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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 10:21
  Annie Gosfield n'a pas toujours la tête dans les étoiles. Alors qu'elle vivait à Valencia, en Californie, elle se promenait souvent dans la ville-fantôme voisine, Mentryville, qui lui a inspiré un des titres de Lost signals and drifting satellites. Elle a recréé l'ambiance étrange de la cité abandonnée à l'aide de son piano préparé, dans lequel elle a placé des matériaux métalliques, du bois, du caoutchouc, entre et sous les cordes, qu'elle frappe avec un maillet de caoutchouc, produisant des sons qui coexistent avec ceux obtenus par la voie traditionnelle; rien d'étonnant au pays de John Cage, mais une belle illustration de la fécondité actuelle de l'invention. Avec The Harmony of the body-machine, titre pris dans un livre de H.G. Wells, elle signe une collaboration impressionnante avec la violoncelliste Joan Jeanrenaud, dont elle exploite l'incroyable virtuosité technique pour la faire dialoguer avec des sons industriels enregistrés dans des usines de Nuremberg : nouvelles harmonies, infinis bercements du métal adouci, respirations organiques de la matière caressée par le violoncelle, engendrent une mélancolie post-humaine, celle d'un monde où l'homme n'existe plus qu'à l'état de trace.
  Flying sparks and heavy machinery, paru en 2001 chez Tzadik comme ces deux autres albums, rassemble deux oeuvres liées à sa résidence en Allemagne, à Nuremberg. "Ewa7", un morceau en trois parties de plus de quarante minutes, intègre la machinerie lourde des usines en tant qu'interprètes, soit en direct comme ce fut le cas lors d'un concert donné sur l'un des sites industriels explorés, soit en tant qu'échantillons sonores mixés et joués sur les claviers de la compositrice. Ewa7 est au final un voyage fascinant, galvanisant, au coeur de l'énergie, depuis la rotation initiale des moteurs qui démarrent jusqu'à la chambre de combustion, chaque étape accompagnée par l'entrée en scène d'un instrument (clavier échantillonné, guitare électrique préparée et percussions "traditionnelles"). L'ajout de nombreuses percussions métalliques, lourds cylindres et autres, frappées contre les machines elles-mêmes, contribue à donner à cette plongée une force extraordinaire. Voilà une artiste qui écoute le monde en face, sans a priori, pour en faire jaillir les beautés ignorées. Des lourdes machines sourdent une lumière, une émotion inattendues. Elles se mettent parfois à danser un sabbat frénétique, ou bien alors semblent bégayer un langage qui n'attend que notre oreille pour nous dire cet au-delà des épaisseurs et des opacités, et, qui sait, la fusion de l'homme et de la machine. Un monument de la musique contemporaine, expérimentale et électronique !!
   Le titre de l'album est celui du second morceau, écrit pour quatuor à cordes et quatuor de percussions juste après son retour à New-York. Tandis que les cordes explorent les micro-tonalités et toutes les ressources acoustiques pour suggérer les étincelles volantes du titre, les percussions évoquent l'univers industriel de la machinerie lourde, dans un dialogue inspiré du constructivisme, enrichi par des rencontres de hasard et ménageant des espaces apaisés où l'on peut écouter les infimes bruissements de la matière. Il y a quelque chose de japonais dans ce morceau, qui me fait penser aux compositions de Kaija Saariaho consacrées aux jardins japonais, pour l'espèce d'austérité suave qui se dégage de cette joute impeccablement menée.
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Programme du dimanche 27 avril 2008
Annie Gosfield : Mentryville (piste 3, 4' 58)
                                    The Harmony of the Body-Machine (p.4, 13' 14), extraits de Lost signals and drifting satellites (Tzadik, 2004)
                                    
Ewa7, parties 2 et 3 (p.2 -3, 23' 20)
                                     Flying sparks and heavy machinery (p.4, 14' 38), extraits de Flying sparks and heavy machinery (Tzadik, 2001)
24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 14:58
Après Eve Beglarian, Julia Wolfe (cf. article du 15 mars 2008), me voici sur la piste d'une autre immense compositrice américaine, Annie Gosfield. Née à Philadelphie en 1960, elle vit à New-York. Claviériste, improvisatrice, elle s'intéresse aux sons non-musicaux, davantage séduite dès le plus jeune âge par les oscillations sauvages d'une alarme de voiture, les trépidations de baratte d'un camion qui fabrique le ciment, les pianos cassés, les grésillements entre les stations de radio, que par les comptines. Ajoutons le choc occasionné par Come out(1966), pièce de Steve Reich dans laquelle celui-ci travaillait à partir de cinq mots prononcés par un jeune noir, diffusés à l'unisson en boucle sur deux voies qui se déphasent progressivement, créant réverbérations, canons, démultiplications, et qui ne gardent des mots, devenus inintelligibles, que les motifs rythmiques et le phrasé de l'intonation, pièce que son frère aîné écoutait la tête entre les haut-parleurs de sa chaîne, et l'on aura une idée assez juste de l'ouverture musicale d'Annie Gosfield, bien décidée à révéler la beauté des sons dits non-musicaux. Sa démarche pourrait sembler rejoindre celle des musiques industrielles, mais elle me semble adopter le mouvement exactement contraire. Tandis que ce courant musical, très influencé par l'esthétique punk, se veut agressif et destructeur en reniant l'harmonie et tout ce qui pourrait flatter l'oreille -pour aller très vite !, plongeant l'auditeur dans un univers sonore saturé, brutal, Annie Gosfield tend l'oreille pour débusquer la musicalité dans l'univers quotidien, apprivoise les sons industriels pour qu'ils livrent la musique qu'ils ont en eux, une musique proprement inouïe, donc jamais mièvre ou flatteusement séduisante : incroyable, étrange, la matière qui s'ouvre pour chanter du fond de ses interstices...
    Rassurez-vous toutefois, elle travaille aussi à partir de matériaux musicaux conventionnels (instruments solistes, ensemble de chambre)...pour les faire sonner autrement, en les confrontant à des sons électroniques, échantillonnés, en jouant sur des micro-tonalités, des intervalles inédits, le désaccordage et la préparation des instruments, en cela dans la lignée de John Cage et de son invention du piano préparé dans les années quarante. Sa musique, jouée par de nombreux artistes de part le monde, est disponible sur trois disques, tous parus sur le label du saxophoniste John Zorn, Tzadik, label entièrement dédié à la musique expérimentale, d'avant-garde.
  Paru en 1998, Burnt ivory and loose wires rassemble pour l'essentiel des oeuvres dans lesquelles le clavier échantillonné d'Annie Gosfield joue un rôle central. Elle y est accompagnée, selon les morceaux, par la guitare électrique préparée de Roger Kleier, qui l'accompagne souvent sur scène, les percussions de Jim Pugliese et Christine Bard, le violoncelle de Ted Mook. Le dernier titre a été écrit pour le quatuor de saxophones Rova. La couverture très surréalisante est à l'image de cette musique étrangement onirique, exploration joyeuse d'univers sonores improbables surgis des percussions métalliques, du clavier préparé et désaccordé, qui utilise parfois des échantillons de vibraphone frotté par un archet, de la guitare touchée par un archet électronique. Ivoire brûlé du piano et cordes détendues, nous indique le très beau titre de l'album. L'un des morceaux est quant à lui titré "The Manufacture of tangled ivory" : fabrication d'ivoire embrouillé, emmêlé, avec l'impression de rentrer dans un labyrinthe où les sons se tordent, se transforment sans cesse, nous sommes dans l'antre même de Tubal-Caïn, dans la forge primordiale. Le résultat est d'une splendeur presque constante, d'une fraîcheur et d'un dynamisme exaltants encore dix ans plus tard, faisant paraître corsetées et poussives bien des musiques plus récentes. Annie Gosfield, une oreille...sans oeillères, une créatrice au sens plein du terme.
 
   Lost signals and drifting satellites, paru en 2004, est le troisième et dernier en date des disques de la compositrice. A part un court morceau où elle apparaît en solo, l'album regroupe des oeuvres où les cordes interviennent soit seules, soit en interférant avec des sons électroniques. On y trouve un véritable quatuor à cordes, Lightheaded and heavyhearted, écrit nous dit-elle alors qu'elle souffrait de vertiges et se sentait étourdie, la tête vide : des moments à la mélancolie tranquille alternent avec des passages au dynamisme plus agressif pour construire un paysage mental sensible, à l'écoute des sons de l'âme. Le deuxième morceau, qui donne son titre à l'album confronte le violon de George Kentros à des enregistrements de satellites, d'ondes courtes et de transmissions radios, dans un troublant jeu d'échos qui brouille les limites entre sons musicaux et non-musicaux. Je présenterai les autres titres dans l'article suivant.
- le
site de la compositrice, avec d'assez nombreux extraits en écoute.

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Programme du dimanche 20 avril 2008
Promise and the monster : Trials (piste 11, 2' 41)
                                                            The delusioned and Insane (p.12, 4' 27), extraits de Transparent knives (Imperial Recordings, 2007)
Annie Gosfield : Nickolaievski soldat (p.1, 6' 57)
                                     Freud (p.2, 4' 02)
                                   The Manufacture of tangled ivory (p.3-4, 10' 30), extraits de Burnt ivory and loose wires (Tzadig, 1998)
                                    
Lightheaded and heavyhearted (p.1, 19' 56), extrait de Lostsignals and drifting satellites (Tzadig, 2004)
Kalylivedub : Comma (p.10, 6' 34)
                              ...exe (p.11, 9' 30), extraits de Fragments ((Pias, 2008)
9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 10:33

   Guitariste, fondateur du groupe rock d'avant-garde Doctor Nerve, programmeur et inventeur de logiciels de composition musicale, Nick Didkovsky est un compositeur qui joint à la rigueur de l'écriture une énergie salutaire, une inventivité débridée. Il a participé au quatuor de guitares de Fred Frith  et à bien des expérimentations en trio, duo, sur de nombreuses scènes. Rien ne lui fait peur, comme le montre ce disque étonnant paru en 2007, Ice Cream time, une composition de presqu'une heure en douze parties sur le modèle de thème et variations. L'oeuvre est écrite pour sa guitare électrique, ses logiciels, les échantillons, traitements de Thomas Dimuzio, artiste du son, et le quatuor  de saxophones Arte Quartet.
   Le début de la pièce est rude : juxtaposition d'échantillons vocaux déformés et entrée en fanfare des saxophones déchaînés. Mais la mise en place rythmique, puissamment dynamique, associée à des développements mélodiques complexes dans l'esprit de groupes comme Henry Cow ou d'un musicien comme Frank Zappa, dont l'esprit plane sur plusieurs plages, emporte l'auditeur dans un univers violemment coloré, aux accents parfois parodiques soulignés d'ailleurs par des titres comme "Meteoric Ice Pie Menace", "I cheer Pet eater". Vers le milieu de la pièce, avec le titre "Fall", le magma des saxophones s'ordonne peu à peu souterrainement autour de pulsions graves, telluriques, à base de drones qui débouchent sur les incroyables plages extatiques suivantes, totalement imprévues. Les saxophones sont comme absorbés, se fondent de plus en plus dans le matériau électronique qui semble d'abord les contester avec ses éructations, ses gonflements grotesques, avant de les assimiler dans des couches envahissantes, animées de mouvements oscillatoires et enrichies d'éléments dissonants. On est alors plus proche des tessitures d'un Duane Pitre avec ses "organized pitches" ou d'un Tim Hecker avec ses houles électroniques granuleuses. Le dernier titre, de quatorze minutes, "Rise", atteint ainsi une intensité et une splendeur confondantes. Nick Didkovsky a réussi une traversée improbable, du trivial et du grotesque vers un sublime d'autant plus appréciable qu'il correspond à l'acmé d'un voyage musical en perpétuelle métamorphose.
De gauche à droite :
Nick Didkovsky, guitare électrique et ordinateur portable
Sasha Armbruster, saxophones alto et baryton
Beat Kappeler, saxophone baryton
Andrea Fomenti, saxophone ténor
Thomas Dimuzio, échantillonnage en direct
Beat Hofstetter, saxophones soprano et baryton
 
Je vous propose en écoute ici un échantillon préliminaire destiné au quatuor ARTE pour le dernier titre, "Rise", différent dans sa version enregistrée.



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Programme de l'émission du dimanche 30 mars 2008
Une émission consacrée en majeure partie à la guitare, acoustique et électrique, dans ses rapports avec des traitements électroniques : Imagho, Pierre-Yves Macé, Nick Didkovsky, trois manières de renouveler l'écriture pour la guitare. L'électro-dub de Kalylivedub referme l'émission avant une pause (reprise de l'émission dimanche 20 avril).
Imagho : Banquise (piste1, 5' 02)
                    Bienvenue (p.3, 2' 52)
                    Mercure (p.4, 4' 50)
                    Meth (p.11, 2' 40)
                    The endurance (p.14, 5' 17), extraits de Inside looking out(We are unique records, 2008), deuxième cd "Rythm/Treble, 1998-2008)
Pierre-Yves Macé : Second mouvement pour guitare électrique (p.2, 15' 58), extrait de Circulations(Sub rosa, 2005) Voir
l'article de la semaine dernière et, pour avoir une idée du concert qui s'est déroulé à Reims jeudi 3 avril, la vidéo très bien faite qui alterne entretien avec Jean-Yves et fragments d'oeuvres en direct.
Nick Didkovsky : Fall (p.6, 7' 54)
                                      Seltzer session II (p.7, 7' 26)
                                      I cheer Pet Eater (p.8, 5' 12)
                                      Trades (p.9, 1' 20)
                                      Calm (p.10, 5' 39), extraits de Ice cream time(New world records, 2007)
Kalylivedub : Silent moment (p.6, 5' 12)
                              See no sense (p.9, 5' 25), extraits de Fragments(Pias, 2008)

27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 16:26
   Le rapprochement paraîtra osé, voire incongru à certains. Quoi de commun entre un groupe de dub-rock  et un compositeur comme Pierre-Yves Macé ? Je suis certain que le second ne serait pas choqué, car il est nourri de rock et rêve d'un croisement entre rock expérimental, la musique ambiente et la musique contemporaine répétitive. Tous les deux travaillent sur le rapport entre l'instrumental et l'électronique, accordent à la scène et au concert une place primordiale, laissent une place à l'improvisation, font interférer échantillonneurs, séquenceurs et instruments acoustiques pour brouiller les pistes, inventer des territoires de traverse.
  Faisant suite à On stage (cf. article du 19 mars 2007), ce cinquième opus, Fragments, confirme la mâturité d'un groupe majeur de la scène dub française. On retrouve la puissance rythmique des compositions, le son épais et dense, volontiers sombre et dramatique, la fièvre d'ambiances saturées, mais aussi des climats lentement déployés . Magnetic dust, le quatrième titre, est ainsi un voyage hypnotique dans un mystérieux paysage intergalactique peuplé de voix étranges, de vagues de claviers parasités et, vers la fin, de nappes de cordes inattendues. Le groupe navigue entre rock industriel et reggae, musique expérimentale et effervescence psychédélique. Uzul Prod, projet initié par Stéphane Bernard aka Uzul (l'un de nos cinq compères, l'homme des machines) ou Dalëk ne sont pas éloignés de ce soleil noir sidérant, qui revendique parmi ses influences Amon Tobin, Portishead ou encore Massive Attack.
Quand on l'interroge sur ses goûts, Pierre-Yves Macé mentionne ausi bien Gavin Bryars, Steve Reich, du côté des minimalistes, que Brian Eno, Harold Budd, pour l'ambiance calme des textures acoustiques et synthétiques, ou encore des expérimentateurs iconoclastes comme John Cage, Alvin Curran, ou le guitariste rock Fred Frith, l'incroyable groupe de post-rock progressif (je viens d'inventer une catégorie !)This Heat. Pas étonnant que Pierre-Yves Macé se retrouve sur Inactuelles... Né en 1980, le compositeur a trois disques à son actif. Circulations est le second, paru chez Sub Rosa en 2005. C'est une longue pièce en quatre mouvements qui mettent chacun un instrument en concurrence avec une bande magnétique. Les percussions, la guitare électrique, la harpe et la clarinette dialoguent avec un environnement électro-acoustique dans lequel on retrouve un échantillonnage de l'instrument enregistré, traité et modifié, selon un principe de redoublement : se créent ainsi des circulations, des courants, des jeux d'écho, dans une grande mobilité et une impression d'improvisation réjouissante. Ici, tout est sous le signe de la fluidité, du passage, de la création permanente, avec des surgissements miraculeux, des sources douces au milieu de chaos, des frémissements et des battements, des convulsions et des tendresses fragiles, de  l'assourdissant et de l'imperceptible. Plus on écoute ce disque, plus on l'aime pour son inventivité, ses beautés fulgurantes et imprévues, et pour tout dire sa liberté souveraine hors des sentiers tracés, à la recherche de la musique prête à sourdre à chaque seconde. Circulations est un disque essentiel pour découvrir la musique d'aujourd'hui et pour échapper à l'abrutissement et au formatage.
Pour aller plus loin :
- Kalylivedub sur
MySpace.
- le
site du compositeur.
- Pierre-Yves Macé sur MySpace.
- un
entretien vidéo avec Pierre-Yves Macé, qui sera à Reims jeudi 3 avril à 19h 30 au Centre Saint-Exupéry, dans le cadre d'une soirée Live Electronics organisée par Césaré, Centre national de la création musicale.
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Programme de l'émission du dimanche 23 mars 2008
Kalylivedub : Broken atom (piste 2, 5' 03)
                              The Crumb (p.3, 5' 38)
                               Magnetic dust (p.4, 5' 40), extraits de Fragments(Pias, 2008)
Pierre-Yves Macé : Premier mouvement, pour percussion et bande magnétique (p.1, 14' 45), extrait de Circulations(Sub Rosa, 2005)
29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 11:59
undefinedNé en 1983, l'autrichien Richard Eigner pratique la musique avec ses amis dans les clubs de son pays où il a déjà reçu quelques distinctions dans le domaine des musiques électroniques. Il est aux percussions, aux claviers et aux traitements sonores. Je l'ai connu grâce à la Red Bull Music Academy, ce regroupement annuel dans une ville toujours différente, Melbourne en 2006 et Toronto en 2007, des meilleurs DJs et expérimentateurs musicaux de la planète,  manifestation qui est prolongée en général par un disque ou un CD-Rom. Concrete leaves, une pièce conçue comme une sorte de mille feuilles avec des cuivres sur plusieurs pistes décalées qui reviennent de manière lancinante, avait retenu mon attention sur la compilation 2006. J'ai fini par rentrer en contact avec Richard. Il forme le groupe Ritornell avec son ami Roman Gerold, mais il participe avec d'autres à des manifestations très diverses dans tous les lieux ouverts aux musiques actuelles en Autriche.Avec un troisième comparse, Gerhard Daurer, il propose rien moins qu'un renouvellement passionnant des musiques électroniques et expérimentales ! Il n'a encore enregistré aucun disque, mais en prépare un avec le lancement d'un label intitulé Wald-Entertainment. Sa musique- et celle des ses amis, appartient à la galaxie électronique la plus radicale, souvent très proche des expérimentations de la musique contemporaine, avec une touche jazzy sur certaines compositions, et une évidente affinité avec l'esprit minimaliste. Les meilleurs morceaux sont à mon sens les plus dépouillés,  épures abstraites, quasi conceptuelles, où le jeu très fin des percussions s'inscrit sur des lignes à la fois rigoureuses et mystérieuses : écoutez  Tide and Tickle, exemplaire de cette économie, ou encore l'extraordinaire Untitled(les deux titres sont sur le site MySpace de Richard), qui fait penser à un jardin japonais par son hiératisme simple et grandiose. Ce dernier morceau évoque d'ailleurs pour moi les Six Japanese Gardens(1993) de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho. Sur le même site, vous trouverez l'étonnant The Light, au jazz décalé, sensuel et vaguement orientalisant, habité par une voix féminine légèrement rauque et frémissante, tapissé de légers choeurs féminins et de percussions obsédantes..
undefinedTandis que Roman Gerold écrit des pièces pour films, danses ou même jeux vidéo, Richard se livre à des remix, constitue une bibliothèque de sons. Leur collaboration remonte à l'écriture d'une musique de scène pour Urgent Appetite, spectacle de la chorégraphe canadienne Laura Kappel au printemps 2004.
Pour mieux les connaître et les soutenir :
- le site de Ritornell, avec huit titres en téléchargement libre.
- le site du label en construction, Wald-Entertainment.
- un extrait de la musique de scène pour Urgent Appetite à écouter ici.
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Programme du dimanche 24 février 2008 (Première partie)
D'autres extraits de Brain Damage ont ouvert l'émission et "préparé" aux musiques de Richard Eigner et ses amis.
Brain Damage : Mi Mismo voda (piste 13, 1' 59)
                                   Le silence /.../ Trupy (p.15 à 18, 8')
                                   Plot/Propose (p.20, 2' 02), extraits de Short cuts(Jarring effects, 2008)
Richard Eigner/ Roman Gerold/Gerhard Daurer :
                                   Tide and Tickle (4' 23)
                                   Untitled (3' 14)
                                   Live at Rhiz Vienna (11' 19), à paraître, disponibles en MP3 (cf. ci-dessus)
- le site du trio.

31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 22:31
    J'avais l'idée d'une émission autour d'Eve Beglarian depuis le dernier disque de Maya Beiser, Almost Human, qui lui accorde une large place avec les huit mouvements de "I am writing to you from a far off country", longue pièce d'Eve de 2006 associant le violoncelle et le chant à la lecture intégrale du texte de Henri Michaux ("Je vous écris d'un pays lointain" : cf. notamment article du 7 juin 2007). Les matériaux me manquaient jusqu'à ce que je trouve Tell the birds, un disque entièrement consacré à six de ses récentes compositions. La présence d'un titre comme  "Creating the world" et la référence à William Blake dans "The marriage of Heaven and Hell" ont attiré autour de ce noyau un extrait de Dark waters d'Ingram Marshall et des oeuvres de Jah Wobble inspirées du peintre et poète anglais.
   Pour commencer, la musique d'Ingram Marshall, penchée sur les origines mystérieuses du monde. Le compositeur américain, qui a commencé sa carrière par des collages électroniques élaborés, fascinants, est une figure à part, difficile à rattacher à un quelconque courant. Il s'inscrit en fait dans une tradition américaine profondément métaphysique : de la contemplation des grands espaces surgit une musique qui ne cesse de célébrer la magnificence de la Création en même temps que son impénétrable mystère. Depuis plus de dix ans , il associe textures électroniques travaillées par des échos, des filtres,des retards, des boucles et des variations de vitesse avec des instruments acoustiques, solistes ou en plus grande formation. Dans le titre éponyme Dark waters, un cor anglais plane sur les eaux primordiales. Ecoutez-le grâce à cette vidéo, collage à la fois visuel et musical, dans laquelle on entend le début de l'oeuvre (mixée avec d'autres).

Ingram-Marshall-Dark-waters.jpgDark waters ne manquera pas d'évoquer la musique de Tangerine Dream à ses débuts. Ingram Marshall reprend une de ses anciennes compositions, Sibelius in his radio corner, et rend à nouveau hommage au musicien finlandais auteur du Cygne de Tuonela, pièce inspirée par ce cygne légendaire qui glisse au-dessus des sombres eaux séparant le mondes des vivants de celui des morts. Ici, c'est le cor anglais, avec son velouté langoureux, qui incarne le cygne, tandis que la bande enregistrée pose le paysage grandiose, agité de convulsions lentes, parfois troubles, inquiétantes et attirantes à la fois.
  



                                                                                   
 Eve-Beglarian-Tell-the-birds-copie-1.jpg  Née en 1958, Eve Beglarian travaille beaucoup pour des chorégraphes, des performances, répond à des commandes d'ensembles comme le Bang on a Can All-Stars, élaborant une oeuvre elle aussi atypique, résolument loin de tout dogme, de toute école. Elle pratique le collage, utilise l'électronique, et dans le même temps fait appel à des musiciens, des comédiens et des lecteurs lorsqu'elle met en musique des textes poétiques, un des aspects passionnants de son itinéraire.Creating the world, l'un des titres de cet album qui rassemble six créations comprises entre 1994 et 2004, part d'un poème de Czeslaw Milosz, écrivain polonais naturalisé américain à la fin de sa vie, Prix Nobel de littérature en 1980. Le comédien Roger Rees dit le texte tantôt avec une fougue joyeuse, tantôt avec un détachement sarcastique, voire théâtralement comique, en parfaite adéquation avec la verve héroï-comique de ce poème cosmogonique, sur fond d'un immense collage d'échantillons de Mozart, de mélopée orientale, de chant médiéval, de rock, tous d'ailleurs motivés par le poème lui-même, échantillons enveloppés par le travail de l'Ensemble électro-acoustique de Paul Dresher. Une Création haute en couleurs, bigarrée et jubilatoire, ce qui n'exclut pas quelques superbes échappées rêveuses. Robin redbreast, composition plus courte de 2003 sur un poème de Stanley Kunitz, poète américain mort en 2006 à l'âge de cent ans, un des fondateurs de la maison des Poètes de New-York, propose un univers très différent. Le texte est dit-chanté, murmuré, devient mélopée parfois discordante et brisée, sur un bourdon de claviers, tandis que la flute piccolo gazouille pour évoquer cet étrange oiseau échappé peut-être du paradis : "C'était l'oiseau le plus lugubre/ qu'on eût jamais vu, nettoyé/ de toute sa couleur, comme s'il/ s'était tenu sous la pluie/ seul et raide et refroidi/ depuis que l'Eden allait mal." Wonder Counselor, pièce de 1996, est une plongée dans les eaux fraîches de l'Eden : des variations extatiques à l'orgue sur un Graduel du XIIIè siècle, "Res est admirabilis", encadrées par des sons naturels d'oiseaux,  d'eaux agitées et de halètements amoureux. Eve Beglarian donne aux propos d'Isaïe, au chapitre 9, verset 5, "et on lui a donné ce nom, Conseiller-merveilleux, Dieu-fort" leur sens non édulcoré en s'appuyant sur un autre passage de la Bible, au chapitre 30, versets 18 et 19 du livre des Proverbes : "Il est trois choses qui sont trop merveilleuses pour moi ; et quatre que je ne comprends pas : le chemin de l'aigle dans les cieux, le chemin du serpent sur le rocher, le chemin du navire au milieu de la mer, et le chemin de l'homme dans la femme." A sa manière, on aura compris que ce disque est un livre des merveilles, dont je n'ai évoqué que la moitié je vous le rappelle.
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   Bassiste de Public Image Limited de 1978 à 1980, Jah Wobble, né en 1958 comme Eve Beglarian, a poursuivi depuis une carrière solo d'un éclectisme incroyable, collaborant avec des chanteuses orientales, avec Brian Eno, Bill Laswell, se lançant dans des projets improbables comme ce disque inspiré par la peinture et la poésie de son compatriote William Blake. Accompagné de Jackie Liebezeit (du groupe allemand Can) aux percussions, de Mark Ferda aux atmosphères (claviers et autres synthétiseurs...), de Justin Adams à la guitare et de Clive Bell à divers instruments traditionnels, il propose un voyage convaincant et vraiment inspiré dans les poèmes flamboyants de William Blake, dont les textes sont fournis dans le livret, très bien édité. Au début de "Auguries of Innocence", on retrouve notre Robin Red breast (rouge-gorge) évoqué par Stanley Kunitz, qui s'est peut-être souvenu de Blake :
To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

A Robin Red breast in a Cage
Puts all Heaven in a Rage
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Programme du dimanche 27 janvier 2008
Ingram Marshall : Dark waters (piste 1, 17' 05), extrait de Dark waters(New Albion records, 2001)
Eve Beglarian : Creating the world (p.2, 13' 58)
                                   Robin Redbreast (p.3, 4' 57)
                                   Wonder Counselor (p.4, 9' 09), extraits de Tell the birds(New World Records, 2006)
Jah Wobble : Breathing out the world (p.6, 0' 49)
                              Swallow in the world (p.7, 3' 32)
                              The Kings of Asia (p.8, 1' 37)
                              Angel (p.11, 4' 24)
                              Auguries of Innocence (p.13, 6' 54), extraits de The Inspiration of William Blake(All Saints Records, 1996)
Site d'Eve Beglarian, très riche, avec des morceaux à écouter et des MP3 à télécharger, ici.
Bel article consacré à Jah Wobble sur fluctuat.net.
Un site bilingue consacré à William Blake.

20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 15:22
     Déçu par les nouveautés (celles que j'ai pu écouter, précisons, il a pu m'échapper des trésors, hélas !)du côté de la pop-rock au sens très large, je reviens à la musique contemporaine avec un programme qui associe Slow six,  dont l'album Nor'easter est décidément pour moi un chef d'oeuvre étincelant, le pianiste néerlandais Jeroen van Veen , et le pianiste et compositeur belge -employons le terme tant qu'il a encore un sens, Jean-Luc Fafchamps.

Improvisation sur Distant light                             slowsix03.jpg
distant light tant de light
tu me dis je me tends de lumière
léger de lumière vêtu je vais
dans la distance tremblée je je je
me dissous dessous tant de
temps transparent allumé
de lumière dans la baignoire rougie
du crépuscule tu me dis distant
je suis la distante light tendre light

léger écho d'ego terme échu
la tombée des sons déchus déchire
ma trame c'est mon drame léger
distant light aurore cathédrale                             slowsix05.jpg

de rayons tente engloutie tant de
temps reconquis sur les chemins comme
des filles chromatiquement belles
ouvertes sur la nuit divine la

distant light glissante de violons
doux martelé piano de feutre et
de mystère lacté tu m'as trouvé
ivre gisant chrysalide à peine
sous la pluie des couleurs comme
une dédicace fragile m’as-tu dit
tombant ensemble dans le vortex
des limbes lumière light tant de

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Jeroen-van-Veen-2.JPG    Jeroen van Veen au piano : cet instrumentiste-arrangeur-compositeur a plus de 40 CDs à son actif, avec un autre coffret de 11 disques consacrés aux oeuvres pour pianos multiples de son compatriote Simeon ten Holt. Son éclectisme joyeux a de quoi séduire Inactuelles et tous les amateurs de diversité musicale. Dans le coffret "Minimal Piano Collection" présenté la semaine dernière, les disques VI et VII présentent ses propres compositions, vingt-quatre préludes minimalistes à la manière de Bach, manière de clouer le bec à ceux qui méprisent les "facilités" du minimalisme. La démonstration est impeccable, fait éclater l'évidente beauté, la force sereine de ces mélodies aux réfractions répétées, qui jouent du martèlement, des échos, décalages et glissements, boucles et hiatus, silences et stases, grappes accélérées et vrilles. La musique alors est invasion, marée montante et possession, et c'est tout l'être qui vibre dans l'oubli du monde grossier des apparences, transporté au coeur de l'ineffable, dans la matrice mystérieuse des harmoniques sensibles.

Fafchamps-Attrition.jpg  L'oubli momentané de l'actualité accaparante me permet de commencer à rendre hommage à Jean-Luc Fafchamps, pianiste et compositeur belge que j'avais découvert à travers son interprétation de "Triadic memories" de Morton Feldman -auquel il faudra bien que l'émission revienne....Attrition, sorti en 1993 chez Sub Rosa, est le premier disque consacré à ses propres oeuvres. Le quatuor pour deux pianos, interprété par le Bureau des pianistes dont il fait lui-même partie, est une pièce en cinq mouvements à l'abord très abrupt : notes plaquées, isolées, dans les graves, au début ; atonalité, intervalles asymétriques, brisures, pas de fluidité, ni de vraie mélodie, chevauchements et rencontres entre les interprètes dans une configuration variable sur les deux pianos. Nous voici a priori loin du minimalisme, dans des paysages abstraits, âpres, qui offrent toutefois soudain des perspectives incroyables et qui réservent des moments d'une grâce d'autant plus émouvante que rien ne la laissait prévoir. A cet égard, la fin est magnifique, reprise du début surgissant de reliefs arides comme une oasis de consonance et d'harmonies retenues, à la fois debussyste dans sa grâce mystérieuse et très minimaliste dans le discret martèlement des motifs : le jeu dans les cordes de deux des trois pianistes lui confère de surcroît un charme désolé.
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Programme du dimanche 14 octobre 2007
Slow six : distant light, part 1 & 2(pistes 5 et 6, 21' 42), extraits de Nor'easter(New Albion records, 2007)
Jeroen van Veen : Préludes n° 5, 6, 8 & 10 (p.5-6-8-10, vol.VI, 17')
                                          Préludes n°18 à 22 (p.6 à 10, vol.VII, 29'), extraits de Minimal piano collection(Brilliant classics, 2007)
Jean-Luc Fafchamps : Quatuor pour deux pianos (p.1, 17' 20), extrait de Attrition(Sub Rosa, 1993), interprété par le Bureau des pianistes.

 Pour les sites concernant Slow six et Jeroen van Veen, voir l'article précédent. A peu près rien en écoute sur Jean-Luc Fafchamps...                  



5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 17:39
Créé en 2000, le groupe Slow six, basé à Brooklyn, s'est beaucoup produit à New-York et a sorti un premier disque remarqué en 2004. Nor'easter, qui vient de sortir sur le label californien New Albion Records, est à l'évidence l'un des chefs d'oeuvre de cette année. Mené par son fondateur Christopher Tignor, compositeur, violoniste et concepteur du matériel informatique d'accompagnement, épaulé par Stephen Griesgraber à la guitare électrique et compositeur sur l'un des titres, le groupe constitue un véritable ensemble de chambre électro-acoustique qui comporte alto, violoncelle, une seconde guitare électrique sur quatre des six morceaux, grand piano, fender rhodes et deux autres violons en renfort. On le voit, cette alliance d'instruments de musique de chambre, amplifiés, retravaillés et de plus pour certains provenant du rock au sens large, prévient déjà tout étiquetage un peuSlow-six-Nor-easter.jpg hâtif. Bien sûr, la scène new-yorkaise offre l'exemple du Bang on a can all stars, ensemble dédié à toutes les musiques inventives d'aujourd'hui. Slow six s'inscrit dans cette mouvance passionnante. Les compositions sont d'inspiration minimaliste, très aérées, jouent du déploiement des sons dans l'espace par des échos discrets, des réverbérations ou des silences, ce qui donne à chacune d'elle une allure fragile et sensuelle à la fois. On peut penser à l'esthétique de la musique japonaise aussi bien qu'au sublime "Light over water" de John Adams. Si le premier titre contient le mot "pulse", une des clés de la musique de Steve Reich, on est souvent assez loin du maître, car l'utilisation de boucles reste ponctuelle et se distingue de toute façon de la composition par "motifs" qui lui est chère et de son dynamisme puissant. C'est une musique volontiers rêveuse, attentive à ses propres développements, au mystère de son évolution capricieuse. Des cadences de frémissements , des battements d'ailes ou d'élytres dorés, la venue d'inconnus qui marchent à pas feutrés dans les avenues baignées par une lumière vibrante, vaporeuse. Soudain, des courbes qui s'enfuient, des glissements furtifs qui s'accentuent avant de se fondre dans la pénombre qu'on sent vivante. Merveilleuse musique où l'on se baigne parmi les grâces tournoyantes d'un ciel traversé d'éclairs calmes, parmi "les nouvelles couleurs (qui) tombent comme la pluie", pour reprendre le sous-titre de la seconde partie de "distant light", parmi le chromatisme suave des subtils dérapages mélodiques qui peuvent aussi évoquer certaines oeuvres de Lois.V. Vierk, compositrice américaine marquée par son étude  du Gagaku, la musique de la cour impériale japonaise. Cette pure splendeur suspend le temps dans ses méandres, ses étirements méditatifs ou ses brisures délicieuses!

Slow-six-1.jpg
Les voici dans un jeu de reflets bien à l'image de leur musique. Le programme de ce dimanche 30 les associe avec Naïal, présenté la semaine dernière, et avec Duane Pitre et son Pilotram Ensemble, évoqués la semaine d'avant.

Programme du 30 septembre 2007
Slow six : the pulse of this skyline with lightning like nerves (piste 1, 14' 27)
                       contemplation and dissolution of an idea for two pairs (p.2, 9' 15), extraits de Nor'easter(New Albion Records, 2007) Pour écouter d'autres titres. Un échantillon est téléchargeable sur le site de New Albion Records.
Naïal : Prenni pedia / Ataraxie (p.7, 8' 23)
               Sabbraka (p.9, 6' 27), extraits de Lucioles noires(Reaktion, 2006)
Duane Pitre/Pilotram ensemble : The Ensemble chord in C with a major 7th and a guitar base (p.2, 25' 26), extrait de Organized pitches occurring in time(Important records, 2007)