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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
N.B Format de votre fenêtre presque carré pour voir le haut des colonnes !

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  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:01

Brendan Perry Ark 2   Deuxième album solo de Brendan Perry, l'un des fondateurs de Dead Can Dance, Ark renoue en partie avec les grandes mélopées dramatiques qui ont fait les beaux jours du groupe australo-britannique entre 1981 et 1998. Sa belle voix de baryton, aux souples inflexions, épouse les méandres de compositions amples et majestueuses, tantôt marquées par une ambiance médiévale gothique, tantôt inspirées par un climat oriental mystique. On pourra reprocher au disque sa nonchalance, sa mollesse diront les mauvaises langues, mais c'est justement l'un des charmes de cet album que de prendre son temps, se développer en voluptueuses volutes. Un brin de guitare, beaucoup de synthétiseurs, des percussions parfois exotiques, servent le chant fervent de ce barde à la veine volontiers épique. Encadré par deux titres très dead can danciens - si je peux risquer ce néologisme, le solennel "Babylon" en ouverture et l'envoûtant "Crescent" pour finir, sur lequel on imagine évidemment la voix de Lisa Gerrard (les deux titres viennent d'ailleurs de la reformation du groupe dans les années 2000 pour des tournées d'adieux), l'album ne manque pas d'allure, d'une grandeur sombre, que les détracteurs ne manqueront pas de qualifier d'emphatique, ampoulée. Je ne suis pas  si sévère. S'il n'apporte rien de bien nouveau - faut-il demander  du nouveau à tous les musiciens, en permanence ?, il enveloppe l'auditeur dans une atmosphère rêveuse. Un disque pour bercer sa mélancolie, approfondir le secret douloureux qui nous fait languir, pour paraphraser Baudelaire dans La Vie antérieure.

Paru en 2010 chez Cooking Vinyl / 8 titres / 55 minutes 

Pour aller plus loin

- son site personnel, très soigné.

- Brendan Perry sur MySpace

- une fausse vidéo sur le dernier titre "Crescent" : regardez-la au fond des yeux, longtemps, longtemps...

 

 

Programme de l'émission du lundi 31 janvier 2011

Vénus en fourrures est une maculée conception :

  Khoe-Wa : Venus in Furs / High to down (p.2-3, 9'15), extraits de EP Life ? (Asso Wa-t , 2010)

  Trash Palace : Venus in Furs / Maculée Conception (p.5-6, 7'30), extraits de Positions (Discograph, 2002) Deux reprises sympathiques de la chanson de Lou Reed, interprétées par deux voix féminines, la première accompagnée au sitar.

Curiosité :

  Burning Lung : Do Androïds Dream of Electric Sleep (p.13, 6'28), extrait de Hymns & Motets, vol.1 (Microlab, 2010) Une compilation furieusement éclectique, avec une très jolie pochette ci-dessous. Visitez leur adorable site !!

Hymnes et motets vol.1 all

Réflections / Résonances :

  Harold Budd & Clive Wright : A Song for Lost Blossoms / Of Many Mirrors (p.2-5, 9'10), extraits de A Song for Lost Blossom (Darla records, 2008)

  Alain Kremski : Sous les étoiles bienheureuses (p.2, 8'07), extrait de résonance / mouvements / mouvement / résonances (Iris Music, 2009)

Psykick Lyrikah : Nos Ombres / Derrière moi (p.10-11, 9'15), extraits de Derrière moi (Idwet, sortie en avril 2011) 

20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 20:04

Antony-and-the-Johnsons-Swanlights.jpg

   Mystère d'envols  

   Dès les premières notes, l'émotion, intense. La voix, le piano, tout est nouveau, les tâtonnements dans le recueillement du dit, every/ everything/ everything is new, la harpe s'ajoute au piano, la voix s'élance sur le vide, s'enroule et coule dans la volupté du mélisme accompagnée des cordes, de la guitare plus tard. Une envolée somptueuse, et folle, un hymne vibrant à la vie. C'est le premier titre de Swanlights, le quatrième disque d'Antony Hegarty et de son groupe, autrement dit d'Antony and the Johnsons. On sait qu'il sera difficile de rester à une telle hauteur, et j'avoue ma surprise à lire toutes ces chroniques qui prétendent que l'album ne commencerait vraiment qu'avec le titre éponyme, le sixième de l'album. Antony évolue d'album en album, s'affirme comme un vrai compositeur, et pas seulement de chansons. Ne l'enfermez ni dans la pop, ni ailleurs ! Antony est un artiste à part entière, un vrai musicien qui cherche en s'entourant d'autres musiciens et compositeurs de talent, comme je le signalais dans l'article consacré à Another World.

  Antony and the Johnsons Swanlights Le second titre, "The Great White Ocean",  est émouvant dans sa simplicité quasi folk, voix-guitare sèche et un fond lointain de cordes pour une histoire qu'on peut relier avec l'ours blanc ensanglanté de la pochette, un aurevoir à toute la famille. Co-signé par le génial Nico Muhly, "Ghost" réalise l'accord idéal entre la voix de contre-ténor ou de haute-contre d' Antony ( ce sont bien sûr des approximations) et le piano caracolant, les cordes caressantes : il s'agit d'ouvrir le ciel, de partager sa peau comme le serpent convoqué dans cette incantation vibrante. Comprenez bien que l'horizon d'Antony, c'est aussi celui de la mélodie, du lied.., ce qui n'exclue pas hélas un titre plus facile comme "I'm in Love", envahi par des répétitions stériles. Suit un délicieux intermède pour cordes et piano, "Violetta", à la grâce mystérieuse. Le titre éponyme commence comme certains morceaux de Robert Wyatt, murmures fondus dans le lent tournoiement sonore du piano et des cordes glissandi, puis la voix se détache, décolle, se dédouble dans un halo suspendu sur un mur électrique animé de courtes saccades et traversé d'éclairs de guitare, le piano repart, emporte le morceau vers sa disparition, véritable évaporation à l'image de ce que suggère le titre, avec ce néologisme de "Swanlights", splendide trouvaille pour évoquer le rayon de lumière émis par un esprit au moment de quitter un corps. Lumières du cygne, cygne-lumières, juste avant le bouleversant "The Spirit Was Gone", thrène admirable, tremblé dans les harmoniques du piano et de lointaines cordes qui s'approchent. Là, les répétitions ne sont pas agaçantes ou synonymes de faiblesse d'écriture, elles sont signifiantes, "it's hard to understand", la plainte se retourne en elle-même, dérisoire annulation du temps mortifère. L'ondulant "Thank you for your love" prend des teintes cuivrées, ronflantes, sorte d'hymne affolé après le désolé titre précédent. La construction soignée de l'album devient de plus en plus évidente, Antony alternant tensions sublimes et relâchements presque triviaux. Co-signé et co-interprété par Björk, "Flétta" est un duo lumineux ponctué de pauses très douces, intimes, servi par un piano tour à tour introspectif et endiablé. "Salt silver Oxygen" commence de manière primesautière, « The flying horse carries me across the sky », fait se succéder des images étonnantes - notamment celle d'un Christ devenu femme, dansant avec son cercueil, tandis que l'orchestre, d'abord léger, entame une marche ponctuée par le trombone, s'envole et se dissout...Le disque se referme avec un autre chef d'œuvre,  "Christina's farm", dont les paroles font écho au premier titre : « everything was new / every sock and shoe / my face and your face tenderly renewed ». Le piano, avec son martèlement obstiné, est encore pour beaucoup dans l'extraordinaire beauté de ce morceau lyrique. Le chant d'Antony y est à son plus haut niveau, dépouillé des tics qui agacent tant certains : plein, recueilli, suave comme il sait l'être, la modulation comme caresse de l'ineffable. « i awoke to find a whiteness inside / everything did shine, slyly, from each body ». Tout brille en effet après le passage de cette voix archangélique qui tutoie l'au-delà des apparences.

Paru chez  Secretly canadian / 11 titres / 43 minutes

Mes titres préférés : Everything is new / Ghost / Violetta / Swanlights / The Spirit was Gone / Flétta /  Salt siver Oxygen / Christina's farm // Presque tout, en somme...

Pour aller plus loin

- une fausse vidéo du dernier titre :

 

 

- le site officiel d'Antony


Programme de l'émission du lundi 15 novembre 2010

La Pop dans tous ses états :

 Shannon Wright : Dim reader / On the riverside / Commoners saint (pistes 4 à 6, 9'30), extraits de Shannon-Wright-Secret-Blood.jpgSecret Blood (Vicious circle, 2010) Décidément une chanteuse que j'aime bien. Sur scène, invisible derrière ses mèches, énergie électrique. Mieux encore sur disque, car on entend le piano et les autres instruments, recouverts par la basse en concert.

  Antony and The Johnsons : Swanlights / The Spirit was gone / Flétta (p.6-7-9, 14'), extraits de Swanlights (Rough Trade, 2010)

 Valgeir Sigurdsson : Grylukvaedi / Dreamland (p.1-2, 8'30), extraits de Draumalandid (Bedroom Community, 2010)

Le ciel brûle :

 Kafka : Rewind part 1 & 2 (p.3-4, 11'), extraits de Geografia (Pyromane Records, 2010) Comme on le voit, un label qui porte bien son nom !

30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 15:37

Laurie Anderson Homeland    Premier disque depuis 2002, Homeland marque le retour d'une artiste au plus haut. Laurie Anderson jette sur le monde, et plus spécialement les États-Unis, son pays, un regard incisif comme celui de son clone masculin Fenway Bergamot - apparence enfin dessinée de sa voix filtrée avec laquelle elle aime jouer depuis des années, qui nous scrute sur la pochette. Ce disque nous regarde, tranquillement, intensément, jusqu'au fond. La musique est d'une beauté sereine, épanouie, sculptée jusqu'aux moindres détails, informée par une pensée, une sensibilité, qui se disent dans la douceur, la délicatesse, et néanmoins une admirable fermeté. L'album développe et entrelace deux veines. L'une que l'on pourrait appeler politique, avec de grands textes qui observent le monde, débusquent ses faux-semblants, comme "Only an expert", qui revient malicieusement sur la prolifération des dits experts, "Another day in America", raconté par sa voix déformée, ou "Dark time in the revolution", qui pointe les contradictions d'un pays à la pointe de l'âge des machines où l'on enferme encore des hommes dans des cages (Mais à quoi peut-elle bien penser ?!). L'autre, avant tout lyrique, c'est-à-dire intime, personnelle, réflexions sur l'amour et notre passage sur terre. Sans solution de continuité entre les deux : sans pesanteur ou dogmatisme dans la première, sans mièvrerie ou affectation dans la seconde. Son violon glisse de l'une à l'autre. Sa voix chante, dit, murmure, caresse les mots, mieux que jamais. Avec elle, les mots comptent encore, clairs, audibles, portés vers nous par la vague musicale de mélodies magnifiques, d'arrangements subtils et surprenants interprétés par des amis et des musiciens rencontrés lors de ses multiples déplacements. On y trouve bien sûr parfois à la guitare Lou Reed, son mari depuis 2008, John Zorn au saxophone, Anthony pour deux parties vocales. Et puis la chanteuse Aidysmaa Koshkendey et deux joueurs d'igil, sorte de vièle à archet à deux cordes, tous les trois du groupe Chirgilchin, originaire de Tuva, une république ex-soviétique frontalière de la Mongolie. Elle les a vus et entendus à New-York. Enthousiasmée par leur musicalité, les nouveaux sons entendus, elle a décidé de les associer au projet Homeland, qui s'est construit au fil de ses tournées. Cela donne au premier titre, "Transitory Life", une résonance extraordinaire. On peut penser aux étonnantes réussites de Jocelyn Pook sur l'album Untold Things (2001) ou pour la bande originale de Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Voix de gorge d'Aidysmaa, praticienne du chant diphonique, graves profonds et ronronnants des igils, violon frémissant de Laurie, alto et claviers, créent un paysage sonore dépaysant sur lequel la voix fragile de Laurie, entre dit-chanté et chant, évolue avec une grâce suave, une gravité si douce qu'elle envoûte l'auditeur. On nous a rarement traité avec tant d'égards. Quatre couplets en forme de vignettes et un refrain pour nous rappeler notre condition humaine, notre vie transitoire (Laurie se définit comme une nomade).

   C'est toujours risqué de commencer par un chef d'œuvre comme celui-ci. "My right eye" capte pourtant notre attention : " Concentration. Vide ton esprit. / Laisse le reste du monde s'en aller. / Retiens ton souffle. Retiens ton souffle. Ferme tes yeux // Rochers et pierres. Os brisés. / Toute chose finit par revenir à son origine. / Dans la nuit. Dans la nuit. // S'il te plaît pardonne-moi si je tombe un peu à côté du but. / Mais il y a encore des choses enfouies dans mon cœur, silence. / Arrête-toi mon cœur, arrête-toi. Puis disparais. Puis disparais." Percussion légère du cœur, mots prononcés à peine, glissandi des cordes, claviers éthérés : admirable délicatesse. L'enchantement continue. À quoi bon continuer la revue ? Si l'on excepte "Only an Expert" au texte fort mais à la partie musicale plus heurtée, dissonante, peut-être un peu long avec un refrain à mon sens plus grossier (en ce sens adapté au sujet !), l'album est d'une tenue superbe. Qui d'autre que Laurie pourrait réussir "Another Day in America", véritable poème en prose, hymne bouleversant à ce pays fascinant et agaçant, au si beau refrain : "Et ah ces jours. Tous ces jours ! Pourquoi ces jours ? / Pour nous éveiller. Pour mettre entre les nuits interminables."

   Me relisant, je m'aperçois que je n'ai rien dit de "The Beginning of Memory": une histoire immémoriale, un mythe passionnant qui nous propulse très loin, qui donne la distance nécessaire pour embrasser ce parcours dans les différentes strates du réel et de l'imaginaire, avant le "Flow" final, solo dépouillé, poignant, pour violon.

  Un sommet entre pop, ambiente, expérimentale et musique du monde. Par une artiste, une grande.

Paru chez Nonesuch en 2010 / 12 titres / Environ 66 minutes. accompagné d'un DVD (pas encore regardé...).

 

Pour aller plus loin

- le site officiel de Laurie Anderson

- Laurie Anderson, page du label Nonesuch, avec l'abum en écoute.

- le site du groupe Chirgilchin

- une vidéo à partir du titre 8, "Bodies in motion", dont je n'ai pas parlé : pas le meilleur, mais très bien tout de même (un peu trop de redites à mon goût...).

 

 

 

Programme de l'émission du lundi 27 septembre 2010

Les modules fleurissent...

Un zeste de rock :

Drive-By Truckers : After the scene dies / You got another (pistes 9-6, 9' 24), extraits de The Big To-Do (Pias, 2010) Disque qui vaut plus pour le livret que pour la musique, sans grande surprise. Faut bien s'amuser !

Laurie Anderson : Thinking of You / Strange Perfumes (p.3-4, 9' ), extraits de Homeland (Nonesuch, 2010)

Grande forme :

Glenn Branca : Mouvement within (p.4, 16' 41), extrait de Renegade Heaven (Cantaloupe Music, 2000) Un des excellents albums de Bang On A Can ! Et puis l'occasion de mentionner ce guitariste et compositeur, l'un des musiciens icôniques de la no wave apparue à la fin des années 70 à New York. Une composition comme une coulée de lave, un monolithe parcouru de torsions en perpétuelles métamorphoses...

Aux marges du silence :

Michael Fiday : 7 haïku (sur un cycle de 9, p.1 à 7, ± 7' ), extraits de Same rivers different (Innova, 2009)

Réécoute :Hans Otte Das Buch des Klänge

Hans Otte : III (p.3, 6' 19), extrait de Das Buch der Klänge (ECM New Series, 1999)

Un des disques que j'emmènerais sur une île déserte, comme on dit. Hommage au compositeur et au pianiste Herbert Henck, à qui je dois de belles découvertes.

  Avis aux lecteurs : Un disque neuf (et un excellent, de surcroît, de Michael Harrison : voyez si cela peut vous faire plaisir)..) offert au premier qui postera un commentaire sur cet article. Il faudra me communiquer vos coordonnées postales par le biais du formulaire "Contact" en bas de cette page. C'est sérieux, c'est possible grâce au soutien d'un lecteur qui partage souvent mes choix. Merci Dom !

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 21:29

    High Tone Out BackDe retour après une cure de silence, trop occupé ailleurs... J'ai beaucoup hésité à chroniquer ce disque.  Effrayé déjà par le jargon des critiques musicales, qui multiplient les étiquettes incompréhensibles. Une véritable novlangue, qui ne fait plus l'effort de traduire : des initiés s'adressent aux initiés, aux branchés. « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. » disait ce brave Boileau. Et en français ! Je n'en démords pas.

   De plus, après la première écoute, je me disais qu'on ne le verrait jamais sur ce blog. Je trouvais la musique lourde, envahie par des tics technologiques agaçants. Le premier titre, "Spank", concentrait en fait mes griefs : trop de zébrures, d'échos, l'impression d'être dans une baraque de tir avec une bande d'excités, pouf pouf pouf, je triture le maximum de boutons... Avec le recul et plusieurs écoutes, je ne vais pas crier au chef d'œuvre, certes non, mais ces lyonnais, au fil des titres, parviennent à capter l'attention, à séduire par la grande diversité d'approche du dub, et, curieusement, par un certain humour. La lourdeur de "Dirty Urban Beat" n'est pas dénuée d'une grâce éléphantesque que souligne plaisamment le commentaire final : "this is the most beautiful ugly sound in the world". D'ailleurs, reprocher au dub sa lourdeur n'est-il pas ridicule ? Le dub s'appuie sur la terre, il se dandine tranquillement, indifférent aux moqueries. Il est là pour célébrer le rythme dans son épaisseur. Une fois acceptés ces simples prolégomènes, on peut apprécier cette musique sans complexe, qui charrie des influences très diverses. "Liqor", avec la prestation vocale de l'excellent Oddateee, est, à mi-chemin du reggae et du rap, un morceau bourré d'une belle énergie. "Rub-a-dub Anthem" m'amuse beaucoup, reggae parfait transcendé par les inflexions presque enfantines de Pupa Jim. "Fly to the moon" prend des allures parodiques de dub gentiment braillard, pied de nez à toutes les sauces cosmiques. "Boogie dub Production", d'une folie un peu poussive, ferme la première partie, titrée Dub Axiom, de ce disque à deux faces.

   Je ne cache pas ma préférence pour No Border, huit autres titres qui font preuve d'une belle volonté de renouvellement. Et tant mieux si on oublie les axiomes posés précédemment. "Space rodeo" est un morceau hip-hop mâtiné de pop tout à fait convaincant, rudement mené par le très inspiré Ben Sharpa, avec une très belle fin électrique. "Bastard" prend le temps du rêve, orgue et guitare, glisse dans un climat orageux, tranquillement halluciné, avant une fin très douce, mais oui, vous avez bien lu. Le meilleur se profile avec "Home way", flûte envoûtante surgie d'une lointaine galaxie indienne sur un reggae d'abord aérien, délicat, puis lui aussi incantatoire avec le retour des volutes de la flûte, avant la surprise finale. En voix off, quelques phrases en français, déclamées avec une emphase amusante, ponctuées de coups de cymbales : "J'ai commencé à parler au milieu du silence / J'ai fait en sorte que tous les hommes disposent d'un chemin sur lequel marcher / J'ai ouvert tous les yeux afin qu'ils puissent voir / Mon œil droit est le jour / Mon œil gauche est la nuit / et le Nil prend son élan sous mes sandales." Parodie de discours prophétique qui ne manque pas de sel ! "Propal" s'ouvre sur un vibrato percussif brumeux : nouveaux territoires, décidément, d'autant que les percussions roulantes, les cordes frémissantes, la guitare hawaïenne, une clarinette égarée, dépaysent le dub, et tant mieux. Un nuevo dub, comme on eut un nuevo tango ? Sans doute l'un des plus beaux titres de l'album, de fait inclassable, parfaite musique de film si l'on veut prendre en compte les échantillons de la fin. "Uncontrolable flesh" confirme la mutation génétique du groupe : morceau qui surfe sur les marges du dub, ambiance quasiment lynchienne avec relents de western psychédélique, mixture électrisée et fantômatique, cauchemardesque, peut-être un peu chargé je le concède, mais une belle conclusion. Les oiseaux chantent, de curieux grincements inquiètent, c'est "Ollie Bible" zébré de scratches, à la progression enrayée de hoquets, disques qui tournent à l'envers et sons synthétiques glissants : drôle de titre, agaçant et original à la fois. Le titre suivant, "7th Assault", sera plus consensuel, avec sa rythmique d'acier, son atmosphère étouffante et ses arrière-plans bruitistes, saturés, le tout  se résorbant peu à peu dans une échappée belle assez inattendue : long morceau de plus de sept minutes incanté in extremis par une flûte veloutée et l'insertion d'un court texte dit (dont je n'ai pas identifié l'origine...) : « L'espèce humaine, contrairement à ce que nous avons tendance à croire, est tout à fait au commencement de son histoire. Elle vient seulement de faire, vers l'infini de l'espace, son tout premier pas. La terre est une graine qui commence à germer." Propos que je suis tenté d'appliquer à High Tone, qui termine en beauté son très long album avec "Altered State",  imaginez un dub hanté par un dulcimer, la réconciliation des musiques électro-technologiques et des musiques traditionnelles. Pas si mal, décidément. Et dire que j'ai failli me taire. Voilà ce que c'est, de vraiment les écouter : ils nous emportent, et l'on oublie les scories.

16 titres / Sortie en mai 2010 chez Jarring Effects.

Pour aller plus loin

- leur site officiel, un peu foutraque, en construction, qui rétrécit votre page internet, curieux...

- leur page  officielle MySpace.

11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 17:20
   Brain Damage Burning Before SunsetCinquième album du duo stéphanois, Burning Before Sunset marque un tournant vers un dub ambient sobre et dense, moins démonstratif. L'importante place accordée au poète Black Sifichi, véritable troisième membre de fait, contribue à cette intériorisation de la musique : sa diction grave et envoûtante apporte une solennité impressionnante à l'ensemble. Il y a quelque chose de sépulcral dans cet album hanté, qui s'ouvre sur "There is A Wind", grande draperie dramatique aux claviers scandée par le beat lent et implacable de la percussion et la déclamation sourde de Sifichi, comme une cérémonie d'envoûtement. Du véritable dub gothique, une plongée dans des eaux troubles avec "Ignore", clapotis aquatiques et claviers obstinés pour un crescendo incandescent. "Only Lost In The Sound", fausse déambulation pastorale rythmée par des cloches, prend des tournures de descente aux Enfers, les synthétiseurs se font sirènes cuivrées qui tournoient dans le soir épaissi comme plomb fondu. Sifichi incante "Smoke In Our Minds", dub minimal hypnotique, avant que ne se lèvent les esprits des morts dans "Bull's Ass" traversé de ululements plaintifs, de mugissements. "Don't Ask Me Why"est une litanie autour du moi, "I", et de ses métamorphoses : atmosphère grinçante de supplices, sourdine survoltée. Des nappes de synthétiseurs nous apaisent, c'est "Possibility Of Love", cette clameur qui monte, et puis l'attente oppressante, les mots-dits si sombres du récit d'amour, du Iggy Pop étouffé, la plaine dévastée par une mélancolie poignante, oppressée par les nuages lourds. Une harpe surgit sur "Plain White Butterfly", court poème qui s'ouvre sur l'évocation de la mort d'Erik Satie, véritable fenêtre ouverte et si vite refermée, échappée dans la blancheur recherchée par delà le crépuscule enflammé. Cela a suffi pour nous décaler très loin, le paysage s'aère un peu, la harpe s'attarde sur les horizons désolés, se profile au loin "The Tower To Eternity". La voix de Sifichi se dédouble, le dub se fait statique et plus sourd, la harpe voltige encore sur la fin. Retour à l'ampleur splendide du premier titre avec "My Legs, My Arms, My Mind & My Brain", dub baudelairien de l'être brûlé par  ses impasses. Crépitements, cycles cristallins de la harpe (du synthé-harpe) pour "Invisible Click" qui prépare le terrain de "Hope Of Utopia", l'horizon s'éclaire, des enfants s'interpellent, le monde existera encore ?
    Un disque très cohérent, beau parcours qui nous sera peut-être plus intelligible si le disque - à sortir le 15 mars chez Jarring Effects / Discograph, nous fournit les paroles des poèmes, parfois difficiles à saisir au vol.
12 titres / 47 minutes.
Pour aller plus loin
- la chronique de Short Cuts, leur album précédent.
- Brain Damage sur MySpace
- le très beau site perso de Black Sifichi
- un beau collage vidéo en hommage à Brain Damage, avec la voix de Black Sifichi...

Programme de l'émission du dimanche 7 mars 2010
Les musiciens français se taillent la part du lion ! Pas si fréquent.
Un large coup de chapeau à ce polyinstrumentiste et compositeur singulier...
Le Chapelier Fou : Darling, darling, darling Horses / Trèfle (Pistes 1-3-5, 11' ), extraits du premier EP.
                                             Prélude / Capitaine fracasse / Mystérieux message / Animaux flexibles (p.1-2-4-5, 11' 30), extraits de Scandale / EP2 Ici d'ailleurs, 2009, comme le premier)
                                           
Tintinabulum / Les métamorphoses du vide (p.1-2, 7' 30), extraits de 613 (Ici d'ailleurs, 2010)
DoWnTaO : Le cube / Gaugear road / Whirpool (p.2-5-10, 13' 30), extraits de Luz / Land music (Oceanik Créations, 2010)
Brain Damage : Bull's ass / Don't Ask Me Why (p.5-6, 9' 30), extraits de Burning Before Sunset (Jarring effects, 2010)
Pierre-Yves Macé : Angelus novus / La Comédie des cachemires / Der geistiger Automat (p.1 à 3, 14' 10), extraits de Passagenweg (Brocoli, 2009)
DJ Food Sentinel / shadow guard // Extract from Stolen Moments too (p.1-2, 10' 30), extraits de The Shape of things that hum (Ninja Tune, 2009)
6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:10
   Ce qui frappe dès l'abord, c'est la présence massive du piano. La jeune galloise, pour son second album "Wrought iron", a été conquise par l'instrument dans un bâtiment abandonné en Espagne, où elle était partie enregistrer. L'anecdote laisse rêver. On imagine les grilles lourdes, baroques, en fer forgé, le piano comme un appel dans les grandes salles désertes. Alors que "Battle and Glory" faisait retentir toute la panoplie idéale des instruments folk, de la harpe 12 cordes au dulcimer, dans des morceaux souvent très enlevés, "Wrought iron" est d'une veine plus intime. D'autant plus bouleversant que l'accompagnement s'est resserré, ce qui ne veut pas dire appauvri d'ailleurs, mais moins d'instruments en même temps. Guitares, mais aussi une belle apparition de la trompette sur le très folk "Lay low", harmonica sur le bluesy "The act", cloche sur le miraculeux "Winter, baby" et sur "Cat Bells" à la beauté suspendue,  pincée de choeurs, percussions diverses...tous servent la voix fine, fragile, flexible, transparente de Nancy Elizabeth et ses superbes mélodies. Ce deuxième disque confirme l'émergence d'une grande chanteuse, compositrice accomplie, capable de se renouveler profondément d'un disque à l'autre. On le sait dès le premier morceau, "Cairns", piano presque solo, morceau au hiératisme si doux, ponctué de choeurs séraphiques : paysage immémorial, un rêve d'harmonie. "Bring on the Hurricane", le titre suivant, est un petit bijou folk où la voix de Nancy joue de toutes ses nuances tandis que la guitare nous emporte, relayée par de courts choeurs puissants. Le piano revient au premier plan (il n'avait pas tout à fait disparu...) avec "Tow the Line", chanson dépouillée un brin mélancolique sur laquelle s'appuie avec parcimonie l'harmonica On le retrouve sur l'un de mes titres préférés, "Divining", complètement hanté par "Videotape", le magnifique dernier morceau de In Rainbows de Radiohead : la jeune galloise peut tout se permettre ! "Canopy", parfois a capella, la voix qui semble se renverser, et les fées qui viennent vous caresser, encore un morceau envoûtant, le meilleur du celtique, et rien à voir avec le catastrophique dernier album d'Alan Stivell -qui fut parfois capable du meilleur, dans un autre siècle..., une douceur fulgurante. Et puis il y a "Ruins", somptueuse ballade d'une sirène pudique et suave, la raucité étrange de la voix par moments, le piano royal doublé par un piano jouet sur la fin. Magique, cet album, enchanteur. Nous avions Merlin, voici Nancy Elizabeth !
Paru sur The Leaf label. 11 titres, environ 41 minutes.
Pour aller plus loin
- Nancy Elisabeth sur MySpace
- Chronique du premier album sur ce blog.
- Une video en concert du titre "Lay low" (elle est à la guitare, pas au piano...) :


Programme de l'émission du dimanche 29 novembre 2009
Larvae : Polemic dub / 164 spin (pistes 1 et 2, 9' 30), extraits de How to desintegrate (Creative space, 2007)
Didier Petit : Coupes et découpes / Élision / Interlude rituel / Almost / Soleil bleu / La Tour de Babel (p.1 à 6, 16' 30), extraits de Don't explain (Buda Musique, 2009)
William Duckworth : The Time Curve preludes I à IV, Book I (p.10 à 13, 12' ), extraits de time curve (Arabesque Recordings, 2009), disque du pianiste Bruce Brubaker.
Fuse Ensemble
: Big skate / Train (p.1 et 3, 12' 10), extraits de Big skate (2009)
Julia Wolfe : Lad (p.1-2, 17' ), extraits de Dark Full Ride (Cantaloupe Music, 2009)
Larvae : Nothing ends (p.4, 5' 38), extrait du même disque que ci-dessus (un mini cd vendu avec un autre de Spyweirdos).
7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 15:54
   Un coup de cœur pour reprendre le fil distendu de ce blog (le temps de faire le vide de l'oreille pour mieux recevoir l'or qui raye le néant...). Des mots qui sonnent justes sur des environnements sonores électro, post-rock, posés au millimètre, au ras du silence dont ils n'ont pas peur. "Je suis nature / je suis mature / Je suis rature", la marque du slam qui slalome entre les mots, avec Salomé Barrot pour les très belles photographies, Selecta Seb pour les textes et Bruit : fantôme pour la musique. C'est une tribu qui contribue à dire la première personne d'aujourd'hui, "rester planté là / au milieu du carrefour / désorienté par la circulation", prendre le temps d'ouvrir la boîte aux souvenirs, de vibrer à l'appel "d'un doux rêve".
   Voyage vers les racines oranaises, la grand-mère qu'il n'a pas connue auquel le disque rend  un touchant hommage au terme d'un parcours qui parvient à déjouer les pièges du nombrilisme grâce à une salutaire candeur car, oui, Sébastien Seb est tel un candide qui se cherche dans l'indifférence du monde, sur fond de terribles fantômes qui ressurgissent au final, après l'évocation de Zahia suivie d'un long silence, le retour des trois lettres FIS, celles du Front Islamique du Salut, morceau torturé, puissant, inquiétant, après tant de rêveries qui ne cèdent pas à la mièvrerie, pas même la "Jeune algérienne", descendante de ces odalisques de harem, des algériennes peintes par Delacroix. Le disque est conjuration, exorcisme frais déployé autour de l'hymne à l'Afrique-mère (titre 9), parce qu'il y a en lui le refus de laisser aux Occidentaux "la joie d'occider ces gens là-bas" : titre ensorcelant, incandescent qui débouche sur l'apologie de la vie (titre 10) - et là j'entends les ricanements de certains lecteurs, mais après des propos qui sembleront parfois bien lénifiants, le morceau décolle dans une vision lucide d'un monde en voie de machinisation, la musique se fait implacable, presque techno, les mots se déchaînent et s'enchaînent. Parce que "l'homme derrière son costume a toujours un cœur" dans ce disque gorgé de douceur, d'effleurements et de caresses, qui croit encore dans les mots simples. Une invite salutaire à cesser de jouer les durs, à s'abandonner à l'effusion pour vivre l'infusion mystique.
11titres (+1 caché), environ 45 minutes.
Pour aller plus loin
- Zahia sur MySpace.
- L'album est en téléchargement intégral libre sur le site de Zahia.
8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 11:27
   del cielo, duo rennais formé par Cécile Bellat, alias Liz Bastard, textes et voix, et Gaël Desbois, musiques et instruments divers, après un premier EP début 2008,sort un premier cd insolite à plus d'un titre.
   D'abord la voix de Liz Bastard, petite voix acide entre murmures et confidences minaudées ; agaçante de prime abord, tellement inattendue, très vite attachante, délicate et délicieuse, pleine d'énergie aussi, toujours juste.
  Puis les textes, un bonheur permanent : pas de rabâchage pour cacher l'indigence, de vrais textes qui interrogent le quotidien minuscule de l'intime, qui jettent un éclairage décapant sur l'aujourd'hui " et les choses perdues d'avance / au bout du bord du vide / vas-y c'est par là / vas-y c'est tout droit/ (...) avec un goût permanent / pour les failles et les fissures / et les entailles et les blessures/" ["Vers le vide", titre 5]. Atmosphères orageuses, pluvieuses, l'amour, le travail, les images publicitaires, la folie du monde,  questions lancinantes : "tu fais comment quand le temps nous glisse entre les doigts / et quand je tremble de silence et d'ennui / on se resserre / " ["L'Etau", titre 7]. Cet univers menacé, fragile, on le sent proche de celui de Psykick Lyrikah, aussi n'est-on pas étonné d'entendre Arm en fond sur deux titres (sans oublier le renfort de Robert le Magnifique à la basse ou aux machines sur plusieurs titres). Le titre éponyme prend des allures apocalyptiques, comme dans les visions hallucinées d'Arm : "Regarde pas sous les cendres / Il y a  des corps encore brûlants/ Regarde pas sous les cendres/ Il y a des promesses mal tenues / Des horizons calcinés/ Il y a Rome il y a Babylone / Il y a ton code barre qui se consume doucement". L'horizon est sombre " Derrière les vitres glacées / On hurle pas on crie pas / Les ailes collées à la vitre glacée/ ["Les vitres glacées", titre 11], évocation du monde déshumanisé des formulaires administratifs indifférents au "désespoir solidement collé à la vitre embrumée". Reste la révolte "Vas-y crache / Vas-y mords", salutaire...et l'amour sans lequel les plus belles villes sont vides, réactualisation vigoureuse d'un vieux topos romantique ["Des Visages et des Murs", titre 12, le dernier]. Rien ne laisse indifférent dans ces textes sensibles et intelligents, dits-chantés pour nous enchanter...
  [[Coup de gueule au passage. On est d'autant plus enchanté que tant de chanteurs français croient bon d'emprunter la langue de Shakespeare pour nous servir un brouet insipide, une langue mal prononcée. Croient-ils donc élargir leur public ? Comme si Anglais et Américains allaient les écouter ! Et ces pochettes entièrement en anglais... triste anticipation des diktats qui installent déjà l'anglais obligatoire au niveau des cadres des grandes entreprises ? Pitoyable, lamentable, d'avoir peur ou honte de sa langue, à moins que ce ne soit un pudique cache-misère. Et n'oubliez pas que c'est un anglophile qui écrit ceci, avec de surcroît plus de cinquante pour cent de musique américaine -étatsunienne devrais-je préciser, dans ma programmation...]]
  Enfin, les textes sont servis par un accompagnement musical impeccable : beaux sons de guitare électrique, percussions ciselées, discrètes envolées de claviers, scratchs incisifs. Gaël Desbois, qui a travaillé avec Mobiil, Miossec, Laetitia Sheriff, Emma, installe des climats rock/ post-rock/rap aux mélodies efficaces. Ces magnifiques balbutiements de guitare électrique déchiquetée sur "La Plateforme arrière du train", ces claviers implacables puis tournoyants pour l'atmosphère étouffante de "Les Vitres glacées"...Là aussi, quel métier, quelle maîtrise pour un premier disque !
  sous les cendres, chez Idwet (le label de Psykick Lyrikah), 12 titres, environ 37 minutes.
Pour aller plus loin
- album en écoute ici (et à acheter). Avec un éclairage intéressant sur l'écriture des textes, les "influences"
- del cielo sur MySpace.
Programme de l'émission du dimanche 4 octobre 2009
del cielo : Vers le vide / L'Étau (pistes 5-7, 5' 58)
                        Sous les cendres / Les Vitres glacées (p.10-11), extraits de sous les cendres (Idwet, 2009)
Aufgang : Barock / Sonar / Prélude du passé (p.3 à 5, 18' ), extraits de sans titre (InFiné, 2009)
Daniel Bernard Roumain : Orbit / Wanted (p.1-7, 6' 30), extraits de Pulse (Dbr music, 2006)
                               
black man singing / the need to be (p.1-2, 15' ), extraits de études4violin & electronix (Thirsty ear, 2007)
Andrew Byrne : Part one : Desert Terrain (p.1 à 3, 14' ), extraits de White bone country (New World records, 2009)