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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 11:12
Jaan Rääts - Complete Piano Sonatas 1 par Nicolas Horvath

   Le Sacre de l'énergie

   Vous avez dit l'Estonie ? On vous répond au mieux Talinn... et Arvo Pärt dans le domaine musical. Les mélomanes avisés mentionneront peut-être Erkki-Sven Tüür. Mais qui, en France, prononcerait le nom de Jaan Rääts ? Pourtant, ce compositeur né en 1932, longtemps professeur à l'Académie de musique, est l'auteur d'un catalogue impressionnant, essentiellement dans le domaine instrumental : musique de chambre, pour orchestre, pour piano. Aussi la rencontre entre le pianiste Nicolas Horvath, ambassadeur fougueux de cet instrument et défricheur infatigable des musiques d'aujourd'hui, et Jaan Rääts était-elle quasiment inévitable, d'autant plus que l'estonien revendique hautement sa liberté musicale : « Je n'aime pas les systèmes rigides, affirme-t-il. J'aime absorber le matériau musical, le filtrer, développer son potentiel émotionnel là où c'est nécessaire. Je l'utilise comme un tremplin pour mon imagination... » Je ne m'évertuerai donc pas à lui accrocher une ou plusieurs étiquettes, ce à quoi se réduit parfois la critique musicale qui en profite pour nous assener ses derniers anglicismes agressifs, manière faussement innocente de nous prouver qu'elle est à la pointe de la pointe des nouveautés. Je vous invite tout de suite à la lecture du beau livret - bilingue dont notre belle langue - qui propose une analyse musicologique abordable, très juste. Pour ma part, au lieu de prendre les sonates chronologiquement comme le fait Ed Distler, compositeur et pianiste auteur du livret, je les aborderai au fil du disque.

   En effet Nicolas Horvath, qui a préparé ce premier volume avec le compositeur, a choisi de commencer son programme par la neuvième sonate. Le premier mouvement est comme un coup de tonnerre : répétitions obstinées d'accords, arpèges tourbillonnants, qui se résolvent par moments en micro séquences élégiaques vite emportées dans le déluge pianistique . Un hymne aux forces vitales qui n'exclut pas comme un éloge du mystère. Ô comme cette musique fait du bien, nouveau sacre du printemps pour le piano ! Le second mouvement reprend en mineur les thèmes du premier pour une promenade incantée par des boucles minimalistes et des afflux d'énergie : miracle d'une écriture libre, aérée, aux incroyables beautés mélodiques inattendues. Le dernier mouvement est au croisement des deux premiers, torrentueux, faillé par des staccatos puissants, des falaises de notes répétées : la puissance accouchant d'instants de grâce. Il y a du volcan chez Jaan Rääts. La musique jaillit comme un feu d'artifice sublime : quoi de mieux pour ouvrir un album ?  Les six minutes de de dixième sonate, en un seul mouvement, offrent comme un condensé de l'univers de Rääts : transitions abruptes, contrastes puissants, surgissements de sources vives avec arpèges éblouissants, moments de calme et d'ironie sereine, dissonances et répétitions explosives à faire pâlir de jalousie le pulse reichien. Cette musique est aux antipodes de la musique de salon. C'est une musique sauvage, une bête indomptée, fantasque et fascinante justement par le jeu de sa libre souplesse. C'est une musique généreuse, dispensatrice d'une joie extraordinaire !

   La suite de l'album reprend les sonates dans l'ordre, de la première à la quatrième. et l'on s'aperçoit, à l'écoute de la numéro 1, de la fantastique liberté à l'œuvre dès l'origine. Avec son premier mouvement qui court sur une seule ligne mélodique non accompagnée, comme un équilibriste grisé par sa folie, elle bouscule pourrait-on dire tous les attendus, tandis que le second déploie une veine sombre, très lente, dramatisée par de puissants accords plaqués et une sorte d'éclatement du tissu mélodique, paradoxalement enchantée par des retours lancinants, poignants. Le trio, comme le remarque Jed Distler, évoque en effet par moment la virtuosité ébouriffante des études pour piano mécanique de Conlon Nancarrow, mais disloquée par des bouffées extatiques et des accès de douceur, une cavalcade effrénée. La seconde sonate est tumultueuse à souhait, étincelante, obstinée, rageuse, et un brin mystérieuse, à mi-chemin du ragtime et de Janàček (oui, Jed Distler !). Avec un troisième mouvement noble et grave, à l'intensité croissante, d'une confondante beauté hypnotique !! La troisième sonate commence de manière dramatique par des accords hiératiques avant de développer une langueur vite réinvestie par une marche solennelle, alors que le second mouvement est vif-argent, espiègle canon qui cède la place à un adagio fragile et mystérieux, puis  un allegro étourdissant curieusement troué par quelques secondes à la Morton Feldman.

L'album se termine avec la quatrième sonate "quasi Beatles" : c'est un régal de virtuosité allègre, joyeusement dissonante parfois. Musique folle, qui martèle jusqu'à l'outrance certains motifs, en écho notamment à " A Day in the Life" de l'album Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band. Quelle jubilation ! Un orage magnétique, des gerbes éblouissantes !

   Un disque magnifique à la prise de son impeccable, servi par un Nicolas Horvath que l'on sent dans son élément, inspiré, serviteur passionné de l'énergie du Balte. À écouter sur une bonne chaîne si possible, il faut le répéter dans ce monde envahi par les formats compressés.

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Paru en 2017 chez Naxos, Grand Piano / 18 plages / 51' minutes environ.

Pour aller plus loin :

- un court extrait de la sonate n°4 en écoute ici.

- Nicolas Horvath joue Rääts  lors de la Nuit blanche à La Philharmonie de Paris. Une nuit blanche consacrée à Philip Glass, mais il y joue l'estonien à 35'55 et 1h12'31'' pour être précis.

Programme de l'émission du lundi 3 juillet 2017

John Cage : In a Landscape

Erik Satie : Gnossienne n°3 (Pistes 1 & 5, 16'37, extraits de Statea (InFiné, 2016) par Murcof & Vanessa Wagner

Jaan Rääts : Piano sonata n°10 (p. 4, 6'08)

                              Piano sonata n°1 (p. 5 à 7, 11'13), extraits de Complete piano sonatas vol.1 (Naxos / Grand Piano, 2017)  Piano : Nicolas Horvath

Norman Westberg : Homeset trunc (p. 2, 20'20), extrait de Jasper Sits Out (Room40, 2017

16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 20:49
Rougge - Monochrome

   Un grand piano, une voix qui s'envole, prononçant les syllabes d'une langue inconnue. C'est Rougge, artiste nancéien, et c'est son deuxième disque, Monochrome, huit ans après Fragments, sorti en 2007. Il s'agit encore de fragments numérotés sans qu'on sache à quel ordre secret cela renvoie. Peu importe. On est emporté. C'est une promenade qui devient une invocation, une incantation. Le piano insiste, martèle, sonore ou grondant, tandis que la voix de contre-ténor monte, descend, murmure. Quel saisissement ! Comme si la voix détachait des lambeaux d'infini...depuis un ailleurs soudain si proche. La trame mélodique, d'inspiration minimaliste, enveloppe l'auditeur dans un réseau de motifs serrés, volontiers répétés ostinato, d'où l'ambiance vite envoûtante. La voix dérape parfois de sa tessiture pour prendre des accents d'une extraordinaire douceur avant de repartir dans une suavité farouche. Comment ne pas penser à Wim Mertens, notamment dans Maximizing the audience (1988), dans le fabuleux "Whisper me", ou encore à Antony de Antony and the Johnsons ? Mais ces références ne sont que des repères grossiers, il faudrait remonter une longue tradition vocale héritée du Moyen-Âge, des monodies grégoriennes ou de certains hymnes qui ne comportaient que des sons vocalisés... ou encore vers les chants de gorge par exemple. Le chant ne dit rien dans aucune langue : le chant chante, c'est un pur chant, du chant-joie. De fragment en fragment, on dérive au fil des nuances, le temps se dilate dans des ralentis élégiaques suaves ou se contracte dans des passages nerveux et sombres. Nous sommes dans les marges, dans les arrière-mondes de la musique, quelque part où ça se déchire, où notes et vocalises épousent l'émotion. L'étreinte est langoureuse, intense, perd la notion du temps, intemporelle par essence. Et c'est cela qui ravit, l'abandon extrême, la liberté de jouir du son sans se soucier de rien d'autre.

  Qu'on l'habille de cordes, cette voix, dans le dernier fragment, annonce une nouvelle étape, qui se concrétisera par la sortie, début mars, d'un disque réalisé avec un véritable quintette à cordes.

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Paru en novembre 2015 / 9 titres / 44' environ

Pour aller plus loin :

- l'album en écoute et plus sur bandcamp :

 

 

Programme de l'émission du lundi 13 février 2017

L'Intégrale : (enfin presque...)

Tristan Perich : Surface Image (Piste unique, 63'), extrait de Surface Image (New Amsterdam Records, 2014)

31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 08:00
Vicky Chow (2) - Tristan Perich : Surface Image

   C'est en écrivant mon article consacré à Aorta que j'ai découvert le disque précédent de la pianiste Vicky Chow, consacré à une œuvre de Tristan Perich, jeune compositeur né en 1982, devenu célèbre par ses compositions électroniques n'utilisant jamais plus de 1 bit d'information en même temps. Il a déjà publié deux albums sur le label Cantaloupe Music  : 1-Bit Music en 2007 et 1-Bit Symphony en 2010. Un troisième titré Noise Patterns est sorti sur un autre label en 2016, deux ans après celui qui m'occupe maintenant, Surface Image. Pour situer ce compositeur atypique, je précise que, non content d'avoir reçu des récompenses académiques dans le milieu de la musique électronique, il a été artiste invité au festival Sónar de Barcelone en 2010.

   La rencontre avec la pianiste Vicky Chow l'a conduit à composer pour le piano une œuvre de longue haleine, qui entrelace le flux pianistique avec quarante canaux électroniques à un bit. Il en résulte une pièce très reichienne, tendue par une constante pulsation, d'un minimalisme fascinant de rigueur. Je suis surpris de ne pas trouver dans les présentations la référence à Steve Reich, pourtant pour moi tellement évidente. Bien sûr, Tristan Perich, c'est un Steve Reich de l'ère électronique. Comme chez Steve, les motifs sont inlassablement répétés et variés, avec un jeu d'échos, de décalages, de superpositions qui multiplie les plans, enveloppant l'auditeur dans une tapisserie sonore chatoyante, dynamique, avec des crescendos puissants, de véritables courants. La différence, c'est que les sons électroniques sont d'une incroyable plasticité, changent de texture et de couleur autour du piano, se rapprochant de lui ou s'en éloignant selon les moments ; ils constituent un véritable orchestre, car les quarante haut-parleurs interagissent avec l'acoustique du piano au point de générer l'impression de cordes, de synthétiseurs, d'orgue, selon les passages. Que le lecteur ne s'effraie pas ! Toute cette technologie - je serais incapable de rentrer dans les détails ! - débouche sur une musique vraiment écoutable, d'une incroyable beauté. On sent les sons onduler, on les entend changer au fil de la trame inlassable. La vie ne cesse de sourdre de cette surface harmonieuse, à laquelle les surgissements harmoniques multiples donnent un relief changeant. Surface Image, c'est une vague sans fin, un chant, une ode prodigieuse, capable de recouvrir toutes les laideurs du monde de sa rutilance impétueuse. L'auditeur est happé, immergé (s'il l'écoute vraiment, au casque ou dans de bonnes conditions), ravi. Tout est effacé. Il n'y a plus rien que cette évidence illuminante. L'électronique est au service de la négation de la transcendance, de l'abolition de l'opposition entre surface et profondeur dans la mesure où l'image de surface produite inclut tout ce qui naît en son sein, se veut pure immanence : plus de dualité, un monisme rayonnant.

   Alors ? Oubliez mes divagations philosophiques... Voilà selon moi un chef d'œuvre de la musique du vingt-et-unième siècle, n'ayons pas peur des mots ! Magistralement interprété !

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Paru en 2014 sur le label New Amsterdam Records / 1 titre / 63'

Pour aller plus loin :

- la page consacrée au disque sur le site de Vicky.

- la composition en écoute (et plus) sur bandcamp ci-dessous :

- Vicky interprète l'œuvre en direct à la Roundhouse de Vancouver :

Programme de l'émission du lundi 30 janvier 2017
May Roosevelt : Oomph  / Vow / Mass extermination (Pistes 2 - 3 - 5, 13'), extraits de Haunted (Autoproduit, 2011)

John Halle : Sphere ['] (p. 5, 9'13)

John King : No Nickel Blues (p. 7, 6'58) interprétés par le quatuor Ethel, extraits de Heavy (Innova Recordings, 2012)

Richard Moult : Apollo Winceleseia (p. 1 à 3, 17'), extraits de Yelpyt (Second Language, 2012)

Jacob Cooper : Clifton Gates (p. 2, 9'13),  interprété par Viky Chow, extrait de Aorta / Music for piano and electronics  (New Amsterdam Records, 2016)

24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 13:45
Vicky Chow - Aorta / Music for piano and electronics

   Membre du sextuor Bang on a Can All-Stars, la pianiste canadienne Vicky Chow joue aussi en duo avec la pianiste néerlandaise Saskia Lankhoorn et avec l'ensemble de six claviéristes Grandband. C'est dire qu'elle met son talent au service des musiques contemporaines. elle a d'ailleurs enregistré une interprétation de Piano Counterpoint de Steve Reich  pour piano et électronique. Son second disque sur le label New Amsterdam Records  est consacré à six compositions nouvelles de six compositeurs contemporains. Après un premier album marqué selon elle par son obsession pour la perfection, elle a voulu celui-ci plus près de son cœur, d'où le titre AORTA. « J'ai choisi les plus longues prises, gardant mon impression de ce monde autant que possible. Je voulais créer un album lié à la lumière, l'amour, l'émotion, et à l'humanité.» confie-t-elle.

   Le disque s'ouvre avec "Hoyt-Schermerhorn" de Christopher Cerrone, superbe nocturne, sorte de promenade de plus en plus éblouie et mystérieuse au fur et à mesure que l'électronique ajoute ses contrepoints, étranges redoublements comme si les pas du promeneur en suscitaient d'autres dans le silence de la nuit. "Cliffton Gates" de Jacob Cooper est un hommage à "Phrygian Gates" de John Adams,  et fait référence à la place du même nom à Brooklyn, où réside Vicky. La pièce joue sur les longues résonances avec distorsion de notes d'abord isolées, puis se rapprochant, ce qui crée une mélancolie assez poignante, l'impression d'une dérive accentuée par le phrasé un peu jazzy. Quelque chose cloche, se défait, au bord de la perdition suggérée par les subtiles dissonances, mais en même temps se raccroche à d'insoupçonnées forces vitales, la composition devenant une sorte d'hymne exultant saturé d'une ivresse folle dans les aigus de plus en plus rapides. C'est vraiment un titre spendide...je risque de me répéter car Vicky a choisi des morceaux merveilleux, en effet chargés d'émotions humaines. La composition de  Jakub Ciupinski "Morning Tale" en quatre mouvements est d'une beauté fragile et sidérante. Le nocturne initial est magique, enchanté par une électronique qui ajoute comme une queue de comète aux notes du piano. Les notes se mettent à filer littéralement, traversant l'espace sonore dans un feu d'artifice pianistique envoûtant. "Alba" (Aube) me fait penser au poème en prose "Aube" d'Arthur Rimbaud : « Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.» Les notes sont haleines et pierreries, ailes en allées dans le jour qui se lève. "Awakening" (L'Éveil) est une pluie de notes, une série dense de gerbes éclaboussantes, avec de beaux retournements, tandis que la dernière partie, "The Miracle of being Ernest", caracole avec brio dans un espace sonore creusé par plusieurs couches contrastées fractionnées par des brisures. Quel plaisir !

  

Vicky Chow - Aorta / Music for piano and electronics

   Le piano dialogue avec une partie électronique pré-enregistrée dans "Rave" de Molly Joyce, pièce rêveuse qui revient obstinément vers certaines notes, construisant une frénésie fascinante dans l'interaction de plus en plus serrée entre les deux "interlocuteurs", au point de faire penser à certaines études de Conlon Nancarrow pour piano mécanique. Extraordinaire délire à la conclusion solennelle, le piano se faisant quasi orgue ! Dans "Limbs" et "Bones", Daniel Wohl resserre les liens entre le piano et l'électronique au point d'en faire un instrument hybride, apte à explorer une espèce de jungle trouble de paysages entrevus, fuyants et magnifiques.

Le dernier titre, "Vick(i/y)" de Andy Akiho - en hommage aux deux pianistes Vick(y) Chow et Vick(i) Ray (absente du disque) -  réinvente le piano préparé. Ce sont gongs et cloches, notes sépulcrales, comme une promenade dans la Chine ancienne, un extrême orient peuplé d'esprits, hanté de chamans vaticinants, semé de trouées plus humaines lorsque les notes habituelles réapparaissent,  mais tout aussi dépaysées. On pense au gamelan des musiques javanaise et sundanaise dans la mesure où le piano ainsi transfiguré est devenu orchestre percussif. La pièce, d'abord nimbée de ténèbres impressionnantes, s'évertue vers la lumière, ménageant des passages d'une beauté fragile et rayonnante entrecoupés d'accélérations incantatoires. En un sens, c'est en effet le grand combat de l'ombre et de la lumière, magistralement mis en espace sonore.

    Un album de toute beauté !

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Paru en 2016 sur le label New Amsterdam Records/ 10 titres / 64'

Pour aller plus loin :

- la page du label consacrée au disque.

- le disque en écoute sur bandcamp :

 

7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 21:13
Alexander Kandov - Crystals of the Zodiac

   L'actualité nous entraîne irrésistiblement, ne nous laissant guère le temps de nous attarder, nous conduisant à délaisser des œuvres importantes. C'est pourquoi, en parfait accord avec le titre de ce blog, je vais maintenant régulièrement faire un pas de côté pour remettre en lumière des disques inactuels, dont je n'avais pas rendu compte pour diverses raisons. Cela prendra la forme d'un billet, de quelques lignes, comme une invitation à plonger dans le labyrinthe du Temps au lieu de rester à la surface.

RETOUR SUR...

   Né en 1949, le compositeur bulgare Alexander Kandov, que la pochette du disque dit être connu dans son pays, en Union soviétique (oui !), aux Pays-Bas et en France, me semble en fait très loin des feux de la rampe médiatique. Pourtant, le bel album que la maison de disque etcetera a sorti en 1991 sous le titre Crystals of the Zodiac vaut vraiment le détour. Boyan Vodenicharov, piano et synthétiseur, et Robert Van Sice, marimba et vibraphone forment un magnifique duo pour interpréter ce cycle pour piano et percussion, on pourrait y ajouter "électronique" bien sûr en raison du synthétiseur et de bandes enregistrées utilisées dans certaines pièces et dans les interludes.

   Chaque pièce associe un cycle du zodiaque et une pierre : au verseau correspond le saphir, au bélier l'améthyste, etc. D'où une grande diversité d'atmosphères. Si le saphir (verseau) est toute alacrité, exubérance cristalline, l'olivine (Poissons) nous plonge dans l'ouate des rêves, l'améthyste (Bélier) associe mystère et surgissements puissants, la chrysophase (Taureau) se tient droite et fière dans la lumière, le béryl (Gémeaux) est à l'écoute de l'infime.

    C'est donc un disque superbe, qui n'a pas pris une ride, à découvrir et à déguster, véritable antidote à la morosité.

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Paru 1991 sur le label etcetera / 14 titres / 48 minutes environ

Pour aller plus loin :

- la page du label consacrée à l'album

- "Opal" (La Balance) en écoute sur cette fausse vidéo :

 

27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 16:34
Nicolas Horvath à la Philharmonie de Paris

   Passionnés de piano et admirateurs de Philip Glass, réservez votre Nuit blanche de samedi, car le pianiste Nicolas Horvath, régulièrement présent dans ces colonnes, interprètera dans l'ordre chronologique de composition la totalité de l'œuvre pour piano du compositeur américain. Le concert commencera à 19 heures. Il doit durer douze heures, sans interruption : nouvelle performance et expérience de transe pour ce pianiste habitué aux concerts fleuves.

    Cela vous effraie ? Lui ne bougera pas de son piano, c'est sûr, pas même pour aller aux toilettes comme à l'accoutumée (il s'entraîne spécialement, jeûnant et s'abstenant de boire le temps qu'il faut pour ne pas être dérangé pendant le concert). Vous, vous pourrez aller et venir, discrètement bien sûr, vous assoupir ou dormir à certains moments, c'est à votre guise...

   Voici le programme :

  • Intégrale de l'oeuvre pour piano de Philip Glass
  • 19h00: Sonatina n° 2, 600 Lines, How Now, Two Pages, Music in Fifths
  • 21h00: Music in Contrary Motion, Einstein on the Beach Suite, Improvisation, A Secret Solo, North Star & Victor’s Lament, Modern Love Waltz, Satyagraha :acte III Conclusion, Mad Rush
  • Glassworks: Opening & Closing, The Late Great Johnny Ace: Coda, Koyaanisqatsi: Prophecies, Akhnaten: Dance (acte III sc.3), Mishima: Closing
  • 23h00: The Olympian: Lighting of the Torch, Wichita Vortex Sutra, Powaqqatsi: New Cities & Anthem, The Thin Blue Line, Metamorphosis 1-5, The Screens: Night on the Balcony & More
  • Anima Mundi: Living Waters, A Brief History of Time, Orphée Suite
  • 01h00: Candyman Suite, La Belle et la Bête Suite, Etudes 1, 2, 3, 4, 5, 9 et 10, Jenipapo no 14, Now So Long After That Time (étude 6), Monsters of Grace: Epilogue, Etudes 7, 1, 8
  • The Truman Show: Truman sleeps
  • 03h00: Dracula, Naqoyqatsi: Prologue & Primacy of Number, The Fog of War, The Hours, Dreaming Awake, Metamorphosis 2 newer version
  • 05h00: Piano Concerto no 2, Secret Window end credits, NeverWas Set, Etude 11, A Musical Portrait of Chuck Close (etudes 12 & 13), The Illusionist, Notes on a Scandal
  • No Reservations Combine, Sound of Silence, Etudes 14,15,16,17,18,19,20, Dreaming Awake (version révisée)

Ce programme comprend un certain nombre de premières mondiales, pour lesquelles Nicolas Horvath a réussi à avoir les autorisations. Les voici :

Sonatina n°2 (premiere mondiale)
Improvisation (premiere nationale)
A Secret Solo (premiere mondiale)
North Star (premiere mondiale)
North Star : Victor's lament (premiere mondiale)
Coda from The Late, Great Johnny Ace (premiere mondiale)
Koyaanisqatsi : Prophecies (premiere mondiale)
Powaqqatsi : New Cities (premiere mondiale)
Powaqqatsi : Anthem (premiere mondiale)
Thin Blue Line (premiere nationale)
Anima Mundi (premiere nationale)
Anima Mundi : Living water (premiere nationale)
Candyman – Suite (premiere nationale)
La Belle et la Bete – Suite (premiere mondiale)
Naqoyqatsi : Prologue (premiere mondiale)
Naqoyqatsi : Primacy of Number (premiere mondiale)
Piano Concerto 2 for solo piano. (premiere mondiale, il n’a été donné qu’en mouvements séparés pour le moment)
Secret Window End Credits (premiere mondiale)
Paul's Simon - Sound of Silence (premiere nationale)
Dreaming Awake version revisée (premiere mondiale)

Laissons au pianiste le soin de présenter sa soirée, la vôtre...

 

Quant à moi ? Trop pris par mes obligations professionnelles, il me faudra dormir pour être en forme.

Retrouvez mes articles consacrés aux premières parutions de l'intégrale Philip Glass parues chez Grand Piano / Naxos :

- Glassworlds 1

- Glassworlds 2

- Glassworlds 3

Nicolas, lors d'une autre nuit blanche, le 6 octobre 2012, au Collège des Bernardins, interprète Music in Fifths :

3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 16:46

   Le compositeur américain sera en personne à La Comète, scène nationale de Châlons en Champagne, pour deux soirées exceptionnelles jeudi 12 et vendredi 13 février 2015, à chaque fois à 20h30.

   Le jeudi, il sera à la tête de son Ensemble et au piano pour une rétrospective sélective couvrant une quarantaine d'années.Le programme comprendra notamment la Music in similar motion de 1969, une partie de Music in twelve parts (1971 -1974), soit deux œuvres majeures de la première grande période minimaliste, mais aussi des extraits d'opéra, comme Koyaanisqatsi, de 1982, l'acte III de The Photographer (1983). C'est apparemment déjà complet, hélas pour moi, mais...

  Le vendredi, je serai là pour l'entendre seul au piano. Une soirée intimiste, au cours de laquelle il interprètera quelques unes de ses Études (1994 -1999), les numéros 2 à 4 de ses Metamorphosis (1989), et se lancera dans Mad rush et Wichita Vortex Sutra, deux sommets de 1990. Le programme ajoute que nous aurons droit aussi à des extraits de films témoignant de rencontres artistiques diverses, parmi lesquelles Steve Reich ou Robert Wilson, le chorégraphe inspiré de son opéra Einstein On The Beach.

   Pour réserver le vendredi : site de La Comète

Philip Glass en concert : deux soirées exceptionnelles !

   À noter que l'actualité Philip Glass est riche. Après un concert de lancement en décembre 2014 au Brooklyn Academy of Music de New York avec Philip Glass et neuf pianistes, et après la première mondiale de l'interprétation des études pour pianiste solo avec Nicolas Horvath au Carnegie Hall de New York en janvier 2015, c'est au tour de l'Europe d'accueillir pour la première fois le récital de l'intégrale des études pour piano par le même Nicolas Horvath, au théâtre Adyar de Paris le 3 avril 2015, une date à retenir ! Un livret-programme couleur sera offert à l'entrée. Le même pianiste s'apprête à sortir chez Naxos, dans la collection "Grand Piano", une intégrale des œuvres pour piano de Philip Glass...

Programme de l'émission du lundi 2 février 2015

Steve Reich : Electric Counterpoint (Pistes 1 à 3, 14'41), extrait de radio rewrite (Nonesuch, 2014)

Julia Kent : pleiades / Ailanthus (p. 1-2, 9'58), extraits de Green ad grey (The leaf Label, 2011)

My Brightest Diamond : i am not the bad guy / So easy / Resonance (p. 5 - 8 - 9, 13'30) extraits de this is my hand  (Blue Sword / Asthmatic Kitty records, 2014)

L'Intégrale de QUA (1) :

* Wim Mertens : Geschuidel / Lenige Spieren / Katachtig Po Hun gemack (p. 1 à 3, 8'20), extraits de Sources of Sleepnessness (Usura, 1991)

5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 21:17
Nicolas Horvath interprète Philip Glass à Carnegie Hall

   Le pianiste Nicolas Horvath sera en concert ce 9 janvier 2015 à Carnegie Hall pour une intégrale des études pour piano de Philip Glass ainsi qu'une série de pièces en hommage à Glass ou au pianiste, la plupart en création mondiale. Voici le programme détaillé de ce concert qui s'annonce mémorable comme toutes les belles folies que nous concocte le fougueux Nicolas : soyez à l'heure, les bienheureux, ce sera à 20h.

Philip GLASS : Etudes Book I (1 to 10)
Jeroen van VEEN (hol) : Hommage for Philip Glass (dedicated to me – national premiere)
Frédérick MARTIN (fr) : Glass in Mirror (dedicated to me – national premiere)
Konstastin YASKOV (by) : Moonlight Sonatina of Philip Glass (world premiere)
Stéphane DELPLACE (fr) : Hommage à Glass (national premiere)
William SUSMAN (usa) : 1937 (dedicated to me – national premiere)
Andre Vindu BANGAMBULA (cd) : Homage to P. Glass (world premiere)
Eve BEGLARIAN (usa) : Enough Holes (world premiere)
Tom SORA (de) : Glassplitter (WP)
Tom CHIU (tw): laboerets version 2.0 (dedicated to me – national premiere)
Sergio CERVETTI (uy) : Intergalactic Tango (dedicated to me – world premiere)
Régis CAMPO (fr) : Smiley ! (dedicated to me – world premiere)
Jaan RÄÄTS (ee) : Prelüüd op.128 (world premiere)

Entracte

Bil SMITH (usa): Delinquent Spirit of a Drowned City (dedicated to me – national premiere)
Paul WEHAGE (usa) : Early Morning:New York Skyline (dedicated to me – national premiere)
Michael Vincent WALLER (usa) : Pasticcio per meno è più (dedicated to me – world premiere)
Alp DURMAZ (tr) : Bustling (world premiere)
Gilad HOCHMAN (il) : Broken Glass (dedicated to me – national premiere)
Ehsan SABOOHI (ira) : Where is the friend’s house? (dedicated to me – national premiere)
Lawrence BALL (uk) : Glass Ball Game (dedicated to me – world premiere)
Paul A. EPSTEIN (usa) : Changes 6.1 (dedicated to me – world premiere)
Alvin CURRAN (usa) : The Glass Octave (world premiere)
Michael BLAKE (za) : Shard (dedicated to me – world premiere)
Victoria Vita POLEVA (ukr) : NULL (national premiere)
Mamoru FUJIEDA (jp) : Gamelan Cherry (national premiere)
Philip GLASS : Etudes Book II (11 to 20)

Pour couronner le tout, commencera en mars la publication du premier volume de la série "Glassworlds" chez Naxos !

 

  Bil SMITH (usa):

Nicolas Horvath interprète Philip Glass à Carnegie Hall

Nicolas Horvath en concert.