Annie Gosfield, une oreille...sans oeillères, une créatrice au sens plein du terme.
 
   Lost signals and drifting satellites, paru en 2004, est le troisième et dernier en date des disques de la compositrice. A part un court morceau où elle apparaît en solo, l'album regroupe des oeuvres où les cordes interviennent soit seules, soit en interférant avec des sons électroniques. On y trouve un véritable quatuor à cordes, Lightheaded and heavyhearted, écrit nous dit-elle alors qu'elle souffrait de vertiges et se sentait étourdie, la tête vide : des moments à la mélancolie tranquille alternent avec des passages au dynamisme plus agressif pour construire un paysage mental sensible, à l'écoute des sons de l'âme. Le deuxième morceau, qui donne son titre à l'album confronte le violon de George Kentros à des enregistrements de satellites, d'ondes courtes et de transmissions radios, dans un troublant jeu d'échos qui brouille les limites entre sons musicaux et non-musicaux. Je présenterai les autres titres dans l'article suivant.
- le
site de la compositrice, avec d'assez nombreux extraits en écoute.

----------------------------------------
Programme du dimanche 20 avril 2008
Promise and the monster : Trials (piste 11, 2' 41)
                                                            The delusioned and Insane (p.12, 4' 27), extraits de Transparent knives (Imperial Recordings, 2007)
Annie Gosfield : Nickolaievski soldat (p.1, 6' 57)
                                     Freud (p.2, 4' 02)
                                   The Manufacture of tangled ivory (p.3-4, 10' 30), extraits de Burnt ivory and loose wires (Tzadig, 1998)
                                    
Lightheaded and heavyhearted (p.1, 19' 56), extrait de Lostsignals and drifting satellites (Tzadig, 2004)
Kalylivedub : Comma (p.10, 6' 34)
                              ...exe (p.11, 9' 30), extraits de Fragments ((Pias, 2008)
17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 17:37
  Que nous réserve le gallois Matt Elliott, qui vit et travaille maintenant en France, après Drinking Songs(2005) et Failing songs(fin 2006), deux albums presque folk ? Il avait délaissé les machines de la période électronique, marquée par les huit albums de Third Eye Foundation, pour la guitare et autres instruments acoustiques, le voici au Glaz'art...au piano, un instrument qu'il pratique en privé seulement, pour le plaisir. Regardez-le caresser les touches, concentré, respectueux, pour atteindre, comme toujours, le coeur de l'émotion. Et (ré)écoutez Little Lost Soul, ce joyau de musique électronique bouleversante.




12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 11:16

J'actualise le classement paru en avril 2007 en y incorporant quelques oublis et des découvertes plus récentes. [ nouvelle actualisation le 18 juin 2008]







 







 












1.      Ingram Marshall                  Savage Altars             New Albion Records

2.      Eve Beglarian                       Tell the birds              New World Records

3.     Marco Capelli                        EGP "Extreme guitar project"    Mode Records

4.      Thom Yorke                         The Eraser                  XL Recordings

5.      So Percussion                       Amid the noise           Cantaloupe

6.     Sentieri Selvaggi                  AC/DC                   Cantaloupe

7.       Daniel Palomo Vinuesa    L'Homme approximatif    Signature / Radio France

8.      Maman                                  In and out of Life      Ici d'ailleurs

9.      Phelan Sheppard                 Harps old master        The Leaf Label

10.      Matt Elliott                           Failing songs              Ici d'ailleurs

11.      An on Bast                            Welcome scissors       Autoproduit (Anna Suda)

12.      Sonic Youth                          Rather ripped             Geffen Records

13 Thee Silver Mount Zion
Memorial Orchestra..         
Horses in the sky        Constellation

14.  Various                                 The World is gone      XL Recordings

15.  Tim Hecker                           Harmony in ultraviolet Kranky

16.  Aphex Twin                          Chosen Lords             Reflex/La Baleine

17.  Naïal                                      Lucioles noires           Reaktion

18.  Scott Walker                         The Drift                    4AD

19.  Headphone                           Two stories high         Ici d'ailleurs

20.  Brifo                                      Southfull                    La Baleine Productions

21.  Johann Johannsson             IBM1401, a user'sManual                       4AD/Beggars Banquet

22.  Devastations                         Coal                            Brassland /Beggars Banquet

23.  Loscil                                     Plume                         Kranky

24.  The Album Leaf                  Into the blue again     City Slang


 

 


 

 

Published by Dionys - dans Classements
commenter cet article
9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 10:33

   Guitariste, fondateur du groupe rock d'avant-garde Doctor Nerve, programmeur et inventeur de logiciels de composition musicale, Nick Didkovsky est un compositeur qui joint à la rigueur de l'écriture une énergie salutaire, une inventivité débridée. Il a participé au quatuor de guitares de Fred Frith  et à bien des expérimentations en trio, duo, sur de nombreuses scènes. Rien ne lui fait peur, comme le montre ce disque étonnant paru en 2007, Ice Cream time, une composition de presqu'une heure en douze parties sur le modèle de thème et variations. L'oeuvre est écrite pour sa guitare électrique, ses logiciels, les échantillons, traitements de Thomas Dimuzio, artiste du son, et le quatuor  de saxophones Arte Quartet.
   Le début de la pièce est rude : juxtaposition d'échantillons vocaux déformés et entrée en fanfare des saxophones déchaînés. Mais la mise en place rythmique, puissamment dynamique, associée à des développements mélodiques complexes dans l'esprit de groupes comme Henry Cow ou d'un musicien comme Frank Zappa, dont l'esprit plane sur plusieurs plages, emporte l'auditeur dans un univers violemment coloré, aux accents parfois parodiques soulignés d'ailleurs par des titres comme "Meteoric Ice Pie Menace", "I cheer Pet eater". Vers le milieu de la pièce, avec le titre "Fall", le magma des saxophones s'ordonne peu à peu souterrainement autour de pulsions graves, telluriques, à base de drones qui débouchent sur les incroyables plages extatiques suivantes, totalement imprévues. Les saxophones sont comme absorbés, se fondent de plus en plus dans le matériau électronique qui semble d'abord les contester avec ses éructations, ses gonflements grotesques, avant de les assimiler dans des couches envahissantes, animées de mouvements oscillatoires et enrichies d'éléments dissonants. On est alors plus proche des tessitures d'un Duane Pitre avec ses "organized pitches" ou d'un Tim Hecker avec ses houles électroniques granuleuses. Le dernier titre, de quatorze minutes, "Rise", atteint ainsi une intensité et une splendeur confondantes. Nick Didkovsky a réussi une traversée improbable, du trivial et du grotesque vers un sublime d'autant plus appréciable qu'il correspond à l'acmé d'un voyage musical en perpétuelle métamorphose.
De gauche à droite :
Nick Didkovsky, guitare électrique et ordinateur portable
Sasha Armbruster, saxophones alto et baryton
Beat Kappeler, saxophone baryton
Andrea Fomenti, saxophone ténor
Thomas Dimuzio, échantillonnage en direct
Beat Hofstetter, saxophones soprano et baryton
 
Je vous propose en écoute ici un échantillon préliminaire destiné au quatuor ARTE pour le dernier titre, "Rise", différent dans sa version enregistrée.



-----------------------------------------------
Programme de l'émission du dimanche 30 mars 2008
Une émission consacrée en majeure partie à la guitare, acoustique et électrique, dans ses rapports avec des traitements électroniques : Imagho, Pierre-Yves Macé, Nick Didkovsky, trois manières de renouveler l'écriture pour la guitare. L'électro-dub de Kalylivedub referme l'émission avant une pause (reprise de l'émission dimanche 20 avril).
Imagho : Banquise (piste1, 5' 02)
                    Bienvenue (p.3, 2' 52)
                    Mercure (p.4, 4' 50)
                    Meth (p.11, 2' 40)
                    The endurance (p.14, 5' 17), extraits de Inside looking out(We are unique records, 2008), deuxième cd "Rythm/Treble, 1998-2008)
Pierre-Yves Macé : Second mouvement pour guitare électrique (p.2, 15' 58), extrait de Circulations(Sub rosa, 2005) Voir
l'article de la semaine dernière et, pour avoir une idée du concert qui s'est déroulé à Reims jeudi 3 avril, la vidéo très bien faite qui alterne entretien avec Jean-Yves et fragments d'oeuvres en direct.
Nick Didkovsky : Fall (p.6, 7' 54)
                                      Seltzer session II (p.7, 7' 26)
                                      I cheer Pet Eater (p.8, 5' 12)
                                      Trades (p.9, 1' 20)
                                      Calm (p.10, 5' 39), extraits de Ice cream time(New world records, 2007)
Kalylivedub : Silent moment (p.6, 5' 12)
                              See no sense (p.9, 5' 25), extraits de Fragments(Pias, 2008)

3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 14:52
Au fond des sombres forêts, revêtue d'une chemise de nuit blanche, elle attend le Monstre : il a promis de venir. Comme il tarde, qu'elle ne sait plus très bien ce qui l'emporte, du froid qui la saisit, de la peur ou du plaisir, elle prend sa guitare et chante. Sa petite voix acide monte dans l'air glacé de la vaste nuit. Tout écoute et se tait. Non loin, le Monstre s'est arrêté, retient ses grognements et son haleine pestilentielle. Couché sur le dos, il laisse les étoiles le transpercer de leurs couteaux transparents, lui ôter son lourd pelage galeux. Les chansons s'inscrivent dans son cerveau de brute. Sidéré, il se lève, et voilà qu'il s'envole, laissant sur les herbes aplaties son ancienne dépouille.
  Elle, c'est Billie Lindhall, une jeune suédoise d'à peine vingt ans. Lui, c'est l'auditeur moyen, transporté par ses chansons évidentes, lumineuses. Transparent knives est son premier album, succédant à un quatre titres d'ailleurs inclus dans ce premier grand opus. C'est sorti en octobre 2007, et j'ai failli le manquer ! Douze chansons folk à la douceur angélique, à la tendre mélancolie un peu voilée. Un miracle diaphane qui ravira tous ceux qui ont aimé le disque de Nancy Elizabeth (cf. article du 30 novembre 2007).  Billie Lindhall troque parfois sa guitare contre un dulcimer ou des cordes, tandis que son producteur, Jörgen Wall, intervient pour quelques parties d'orgue ou de claviers, dans les choeurs aussi. C'est si simple, le bonheur !
Pour l'écouter et la voir :
- le site MySpace de
Billie Libdhall. Je place ci-dessous  une vidéo du splendide premier titre, Sheets.


----------------------------------------------------
Programme du dimanche 23 mars 2008 (deuxième partie)
Promise and the Monster : Sheets (piste 1, 3' 34)
                                                           Antarktis (p.5, 3' 46)
                                               Light reflecting papers (p.9, 3' 19), extraits de Transparent knives(Imperial Recordings, 2007)
Gong Gong : A pas feutrés (p.9, 5' 25)
                             Birds in books (p.11, 4' 14), extraits de Mary's spring(F Communications/ PIAS, 2008)
 
27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 16:26
   Le rapprochement paraîtra osé, voire incongru à certains. Quoi de commun entre un groupe de dub-rock  et un compositeur comme Pierre-Yves Macé ? Je suis certain que le second ne serait pas choqué, car il est nourri de rock et rêve d'un croisement entre rock expérimental, la musique ambiente et la musique contemporaine répétitive. Tous les deux travaillent sur le rapport entre l'instrumental et l'électronique, accordent à la scène et au concert une place primordiale, laissent une place à l'improvisation, font interférer échantillonneurs, séquenceurs et instruments acoustiques pour brouiller les pistes, inventer des territoires de traverse.
  Faisant suite à On stage (cf. article du 19 mars 2007), ce cinquième opus, Fragments, confirme la mâturité d'un groupe majeur de la scène dub française. On retrouve la puissance rythmique des compositions, le son épais et dense, volontiers sombre et dramatique, la fièvre d'ambiances saturées, mais aussi des climats lentement déployés . Magnetic dust, le quatrième titre, est ainsi un voyage hypnotique dans un mystérieux paysage intergalactique peuplé de voix étranges, de vagues de claviers parasités et, vers la fin, de nappes de cordes inattendues. Le groupe navigue entre rock industriel et reggae, musique expérimentale et effervescence psychédélique. Uzul Prod, projet initié par Stéphane Bernard aka Uzul (l'un de nos cinq compères, l'homme des machines) ou Dalëk ne sont pas éloignés de ce soleil noir sidérant, qui revendique parmi ses influences Amon Tobin, Portishead ou encore Massive Attack.
Quand on l'interroge sur ses goûts, Pierre-Yves Macé mentionne ausi bien Gavin Bryars, Steve Reich, du côté des minimalistes, que Brian Eno, Harold Budd, pour l'ambiance calme des textures acoustiques et synthétiques, ou encore des expérimentateurs iconoclastes comme John Cage, Alvin Curran, ou le guitariste rock Fred Frith, l'incroyable groupe de post-rock progressif (je viens d'inventer une catégorie !)This Heat. Pas étonnant que Pierre-Yves Macé se retrouve sur Inactuelles... Né en 1980, le compositeur a trois disques à son actif. Circulations est le second, paru chez Sub Rosa en 2005. C'est une longue pièce en quatre mouvements qui mettent chacun un instrument en concurrence avec une bande magnétique. Les percussions, la guitare électrique, la harpe et la clarinette dialoguent avec un environnement électro-acoustique dans lequel on retrouve un échantillonnage de l'instrument enregistré, traité et modifié, selon un principe de redoublement : se créent ainsi des circulations, des courants, des jeux d'écho, dans une grande mobilité et une impression d'improvisation réjouissante. Ici, tout est sous le signe de la fluidité, du passage, de la création permanente, avec des surgissements miraculeux, des sources douces au milieu de chaos, des frémissements et des battements, des convulsions et des tendresses fragiles, de  l'assourdissant et de l'imperceptible. Plus on écoute ce disque, plus on l'aime pour son inventivité, ses beautés fulgurantes et imprévues, et pour tout dire sa liberté souveraine hors des sentiers tracés, à la recherche de la musique prête à sourdre à chaque seconde. Circulations est un disque essentiel pour découvrir la musique d'aujourd'hui et pour échapper à l'abrutissement et au formatage.
Pour aller plus loin :
- Kalylivedub sur
MySpace.
- le
site du compositeur.
- Pierre-Yves Macé sur MySpace.
- un
entretien vidéo avec Pierre-Yves Macé, qui sera à Reims jeudi 3 avril à 19h 30 au Centre Saint-Exupéry, dans le cadre d'une soirée Live Electronics organisée par Césaré, Centre national de la création musicale.
------------------------------------------------------
Programme de l'émission du dimanche 23 mars 2008
Kalylivedub : Broken atom (piste 2, 5' 03)
                              The Crumb (p.3, 5' 38)
                               Magnetic dust (p.4, 5' 40), extraits de Fragments(Pias, 2008)
Pierre-Yves Macé : Premier mouvement, pour percussion et bande magnétique (p.1, 14' 45), extrait de Circulations(Sub Rosa, 2005)
27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 11:09
  Un peu plus de dix ans de carrière pour le guitariste Jean-Louis Prades, natif de Saint-Etienne, avec plusieurs albums solo à son actif, dont les très beaux Nocturnes en 2002 et Someone controls electric guitar en 2005, que je suis en train de découvrir. C'est la magnifique pochette de ce nouveau double-CD, Inside looking out, qui a attiré mon attention. [Il arrive que l'intérieur soit décevant : aussi n'ai-je pas chroniqué le dernier album de Fields, Everything in winter, au superbe livret conçu dans l'esprit d'un Arcimboldo.]
  Le guitariste a fait appel à quelques collaborations sur le premier cd, notamment des saxophones, pour développer une musique électro-acoustique délicate et rêveuse, qui s'étire avec volupté dans l'espace : une leçon de dépouillement et de simplicité pour écouter l'intérieur de l'extérieur. Le second cd est une compilation très généreuse titrée rythm/treble, 1998-2008, idéale pour découvrir ce musicien discret et sensible.
- le site
MySpace d'Imagho.
- le site du label
We are Unique records, qui permet d'écouter et de télécharger quelques titres.
- un morceau en écoute :

------------------------------------------------
Programme de l'émission du dimanche 16 mars 2008 (deuxième partie)
Imagho : Lament (piste 2, 2' 38)
                    Silves (p.3, 4' 03)
                    Circaetes (p.5, 3' 45), extraits de Inside looking out (We are Unique records, 2008)
Julia Wolfe : Early that sommer (p.3, 12' 01), extrait de The String quartets (Cantaloupe, 2002)
----------------------------------
Un extrait du livret du dernier album de Fields : regardez-bien !