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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 16:22

itsnotyouitsme-Everybody-s-pain-is-magnificent.jpg  Après walled gardens sorti début 2008 et fallen monuments deux ans plus tard, le duo formé par Caleb  Burhans, violoniste-compositeur, et Greg McMurray, guitariste, sort sur le même label New Amsterdam Records son troisième album, un double cd de 88 minutes qui confirme leur exceptionnel talent. Quatorze titres sur deux faces : six introductions ou interludes entre une et trois minutes, huit morceaux amples entre sept et douze. Autrement dit deux longues suites soigneusement agencées, deux plongées dans ces harmonies post-minimalistes, ambiantes, où s'opère l'idéale fusion entre les sonorités électriques du violon de Caleb et/ou de la guitare de Greg, et des effets électroniques, résonateurs, claviers fender rhodes ou casio. Il en résulte une musique hypermélancolique somptueuse qui vous transporte doucement, insidieusement, vers des contrées paradoxalement belles et lumineuses. Les textures sont riches, épaisses, en perpétuelle lente évolution, parcourues de boucles qui en tirent d'autres de l'arrière-plan. On pense à des étoffes lourdes soulevées par le vent, à des froissements irisés. Tout se voile parfois dans des sonorités densifiées par une saturation bien dosée, des effets de flou, si bien que les rares "attaques" acoustiques dépouillées, par exemple au oud (si je ne me trompe...) sur "words we weren't allowed to say"acquièrent un relief saisissant. Le début de l'album, au titre si beau, "The Snake of forever", avec ses trompes, cornes de brume dirait-on, me fait irrésistiblement penser au début de  Dark Waters sur l'album éponyme du grand Ingram Marshall, un des plus inspirés compositeurs de musique électronique, qui sait sertir son cor anglais dans un fourreau d'harmoniques issues de bandes préenregistrées. Les amateurs de Slow Six, ceux des deux premiers albums, les meilleurs, trouveront quant à eux en itsnotyouitsme un groupe frère. Cette musique lente est pourtant animée d'un feu intérieur, d'une folie qui éclate ça et là en gerbes troubles, tandis que la lumière ne cesse de sourdre comme une source vive des amples développements harmonieux, que les notes discrètes sont peu à peu rejointes par des queues de comètes aux multiples particules frémissantes. Les sons filent dans la nuit infinie, réberbérés, sublimés. Oui, les fantômes parmi nous, "the Ghosts among us", nous apprennent à regarder le ciel "until the end of (our) time", parce que nous pourrions quitter ce lieu et nous mêler à nos héros : phrase tissée à partir de quelques titres qui en disent plus que très souvent. Un disque à l'image de nos vies fragiles, déchirantes, d'autant plus magnifiques qu'elles sont vouées à la disparition, à la perte, "glowing embers, pillared palaces". Précipitez-vous, la beauté seule nous sauve de nos vies obscures !

Paru fin septembre 2011 chez New Amsterdam Records / deux cd / 2x7 titres / 88 minutes.

Pour aller plus loin

- le disque en écoute sur bandcamp.

- le duo en concert au Poisson rouge avec Ryan Lott, alias Son Lux :

 

 

Programme de l'émission du lundi 10 octobre 2011

Brian Eno : The Real / Fierce aisles of light / sounds alien (pistes 6-8-11, 13'), extraits de Drums between the bells (Warp / Opal, 2011)

Zavoloka : Splendent viscid fluid / vivid chains / vedana is laid by her will (p. 1-2-4, 16'), extraits de Vedana (Kvitnu, 2011)

Julia Wolfe : Fuel (p. 5 à 9, 21'24), extrait de Cruel Sister (Cantaloupe Music, 2011)

Institut : Au beau fixe (p.1, 2'44), extrait de Ils étaient instantanément tombés amoureux (Institut & Rouge-déclic, 2011)

10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 16:39

Brian-Eno-Drums-Between-TheBells.jpg   Un an après ses débuts chez Warp Records avec Small Craft on a milk sea, Brian Eno récidive sur le label anglais de musique électronique et revient à l'un de ses vieux démons : créer un environnement sonore pour des textes, ici les poèmes de Rick Holland très en phase sur notre monde envahi par la cybernétique. Disons-le tout de suite : on regrettera la présence de quelques scories ! "A Title", titre dix envahi par des synthétiseurs antédiluviens, du plus mauvais goût, ou "Dow", le douze à la ligne mélodique bien pauvre, agrémentée d'une diction syncopée sommaire, ou encore "Cloud 4", un des rares morceaux chantés, ligne d'orgue sommaire et, autour de la voix de Brian, des chœurs qui sonnent piètrement. Je ne trouve pas non plus que l'entrée en matière fournie par "Bless this space" soit trépidante, déjà entendue sur d'autres albums de Brian, même si la fin plus free, avec guitares électriques survoltées, est plus inattendue. Seize titres, moins quatre : il en reste douze qui méritent le détour. Dès "glitch", on entrevoit un autre monde, là encore malgré une rythmique qui n'est pas neuve. C'est que Brian a obtenu la collaboration d'un certain nombre de voix qui s'ajoutent à la sienne. D'autres timbres, d'autres inflexions qui disent superbement les textes de Rick Holland. Plus que jamais, Eno travaille les textures, les grains, comme on le voit sur ses images qui illustrent l'album. Après la frénésie détraquée de "glitch", « there is a glitch in the system / outside the brain flow / armoured shelles melt down / explode in the main code », le miracle de "dreambirds", un piano seul, une voix, non plus synthétique et déformée comme sur le titre précédent, non, nue, posée, ambigüe pour une voix de femme, celle de Caroline Wildi - que l'on retrouve deux fois encore sur l'album -, grave et légèrement épaisse, pour dire le miracle de l'invention de nouvelles couleurs qui s'envolent dans un frémissement de sons éparpillés. "Pour it out" sonne d'abord comme des titres plus anciens de Brian, pas des meilleurs à mon sens, un peu lourdaud, mais est sauvé par la voix lumineuse de Laura Spagnuolo qui décortique les mots comme sur une table de dissection élocutoire. On se laisse porter par le flot des synthétiseurs, leurs mélodies évidentes : un moment lyrique très...anglais, why not ? "seedpods" s'inscrit dans l'évocation d'un monde synthétique à la fois intriguant et agaçant.

   Et puis c'est l'envol, le grand Eno, l'orfèvre : abandonnés les synthés lourdauds, voici la musique électronique d'aujourd'hui, splendide et délicate, légère et mystérieuse, qui épouse "The Real", texte magnifique et magnifiquement dit par Elisha Mudly. Sept minutes de grâce, avec une structure en miroir qui oppose la voix naturelle et la voix retravaillée par l'électronique pour traquer le point où l'on ne peut plus dire avec certitude de quel côté l'on est, sujet de ce texte justement, qui parle de la confusion entre le réel et l'apparence.  Comment ne pas passer sur les faiblesses d'un tel artiste, capable de nous transporter aussi loin ?  Le texte servi avec une telle intelligence, une vraie écoute. Réussite aussi sur le troublant "The Airman", dit par Aylie Cooke, une des excellentes diseuses de cet album. Rick Holland dit en personne le texte du titre huit, "Fierce Aisles of Light" : diction détachée, glaciale, impressionnante, rejointe par deux autres voix, masculine de Nick Robertson et féminine d'Anastasia Afonina, pour un dialogue halluciné. Deuxième coup de maître sur fond de musiques industrielles sourdes. Le titre neuf sert d'interlude épuré avant le dernier tiers, plus inégal comme je le disais. Mais on y trouve le remonté "Sounds Alien", véritable patchwork coloré, très drum & bass, "Multimedia" qui claque, bien envoyé par Aylie Cooke, et l'étonnant chant fantomatique "breath of crows" qui termine l'album. La voix d'Eno y est bouleversante, avec un arrière-plan de cloches ou bols chantants, de sons résonnants. Troisième grand moment, totalement au-delà de tout. On aimerait que la poésie soit plus souvent aussi bien servie. Je m'étonne de lire ici ou là qu'elle ne le soit pas, au prétexte que la diction serait ampoulée ou déclamatoire. Rien de tel : les mots sont dits, articulés pour être entendus, ce qui surprend peut-être des auditeurs habitués à une bouillie verbale ânonnée pour en cacher l'insignifiance ou pire encore.

   À noter que l'album existe en version double cd : cet article ne porte que sur le cd simple.

Paru en 2011 chez Warp Records - Opal / 15 titres plus un silence / 51 minutes

Mes titres préférés : "The Real" (6) / "Fierce Aisles of light" (8) / "breath of crows" (15)

Pour aller plus loin :

- j'aime beaucoup cette vidéo sur "The Real": bien, vu, non ?

 

 

Le disque pourrait figurer dans ma catégorie "Du côté des pochettes" (à paraître d'ailleurs), comme on le voit ci-dessous.

Eno Drums between the bells 4

  

19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:27

Peter Broderick - How They AreMeph. - Tu en tiens pour Peter Broderick ?

Dio. - Oui, j'y reviens, et je risque d'y revenir encore.

Meph. - Qu'est-ce qui le rend si attachant ?

Dio. - Attachant, tu as employé le terme juste. Sa voix, d'abord, fragile, douce, expressive, bien timbrée, qui exprime si bien les moindres nuances de sentiment.

Meph. - Mais ce n'est pas qu'un chanteur, tout de même ?

Dio. - Pas de mépris, s'il te plaît. Il se trouve que Peter est un pianiste formidable, un guitariste intéressant, et qu'il touche avec aisance d'autres instruments. Multi instrumentiste, et compositeur, et quel, tu n'en disconviens pas après ce que j'ai écrit sur Music from FALLING FROM TREES ?

Meph. - Je t'ai même soufflé le titre ! D'accord, mais le revoilà avec un petit disque, non ?

Dio. - Sept titres seulement, un peu plus d'une demie heure...Et alors ? Qui a dit qu'un album devait avoir une durée standard ? Combien de galettes gonflées pour atteindre les quarante, quarante cinq minutes. D'ailleurs, je te ferai remarquer que l'écart n'est pas si important que cela. Et puis, mieux vaut moins, mais mieux, que plus, mais médiocre, inégal.

Meph. - Autrement dit ?

Dio. - Une forme ramassée, pleine, rien à jeter. Et originale...

Meph. - Vraiment, c'est encore possible, aujourd'hui ?

Dio. N'ironise pas. Je ne parle d'une originalité absolue, mais relative, c'est déjà cela. Des chansons qu'on pourrait qualifier de folk, avec un début du premier titre "Sideline" a capella, dans l'esprit de la musique celtique par exemple : côté autobiographique, allusions à sa solitude forcée, consécutive à son opération du genou. C'est intimiste, soutenu par un piano lumineux. La voix monte parfois dans de belles inflexions, émotion et retenue à la fois. En trois, c'est la guitare qui chante d'abord, épaulée ensuite par le piano, avant que n'intervienne la voix qui se contente de dire le texte. On arrive au morceau cinq, "With a key", chanson sublime encore à la première personne : tout à fait dans la mouvance des contes, une série de visions ensorcelantes d'une jeune fille nue, une clé à la main. Souvenirs ou visions, rêves, on ne saura pas. Ingénuité de la voix, piano frémissant. Vraiment digne des meilleures ballades folk. En fin de disque, "Hello to Nils", émouvant salut à l'un de ses amis, entre chant et dit, ponctué d'arrêts, le tout à la guitare sèche.

Meph. - Désolé, je ne vois pas l'originalité : tout ça pour présenter un disque folk ?

Dio. - Déjà, j'aimerais te répondre : un disque folk, et alors ? Et puis je n'ai pas évoqué l'autre face du disque, entrelacée avec la première : les titres pairs sont des instrumentaux d'inspiration minimalistes, entre Philip Glass et Wim Mertens. Sauf le deux, partagé : instrumental d'abord, dans la même veine, chanté ensuite. De vraies études, ces "When I'm gone" et "Pulling the rain"...

Meph. - Ce dernier est le plus beau. Très, très glassien, du meilleur, avec une superbe montée en puissance, un petit strumming décoiffant. Et ce sens mélodique !

Dio. - Oui, toujours une ligne claire, évidente.

Meph. - Et tu vas le classer où ?

Dio. - Pas évident, ce qui n'est pas pour me déplaire, tu le sais...

Meph. - Finalement, ce ne serait pas de la pop au sens large, entre folk et musique contemporaine ?

Dio. - Je ne vois pas où le mettre, sinon.

Meph. - Surtout que la pop, c'est un sacré fourre-tout, quand on y écoute de plus près. Un  melting-pop !!

Dio. - J'ai crains le pire..

Meph. - Un pop pourri ? Personnellement, je préfèrerais une pop houri, expression parfaite pour "With a key", non ?

Paru en 2010 chez Bella Union / 7 titres / Environ 33 minutes.

Pour aller plus loin

- le site personnel de Peter Broderick.

- une fausse vidéo sur le magnifique "Pulling the rain" :

 

 

Programme de l'émission du lundi 5 septembre 2011

Fred Frith : Dog watch / King Dawn (pistes 14-16, 9'30), extraits de To Sail, To Sail ( Tzadik, 2008)

Dakota Suite & Emanuele Errante : The North Green Down, part 1 / Leegte / Hymn to Haruki Murakami (p.1 à 3, 9'), extraits de The North Green Down (Lidar, 2011)

Grande Forme • Douwe Eisenga : Prologue / Dance 1 / Dance 2 (p.1 à 3, 21'30), extraits de Music for Wiek(Zefir, 2009)

Peter Broderick : An Introduction to the patient / Patient observation / Pil induced slumber (p.1 à 3, 10'04), extraits de Music for Falling from Trees (Western Vinyl, 2009)

Programme de l'émission du lundi 12 septembre 2011

Elisa Vellia : Kaliniktia / Pause à Hios / Anathema on etio (p. 3 à 5, 9'15), extraits de La Femme qui marche (Le Chant du monde, 2010) 

Fred Frith : Mondays / First Light (p.5-7, 6'50), extraits de To Sail, To Sail ( Tzadik, 2008)

Grande Forme • Douwe Eisenga : First Interlude / Dance 3 (p.4-5, 12'30), extraits de Music for Wiek(Zefir, 2009)

Florent Ghys : 4(3) / Zoboko (2) / Wa (2) (p.1-3-5, 13'43), extraits de Music for Dimensions (Autoproduit, 2008)

Emanuele Errante : Leaving the nowhere (p.1, 7'28), extrait de time elapsing handheld (Karaoke Kalk, 2011)

 

29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:01

Peter Broderick Music for Falling from trees   J'avais chroniqué  Under Geant Trees, premier album d'Efterklang, cet étonnant groupe danois avec lequel a tourné un temps Peter Broderick, musicien américain né en 1987, multi-instrumentiste qui mène depuis une carrière solo de compositeur assez passionnante. Entre ambiance, folk, post-minimalisme, la musique de Peter n'est pas si éloignée de l'esprit de Dakota Suite que je célébrais récemment, ou encore de Slow Six.

   Avec cette pièce orchestrale en sept parties destinée à un spectacle de danse contemporaine d'Adrienne Hart, il a réussi un petit tour de force : composer en trois semaines à partir d'un vieux piano cassé, de son violon et de son alto, une œuvre qui convienne à la chorégraphe avec son scénario narrant la lutte d'un homme pour conserver son identité dans un hôpital psychiatrique. Chaque section a un noyau écrit, le reste ayant été improvisé. Tous les instruments sont joués par le compositeur, qui a parfois retraité les sons produits pour étoffer la pâte. Cela donne une atmosphère à la fois intimiste, intense, avec des explosions incroyables, à la mesure du combat mené. "Introduction au patient", le premier titre, est dite avec le piano cassé, comme pour suggérer les fêlures de l'être. L'alto s'essaye à la reconstruction en notes glissées, bientôt soutenu par le violon démultiplié pendant la "Patient observation", magnifique et poignante : quelle belle musique de chambre ! Le piano moribond ouvre "Pill induced slumber", mais l'énergie revient avec un pulse répétitif obstiné qui s'amplifie en strumming où viennent se mélanger les cordes, créant une ambiance hallucinée. Puis vient le rêve, titre quatre :  de la poussière sonore sort le piano évanescent, nimbé d'une aura électronique, et le pulse, le pulse reichien le plus pur surgit, ce n'est pas moi qui en voudrais à Peter de piller Steve, car c'est formidablment bien vu, et d'ailleurs aéré par un pizzicato folk délicieux. "Awaken / Panic / Restraint" commence grandiose, piano strummant (si j'ose le néologisme !!) et cordes majestueuses, puis tout se défait en glissandi, piano glauque et bancal, mélancolie noire que va tenter d'écarter le puissant "Electroconvulsive shock", mélodieux, envoûtant, tout en boucles et en stries, deux textures de cordes et de curieuses percusssions retraitées. Vous avez suivi "The path to recovery" : vous êtes apaisé, un peu fatigué, le piano est avare de ses notes, finit toutefois par ébaucher une mélodie, une danse, presque, fragile et incertaine, à laquelle se joignent les cordes émues, crescendo revient la vie... Un très beau petit (par la durée) disque, qui témoigne d'un sens très sûr des atmosphères : on y met vite des images, on reconstruit l'histoire, et, en l'absence de toute indication, la musique se suffit heureusement à elle-même.

   Un mot sur le titre du disque et du spectacle : j'adore cette idée de tomber des arbres, et je ne peux m'empêcher de songer au beau livre fou d'Italo Calvino, Le Baron perché, autre délice. Vous aurez remarqué qu'un avait commencé avec des arbres, d'ailleurs, géants de surcroît...le baron perche italo calvino

Paru en 2009 chez Western Vinyl / 7 titres / 29 minutes.

Pour aller plus loin

- le site de Peter Broderick.

- son MySpace.

- Un jour à Tokyo, vidéo inspirée par la quatrième partie de "Music for FALLING FROM TREES", "The Dream" :

 

 

25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 17:42

harold budd clive wright a song for lost blossoms

L'infinie dérive de la beauté perdue

   Harold Budd, compositeur majeur de la musique ambiante, doit sa renommée internationale à ses collaborations avec Brian Eno : Ambient 2 / The Plateaux of Mirrors, en 1980, puis The Pearl en 1984. Sa prolifique carrière a alterné albums solos et nombreuses collaborations. De même qu'il avait annoncé  qu'Avalon Sutra (2004) serait l'aboutissement de sa carrière, je pensais en avoir fini avec lui. Peut-être de l'avoir tant écouté, tant aimé, de reconnaître si facilement la somptuosité mélancolique et diaphane de sa musique, ô rien moins que tonitruante, de celle qui fuit la lumière crue, se pare de brume par native discrétion. C'était sans compter avec l'un de mes lecteurs - merci Dom, qui m'a signalé cet album sorti fin 2008, en collaboration avec le guitariste californien Clive Wright. Rien de bien nouveau, si ce n'est cette guitare électrique, justement, aux phrasés qui tracent des flèches de lumière dans la mer mélancolique : échos, réverbérations, retardements, éclaboussent l'horizon saturé de claviers à la douceur engloutissante, comme si souvent dans les compositions éthérées d'Harold. C'est une musique à faire peur, tant elle rend tangible le sentiment de vacuité de toute chose. Tout se dérobe, s'enrobe dans le voile de l'illusion. On cherche un appui, on trouve des sons comme des vecteurs qui s'enfoncent dans le lointain. "Pensive Aphrodite", magnifique premier titre de plus de trente-deux minutes! Je  pressentais, dès que j'ai entendu ces deux mots, qu'ils ne pouvaient être associés à une pièce ordinaire. Soudain plus rien ne compte, on est embarqué dans une poursuite virtuellement infinie. Déchirante dérive vers l'absence de rive, le néant qui absorbe tout sans jamais rien rendre. Cette musique splendide ne nous fait pas de cadeau : aux antipodes de la distraction, et même de ce qu'on appelle souvent à tort de la musique ambiante, elle nous extrait de notre enveloppe pour nous propulser dans l'océan prodigieux, chatoyant, si séduisant, de la mort universelle. Car la Beauté suprême, n'est-ce pas elle, médite Aphrodite, pensive ?

   Le reste de l'album vit à l'ombre de cette comète sidérante. Bluette hyper mélancolique, le titre éponyme vaut par le poème magnifique écrit et dit par Anna LaCazio (chanteuse du groupe Cock Robin, auquel a appartenu Clive Wright), du bout des lèvres, avec une douceur indicible. Le troisième titre, "Forever Hold My Breath", est une reprise nettement plus courte de "As Long as I can Hold my Breath", deuxième partie de l'album Avallon Sutra. Moins effrayant que la version longue, sorte de lutte avec la mort, grâce aux échappées lumineuses de la guitare électrique, mais quelque peu déprimant par son côté malgré tout glauque. "At this moment" nous tire des abysses, s'anime pour survoler les décombres. Le piano, peu présent dans cet album, se manifeste dans le très buddien "Of Many Mirrors" sous le signe de la raréfaction et de l'exténuement. On risque de sombrer dans les rêts de cette acédie qui, de morceau en morceau, exprime la tristesse existentielle la plus accablante. Il faut être fort pour tenir le choc de cette musique insidieusement corrosive, d'une beauté malade.

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Paru en 2008 chez Darla Records / 7 titres / 74 minutes

Pour aller plus loin

-  Deux vidéos pour écouter une partie seulement de "Pensive Aphrodite" :

 

 

 

27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 17:19

 Psychoangelo Panauromni allégée  De la musique électronique, et de la meilleure, voilà ce que nous donne ce duo du Colorado. Glen Whitehead, trompettes et ordinateur, et Michael Theodore, ordinateur, guitare et petits objets, mêlent échanges improvisés et passages écrits pour créer des tapisseries aux sombres chatoiements. Dès le premier titre, "Radiation by design", on plonge dans un univers intense traversé d'ondulations, de stridences : la musique est spatiale, nous entraîne dans une traversée vertigineuse. D'étranges oiseaux électroniques hantent le paysage cosmique, tandis que la trompette pose de longues traces cuivrées dans les couches supérieures de la stratosphère. La musique donne presque la sensation physique de la densité des espaces intersidéraux : rien de plus plein que ces vides abyssaux où navigue une multitude d'objets sonores, où se pressent en bancs épais des nuées tournoyantes. "Panauromni"poursuit avec une dimension épique prononcée. Trompette et drones enveloppent de puissantes tempêtes de particules dérivantes. On atteint des couches plus profondes avec "Pipe Dream in Silver": le rythme se ralentit, on descend toujours plus dans les graves en couches denses, parcourues en surface de frissonnements de lumière noire. Une attraction invisible s'exerce, aimante les masses vers un centre mystérieux. Le duo actualise ce que la musique de Tangerine Dream avait de meilleur : ces "mystérieuses semblances sur la grève des cauchemars", pour paraphraser l'un des titres de l'album Phaedra (1974). Les oiseaux synthétiques reviennent hanter "Dodechophoenix", sublime torsade de trompette majestueuse et de drones déchiquetés. Tout semble exploser avec le début de "The Wary Dream (Threads The Grand Logic)": trompette panique, crissements multipliés, ronflements, palpitations froissées. Effraction au cœur de la matière, de la stellus mater...pour découvrir le centre radieux, "Phosphorus mas frio", phosphore plus froid qui rectifie les trajectoires, coagule en flèches acérées l'inquiétant chaos des morceaux précédents. Un disque impeccablement construit, d'une altière et sombre beauté.

Paru en 2010 chez Innova Recordings / 6 titres / presque 45 minutes.

Pour aller plus loin

- le site de Psychoangelo, qui vous renvoie sur celui du label, leur MySpace, etc., quand vous promenez la souris sur l'une des quatre figures de la pochette (beau design, qui se déploie sur les autres faces cartonnées).

- un extrait de "dodecophoenix" , servi par une belle vidéo (qui tourne mieux que la précédente) :

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 24 janvier 2011

Psykick Lyrikah : Cachés (Interlude) / Qui ? / Rien ne change (pistes 8-9-7, 9'10), extraits de Derrière moi (Idwet, sortie en avril 2011) 

Sombres nébuleuses :

  Psychoangelo : Radiation by design / Panauromni (p.1-2, 16'), extraits de Panauromni (Innova Recordings, 2010)

Grande forme :

  Charlemagne Palestine : Strumming for strings (piste unique, disque 3, 24'26), extrait de Strumming Music (Sub Rosa, 2010 ?)

Clin d'œil :

Grimes : Dragvandil / River (p.6-10, 3'40), extraits de Halfaxa (Lorerecordings, 2010) Deuxième disque de cette musicienne de Montreal qui pose ses vocalises sur une pop expérimentale assez drôle.

Vous êtes parvenu au bout de l'article : cela mérite une récompense !! Un disque à gagner : September Canons d'Ingram Marshall, encore grâce à la générosité de Dom. Pour cela, il vous suffit de poster un commentaire, même insignifiant (??) et / ou de me transmettre vos coordonnées postales par le biais du formulaire de contact (confidentialité assurée). C'est le premier qui réagit qui l'aura...

28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 21:52

      Brian Eno 2     L'art de l'épure

   Placé sous la triple égide de Steve Reich, Brian Eno et Thom Yorke, ce blog, créé en 2007, n'attendait plus que Brian Peter George St John le Baptiste de la Salle Eno, dont le vrai nom fait déjà rêver, auquel je suis redevable de tant de merveilleuses écoutes et qui m'a fourni si longtemps de superbes indicatifs. Le voici qui frappe à nouveau, très fort, avec un disque instrumental qui joue sur le double terrain de l'ambiante et des musiques électroniques abstraites et post-industrielles, post tout, en fait. Brian Eno - puisque notre monde pressé raccourcit ce qui risquerait de le ralentir !, a collaboré avec...presque tout le monde dans le milieu de la pop, et peut être considéré comme l'un des fondateurs de la musique "ambiante" et l'un des maîtres incontestés de la musique électronique. Le fait qu'il signe aujourd'hui sur le label Warp, celui d'Autechre, excusez du peu, n'est pas un hasard, mais un aboutissement logique. Son propre  label, Opal, ne disparaît d'ailleurs pas : mariage de raison, en somme, entre deux voies de la musique électronique. Côté Opal, les tissages ambiants, brumeux, le clavier opalescent, justement. Côté Warp, l'énergie brute, les arrachés percussifs, la griserie saturée. Je schématise, bien sûr, car un des disques antérieurs d'Eno, le superbe Nerve Net (Opal, 1992) est ahurissant d'énergie décalée. Alors ? Je vois dans cette convergence une belle ironie de cet homme qui, à soixante-deux ans, montre, preuves à l'appui, qu'il domine la situation, qu'aucun créateur de la musique électronique d'aujourd'hui ne fait mieux. Beaucoup de musiciens et groupes sont victimes de la lourde technologie qu'ils utilisent, même Autechre n'y échappe pas. Et le dernier Ital Tek, dont je parlerai bientôt, aussi réussi soit-il, manque de la finesse du maître. Finesse, voilà ce qui distingue Eno. Écoutez "Bone Jump", le titre sept : intro de dentelle, suivie de la lourde arrivée d'un synthé qui brode une gauche mélodie. Le continuum cristallin de l'arrière-plan, les intrusions percussives hyper fines font la critique du malotru, malheureux égaré dans l'ouvrage discret de Brian. "Dust Shuffle", qui suit, montre l'autre direction, celle du petit radeau (ou de la petite embarcation) sur une mer de lait. Brian manie l'outil électronique en orfèvre du son, en artisan soucieux du moindre détail, ce qui débouche sur des fulgurances, des transparences, des profondeurs dont bien des musiciens électro sont très éloignés. Producteur attentif depuis longtemps, il sculpte ses sons, les aiguise : "Paleosonic" superpose percussions hoquetantes, guitares électriques incisives aux éclairs qui fulgurent, claviers rugueux, dans une composition hallucinée aux antipodes des pesanteurs associées trop souvent à la (mauvaise ..) musique électronique.

  Brian Eno Small Craft on a milk seaLe résultat est un disque impérial. "Emerald and lime" offre un début en forme de clin d'œil, Eno vaporeux pur jus, clavier qui carillonne dans un lent tournoiement de moires. L'atmosphère s'épaissit avec "Complex Heaven", piano de John Hopkins, très buddien, atmosphère de légère étrangeté parcourue de frissons et de voix synthétiques. Le titre éponyme crée ce qu'on pourrait appeler une pastorale magnétique, guitare en apesanteur, battements, glissement insidieux dans le sillage laiteux de multiples cloches et de cordes lointaines. À partir de "Flint March", on rentre dans le cœur volcanique de l'album : percussions affolantes, bruits et textures dignes d'une musique concrète qui aurait contaminé la techno (ou inversement), avec un brin de sauvagerie. "Horse", c'est l'énergie du marteau-pilon et la délicatesse rageuse des guitares qui découperaient de l'acier en lançant des gerbes d'étincelles. On continue dans un industriel hanté, organique,  avec "2 forms of Anger", pas si éloigné du travail d'une Annie Gosfield, guitares survoltées et coupantes sur un tapis percussif de plus en plus  métal. Superbe !! Après la parenthèse critique de "Bone Jump", morceau évoqué ci-dessus, on repart dans la splendeur raffinée de "Dust Shuffle", l'archéologie brûlante de "Paleosonic", digne prolongement de Nerve Net, en plus ramassé. Apaisé par ces titres incandescents, on peut s'abandonner aux douceurs glaciales des six dernières plages, aux lents vertiges cristallisés, aux miroitements somptueux d'une électronique sans égale : "Slow Ice, Old Moon", "Lesser Heaven", "Calcium Needles", sont les étapes d'une traversée à la fois cosmique et abyssale de la matière, l'autre cœur plus secret, plus troublant encore, de ce disque incroyable. Restent "Emerald and Stone", écho solidifié du premier titre, avec un piano plus ferme que d'habitude ; "Written, Forgotten", guitare aérienne sur fond de voix échantillonnées et de claviers en virgules extatiques, sorte de méditation sourdement habitée en boucles approfondies ; "Late Antropocene", le plus long titre, travaillé par une lumière sombre, plongée dans les entrailles telluriques animées de micro secousses, de tressaillements, morceau visionnaire d'une humanité exhumant les ressources fossiles d'une terre peu à peu transformée en cimetière bourgeonnant de monstruosités amorphes, d'épiphanies sournoises.

   Deux musiciens collaborent à l'album : Jon Hopkins, pianiste et compositeur de musique électronique, qui a publié trois disques ; Léo Abrahams, guitariste avec au moins quatre albums à son crédit.

15 titres / 49 minutes // Paru chez Opal /Warp

Pour aller plus loin

- le site officiel de Brian

- Brian Eno sur MySpace (une page d'admirateurs )

- Une fausse vidéo du dernier titre, "Late Anthropocene" :

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 22 novembre 2010

Max Richter : Journey 4 & 5 (pistes 9-10, 6'30), extraits de Infra (FatCat, 2010)

Valgeir Sigurdsson : Draumaland / Economic Hitman / Cold ground Hot (p.7 à 9, 8'30), extraits de Draumalandid (Bedroom Community, 2010)

Le Ciel brûle :

 Kafka : the Throb of time / grumpled paper (p. 6-7, 10'40), extraits de Geografia (Pyromane Records, 2010)

 Russian Circles : When the mountain comes to Muhammad (p.6, 8'), extrait de Geneva (Suicide Squeeze Records, 2009)

Grande forme   :

David Mahler : Only Music Can Save Me Now (p.18, 15'46), extrait de Only Music Can Save Me Now (New World Records, 2010)

16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 13:07

Slow Six Tomorrow becomes you   Private times in public places en 2004 chez If Then Else Records, Nor'Easter  en 2007 chez New Albion Records : deux disques magnifiques du groupe de Brooklyn mené par Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement. Comment ne pas attendre toujours aussi beau, aussi haut ? Tomorrrow Becomes You, sorti voici peu chez Western Vinyl, m'a d'abord laissé sur ma faim. Il fallait lui laisser le temps de se décanter, qu'il développe son atmosphère propre. C'est chose faite. Accomplissement, pour que triomphe la lumineuse douceur des mélodies brumeuses de ce groupe post minimaliste.

   "The Night You Left New York" commence au ralenti, quelques notes piquées sur les cordes, une guitare qui s'étire, des boucles en volutes tranquilles, puis on rentre dans une ronde étourdissante menée par le violon, des particules de lune dans les cheveux. Les percussions s'en mêlent, la guitare s'électrise, flambée post rock, les étoiles se rapprochent dans la déferlante qui semble ne devoir jamais finir (ce qui en exaspèrera quelques uns, ne niez pas !). Vous êtes arrivés, mûrs pour "Cloud Cover", plus de douze minutes en deux parties. La quintessence de Slow Six : trame minimaliste de motifs répétés, un tissage à plusieurs niveaux qui donne l'impression de s'enfoncer dans une constellation radieuse, avec le martèlement du Rhodes, les spirales du violon et de la guitare, les sons électroniques. Le groupe réussit comme d'habitude une synthèse harmonieuse entre trois courants : post minimaliste et post rock, déjà évoqués, mais aussi ambient. La deuxième partie de "Cloud cover" nous transporte en effet au-dessus de la mêlée, dans la raréfaction sensuelle des sons, le lent tournoiement des mélodies qui glissent dans l'éther, diaprées d'échos, alanguies de splendeur. "Because Together We Resonate" reste en altitude, alchimie de sons synthétiques résonants et de violon distant, se rapproche ensuite pour nous envelopper d'intenses boucles lentes - Slow Six, ou l'esthétique de la lenteur, l'auriez-vous oublié ?

   Plus de quatorze minutes pour les deux parties de "Sympathetic Response System" : c'est peut-être la longue intro de ce titre qui m'avait agacé. Je m'étais dit : « Tiens, Slow Six fait du Slow Six, de la saucisse musicale au mètre. » Je devenais méchant en somme, prêt à haïr ce que j'aimais tant, classique quoi. Oublions donc la première partie, car la seconde est si belle, tellement plus légère, émouvante dans sa robe trouée. Et puis la peau frissonne, vous sentez que ça y est, la musique décolle dans ses dentelles de nuées parcourues d'ondes vibrantes et de frappes percussives. Le piano Rhodes amorce "These Rivers Betweeen Us", sorte de gigue allumée qui brûle sur place, menée par le violon auquel se joignent les autres instruments, avant une brusque dépression suivie d'une reprise graduelle et d'un long final nettement post rock, beaucoup plus conventionnel. Deuxième faiblesse de l'album à mon sens, qui explique aussi le passage du groupe chez Western Vinyl ( à moins que ce ne soit l'inverse !). Oublions. Reste un disque souvent superbe : cinq titres sur sept, tout de même...

Pour aller plus loin

- leur site officiel.

- Slow Six sur My Space.

- Slow Six en concert interprète la première partie de "Cloud cover" :

 

 

Programme de l'émission du dimanche 6 juin 2010

Autechre : ilanders / known / seeonsee (pistes 2-3-6, 15' ), extraits de Oversteps (Warp, 2010)

On Fillmore : checking in / Master Moon / Complications (p.1-2-4, 16' ), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Andrew Byrne : Desert Terrain for solo crotales / Desert weather for piano and crotales, glockenspiel (p.3-9, 8' ), extraits de White bone country (New World Records, 2009)

Olivier Capparos & Lionel Marchetti : Livre IV : Parliament of stones (dédale du bien triste) (Cd2, p.1, 16' 48), extrait de  Kitty Hawk, le sable et le vent (Césaré, 2010)

Élodie Lauten : Orchestral Memory / Con spirito / Moderato (p.8 à 10, 23' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Programme de l'émission du dimanche 13 juin 2010

On Fillmore : Off the path / Extended vacation (p.5 et 6, 14' 30), extraits de Extended vacation (Dead Oceans, 2009)

Greg Davis : Clouds as edges (p.2, 10' 49), extrait de Somnia (Kranky, 2004) Le retour du label de Chicago sur Inactuelles ?

Graham Fitkin : Relent for solo piano / White for two pianos (p.3-6, 15' 50), extraits de Circuit (Bis records, 2009)

Élodie Lauten : Concerto pour piano & Orchestral Memory : Tempo di habanera / Andante cantabile / Orchestral Memory Exit  + Tango (p.11 à 14, 15' ), extraits de piano works (Unseen Worlds Records, 2010)

Spyweirdos & Floros Floridis : steps doxm / towers to keep people in (p.5-6, 12' 20), extraits de the sound between us (Creative Space, 2009)