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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 11:04
undefined  On croit parfois avoir fait le tour d'un domaine qui semble bien circonscrit, comme le minimalisme. Derrrière les grands noms comme Steve Reich, Terry Riley, Philip Glass, on ne cesse pourtant de trouver des artistes passionnants. Après Jeroen van Veen et Michael Harisson voici peu, je viens de débusquer un autre pianiste prodige et compositeur, Lubomyr Melnyk.
   Né en 1948 à Münich de parents ukrainiens, Melnyk poursuit ses études au Canada où ses parents se sont installés. Il accompagne pendant un temps les spectacles de danse contemporaine donnés par Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris avant de rassembler ses idées sur "la musique continue" dans un livre paru à Toronto en 1981. Influencé par les minimalistes que je citais plus haut, la trinité fondatrice, son jeu et ses compositions reposent sur des arpèges très rapides et de durée variable qui se transforment de manière incessante et presqu'insensible. Toutefois, la tonalité est présente, des mélodies surgissent du flot continu des notes que l'utilisation de la pédale sostenuto prolonge d'harmoniques multiples. L'auditeur est ainsi enveloppé de vagues mélodiques aux multiples résonnances. Ce travail n'est pas sans évoquer celui de Charlemagne Palestine, sans jamais toutefois submerger l'auditeur sous le "strumming" hallucinant auquel ce dernier se laisse parfois aller avec une évidente jubilation. Lubomyr Melnyk ne manque pas de souligner combien l'enregistrement fait perdre par rapport aux concerts : les micros les plus performants ne parviennent pas à capter certaines harmoniques générées par les nappes continues remplis
undefinedsant la salle. Pour KMH, une performance en piano solo enregistrée à l'automne 1978 dans une demeure privée de Toronto, le label texan Unseenworlds vient de proposer une réédition remasterisée de l'album paru en 1979 aux Music Gallery Editions. Cette oeuvre de plus de 50 minutes d'affilée se déploie comme un ample tourbillon à la sérénité nimbée de touches mélancoliques et d'élans fragiles : musique émouvante, simple comme une vague de fond qui vient vous chercher avec obstination, la main chargée de grappes de notes comme des bijoux biseautés par la mer des songes. Regardez comme la lumière se diffracte et se répand dans le sous-bois de la couverture du disque, sculptant les masses, creusant l'ombre pour nous entraîner vers les mystères de l'arrière-plan : telle est la musique de Lubomyr Melnyk, compositeur majeur à découvrir.
-Un extrait  en écoute ici, pour deux pianos
- Le site du compositeur, avec des extraits à écouter et à télécharger.
- Le site du label Unseenworlds
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Programme du dimanche 24 février (deuxième partie)
Les trois premières "parties"(repères commodes pour l'auditeur effrayé par la longueur de la pièce)de KMH.

29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 11:59
undefinedNé en 1983, l'autrichien Richard Eigner pratique la musique avec ses amis dans les clubs de son pays où il a déjà reçu quelques distinctions dans le domaine des musiques électroniques. Il est aux percussions, aux claviers et aux traitements sonores. Je l'ai connu grâce à la Red Bull Music Academy, ce regroupement annuel dans une ville toujours différente, Melbourne en 2006 et Toronto en 2007, des meilleurs DJs et expérimentateurs musicaux de la planète,  manifestation qui est prolongée en général par un disque ou un CD-Rom. Concrete leaves, une pièce conçue comme une sorte de mille feuilles avec des cuivres sur plusieurs pistes décalées qui reviennent de manière lancinante, avait retenu mon attention sur la compilation 2006. J'ai fini par rentrer en contact avec Richard. Il forme le groupe Ritornell avec son ami Roman Gerold, mais il participe avec d'autres à des manifestations très diverses dans tous les lieux ouverts aux musiques actuelles en Autriche.Avec un troisième comparse, Gerhard Daurer, il propose rien moins qu'un renouvellement passionnant des musiques électroniques et expérimentales ! Il n'a encore enregistré aucun disque, mais en prépare un avec le lancement d'un label intitulé Wald-Entertainment. Sa musique- et celle des ses amis, appartient à la galaxie électronique la plus radicale, souvent très proche des expérimentations de la musique contemporaine, avec une touche jazzy sur certaines compositions, et une évidente affinité avec l'esprit minimaliste. Les meilleurs morceaux sont à mon sens les plus dépouillés,  épures abstraites, quasi conceptuelles, où le jeu très fin des percussions s'inscrit sur des lignes à la fois rigoureuses et mystérieuses : écoutez  Tide and Tickle, exemplaire de cette économie, ou encore l'extraordinaire Untitled(les deux titres sont sur le site MySpace de Richard), qui fait penser à un jardin japonais par son hiératisme simple et grandiose. Ce dernier morceau évoque d'ailleurs pour moi les Six Japanese Gardens(1993) de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho. Sur le même site, vous trouverez l'étonnant The Light, au jazz décalé, sensuel et vaguement orientalisant, habité par une voix féminine légèrement rauque et frémissante, tapissé de légers choeurs féminins et de percussions obsédantes..
undefinedTandis que Roman Gerold écrit des pièces pour films, danses ou même jeux vidéo, Richard se livre à des remix, constitue une bibliothèque de sons. Leur collaboration remonte à l'écriture d'une musique de scène pour Urgent Appetite, spectacle de la chorégraphe canadienne Laura Kappel au printemps 2004.
Pour mieux les connaître et les soutenir :
- le site de Ritornell, avec huit titres en téléchargement libre.
- le site du label en construction, Wald-Entertainment.
- un extrait de la musique de scène pour Urgent Appetite à écouter ici.
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Programme du dimanche 24 février 2008 (Première partie)
D'autres extraits de Brain Damage ont ouvert l'émission et "préparé" aux musiques de Richard Eigner et ses amis.
Brain Damage : Mi Mismo voda (piste 13, 1' 59)
                                   Le silence /.../ Trupy (p.15 à 18, 8')
                                   Plot/Propose (p.20, 2' 02), extraits de Short cuts(Jarring effects, 2008)
Richard Eigner/ Roman Gerold/Gerhard Daurer :
                                   Tide and Tickle (4' 23)
                                   Untitled (3' 14)
                                   Live at Rhiz Vienna (11' 19), à paraître, disponibles en MP3 (cf. ci-dessus)
- le site du trio.

20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 22:49
undefinedFondé en 1997 par Carlo Boccadoro, Filippo Del Corno et Angelo Miotto, Sentiero Selvaggi constitue un ensemble de chambre de neuf musiciens, auxquels des invités peuvent s'adjoindre. Ils ont décidé de se consacrer aux compositeurs d'aujourd'hui, entretenant d'étroites relations notamment avec David Lang, Louis Andriessen, Philip Glass, Michael Nyman, qui écrivent des pièces spécialement pour eux. L'éventail instrumental est large : flûte et piccolo, clarinette et clarinette basse, piano, vibraphone et percussion, contrebasse, violon, violoncelle. Pour leur disque paru chez Cantaloupe en 2006, AC/DundefinedC, ils interprètent huit pièces de compositeurs différents : Michael Gordon, Filippo del Corno (un des co-fondateurs), Ludovico Einaudi, Louis Andriessen, David Lang, Lorenzo Ferrero, Laurie Anderson (tiens donc !) et Carlo Boccadoro (autre co-fondateur). Force, finesse, subtilité, variété des paysages sonores caractérisent ce disque qui prouve une fois encore que la musique contemporaine a su sortir de son carcan dogmatique, qu'elle n'hésite plus à revisiter des compositions hors de son champ traditionnel, comme cet étonnant "Hiawatha" de Laurie Anderson, pastoral et velouté à souhait.
Entre le trépidant "AC/DC" de Michael Gordon, un peu dans la lignée de son très beau "Transe", le magma en fusion de "I fought the Law" de David Lang, arrêtez-vous sous "The Apple Tree" de Ludovico Einaudi, une composition qui pourrait surgir ...du jardin des Finzi-Contini : la lumière joue dans les feuilles, tout y est comme dans les souvenirs, nimbé d'une grâce frémissante, et puis le vent tourbillonne et joue à tout recomposer, facétieux et sauvage à sa manière.
Le site de Sentieri Selvaggi : de courts extraits peuvent être écoutés et téléchargés sur la page "Dischi e libri".
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Programme du dimanche 3 février 2008 (dernière partie)
The Apple Tree (piste 3, 10' 31) de Ludovico Einaudi
Passagiata in Tram in America e ritorno (p.4, 6' 57) de Louis Andriessen
Hiawatha (p.7, 5' 17) de Laurie Anderson
I fought the Law (p.5, 5' 54) de David Lang, tous extraits de AC/DC(Cantaloupe, 2006)

14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 15:07
undefinedLe duo stéphanois issu du collectif dub Bangarang sort début mars un CD qu'ils présentent à la fois comme faisant référence au Commercial Album des Residents et au film de Robert Altman dont ils reprennent le titre. C'est leur quatrième disque sous le nom de Brain Damage. Le troisième, Spoken Dub Manifesto, sorti en 2006, frayait de nouvelles voies dans le dub en travaillant un "dit-parlé"(néologisme que je forge à partir de "spoken word") d'une grande inventivité. Ce nouvel opus va plus loin encore à la fois dans la même voie et dans le mélange toujours plus réussi entre électro-dub et expérimental, ambient. On obtient vingt-quatre miniatures, toutes autour de deux minutes, qui cisèlent des univers sonores foisonnants, hantés par des voix qui parlent, crient, murmurent, incantent en sept langues (français, anglais, bosnien, catalan, polonais, arabe et allemand). Lieder d'aujourd'hui, d'un monde trouble et fascinant : un lyrisme floydien (référence assumée !)émane parfois de ses bribes émaillées de cloches, tapissées d'arrière-plans tournoyants. Le dub le plus sombre est traversé d'échos fragiles et émouvants, si bien que l'étiquette revendiquée par le duo, émo-dub-ambient, est assez juste : rien de désincarné dans ce dub-là, vivifié par les très nombreuses collaborations, venues notamment de l'Est où la groupe a récemment tourné. Indéniablement un groupe majeur de la scène française, à l'énergie communicative, Brain Damage signe tout simplement un disque abouti, passionnant de bout en bout. Basse et machines, et toute l'humanité en raccourcis habités.

Brain Damage sur MySpace.
Une vidéo (merci Vj-guile)qui propose un mix visuel sur un titre envoûtant extrait de Ashes to Ashes :

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Programme du dimanche 3 février 2008(2ème partie)
7 titres extraits de Short cuts(Jarring Effects, 2008):
Parce que j'en ai marre (piste 1, 2' 05)
The Palm reader (p.3, 2' 09)
Mi Nismo voda (Broj 1) (p.4, 1' 59
Trupy (p.7, 1' 55)
Toxine (p.9, 2' 04)
Tic tac tic (p.11, 2' 04)
Armer Kopf (p.12, 2' 02)



8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 10:18
undefinedIls étaient deux au départ : Julien Fighiera à la basse et Julien Chamla à la batterie. Fin 2003, le duo devient trio avec l'arrivée de Gérard Tappa à la guitare. Les trois rémois sortent un an plus tard un quatre titres, Hyperréalité. Ils récidivent avec un nouveau quatre titres, simplement baptisé Somna. Revendiquant les influences de Pink Floyd, King Crimson ou encore Louis Sclavis, ils proposent une musique entièrement instrumentale à l'image de la magnifique pochette. Place aux rêves, avec des ambiances vaporeuses, étirées, mystérieuses. La guitare se déploie dans l'espace, la batterie place ses articulations avec une belle frappe lyrique, qui ménage des ralentis, des moments d'intériorité fragile. La basse ronronne, moelleuse et ronde. Quatre titres pour presque une demi-heure de bonheur. Plus qu'à l'univers du post-rock proprement dit, souvent plus lourd, épais,  j'ai souvent pensé aux Américains de Slow Six, dont j'ai déjà chroniqué ici avec enthousiasme les deux disques. Il y a une grâce sans mièvrerie, une évidence onirique, une transparence, qui ravissent. On a envie de se perdre dans les sous-bois irréels, de s'allonger dans la beauté tranquille des instants suspendus.
Somna sur MySpace.
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Programme du dimanche 3 février 2008 (Première partie)
Deux des quatre titres de Somna, le 1 (titré 6) et le 4(titré 9), soit environ 15 minutes.
N. B. Pas d'émission les dimanches 10 et 17 février. Reprise le 24. Prochain article le 14 !
31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 22:31
    J'avais l'idée d'une émission autour d'Eve Beglarian depuis le dernier disque de Maya Beiser, Almost Human, qui lui accorde une large place avec les huit mouvements de "I am writing to you from a far off country", longue pièce d'Eve de 2006 associant le violoncelle et le chant à la lecture intégrale du texte de Henri Michaux ("Je vous écris d'un pays lointain" : cf. notamment article du 7 juin 2007). Les matériaux me manquaient jusqu'à ce que je trouve Tell the birds, un disque entièrement consacré à six de ses récentes compositions. La présence d'un titre comme  "Creating the world" et la référence à William Blake dans "The marriage of Heaven and Hell" ont attiré autour de ce noyau un extrait de Dark waters d'Ingram Marshall et des oeuvres de Jah Wobble inspirées du peintre et poète anglais.
   Pour commencer, la musique d'Ingram Marshall, penchée sur les origines mystérieuses du monde. Le compositeur américain, qui a commencé sa carrière par des collages électroniques élaborés, fascinants, est une figure à part, difficile à rattacher à un quelconque courant. Il s'inscrit en fait dans une tradition américaine profondément métaphysique : de la contemplation des grands espaces surgit une musique qui ne cesse de célébrer la magnificence de la Création en même temps que son impénétrable mystère. Depuis plus de dix ans , il associe textures électroniques travaillées par des échos, des filtres,des retards, des boucles et des variations de vitesse avec des instruments acoustiques, solistes ou en plus grande formation. Dans le titre éponyme Dark waters, un cor anglais plane sur les eaux primordiales. Ecoutez-le grâce à cette vidéo, collage à la fois visuel et musical, dans laquelle on entend le début de l'oeuvre (mixée avec d'autres).

Ingram-Marshall-Dark-waters.jpgDark waters ne manquera pas d'évoquer la musique de Tangerine Dream à ses débuts. Ingram Marshall reprend une de ses anciennes compositions, Sibelius in his radio corner, et rend à nouveau hommage au musicien finlandais auteur du Cygne de Tuonela, pièce inspirée par ce cygne légendaire qui glisse au-dessus des sombres eaux séparant le mondes des vivants de celui des morts. Ici, c'est le cor anglais, avec son velouté langoureux, qui incarne le cygne, tandis que la bande enregistrée pose le paysage grandiose, agité de convulsions lentes, parfois troubles, inquiétantes et attirantes à la fois.
  



                                                                                   
 Eve-Beglarian-Tell-the-birds-copie-1.jpg  Née en 1958, Eve Beglarian travaille beaucoup pour des chorégraphes, des performances, répond à des commandes d'ensembles comme le Bang on a Can All-Stars, élaborant une oeuvre elle aussi atypique, résolument loin de tout dogme, de toute école. Elle pratique le collage, utilise l'électronique, et dans le même temps fait appel à des musiciens, des comédiens et des lecteurs lorsqu'elle met en musique des textes poétiques, un des aspects passionnants de son itinéraire.Creating the world, l'un des titres de cet album qui rassemble six créations comprises entre 1994 et 2004, part d'un poème de Czeslaw Milosz, écrivain polonais naturalisé américain à la fin de sa vie, Prix Nobel de littérature en 1980. Le comédien Roger Rees dit le texte tantôt avec une fougue joyeuse, tantôt avec un détachement sarcastique, voire théâtralement comique, en parfaite adéquation avec la verve héroï-comique de ce poème cosmogonique, sur fond d'un immense collage d'échantillons de Mozart, de mélopée orientale, de chant médiéval, de rock, tous d'ailleurs motivés par le poème lui-même, échantillons enveloppés par le travail de l'Ensemble électro-acoustique de Paul Dresher. Une Création haute en couleurs, bigarrée et jubilatoire, ce qui n'exclut pas quelques superbes échappées rêveuses. Robin redbreast, composition plus courte de 2003 sur un poème de Stanley Kunitz, poète américain mort en 2006 à l'âge de cent ans, un des fondateurs de la maison des Poètes de New-York, propose un univers très différent. Le texte est dit-chanté, murmuré, devient mélopée parfois discordante et brisée, sur un bourdon de claviers, tandis que la flute piccolo gazouille pour évoquer cet étrange oiseau échappé peut-être du paradis : "C'était l'oiseau le plus lugubre/ qu'on eût jamais vu, nettoyé/ de toute sa couleur, comme s'il/ s'était tenu sous la pluie/ seul et raide et refroidi/ depuis que l'Eden allait mal." Wonder Counselor, pièce de 1996, est une plongée dans les eaux fraîches de l'Eden : des variations extatiques à l'orgue sur un Graduel du XIIIè siècle, "Res est admirabilis", encadrées par des sons naturels d'oiseaux,  d'eaux agitées et de halètements amoureux. Eve Beglarian donne aux propos d'Isaïe, au chapitre 9, verset 5, "et on lui a donné ce nom, Conseiller-merveilleux, Dieu-fort" leur sens non édulcoré en s'appuyant sur un autre passage de la Bible, au chapitre 30, versets 18 et 19 du livre des Proverbes : "Il est trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi ; et quatre que je ne comprends pas : le chemin de l'aigle dans les cieux, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du navire au milieu de la mer, et le chemin de l'homme dans la femme." A sa manière, on aura compris que ce disque est un livre des merveilles, dont je n'ai évoqué que la moitié je vous le rappelle.
undefined

 
   Bassiste de Public Image Limited de 1978 à 1980, Jah Wobble, né en 1958 comme Eve Beglarian, a poursuivi depuis une carrière solo d'un éclectisme incroyable, collaborant avec des chanteuses orientales, avec Brian Eno, Bill Laswell, se lançant dans des projets improbables comme ce disque inspiré par la peinture et la poésie de son compatriote William Blake. Accompagné de Jackie Liebezeit (du groupe allemand Can) aux percussions, de Mark Ferda aux atmosphères (claviers et autres synthétiseurs...), de Justin Adams à la guitare et de Clive Bell à divers instruments traditionnels, il propose un voyage convaincant et vraiment inspiré dans les poèmes flamboyants de William Blake, dont les textes sont fournis dans le livret, très bien édité. Au début de "Auguries of Innocence", on retrouve notre Robin Red breast (rouge-gorge) évoqué par Stanley Kunitz, qui s'est peut-être souvenu de Blake :
To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

A Robin Red breast in a Cage
Puts all Heaven in a Rage
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Programme du dimanche 27 janvier 2008
Ingram Marshall : Dark waters (piste 1, 17' 05), extrait de Dark waters(New Albion records, 2001)
Eve Beglarian : Creating the world (p.2, 13' 58)
                                   Robin Redbreast (p.3, 4' 57)
                                   Wonder Counselor (p.4, 9' 09), extraits de Tell the birds(New World Records, 2006)
Jah Wobble : Breathing out the world (p.6, 0' 49)
                              Swallow in the world (p.7, 3' 32)
                              The Kings of Asia (p.8, 1' 37)
                              Angel (p.11, 4' 24)
                              Auguries of Innocence (p.13, 6' 54), extraits de The Inspiration of William Blake(All Saints Records, 1996)
Site d'Eve Beglarian, très riche, avec des morceaux à écouter et des MP3 à télécharger, ici.
Bel article consacré à Jah Wobble sur fluctuat.net.
Un site bilingue consacré à William Blake.

22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 09:30
Comme à chaque début d'année, les émissions de la Primitive doivent fournir un classement qui est ensuite envoyé aux maisons de disques avec lesquelles la radio travaille plus particulièrement. J'en profite pour jeter un petit regard rétrospectif sur l'année écoulée et pour affirmer la place singulière d'INACTUELLES, qui, dans le cadre d'une radio affiliée à la Férarock, propose à ses auditeurs un spectre beaucoup plus large, d'où la présence de maisons de disques qui ne nous envoient rien, mais que je trouve importantes.  Le classement tout subjectif qui suit mêle allègrement les genres, avec une prédominance de ce qu'on appelle la musique contemporaine au début de la liste. J'ai un peu déserté les musiques du monde cette année, même si elles ont été présentes çà et là dans ma programmation. Pour plus de détails, je renvoie le lecteur aux articles antérieurs.

Slow-six-Nor-easter-Miniature.jpgMaya-Beiser-almost-human-miniature.jpgMichael-Harrison-Revelation-Miniature.jpgJeroen-van-Veen-Minimal-piano-collection-Miniature.jpgRobert-Wyatt-Comicopera-Miniature-copie-1.jpg


 





§  1/ Slow Six                   Nor’easter                             New Albion Records

§  2/ Maya Beiser             Almost Human                     Koch Int. Classics

§  3/ Michael Harrison     Revelation                            Cantaloupe Music

§  4/ Jeroen Van Veen     Minimal piano collection        Brilliant Classics

§  5/ Robert Wyatt           Comicopera                          Domino Recordings

§  6/ Psykick Lyrikah      Acte                                      Idwet

§  7/ Dominique A           Sur nos forces motrices          Cinq 7/Wagram Music

§  8/ Stephen Scott           The Deep spaces                   New Albion Records

§  9/ Hans Otte                 Stundenbuch                         Celestial Harmonies

§  10/ Devastations           Yes, U                                   Beggars Banquet

§                                                                          
Psykick-Lyrikah-Acte-Miniature-copie-1.jpgundefinedundefinedundefinedundefined





§  11/ Gravenhurst          The Western Lands                Warp Records

§  12/ Fink                        Distance and Time                 Ninja Tune

§  13/ Eluvium                 Copia                                     Temporary Residence

§  14/ Graham Fitkin      Still warm                               Fitkinwall
gravenhurst_the_western_lands-Miniature-copie-1.jpgFink-Distance-and-time-miniature.jpgEluvium-Copia-3-miniature.jpgFitkinwall-miniature.jpgnancy-elizabeth-Battle-and-victory-3-miniature.jpg





§  15/ Nancy Elizabeth    Battle and Victory                   The Leaf Label

§  16/ Tord Gustavsen Trio Being there                         ECM

§  17/ L’Homme-puma                                                   Communication is not

words                       

§  18/ Dälek                      Abandoned Language             Ipecac Records

§  19/ Apparat                 Walls                                      Shitkatapult

§  20/ Colleen                   Les Ondes silencieuses           The Leaf Label

§  21/ Diego Amador       Piano Jondo                            World Village



Que d'oublis, bien sûr. Pas encore écouté le dernier Radio Head, notamment...
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Programme du dimanche 20 janvier 2008
Un ou deux titres de chacun des 7 premiers albums de la liste(sauf Maya, oubliée dans la première version en raison d'une erreur de date sur des conducteurs d'émission !)


Published by Dionys - dans Classements
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 10:39
Devastations-Yes-U.jpgVoilà un peu plus d'un an sortait Coal, second album d'un groupe australien ,  Devastations, qui avait déjà retenu mon attention, mais ce blog n'existait pas encore.  Leur troisième album,  Yes, U, est sorti à la mi-septembre 2007, et je n'avais pas encore pris le temps de vraiment les écouter, si bien que  l'actualité risquait de les recouvrir, cette actualité bulldozer qui nivèle et étouffe sous ses couches épaisses de production massive. Je répare cette injustice : le trio australien (Tom Carlyon : guitare, piano, synthétiseur ; Conrad Standish, chant et basse ; Hugo Cran, percussions) a fait appel à une violoniste et claviériste, Andrea Lee, et à un pianiste et manipulateur de synthétiseurs et autres machines, Nigel Yang, pour livrer une musique à la fois plus noire, lourde et oppressante, glaçante, et traversée de déflagrations brûlantes de lumières comme des chutes de météores enflammés. Tout le début de l'album est superbe, complètement halluciné, sorte de New-wave parfois sépulcralement sensuelle dont les sommets sont Rosa, crescendo électrisé et The Pest, lents tournoiements de brouillards vénéneux où Conrad Standish donne la pleine mesure de sa voix. La suite n'évite pas toujours les pièges d'une joliesse qui a du mal à passer après de telles fulgurances, mais on leur pardonne : les voilà déjà très haut ! Une vidéo de Rosa, en concert en Suisse, montre l'énergie concentrée des Australiens.
Bang-on-a-can-Renegade-Heaven.jpg
Le compositeur allemand Arnold Dreyblatt a l'oreille sensible : c'est à partir de motifs rythmiques perçus dans le mauvais fonctionnement d'escalators de Bruxelles en 1987 qu'il conçoit une oeuvre en collaboration avec un percussionniste, puis pour son Orchestra of Excite
Bang-on-a-Can.jpgd strings. La version pour l'ensemble Bang on a Can intègre cymbalum, guitare électrique préparée, violoncelle, percussions, saxophone et cordes basses "excitées" préparées par les interprètes eux-mêmes. Le résultat est une pièce trépidante qui enchaîne des couleurs et des timbres comme on monte des marches, sans doute pour escalader le ciel rénégat promis par le titre de l'album.
De gauche à droite : David Cossin, batterie et percussions ; Robert Black, basse ; Evan Zyporin, clarinettes ; Lisa Moore, piano et claviers ; Wendy Sutter, violoncelle (elle remplace Maya Beiser) ; Mark Stewart, guitares.
undefinedPrécisons que Lisa Moore est australienne..On retrouve l'Allemagne et l'Australie avec l'interprétation du Stundenbuch de Hans Otte (cf.articles précédents) par le pianiste australien Roger Woodward, connu notamment pour ses enregistrements des Nocturnes de Chopin ou des Préludes de Debussy, et "Australian Living Treasure". Woodward donne de ce cycle qu'il célèbre avec enthousiasme sur la pochette une version un peu plus longue que celle de Otte, sur un Bösendorfer. Voici sa présentation du Livre d'heures, que je laisse en anglais pour le moment :
"In a universe of exalted, fragmented but delicately-balanced sonorities, the audacious design of time-suspended galaxies in Otte's highly-intimate, miniature-art and enigmatic but constant shift of movement and mood, form four books in twelve parts each, to span a golden arc extending from prima and seconda prattica to the sonnets of Shakespeare; divine melodic genius of Mozart; inscrutable logic of late-Beethoven; Elysian fields of Schubertian Ländler and Chopinian cantilena of the Nocturnes, in poetic homage and as an inclusive part of his magnificent North-German inheritance."
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Programme du dimanche 13 janvier 2008
Devastations : Black ice (piste 1, 5' 36)
                                 Oh me, Oh my (p.2, 7' 40)
                                 Rosa (p.3, 5' 10)
                                 The Pest (p.4, 5' 51), extraits de Yes, U(Beggars Banquet, 2007) Quelques morceaux à écouter sur MySpace. A noter que leur résidence habituelle est Berlin...
Arnold Dreyblatt : Escalator (p.2, 11' 15), extrait de Renagade Heaven(Cantaloupe, 2000) par le Bang on a Can All-Stars.
Hans Otte : Livres III et IV (p.25 à 48, 27' 50), extraits du Stundenbuch(Celestial Harmonies, 2007). Au piano, Roger Woodward (site ici)