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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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Chers visiteurs,

  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 10:09
  Il n'est pas question d'inventorier ici toutes les musiques des films de Peter Greenaway, mais d'en rassembler quelques unes pour souligner la cohérence des choix du cinéaste. La collaboration avec Michael Nyman est première, le compositeur anglais signant la bande originale de presque tous les films de Greenaway jusque Prospero's Book en 1991.
undefinedundefined   Il y a une évidente affinité entre le cinéma de Greenaway et la musique minimaliste. L'oeuvre du réalisateur est profondément obsessionnelle, répétitive. Hantée par les nombres, qu'on pense notamment à Drowning by numbers ou au projet multimédia The Tulse Luper Suitcases, elle revient toujours sur les lieux du crime, de l'escroquerie, fouillant le moindre détail à plusieurs reprises pour faire dire aux objets ce qu'ils nous cachent, ce qu'ils ont à nous révéler. L'enquête avance par boucles successives, par dévoilements progressifs d'une profondeur signifiante. Puisque tout détail est indice, il faut sans cesse y revenir pour l'interroger, le mettre en rapport avec d'autres pour constituer des séries. Tout objet peut devenir ainsi le noyau d'un motif, d'une série de variations qui finissent par constituer l'oeuvre entière, dont les principes de base sont la fragmentation et la répétition, et la forme idéale le puzzle. The Tulse Luper Suitcases se fragmente ainsi sur trois écrans géants, se construit sous nos yeux lorsque le spectacle se donne en salle, comme à la Cartonnerie de Reims le vendredi 29 février, monté en direct par le cinéaste qui semble jongler avec les extraits. Chaque image elle-même se démultiplie, se transforme de l'intérieur dans un jeu subtil entre parties fixes et parties animées. Dans cette démarche se retrouvent les patterns (motifs), les loops (boucles) affectionnés par les minimalistes, ainsi que cette impression générale de déroulement d'une sorte de tapisserie sonore (ou visuelle) : pas de place pour le vide, aucune vacuité. Le médium vise à remplir le monde dans un processus hypnotique. Il n'est pas étonnant qu'il explore les mystères symétriques de la génération et de la putréfaction : corps qui s'étreignent, corps qui se défont, se disloquent. Face à cette peur panique du non-sens, de l'insignifiant lié à l'intrusion scandaleuse du hasard, Peter Greenaway et nombre de compositeurs minimalistes opposent le barrage serré des nombres-n
undefinedotes, des signes qui se répètent et prolifèrent dans un auto-engendrement narcissique. Le rêve quasi mystique d'une Unité enfin retrouvée derrière la multiplicité des phénomènes se profile derrière des expériences artistiques qui se veulent totales, totalisantes : le déferlement dans la durée des notes ou des images, des nombres ou des objets, inlassablement brassés et redistribués, vise à épuiser le monde et ses possibles, à le condenser pour le rendre potentiellement infini, immortel. Sublime combat, qui est rarement apprécié à sa juste mesure.
   Relisant les notes du livret de la bande originale de Drowning by numbers, cette proximité de Greenaway avec le minimalisme  me semble éclatante. Il demande alors à Michael Nyman d'écrire 92 (déjà le nombre atomiquede l'uranium qui hante encore Tulse Luper) variations à partir de quatre mesures qui teminent l'exposition du mouvement lent de la Symphonie concertante pour violon, alto et orchestre de Mozart, ce que le compositeur va réaliser en cassant la séquence et en y insérant de nouveaux matériaux, de nouvelles couches (layers). L'origine, l'unité première, sera toujours repérable sous les transformations, amplifications qui fécondent le noyau initial. C'est Mozart et ce n'est plus lui, c'est un clone minimaliste, doù le charme, l'agacement ou les deux qui saisissent l'auditeur dans ces méandres, ces jeux de miroir, de démultiplication du même. Doù le vertige et l'étrangeté provoqués par cette musique qui danse avec un mort toujours vivant.., "revisité" comme le dit Michael Nyman lui-même.
   "4 mains" , présent sur la bande originale du Ventre de l'architecte, est devenu l'un des morceaux les plus célèbres de Wim Mertens : danse allègre et syncopée, tournoiement presqu' immobile jusqu'à l'arrêt brutal de la fin, la pièce est au fond une danse macabre camouflée dans ce film hanté par la mort. Quatre mains pour conjurer le néant , comme il faut ailleurs, chez Steve Reich six pianos, ou chez Glenn Branca cent guitares, pour remplir les béances, combler le vide...
    Lors du spectacle donné à Reims, ma surprise fut d'entendre dans les premières minutes la musique de David Lang, sans doute le compositeur vivant le plus impressionnant. De la génération qu'on pourrait appeler post-reichienne, il dépasse les postulats de base du minimalisme pour proposer une musique d'une rigueur et d'une beauté convulsive : "Cheating, Lying, Stealing", interprété par le Bang on a Can-All-Stars, associe de longues plages percussives aux brusques cassures à de bouleversantes intrusions mélodiques de cordes. DJ Radar, "metteur en musique" de Tulse Luper, n'a utilisé que les fragments percussifs les plus métalliques et les plus syncopés pour accompagner le bombardement d'images auquel le réalisateur soumet le spectateur. Magnifique association pour provoquer un arrachement du quotidien et une violente entrée dans l'imaginaire de Greenaway. J'ai vu sur le site du cinéaste qu'il avait d'ailleurs déjà travaillé en collaboration avec David Lang.
   En un sens, Peter Greenaway est un cinéaste minimaliste et post-minimaliste : le moins est le mieux dans cet univers de recyclage et de variations infinies, mais aussi d'inventions de nouvelles perceptions, de nouvelles formes. Car l'obsession ou la répétition, loin de nous ramener au point de départ, nous fait glisser peu à peu dans l'inconnu et le mystère, dans l'opacité troublante du monde et la nature des choses. Les minimalistes et Peter Greenaway ont en commun un sens aigu de la dimension physique du son ou de l'image, de la matière qu'ils explorent sans tabou, au grand dam de tous ceux qui ne cherchent dans l'art que l'oubli ou l'évasion.
   Pour vous récréer après un article dont la longueur m'étonne le premier, deux vidéos, la première pour vous donner une idée de The Tulse Luper Suitcases, la seconde pour faire entendre "4 mains" de Wim Mertens à ceux qui ne connaîtraient pas ce morceau et/ou ce compositeur.
- et le site de Peter Greenaway, plus particulièrement le sous-site foisonnant consacré à Tulse Luper.


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Programme du dimanche 2 mars 2008 (Première partie)
Glenn Branca : Augustus (piste 1, 1' 33)
Wim Mertens : The Aural Trick (p.3, 2' 40)
                                 Struggle for pleasure (p.4, 3' 54)
                                 4 mains (p.5, 3' 11), extraits de la bande originale de The Belly of an architect(Les Disques du crépuscule, 1992 ?)
Michael Nyman : Trysting fields (p.1, 3' 28)
                                      Drowning by numbers 3 (p.4, 3' 30)
                                      Wheelbarrow walk (p.5, 2' 10), extraits de la B.O; de Drowning by numbers(Virgin, 1988)
David Lang : Cheating, Lying, Stealing (p.1, 10' 30), extrait de Bang on a Can classics(Cantaloupe, 2002)
                                     

6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 11:04
undefined  On croit parfois avoir fait le tour d'un domaine qui semble bien circonscrit, comme le minimalisme. Derrrière les grands noms comme Steve Reich, Terry Riley, Philip Glass, on ne cesse pourtant de trouver des artistes passionnants. Après Jeroen van Veen et Michael Harisson voici peu, je viens de débusquer un autre pianiste prodige et compositeur, Lubomyr Melnyk.
   Né en 1948 à Münich de parents ukrainiens, Melnyk poursuit ses études au Canada où ses parents se sont installés. Il accompagne pendant un temps les spectacles de danse contemporaine donnés par Carolyn Carlson à l'Opéra de Paris avant de rassembler ses idées sur "la musique continue" dans un livre paru à Toronto en 1981. Influencé par les minimalistes que je citais plus haut, la trinité fondatrice, son jeu et ses compositions reposent sur des arpèges très rapides et de durée variable qui se transforment de manière incessante et presqu'insensible. Toutefois, la tonalité est présente, des mélodies surgissent du flot continu des notes que l'utilisation de la pédale sostenuto prolonge d'harmoniques multiples. L'auditeur est ainsi enveloppé de vagues mélodiques aux multiples résonnances. Ce travail n'est pas sans évoquer celui de Charlemagne Palestine, sans jamais toutefois submerger l'auditeur sous le "strumming" hallucinant auquel ce dernier se laisse parfois aller avec une évidente jubilation. Lubomyr Melnyk ne manque pas de souligner combien l'enregistrement fait perdre par rapport aux concerts : les micros les plus performants ne parviennent pas à capter certaines harmoniques générées par les nappes continues remplis
undefinedsant la salle. Pour KMH, une performance en piano solo enregistrée à l'automne 1978 dans une demeure privée de Toronto, le label texan Unseenworlds vient de proposer une réédition remasterisée de l'album paru en 1979 aux Music Gallery Editions. Cette oeuvre de plus de 50 minutes d'affilée se déploie comme un ample tourbillon à la sérénité nimbée de touches mélancoliques et d'élans fragiles : musique émouvante, simple comme une vague de fond qui vient vous chercher avec obstination, la main chargée de grappes de notes comme des bijoux biseautés par la mer des songes. Regardez comme la lumière se diffracte et se répand dans le sous-bois de la couverture du disque, sculptant les masses, creusant l'ombre pour nous entraîner vers les mystères de l'arrière-plan : telle est la musique de Lubomyr Melnyk, compositeur majeur à découvrir.
-Un extrait  en écoute ici, pour deux pianos
- Le site du compositeur, avec des extraits à écouter et à télécharger.
- Le site du label Unseenworlds
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Programme du dimanche 24 février (deuxième partie)
Les trois premières "parties"(repères commodes pour l'auditeur effrayé par la longueur de la pièce)de KMH.

20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 22:49
undefinedFondé en 1997 par Carlo Boccadoro, Filippo Del Corno et Angelo Miotto, Sentiero Selvaggi constitue un ensemble de chambre de neuf musiciens, auxquels des invités peuvent s'adjoindre. Ils ont décidé de se consacrer aux compositeurs d'aujourd'hui, entretenant d'étroites relations notamment avec David Lang, Louis Andriessen, Philip Glass, Michael Nyman, qui écrivent des pièces spécialement pour eux. L'éventail instrumental est large : flûte et piccolo, clarinette et clarinette basse, piano, vibraphone et percussion, contrebasse, violon, violoncelle. Pour leur disque paru chez Cantaloupe en 2006, AC/DundefinedC, ils interprètent huit pièces de compositeurs différents : Michael Gordon, Filippo del Corno (un des co-fondateurs), Ludovico Einaudi, Louis Andriessen, David Lang, Lorenzo Ferrero, Laurie Anderson (tiens donc !) et Carlo Boccadoro (autre co-fondateur). Force, finesse, subtilité, variété des paysages sonores caractérisent ce disque qui prouve une fois encore que la musique contemporaine a su sortir de son carcan dogmatique, qu'elle n'hésite plus à revisiter des compositions hors de son champ traditionnel, comme cet étonnant "Hiawatha" de Laurie Anderson, pastoral et velouté à souhait.
Entre le trépidant "AC/DC" de Michael Gordon, un peu dans la lignée de son très beau "Transe", le magma en fusion de "I fought the Law" de David Lang, arrêtez-vous sous "The Apple Tree" de Ludovico Einaudi, une composition qui pourrait surgir ...du jardin des Finzi-Contini : la lumière joue dans les feuilles, tout y est comme dans les souvenirs, nimbé d'une grâce frémissante, et puis le vent tourbillonne et joue à tout recomposer, facétieux et sauvage à sa manière.
Le site de Sentieri Selvaggi : de courts extraits peuvent être écoutés et téléchargés sur la page "Dischi e libri".
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Programme du dimanche 3 février 2008 (dernière partie)
The Apple Tree (piste 3, 10' 31) de Ludovico Einaudi
Passagiata in Tram in America e ritorno (p.4, 6' 57) de Louis Andriessen
Hiawatha (p.7, 5' 17) de Laurie Anderson
I fought the Law (p.5, 5' 54) de David Lang, tous extraits de AC/DC(Cantaloupe, 2006)

10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 21:55
Luis-Gonzalez-Palma-Estrategia-que-nos-une-2004.jpgExquisite corpses, c'est le titre du premier morceau diffusé ce dimanche pour le deuxième volet de l' hommage à Phil Kline (cf. article du 28 décembre). Je ne voulais pas mettre la pochette du disque dont le morceau est extrait, parce que l'ensemble Bang on a Can, interprète de l'oeuvre, présente d'autres musiciens dont j'aurai à reparler. J'ai donc tapé "Phil Kline Exquisite corpses" pour trouver une autre illustration. Vous voyez le résultat : la folie de l'imprévu, cette photographie de Luis Gonzales Palma, artiste guatémaltèque contemporain, "Estrategia que nos une"(2004), un beau titre à appliquer à l'oeuvre de Phil Kline, collage lyrique d'un peu plus de onze minutes. Un dialogue délicat et envoûtant entre le piano et la percussion ouvre la composition, qui s'envole sur un rythme syncopé avec l'entrée en scène de la clarinette et de la basse, relayé par un pulse très reichien. La guitare électrique densifie et chauffe encore l'atmosphère, avant un retour au thème initial, plus mystérieux encore, cuivré, doré par la clarinette, tandis que le piano égrène des perles étincelantes. Phil Kline, souvenez-vous de ce nom : finesse, émotion, écriture rigoureuse, une grande figure de la musique américaine contemporaine.
   Maintenant, regardez bien la photographie ci-dessus : la chambre est bleue. Non ? Fermez les yeux, rouvrez-les : je vous l'avais dit, elle est bleue, n'en doutez plus. Phil Kline l'a peinte en bleu pour vous, avec le quatuor à cordes Ethel. La vidéo (les 3' 42 du début, pas la suite qui ne concerne plus Ethel...) vous y transportera. Il vous faudra traverser une rivière (The River), sombre, lourde d'incantations noyées qui tressaillent sous votre regard. Vous secouez le charme, vous marchez vite pour arriver (March). Une frénésie vous prend, vos gestes sont saccadés par la beauté qui vous submerge et vous engouffre : ô caresses graves du violoncelle... Entrez dans la vidéo (The Blue room). La chambre s'ouvre. Vous savez qu'elle est bleue, car des sirènes s'y sont logées : qui pourrait leur résister ? Leur infinie suavité épouse les cavités de votre oreille, de votre cerveau. C'est en vous qu'elles habitent et qu'elles se tordent à jamais. Et voici qu'elles se lèvent et jettent leurs beaux bras d'alarme vers le ciel, qu'elles s'agitent et se mettent à danser une sarabande irrésistible, une tarentelle exultante qui vous laisse pantelant (Tarantella). The Blue room and other stories devrait réconcilier tous ceux qui trouvent la musique de chambre ennuyeuse et guindée avec le quatuor à cordes, dont Phil Kline exploite à merveille la charge imaginaire, le potentiel narratif auquel je me suis à mon tour laissé aller en écoutant cette merveilleuse musique.
Ethel-1.jpgEthel.jpg

  En mars 2007, je faisais part de mon impatience à entendre le Stundenbuch du compositeur allemand Hans Otte. Le label Celestial harmonies nous en propose deux versions. L'oeuvre, qui compte 48 pièces réparties en quatre livres de 12, est moins monumentale que je ne l'avais annoncée suite sans doute à une lecture un peu rapide de la pochette du disque ECM New series dû au pianiste Herbert Henck. Une cinquantaine de minutes sous les doigts du compositeur en personne. Le disque paru en  décembre 2006 célèbre les 80 ans du musicien en proposant un double CD interprété par lui-même sur lequel on trouve aussi Das Buch der Klänge, un cycle  de 12 pièces d'une durée de 75 minutes environ, indéniablement un des chefs d'oeuvre de la musique qu'on pourrait appeler post-minimaliste, et Face à Face, composition des années 60 pour piano et bande magnétique, intéressante pour entendre comment Hans Otte, tout en s'inscrivant dans une certaine mode qui rendait l'utilisation de l'électronique et la référence au sérialisme incontournables, parvenait déjà à faire entendre son tempérament lyrique et méditatif.
Hans-Otte-1.jpgCe livre d'heures, à l'image des textes médiévaux enluminés, s'il ne fait aucune référence aux différents moments de la liturgie, est constitué de micro-méditations, de miniatures délicates sculptées sur le silence. Les formes sont simples, mais harmoniquement subtiles, ouvertes sur la respiration de l'espace. On est loin du Livre des sons, de son ivresse extatique et de ses stases mélancoliques. La sérénité ici se gagne petit à petit, comme par surprise, par surcroît. Rien ne presse, et tout advient, dans la lumière de ce regard intense qui voit plus loin que nous la joie qu'on ne voit pas.
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Programme du dimanche 6 janvier 2008
Phil Kline : Exquisite corpses (piste 5, 11' 23), extrait de Renegade Heaven(Cantaloupe, 2000) par Bang on a Can
                
The Blue room + other stories (p.4 à 7, 21') extrait de l'album du quatuor Ethel (sans titre, 2003)
Hans Otte : Livres I et II (p.1 à 24, 25'), extrait de Stundenbuch(Celestial Harmonies, 2006)

   Je ne savais pas, en écrivant ces lignes, qu'il venait de mourir, ce 25 décembre 2007, à l'âge de 81 ans. Je viens de l'apprendre, à l'instant, sur le Net et pas ailleurs... Hans est vivant par sa musique intemporelle. Puisse cet article contribuer à mieux le faire connaître. Hans écrivait aussi des aphorismes, d'un esprit très zen, qui sont le contrepoint de son Stundenbuch. En voici quelques uns :
Vois comment les branches ploient à l'approche de la pluie.

Il n'y a rien du tout à dire. Le chant des pins, une réponse - mais sans question.

Chaque objet aimé - le centre du paradis.

Un artiste véritable ne travaille pas, il aime plutôt.

Maintenant que la cuvette est vide, je peux y plonger.

Toutes les grandes choses rient.

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A l'instant, le titre de l'article me frappe : le saugrenu surréaliste rejoint par la Vie-Mort... Je le garde en vertu du dernier aphorisme que je viens de traduire.
3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 18:28
Stephen-Scott-The-Bowed-piano-Ensemble.jpg   Né en 1944 dans l'Orégon, Stephen Scott suit une éducation musicale sous le signe de l'ouverture : clarinette et saxophone pour commencer, transcription d'enregistrements de Charlie Parker, Miles Davis ou Gil Evans ensuite, et pour finir  une solide formation académique de composition, complétée par des études de musiques africaines au Ghana, en Tanzanie et au Zimbabwe en 1970. C'est en 1977 qu'il crée le Bowed Piano Ensemble :  dix interprètes tirent de l'intérieur d'un seul grand piano un orchestre riche en couleurs et en textures. Ils utilisent des filaments de nylon, des crins, des marteaux de piano tenus à la main, des grattoirs de guitare et d'autres moyens encore pour que les entrailles du piano livrent tout un monde inconnu, dans la lignée du piano préparé mis au point par John Cage dans les années 40. Plusieurs disques retracent le développement de cet ensemble.
   En 1996, Vikings of the Sunrise montre déjà l'ampleur du parcours, sa richesse. L'oeuvre, de près d'une heure, est un hymne aux navigateurs ayant exploré le Pacifique, depuis des temps reculés jusqu'à Magellan et James Cook. Un souffle épique parcourt cette vaste fresque d'une incroyable variété sonore et rythmique : harpes, mandolines, cordes et percussions jaillissent comme des eaux primordiales, inouïes. Arcs-en-ciel frottés d'étincelles, grandes vagues frangées de cuivre et d'or, tempêtes fastueuses agitent le Stephen-Scott-Vikings-of-the-Sunrise.jpgpiano frappé, pincé, caressé par des archets soyeux ou métalliques jusqu'à ce qu'il rende l'âme qu'il gardait secrète derrière sa double rangée de touches blanches et noires...Il ne lui manquait plus que la voix .
   C'est chose faite depuis la parution en janvier 2007 de The Deep Spaces. La soprano Victoria Hansen, qui a déjà tourné avec l'ensemble, y interprète une série de textes célébrant les beautés du lac de Côme. Après un préliminaire de piano-orchestral, le disque s'ouvre par un fragment de lettre de Pline, se poursuit avec des poèmes de Wordsworth, Byron, un autre fragment de lettre dû à Mary Shelley, pour se terminer sur un poème contemporain de Pablo Medina, poète et romancier cubain. Nourrie de réminiscences  de Liszt et Berlioz, la musique est plus charmeuse, d'une rondeur épanouïe. On n'en reste pas moins stupéfait de la largeur de palette de l'Ensemble, manifestement de plus en plus à l'aise. Stephen Scott est un maître peintre-musicien, paysagiste subtil et inspiré : un inventeur de beautés vierges.

Stephen-Scott-The-deep-Spaces-2.jpg--------------
Programme du dimanche 23 décembre 2007 (2ème partie)
Stephen Scott : Sun catcher (piste 4, 4' 17)
   Star path (p.5, 3' 22)
     We, the navigators (p.6, 0' 59)
     Tangila takes ten to tango (p.8, 3' 25)
     Land of light (p.9, 3' 20)
    The caravel of Christ (p.13, 2' 51)
    Fernao's theme (p.14, 2' 31)
       El Paso, AD 1520 (p.15, 1' 30), extraits de Vikings of the sunrise(New Albion Records, 1996)
      
Windermere Racing (p.4, 3' 09)
       Barcarola (p.5, 5' 27)
       O'er Vales that Teem with Fruits (p.6, 3' 32)
       Evening on Como (p.7, 4' 02)
       The Face of Heaven (p.8, 3' 03), extraits de The Deep Spaces(New Albion Records, 2007)
      


7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 20:12
Michael-Harrison-4-copie-1.jpgAprès John Cage et son "invention" du piano préparé voici plus de soixante ans, voici Michael Harrison et son piano harmonique, mis au point dès 1986. De quoi s'agit-il ? En Occident, depuis le dix-huitième siècle, les instruments sont accordés selon le principe du tempérament égal : l'intervalle d'octave est divisé en douze demi-tons identiques. Il n'en est pas de même dans les musiques extra-européennes, ni dans les musiques traditionnelles, ni dans le chant grégorien par exemple. L'intonation juste ne recherche pas l'égalité d'intervalle standardisée par un fabricant anglais de piano au dix-neuvième siècle : les intervalles sont issus de quotients de nombres entiers, donc inégaux, ce qui entraîne la possibilité d'avoir une grande variété d'échelles possibles. Fondée sur des proportions mathématiques parfaites telles que décrites déjà par Pythagore, elle crée des harmonies vraiment consonantes, conformes aux lois vibratoires. Aussi Iégor Reznikoff, dans son livre Chant chrétien antique occidental n'hésite-t-il pas à écrire ceci :  " D'excellents musiciens restent perplexes quand on leur dit que l'accord actuel du piano est faux, et qu'on le leur fait entendre. J'en ai fait personnellement l'expérience quand je me suis mis à travailler la musique antique et le répertoire occidental ancien. Pour mieux approcher cette musique, j'ai non seulement arrêté de jouer du piano et de faire des concerts de musique de chambre ou de chanter dans des chorales, mais pendant longtemps je me suis abstenu d'écouter de la musique occidentale, n'écoutant que des musiques dont on peut être sûr quant à la rigueur de la transmission orale, de la musique sacrée au sens strict du terme et remontant aux traditions les plus anciennes - la nuit des temps - et sur lesquelles, en tout cas, aucune musique récente n'avait eu d'influence. Je n'écoutais que de ces musiques et ne travaillais que la résonance harmonique d'une corde. Alors peu à peu, au bout de neuf mois de cette ascèse, l'oreille se déconditionne, une physiologie plus fine  réapparaît, un nuage se lève, on peut entonner des intervalles justes, les varier d'un comma... Ce fut avec la très célèbre Symphonie en sol mineur n°40 de Mozart que je repris contact avec la musique occidentale. Expérience inoubliable, tout me parut faux d'un bout à l'autre..."  
              Michael Harrison, d'abord claviériste rock, puis pianiste et improvisateur, a reçu une formation de piano à la fois classique et orientée vers le jazz et a suivi un cursus de composition à l'Université d'Orégon. Sa fascination pour l'intonation juste est liée à son intérêt pour la musique classique du Nord de l'Inde. En 1978, il commence à chanter et à étudier sous la direction du grand chanteur indien Pandit Pran Nath, qui dispense son enseignement à deux musiciens américains appelés à un grand avenir, Terry Riley et La Mounte Young. Il chante alors les ragas en s'accompagnant de la tampura, luth qui émet un bourdon aux harmoniques très riches : cette attention nouvelle aux micro-intervalles l'amène à trouver faux les pianos occidentaux. Dès lors, ses recherches commencent, d'autant que, installé à New-York, il travaille en étroite collabortion avec La Mounte Young, l'un des pionniers du minimalisme, pour préparer l'accordage spécial nécessaire au grand oeuvre de celui-ci, son monumental Well-tuned piano, d'une durée de six heures et demie. C'est à ce moment-là, en 1986, qu'il "crée" le piano harmonique, un grand piano conventionnel qui, modifié, permet, en alternant deux accordages distincts, de jouer 24 notes sur une octave. En 1987, il devient l'unique personne autorisée par La Monte Young à interpréter son oeuvre. Depuis, Michael Harrison se produit à travers les Etats-Unis et l'Europe, donnant des conférences et des cours pour présenter l'intonation juste. Il est aussi président de l'Académie américaine de musique classique indienne.
Michael-Harrison-In-flight.jpgIn Flight, sorti en 1987, est idéal pour aborder l'oeuvre de Michael Harrison. L'album permet de confronter le piano "traditionnel", accordé selon le principe du tempérament égal sur six titres, et le piano harmonique en intonation juste sur deux titres. La même fougue lyrique, chantante, emporte ces compositions transparentes, aériennes. L'auditeur est pris dans des tourbillons de grâce, des stases mystérieuses, pour célébrer la danse de la Vie. J'ai pensé parfois à un pianiste comme Vassilis Tsabropoulos (cf. article du 11 juillet) lorsqu'il réinvente des hymnes byzantins.
Michael-Harrison-From-Ancient-worlds.jpgSi vous n'avez pas pesté contre le piano "mal accordé" des deux morceaux en intonation juste, franchissez le pas. From Ancient Worlds, paru en 1992 chez New Albion Records, entièrement pour piano harmonique, est une pure merveille, un voyage de l'âme vers la Beauté absolue. Enregistré dans la cathédrale Saint John the Divine de New-York, le piano devient le vaisseau radieux d'une antique et éternelle quête. Il sonne parfois comme une harpe, comme des cloches. Chaque note est gorgée d'harmoniques qui finissent par tisser un voile de drones, d'échos, comme une mer profonde qui enveloppe la ligne mélodique. Immergé, le corps de l'auditeur rentre en vibration avec les vagues pulsantes de l'irrésistible marée illuminante, avec les plages sillonnées de douces coulées calmes ou fulgurantes; l'esprit s'abandonne et s'abolit dans la splendeur, si loin, si loin des étroites limites du moi, lavé : " Et dès lors, je me suis baigné dans le poème/ (des Harmoniques)infusé d'astres.." L'écoute véritable est chemin mystique vers la Rose...
Michael-Harrison-Revelation.jpgSoutenu par La Monte Young et Terry Riley dès ses débuts, Michael Harrison a rencontré aussi Stephen Scott, qui a co-produit l'album ci-dessus et dont je parlerai très bientôt, et il exerce une influence profonde sur les générations suivantes. Cantaloupe, le label de Bang on a Can, ce festival permanent de toutes les musiques inventives fondé en 1987 par Michael Gordon, David Lang et Julia Wolfe, lui rend aujourd'hui hommage en publiant sa dernière oeuvre, Revelation, soixante-douze minutes intemporelles. Le même miracle que pour From Ancient Worlds, cette fraîcheur sublime qui arrache l'être tout entier à la contingence de la médiocrité pour le sommer de contempler la multiple Splendeur de la Nécessité inconnue, du grand Mystère qui nous informe et nous traverse trop souvent à notre insu. L'interprétation de ces incroyables "ragas" pianistiques, sans aucun prolongement électronique ou effet de studio, est tout simplement prodigieuse. Je vous reparlerai de Michael Harrison, dont le terrrain d'action ne se limite pas au piano.
Michael-Harrison--From-Ancient-Worlds-1.jpg-----------------------------------------------------
Programme du dimanche 2 décembre 2007
Michael Harrison : In flight (piste 1, 5' 56)
                                        The swan has flown to the Mountain lake (p.2, 7' 04)
                                        Because of you (p.3, 4' 02)
                                        Echo of time (p.4, 3' 47)
                                        The Joy of life (p.5, 3' 22), extraits de In Flight(Fortuna records, 1987)
                                    
Quest for the Rose
(p.1 à 6, 22' 03), extraits de From Ancient Worlds(New Albion Records, 1992)
                                       
Revealing the tones (p.1, 4' 26)
                                        Night vigil (p.2, 2' 38)
                                        Revealing the commas (p.3, 5' 28), extraits de Revelation(Cantaloupe, 2007)
                                      
Prolongements :
- le site du pianiste permet d'écouter un échantillon et de mieux comprendre sa démarche. De nombreux liens vous entraîneront très loin...
- le site de Cantaloupe
- comme j'ai accompagné les musiques de Michael par une lecture intégrale de Introduction au désert (Obsidiane / Collection "Les Solitudes", 1996) de Gérard Cartier, je vous invite à lire quelques poèmes de cet auteur ici et ici.

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 22:02
Slow-six-private-times.jpgLe premier album de  Slow Six, dont j'ai chroniqué le second voici peu, vient de ressortir sous  une autre pochette (et sur un autre label) que  l'originale ci-contre toujours disponible. C'est l'occasion de découvrir cet ensemble mené par Christopher Tignor, compositeur et concepteur des instruments informatiques qui accompagnent le violon de Maxim Moston, l'alto de Leanne Darling, le violoncelle de Marlan Barry, les guitares électriques de Peter Cressy et Stephen Griesgraber et le piano rhodes de Jeffrey Guimond.
" C'est la tension entre structure et sentiment qui a fourni les fondements de ces oeuvres", dit le compositeur, qui ne joue pas de violon comme sur Nor'easter, mais manie son ordinateur pour capter et prolonger au mieux le lyrisme des instruments acoustiques. Rien d'agressivement électronique par conséquent, mais un travail tout en finesse pour une musique au lyrisme tempéré, qui se déploie tranquillement parce qu'elle se sait somptueuse. Le morceau le plus court dure plus de dix-huit minutes, parce que le temps ne presse pas. Chaque note se déguste dans son jus temporel sans avoir peur de chanter, de revenir nous hanter, nous enrouler dans les boucles qu'elle s'amuse à construire et déconstruire avec d'autres. Cordes, guitares électriques et rhodes s'enlacent et dansent très lentement, soutenus et relancés par un moelleux filet d'électronique. Salomé dut danser sur une telle musique, parmi les volutes odorantes d'encens très anciens.
Jeroen-van-Veen-Minimal-piano-collection-copie-1.JPGJe reviens sur ce coffret inépuisable pour proposer des oeuvres d'artistes néerlandais contemporains, qui s'inscrivent dans la mouvance de Steve Reich. Le pianiste Jeroen Van Veen accorde à juste titre une place à ses compatriotes, trop peu connus en France. Né en 1951, Jacob ter Veldhuis a commencé sa carrière dans la musique rock, a étudié la composition et la musique électronique. Figure controversée parmi les compositeurs de son pays, il brouille les frontières entre culture populaire et culture savante. Son Postnuclear Winterscenario n°1 enregistré ici est d'un hiératisme impressionnant, fondé pour l'essentiel sur la répétion avec variations d'un  motif de quatre notes, avec un climax inquiétant sur la fin quand les notes sont plaquées avec violence, écrasées. Klaas de Vries, né en 1944, est l'un des fondateurs d'un style musical que l'on appelle maintenant Ecole de Rotterdam. La Toccata Americana choisie par Van Veen est plus labile, à base de tourbillons de grappes de notes au pulse plus reichien, progressivement parasités par des notes répétées ostinato.
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Programme du dimanche 11 novembre 2007
Robert Wyatt : Stay tuned (piste 1, 3' 49)
                                 Just as you are (p.2, 4' 21)
                                 You You (p.3, 4' 22)
                                  A.W.O.L.(p.4, 2' 56)
                                  Anachronist (p.5, 3' 28), extraits de comicopera(Domino Recordings, 2007)
Slow Six : this is your last chance (before I sleep) (p.1, 23' 52), extrait de private times in public places(If Then Else records, 2004)
Jacob ter Veldhuis : Postnuclear Winterscenario n°1 (p.3, vol.VIII, 9' 34)
Klaas de Vries : Toccata Americana (p.1, vol.IX, 7' 02), extraits de Minimal piano collection(Brilliant Classics, 2007). Piano : Jeroen Van Veen.
Un groupe électro-rock français pour terminer, c'est assez amusant, et en plus c'est une révélation. Vous étiez les seuls à ne pas encore le savoir... Et en plus, vous aurez un peu de musique à écouter.
King Kong was a cat : Dress (p.1, 4' )
                                              Systeme 21 (p.2, 3' ), extraits du disque éponyme qui paraît chez unique records (qui s'appellera dorénavant We are unique records pour éviter la confusion avec un label allemand), petit label que j'aime bien parce qu'il a publié la musique de Half Asleep (cf leur joli site, et l'album à télécharger gratuitement si vous cherchez bien.)
king-kong-was-a-cat-2.jpg
Half-Asleep.jpg
12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 18:47

 

    Le minimalisme, ce courant  initié au début des années 1960 par Steve Reich, Terry Riley, La Mounte Young, Philip Glass et quelques autres, reste aujourd'hui un courant musical majeur, d'une surprenante fécondité. En témoigne le coffret de neuf CDs, plus de dix heures de musique, que le pianiste néerlandais Jeroen van Veen vient de lui consacrer chez Brilliant Classics. Ce pianiste né en 1969, formé à Utrecht, qui a étudié aussi sous la direction de Claude Hellfer notamment, a rassemblé une anthologie passionnante à faire écouter à tous ceux qui accusent le minimalisme de monotonie, de pauvreté musicale. Les trois premiers volumes sont consacrés...mais oui, à Philip Glass, qui fait décidément un retour en force dans ces pages. A côté d'oeuvres écrites pour le piano, comme les cinq Métamorphosis, van Veen arrange des musiques de film, des "dances" pour des chorégraphies. Le résultat, c'est déjà trois heures de bonheur, tant la musique de Glass chante, évidente, tour à tour légère ou grave. Le volume quatre, très éclectique et réusssi, promène l'auditeur de John Adams, qui ouvre le disque avec une oeuvre superbe de sa première manière, à John Borstlap, compositeur néerlandais contemporain que je découvre, en passant par l'estonien Arvo Pärt, un autre néerlandais contemporain (et autre découverte !), Simeon ten Holt, pour une pièce de plus de trente minutes, mais aussi par John CJeroen-van-Veen-Minimal-piano-collection.JPGage, Erik Satie et Friedrich Nietzsche. Ces trois derniers nous rappellent en somme que le minimalisme n'est que l'aboutissement de recherches plus anciennes menées par des compositeurs hors-normes, épris de liberté. Le volume cinq rassemble des musiques de films de Yann Tiersen et de Michael Nyman : autant les premières sont de merveilleux petits bijoux gorgés d'émotions, autant les secondes paraissent compassées et factices, balourdes- Nyman étant hélas souvent capable du pire, c'est le point faible de ce coffret incontournable.. Suivent deux volumes consacrés aux deux livres de préludes, minimalistes bien sûr, composés par notre pianiste dans la tradition de Bach : un monument dans le monument, j'y reviendrai. Les deux derniers volumes s'articulent autour  de deux compositeurs américains, Tom Johnson et son "An hour for piano", et Terry Riley pour une version piano du légendaire "In C". Le jeu lumineux, dynamique de Jeroen sur son grand piano Fazioli impulse partout une vraie joie musicale, naïve au meilleur sens du terme, car le minimalisme est au fond plus sensible, sensuel qu'intellectuel. "The less is more", le moins est le mieux pour accéder aux sources jaillissantes de la vie.

  Le site du pianiste-compositeur vous attend, avec d'autres musiques encore à découvrir.


Jeroen-van-Veen-1.JPG    Associé au piano de Jeroen van Veen, le groupe Slow six présenté dans le précédent article montre les ramifications actuelles d'un minimalisme bien tempéré en quelque sorte.
Programme du dimanche 7 octobre 2007 :
Slow six Echolalic transitions (piste 3, 14' 53), extrait de Nor'easter(New albion Records, 2007)

Philip Glass : Opening (p.1, vol.I, 8' 53)
                              The poet acts (p.1, vol.II, 3' 35)
                              Morning passages (p.2, vol.II, 5' 25)
John Adams : China gates (p.1, vol.IV, 5' 43)
John Borstlap : Avatâra (p.8, vol.IV, 5' 18)
Yann Tiersen : Comptine d'un autre été l'après-midi (p.1, vol.V, 2' 22)
                                  Le moulin/La dispute/Sur le fil (p.2 à 4, vol.V, 9' 50)
Wim Mertens : Struggle for pleasure (p.1, vol.VIII, 5' 08),
                                   extraits de Minimal piano Collection(Brilliant Classics, 2007)
                                                 
piano : Jeroen van Veen
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Ne quittez pas cette page sans aller écouter un peu de Philip Glass sur son site : on y trouve des extraits ( frustrants, surtout pour les oeuvres longues, je sais) de l'opéra Einstein on the beach, toujours sidérant, et de son concerto pour violon, sublime, je le redis !!!