Terry Riley (1) : la troisième oreille de l'absolu

Publié le 21 Juillet 2007

Terry Riley (1) : la troisième oreille de l'absolu
   (Nouvelle mise en page + illustrations sonores )
Je profite de l'été pour décoller davantage de l'actualité, qui nous entraîne impitoyablement en avant, nous impose les sorties innombrables d'une société d'hyper-consommation : sortons de l'hyper-marché, résistons aux stimuli et sachons regarder ailleurs, en arrière, à côté des feux illusoires de la rampe médiatique. Retour à l'essentiel, aux musiques fondamentales qui aident à construire l'être avant de le dépasser. Retour à Terry, le maître des claviers, l'improvisateur le plus génial de notre époque, l'homme des concerts-fleuves, des nuits d'envolées psychédéliques, des chevauchées transcendantes. L'un des fondateurs de la musique minimaliste répétitive avec In C, en do majeur, composée en 1964 : 53 motifs, "patterns", à répéter par chaque interprète, chacun d'eux étant libre de répéter le motif autant de fois qu'il le désire avant de passer au motif suivant, d'où la création d'une tapisserie sonore chatoyante, ondulante comme l'infini qu'elle semble condenser. Je ne reviens pas sur la biographie de ce musicien né en 1935, imprégné de jazz, de musique contemporaine, formé par un maître indien pendant plusieurs années. Terry Riley est le plus occidental des musiciens orientaux, voilà ce qu'on pourrait dire de son oeuvre immense, si mal connue en France.
     Ce premier billet  met l'accent sur d
eux disques. Shri Camel, sorti en 1978 chez CBS, - album, que j'avais en vinyl et que je viens de recevoir en laser, reste une merveille : Terry, à l'orgue électronique modifié pour atteindre une "intonation juste", avec un système d'écho numérisé, crée une œuvre psychédélique au sens fort, orientale, qui peut tisser jusqu'à seize nappes d'orgue simultanément, atteignant une complexité vertigineuse, d'une beauté stupéfiante. Laissez-vous porter jusqu'au "Desert of ice"...Et regardez bien la pochette, perdez-vous en elle comme dans la musique...
Terry Riley : le piano comme une harpe !
Terry Riley sort du piano Bösendorfer Imperial un orchestre complet...
Le second est un double album sorti en 1986 chez Celestial Harmonies, The Harp of New Albion. L'idée de départ est de traiter le piano comme une harpe, d'où un instrument qui sonne autrement, dépaysant. Les onze mouvements de cette vaste pièce sont improvisés, mais jalonnés d'éléments composés qui structurent l'ensemble. L'utilisation d'un Bösendorfer Imperial permet de tirer du piano comme un orchestre complet. Les sons fondamentaux se fondent dans un halo constant d'harmoniques. Pris dans la fougue pianistique de Terry, on a un peu l'impression de vivre à l'intérieur de la chevelure splendide d'une comète.
Pour finir un vieil adage soufi cité par Terry :

La pensée qui est planifiée est  tradition.
La pensée qui n'est pas planifiée est imagination.
La pensée qui est les deux à la fois est l'esprit.
Carte établie par le navigateur et corsaire anglais Francis Drake.

Carte établie par le navigateur et corsaire anglais Francis Drake.

Rédigé par dionys

Publié dans #Terry Riley

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