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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 21:09
    Un brin de folk pour commencer, c'est rare sur Inactuelles ! Le premier disque, sans titre, d'un groupe norvégien, Adjagas, ne manque ni de fraîcheur ni d'intérêt. Les voix acidulées de Lawra Somby (l'homme) et de Sara Marielle Gaup (la femme) nous entraînent vers la Laponie, la culture du peuple sami, vieille culture qui a traversé les âges en s'habillant avec intelligence et discernement de quelques ornements modernes. Guitare acoustique, banjo ou ukulélé voisinent avec clavier, cuivres et même synthétiseur. Ces chants traditionnels, issus de la tradition chamanique, en évoquent d'autres, d'Asie ou d'Amérique, sans trop tomber dans les ritournelles fatiguées auxquelles un certain folk a pu nous habituer. Au beau milieu d'un air, la mélodie s'interrompt, se suspend, s'aère pour des moments de vraie grâce fragile et imprévue ; le ron-ron cède la place à la musique, en somme !
   Après les samis, un puma, rien ne va plus ? Nous n'allons pourtant pas en Amérique, territoire de ces grands chats, ni au cinéma voir "L'incroyable homme-puma", mais l'objet arrive bien d'une autre planète comme le personnage du film. L'Homme-puma, né en 2005, regroupe des musiciens français qui créent un univers hybride, ancré dans le rock, voire le hard-rock, mais traversé de courants bruitiste, dub, électronique, émaillé de collages très divers. Le résultat est un disque étonnant, fort, halluciné, qui sonne comme un acte de révolte contre l'uniformisation : la phrase "Bienvenue aux Etats-Unis d'Amérique" hante  l'oeuvre, chantée entre hurlements et murmures, simples déclamations, en français  (alors que des échantillons de textes anglais servent parfois de fond). Un disque que j'associerais volontiers, en dépit des différences, avec  Des lumières sous la pluie, du groupe rennais
Psykick Lyrikah
(à écouter absolument si vous ne le connaissez pas encore !) Précipitez-vous sur son site , comme lui vous grimperez aux arbres !
  Fin de la première partie avec une compilation très inégale, qui renferme toutefois trois titres excellents, entre drum & bass et électro, où l'on retrouve Mark Pritchard  (cf.article du 17 mai), décidément un artiste à suivre, et les Strabourgeois d'Outlines, qui s'apprêtent à sortir un album.
   Deuxième partie consacrée à deux immenses créateurs (cf.article suivant)
Adjagas : Lavvu vuovddis (piste 8, 1' 48)
                   Suvvi ljat (p.9, 5' 25), extraits de l'album éponyme (ever records, 2007)
L'Homme-puma : 6h22 un 20 septembre (p.5, 2' 01)
                                  Solidaire dans la déchéance (p.6, 5' 25)
                                  Eloge des petites mains (p.10, 7' 14), extraits de l'album éponyme (Communication is not words, 2007)
State River Widening : Cottonwood (p.3, 4' 51)
Mark Pritchard/Steve Spacek : Turn it on (p.7, 6' 21)
Outlines : Listen to the drums (p.10, 6' 52), trois extraits de la compilation Broacasting.. de Jazzanova & Dirk Rumpff (Sonarkollektiv, 2007)

24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 21:16
So percussion est un ensemble de percussionnistes américains composé de Adam Sliwinski, Jason Treuting et Lawson White, noyau auquel peuvent s'adjoindre un ou deux autres percussionnistes ou/et instrumentistes, programmeurs. Il a commencé sa carrière discographique avec un enregistrement de Drumming, la monumentale pièce pour percussions de Steve Reich. Le programme de l'émission propose d'associer leurs albums suivants, le troisième et dernier en date, intitulé Amid the noise (que j'ai fait figurer dans le classement 2006 avant de le diffuser), et le second, consacré à deux compositeurs de Bang on a can, David Lang et Evan Zyporin. Le dernier opus marque un tournant, puisque le groupe joue la musique de Jason Treuting.C'est la confirmation d'un ensemble extraordinaire de précision, de musicalité, de fraîcheur. Ils jouent d'à peu près toutes les percussions existantes, en ajoutent d'autres de leur fabrication, sont épaulés par un programmeur et une ou deux guitares électriques sur quelques morceaux. A chaque fois surgit un univers sonore coloré, sculpté dans les moindres détails, qui a fini par évoquer pour moi les jardins japonais, d'où l'idée de "fleurs percussives" : beauté des matières, des espaces, des jaillissements maîtrisés dans ces pièces dont la durée varie entre deux minutes trente et sept minutes. Les parties II et III des So-called laws of nature (ample composition au hiératisme somptueux déjà diffusée avant la création de ce blog) de David Lang ont été enchâssées dans cet écrin. "September", le cinquième titre du dernier album, impressionnant dans son impeccable progression, son ascèse, a tout naturellement amené la programmation de quatre des Six Japanese Gardens, cycle pour percussions et électronique de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho. Pour finir, je suis revenu à l'anthologie de la Red Bull Music Academy (cf. article du 17 mai) avec deux titres, le premier d'une jeune compositrice turque, Zeynep Erbay, le second de Roberto Auser, dj et producteur qui travaille à Rotterdam.
So percussion : June (piste 1, 3' 45)
                               White (p.2, 3' 56)
                          Work Slow Life (p.3, 3' 32), extraits de Amid the noise(Cantaloupe, 2006)
David Lang : The so-called laws of nature, part II & III (p.3 et 4, environ 21'), interprété par So percussion (sans titre, Cantaloupe, 2004)
So percussion : What the hell (p.7, 4' 43)
     Fire escapes (p.9, 3' 46)
     September (p.5, 4' 08), extraits de Amid the noise
Kaija Saariaho : Tenju-an (p.6, 3' 50)
Many pleasures (p.7, 1' 28)
Dry mountain steam (p.8, 3' 21)
Rock garden (p.9, 3' 52) extraits de Private gardens, publié sous le titre Prisma avec un CD-Rom (Naïve, 1999)
 
Zeynep Erbay : Flowers (cd1, p.2, 3' 04)     Roberto Auser : Flight 101 (cd1, p.6, 6'), extraits de la compilation Red Bull Music Academy/ Various Assets, qui vient de sortir ( voir article précédent) .
 
Pour finir, signalons que "So" est une forme d'un verbe japonais que l'on peut traduire par "jouer". Kaija, devant ce qu' on pourrait croire des rideaux de scène, est telle une magicienne devant son oeuvre, mystérieuse, sensuelle, aux textures oniriques, qui allie si profondément la pâte acoustique des instruments et les chatoiements de l'électronique : que la musique joue !
 
Au jardin des percussions                 
Les fleurs explosent     lentement
Dans la brume traversée de lances
Une goutte
Tombe
Pas d'éclaboussure
Elle tombe
Dans l'éternité
Les pétales se cassent en silence
L'espace est enlacements d'aciers
Au centre secret des vibrations
Le temple

17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 17:35
   Les musiques électroniques se portent bien. En témoigne notamment la Red Bull Music Academy qui, vous vous en doutez, n'a rien à voir avec une autre académie trop médiatisée. Depuis 1998, animée par de célèbres Djs, elle réunit une soixantaine de participants sélectionnés parmi plusieurs milliers de candidats dans des ateliers internationaux qui leur permettent d'échanger, de mettre en commun leurs idées et de s'interroger sur les problèmes concrets de production et de commercialisation. La sélection de Melbourne 2006 est arrivée, une compilation de deux cds (pas de visuel pour le moment), dont l'émission du 13 mai a diffusé trois extraits :
Ana Suda (An on Bast) : Just blast (cd2, p.4, 3' 58)  Elle propose ici une musique synthétique délicate, qui joue des contrastes entre grignotements et rythmique hypnotique de cloches.
Cette polonaise a sorti son premier album Welcome scissors en mai 2006.Nous sommes accueillis sur son site par un arbre magnifique : vous pourrez écouter d'autres extraits de cette oeuvre étonnamment organique.
Mark Pritchard (Harmonic 313) : Call to Arms (cd1, p.5, 4' 38) De la techno flamboyante, spatiale et inspirée par un artiste aux nombreux pseudonymes.
Richard Eigner : Concrete leaves (cd2, p.12, 4' 51) Une oeuvre exigeante,  imprégnée de musiques contemporaines, comme le reconnaît cet autrichien amateur de Morton Feldman, Ligeti ou Arvo Pärt.
   La scène allemande nous offre deux parutions d'artistes déjà confirmés.

Apparat : Not a number (p.1, 3' 59)
                   Hailin' from the edge (p.2, 3'39)
                   Useless information (p.3, 4' 04)
                   Birds (p.8, 5' 03) extraits de Walls (Shitkatapult, 2007)
   Apparat est le pseudonyme du batteur Sascha Ring, qui a commencé sa carrière de DJ dans les années 90 à Berlin. Dans la mouvance d'Aphex Twin ou de Radio head, il a déjà plusieurs albums à son actif. Celui-ci sort sur son label Shitkatapult fondé en 1999. L'album précédent, Orchestra of bubbles, est sorti en 2006 en duo avec Ellen Allien, une des reines de la techno berlinoise, laquelle propose le trente-quatrième mix de la série Fabric, du club de Londres du même nom. Beaucoup d'invités, où l'on retrouve encore Thom Yorke...(pas diffusé ce soir).

Ellen Allien : Don't believe the chord (Schubert-S1, p.1, 5' 13)
                        Jamie Jones' Pacific Mix (EStro-Driven, p.3, 6' 06)
                        Tu y yo (Damian Schwartz, p.4, 2' 23)

                        Aaltovaihe (Aste-Maan, p.10, 1' 36)
                        Just a woman (Ellen Allien, p.12, 3' 10), extraits de Fabric 34(Fabric London, Pias 2007).
Un oublié (en ce qui me concerne, pas pour tout le monde) de 2006, un excellent duo anglais entre Massive Attack et...folk cold wave :
Various : Thuunk (p.1, 2' 22)
                  Circle of sorrow (p.2, 4' 31)
             Soho (p.5, 5' 02), extraits de The World is gone(XL Recordings, 2006), disque à la belle pochette et aux visuels érotico-animaliers.Circle of sorrow, avec sa mélodie ensorcelante interprétée par une mystérieuse voix féminine est un des titres magiques de cet album imprévisible.


                       
    

              
8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:28
Jeoren van Veen piano minimalisme contemporaine   En ce dimanche où l'actualité triomphe, il aura pu paraître incongru de diffuser une musique aussi déconnectée de tout que celle d'Alvin Curran. Mais justement, il me semble urgent, vital, d'inviter la musique de la long(ue) distance (ce beau nom de label..) dans le débat, de creuser les apparences pour retrouver le réel enfoui sous le spectacle. Né én 1938, Alvin Curran étudie avec Elliott Carter, fréquente Morton Feldman, John Cage, fonde l'ensemble Musica Elettronica Viva avec Steve Lacy, Richard Teitelbaum et Frédéric Rzewski, ensemble qui, entre 1966 et 1971, se livre à de très libres improvisations. Compositeur éclectique, il écrit des oeuvres instrumentales, électroacoustiques, crée des pièces radiophoniques, réalise des installations sonores qui relient plusieurs pays, collabore à des ballets, bref est incontournable dans l'univers des musiques nouvelles, innovantes, sans pour autant jouir de la notoriété d'autres compositeurs américains de sa génération comme Steve Reich par exemple. C'est que l'artiste rebondit sans cesse, étonne par des projets imprévus ou difficiles à médiatiser, déjoue toutes les étiquettes. A des musiques explosives, tonitruantes, succèdent des compositions méditatives. A côté des collages qui mêlent bruits, cris, cornes de navire, sections déchaînées de cuivres rutilants, il y a la musique pour piano, déjà entendue dans cette émission(voir le 18 février pour un disque magnifique..), trop peu entendue pourtant. Il y a ces Inner Cities, ces onze pièces d'une durée totale d'environ quatre heures trente que le pianiste flamand Daan Vandewalle aime interpréter intégralement dans certains festivals, réunies dans ce coffret de quatre disques (avec livret en français, distribué par Harmonia Mundi) sorti en 2005. Les quatre premières font l'objet de cette première émission spéciale. Trois pièces méditatives,chacune d'une durée comprise entre vingt et trente minutes, et une quatrième pour piano-jouet d'un peu plus de sept minutes : le début d'un cycle majeur, l'un des premiers monuments de la littérature pour piano du vingt-et-unième siècle après les études de Pascal Dusapin. J'ai pensé d'abord à Morton Feldman, pour cette manière de dérégler le temps, de le distendre de l'intérieur, à John Cage pour la fabuleuse liberté, légèreté d'une musique qui semble toujours improvisée, naissante, insousieuse de sa fin, à Gurdjieff pour sa simplicité, sa limpidité confondante, et puis je n'ai pensé à rien qu'à la musique...Compte-rendu d'une Expérience, ces quelques mots :
  Où vont ces notes, ces sons que la nuit égrène du bout de ses doigts aventureux ? Nul projet, pur jet, dépot de notes rejouées à satiété. Musique obstinée qui glisse dans les failles pour troubler l'inconnu, surprendre les secrets du dedans. Inner Cities, labyrinthes éclos au détour de quatre notes qui ne formaient qu'à peine une mélodie. Rien ne se joue, tout se déjoue, se troue.La musique est avènement, pure et miraculeuse immanence pour qui s'y abandonne dans l'oubli de tout. Il faut accepter de ne plus rien attendre pour que tout nous soit donné par surcroît, par surprise. Alors qu'on pense entendre les pas feutrés de la mort, on découvre les vertus du silence, prélude aux jaillissements cristallins, aux grappes résonnantes, aux escaliers martelés du descendre dans la spirale vertigineuse du moi. Balbutiements sublimes, tâtonnements féconds zébrés de fractures qui nous échouent soudain sur des plages inconnues traversées dirait-on par les sources radieuses de l'Energie.
 
Pour écouter de (trop)brefs fragments du cycle ou d'autre oeuvres d'Alvin, cliquer ici.
Published by dionys - dans Alvin Curran
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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 09:32
Pourquoi un classement, ou plutôt un bilan si tardif ? Certains disques sortis en 2006 ne nous parviennent que maintenant, et ce n'est pas fini. La frilosité des disquaires dans le domaine de la musique contemporaine est telle qu'il faut passer par internet pour se tenir au courant, d'où des retards bien compréhensibles.  De surcroît, le nombre toujours plus important de parutions rend la tâche du chroniqueur redoutable. Le matraquage publicitaire, comme ailleurs, diminue la visibilité d'artistes majeurs. Dans un tel contexte, on comprendra ce bilan subjectif et nécessairement incomplet comme un acte de résistance à la massification, à l'uniformisation, au décervelage organisé par des publicitaires et des distributeurs qui méprisent le public en lui servant une soupe insipide, et comme un hommage aux maisons de disques audacieuses et à tous ceux qui soutiennent une création diversifiée, originale et...singulière ! Inactuelles est nanochevik à sa manière (voir le lien : "un blog très singulier").
    1. Ingram Marshall : Savage Altars (New Albion Records)

    2.
Thom Yorke : The Eraser (XL Recordings)
         

    3. So Percussion :  Amid the noise (Cantaloupe Music)
   

    4. Maman : In and out of life

    5. Phelan Sheppard : Harps old master (The Leaf Label)

  
   
6. Matt Elliott : Failing songs (Ici d'ailleurs/Discograph)
    

   
7. Headphone : Two stories high
(Ici d'ailleurs/Discograph)

Liste à compléter, ceci n'est qu'une première ébauche.
Published by dionys - dans Classements
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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 21:55

Les ondes silencieuses du langage abandonné sous des arbres géants sont l'hymne national de nulle part. La kora et la viole de gambe s'invitent, tandis que des voix très nues retissent les racines oubliées de l'émotion.

La harpe-chevalet mandingue, instrument africain noble joué autrefois uniquement pour les rois, a conquis Yann Tambour, guitariste initiateur du projet de rock indépendant "Encre". En 2004, le maxi "Marbres" contenait déjà un hommage à l'un des maîtres de la kora, Toumani Diabaté. Depuis, il s'est approprié la kora à sa manière et en a fait l'instrument-roi de son nouveau projet solo, présenté ci-dessous.



Thee, Stranded Horse :
So goes the pulse (piste 1, 2' 38)
                                             Misty mist (p.2, 2' 09)
                                             Le sel (p.3, 6' 47)
                                             Churning strides (p.5, 4' 27)
       extraits de Churning strides(
Talitres/Differ-ant, 2007).Ce disque intimiste, délicat, chanté du bout des lèvres, enchaîne des ballades d'une envoûtante splendeur : la kora surtout, mais aussi la guitare sèche, nous emportent très loin. Ô toi, cheval échoué dans des sables immémoriaux, nous te chevaucherons encore, le sais-tu ?
Apostle of Hustle : My sword hand's anger (p.1, 3'13)
                                         The naked & alone (p.3, 4' 35)
                                         Rafaga (p.6, 3' 58)
               extraits de National anthem of nowhere(Arts & Crafts productions, 2007)(écoute d'extraits sur ce site). Cette formation torontoise est dirigée par Andrew Whiteman, guitariste appartenant au collectif Broken social scene. Après un premier disque sorti en 2004, le groupe propose un album pop chatoyant, réchauffé par quelques ambiances latines. Le titre 6, Rafaga, met en musique un poème de Federico Garcia Lorca, tandis que le 9 est dédié à Victor Jara, membre du parti communiste chilien proche de Salvador Allende, qui fut arrêté, torturé et assassiné. J'applaudis au titre de l'album en ces temps de retour des identités nationales blindées...

Colleen : Le labyrinthe (p.2, 5' 15)
                  Les ondes silencieuses (p.4, 6' 09)
                  Blue sands (p.5, 5' 17)
     extraits de Les ondes silencieuses(The Leaf Label, 2007). Encore une belle parution de The Leaf Label ! C'est le quatrième disque de Cécile Schott, musicienne française, sur ce label anglais passionnant (Efterklang, Phelan Sheppard, défendus ici). Sa rencontre avec la viole de gambe remonte au film Tous les matins du monde, consacré à la vie du maître du XVIIè de cet instrument, Marin Marais. La musique se développe dans la magnificence des sonorités sensuelles de la viole, relayée parfois par la clarinette, l'épinette (un instrument proche du clavecin), et des verres, des cloches. Etirements, volutes, échos démultipliés, vagues à la profondeur infinie : dans le labyrinthe, les sables sont bleus. L'univers sonore d'Alain Kremski n'est pas si loin, c'est tout dire. L'un des disques du mois, de l'année, à ne pas manquer. Le site de Colleen permet une généreuse écoute des précédents albums.
  Petite pause inspirée par Colleen, fournie par le blog d'une émission portugaise soeur :

up into the silence the green / silence with a white earth in it // you will(kiss me)go // out into the morning the young / morning with warm world in it // (kiss me)you will go / on into the sunlight the fine / sunlight with a firm day in it // you will go(kiss me // down into your memory and / a memory and memory // i)kiss me(will go)
e.e.cummings

 

Dälek : Paragraphs relentless (p.3, 5' 33)
          
Content to play villain (p.4, 5' 21)
          
Lynch (p.5, 5' 25), extraits de Abandoned Language(Ipecac

 

 

Records, 2007).Un album entre hip-hop et musique industrielle, aux atmosphères oppressantes, dans la lignée d'un Uzul prod. Lynch rôde, c'est indéniable, et c'est habité, hanté jusque dans les moindres recoins de ces nappes pulsantes.


Efterklang : Towards the bare hill (p.4, 3' 10)
                         Jojo (p.5, 6' 52)
  extraits de Under giant trees(The Leaf Label, 2007) (cf émission du 25/03/07)

P.S. Pas d'émission les dimanches 15, 22 et 29 avril. Reprise dimanche 6 mai. Cure de silence pour mieux entendre la musique...


 

 

 

         

    

 


2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 13:50
      Graham Fitkin, pour moi, c'était devenu au fil des années surtout Slow, un morceau de plus de vingt minutes qu'un ami m'avait enregistré sur une cassette. Le disque n'était déjà plus disponible. Je l'avais laissé passer, on ne saurait tout acheter, n'est-ce pas ? Je ne pouvais écouter l'enregistrement que sur un appareil radio-cassette dans la cuisine. J'écoutais Slow en faisant des tartes, en épluchant des légumes, et chaque fois la magie opérait, même avec ce son de piètre qualité. Le temps se dilatait, j'aurais pu cuisiner des heures : pâte à tarte et pâte sonore, en somme, faisaient bon ménage. L'énergie vibrante et mystérieuse de cette musique, je suis sûr qu'on la retrouvait dans les plats qui sortaient alors de mes mains. D'autres musiques sont venues me distraire, m'incanter. Je n'ai jamais oublié Slow. Depuis quelques jours, je l'ai même retrouvé, le CD avec son livret, par internet. L'évidence s'est imposée : je devais consacrer au moins une émission, et un article, à Graham, dont j'ai aussi retrouvé la trace.Car sa musique, après la suppression du label Argo, chez Decca, avait disparu des bacs. Je le croyais en panne d'inspiration. Sont rassemblés  ici des extraits de trois des quatre disques publiés chez  Argo dans les années  90.
Graham Fitkin  Aract  (piste 1, 2' 45
                                Fervent (p.2, 14' 58)
        extraits de  Hard Fairy(Argo,  1994)  Graham en duo de pianos avec  Eleanor Alberga sur Aract, puis seul sur  Fervent. Fougue et intériorité, exubérance et mélancolie alternent selon la manière caractéristique de ce compositeur britannique né en 1963 , qui a travaillé aux côtés de  Louis Andriessen aux Pays-Bas entre 1984 et 1986 avant de fonder à son retour en Angleterre le Nanquidno Group, ensemble qui réunissait quatre pianistes sur deux pianos. La formation fut dissoute en 1990, mais Graham a beaucoup écrit pour un ou plusieurs pianos. Plutôt constructiviste que coloriste, il aime le piano pour sa neutralité. S'il utilise parfois des structures répétitives ou des processus, l'étiquette de minimaliste ne lui convient guère. Il joue de motifs brefs et contrastés qu'il juxtapose dans des structures élaborées : les pièces courtes peuvent évoquer Erik Satie ou Federico Mompou, hors du temps, tandis que les oeuvres longues n'appartiennent qu'à lui.
                                 Log (p.1, 17' 24)

             extrait de Log, Line, Loud(Argo, 1992), est un bel exemple du style Fitkin. Oeuvre pour six pianos interprétée par le Piano Circus, formation créée en 1989 pour exécuter Six Pianos de Steve Reich, Log enchevêtre de nombreux motifs en une structure au dynamisme incroyable troué çà et là de repos élégiaques. D'une beauté frénétique et vivifiante !!

                                  Slow (p.3, 24' 51), extrait de Slow, Huoah, Frame(Argo, 1992) Une constante tension née de la juxtaposition méthodique de nappes d'orgue extatiques, de brisures nerveuses des cordes, et d'une ligne de violoncelle au lyrisme ensorcelant fait de Slow une oeuvre inoubliable. Aujourd'hui encore, et je troquerais toutes les Neon Bible du moment pour emporter Graham sur une île déserte !
   Pour entendre de (trop)brefs extraits des musiques de Graham Fitkin, vous pouvez consulter son site, rubrique  "Music" "Listen" sur la gauche.
Published by dionys - dans Graham Fitkin
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 10:39

Douces collines, âpres collines que le vent balaye...Où sont les chevaux fous poudrés d'écume et d'algues, les arbres géants tordus par le vent ? Les plaintes des fougères se mêlent aux voix des marins ivres d'amour. Eli, Eli, lama sabachtani ?


Efterklang :
Falling horses (piste 1, 7' 10)
                       Hands playing butterfly (p. 3, 4' 29)
          extraits de Under giant trees (The Leaf Label, 2007), mini-album qui sort début avril. Le premier disque de ce groupe danois basé à Copenhague, Tripper, enregistré en 2003 et paru en 2004, a été très bien reçu. Formation à géométrie variable autour d'un noyau de cinq musiciens et d'un réalisateur de film, elle allie cordes et cuivres, piano, percussions, voix ou choeur, une touche d'électronique pour construire une musique au lyrisme ample, rêveuse et lente. Des titres comme Falling horses ou Towards the bare hill ne sont pas sans évoquer la musique bouleversante de Matt Elliott.
   La pochette de l'album, si colorée, si naïve, reflète  la polyphonie chorale et chaleureuse d'une véritable musique de chambre.
La photographie trouvée sur leur site, en accord avec leur univers monochrome, à la fois lumineux et désolé, me permet de faire la transition avec une compositrice au mysticisme saisissant.
Sofia Gubaidulina : Sieben Worte (p.1 à 7, environ 35'), 1982, pour bayan, violoncelle et cordes.
    extrait de Sieben Worte/ Zehn Präludien/ De Profundis (ECM New Series, 2002)
              
In Erwartung (p.12, 14' 19), 1994, pour quatuor de saxophones et six percusionnistes.

    extrait de Mysterious morning (Alpha, 2001) Née en 1931 dans la République Tatare (URSS), Sofia Gubaidulina, qui a étudié la composition aux conservatoires de Kazan et de Moscou, a très vite été jugée hétérodoxe par le milieu musical soviétique. Dimitri Chostakovitch lui a toutefois conseillé de persister dans sa voie. Co-fondatrice d'un ensemble qui improvisait sur des instruments traditionnels et rituels russes, caucasiens et asiatiques rares, elle a pu personnaliser des techniques musicales contemporaines et se forger un style propre, éloigné de tout dogmatisme. Autorisée à voyager à l'Ouest pour la première fois en 1985, elle a obtenu une reconnaissance internationale. Depuis 1992, elle réside principalement près de Hambourg. Dans Sieben Worte, elle s'inscrit dans le sillage des rares compositeurs qui ont osé se confronter à la mise en musique des sept dernières paroles du Christ en croix, comme Heinrich Schütz ou Joseph Haydn. Profondément religieuse, elle a tenté de faire exprimer aux instruments ce qui ne peut être ni chanté, ni dit, en écartant tout jeu virtuose ou toute pratique concertante à l'ancienne. Le violoncelle symbolise ce qui est "haut", tandis que le bayan, accordéon de concert russe qu'elle a contribué à perfectionner, symbolise le "bas", le terrestre humain : ils dialoguent, se fondent pour rendre sensible la double nature du crucifié. Musique d'une intensité déchirante, traversée de moments de beauté illuminée, que les cordes emportent de leurs battements d'ailes.
    Le second morceau, interprété par le quatuor de saxophones Habanera, fait alterner violence et sérénité, "dans l'attente" du jour de la colère : Dies irae étonnant par la place des percussions, qui entretiennent un climat de mystère et de magnificence. Décidément, ce disque Mysterious morning s'avère indispensable !

Under Byen : Mere af det samme (p.8, 1' 41)
                          Liste over sande ve (p.10, 2' 09)
                          Palads (p.11, 4' 08)
         extraits de Samme Stof Som Stof (Telescopic/Discograph, 2006) Un deuxième groupe danois pour finir l'émission. Entre rock épais, avec dérapages frénétiques, et envolées instrumentales élaborées où se rejoignent piano, violoncelle, clarinette, orgue et la voix délicieuse de
Henriette Sennenvaldt, voilà un nouvel exemple de la vitalité et de l'originalité de la scène danoise. Sur leur site officiel, vous pouvez téléchargez quelques morceaux.