Gabriele Baldocci - Faded Gardens

Publié le 27 Janvier 2026

Gabriele Baldocci - Faded Gardens
Pour un début d'année en douceur...   

   Pourquoi, oui, pourquoi pas, après tout, commencer 2026 par une musique de piano qui certes ne révolutionnera pas le monde de la musique, mais facile, douce, agréable, pour commencer l'année sous des auspices tranquilles ? Dans la lignée d’un Ludovico Einaudi, de Yann Tiersen, de Max Richter, de Dustin O’Halloran et de quelques autres, le pianiste et compositeur italien naturalisé britannique Gabriele Baldocci sort Faded Gardens (Jardins fanés / délavés), un cycle de piano de onze pièces inspirées par son enfance et celle de son fils. Ce musicien familier de Chopin et de Liszt, qui a joué avec Martha Argerich, est aussi à l'aise dans le répertoire classique, romantique, que dans la musique de Nino Rota. Il aime se laisser aller à une musique chargée de souvenirs et d'émotions intimes.

Gabriele Baldocci

Gabriele Baldocci

  La musique chante, s'enroule sur elle-même, sans jamais appuyer. Nulle dissonance, rien de très grave ni de trop aigu : Gabriele Baldocci distille un charme discret, vous enveloppe dans des mélodies rêveuses, comme le très beau second titre, "Ashen Firefly", danse légère dans l'obscurité de la lueur de la cigarette de son père racontant des histoires. Souvenir de nuits d'hôpital à fixer le voyant vert d'urgence au-dessus de la porte, "Verde Luce" se balance entre cadence hypnotique et flux minimaliste au lyrisme magnifique.

   "Silent Watch", c'est la veille d'une mère dans le silence de la nuit, une mère qui tantôt rêve une autre vie pour son fils, tantôt se fait la plus discrète possible, même en pensée. Dans les marges imaginaires du Romantisme, Gabriele Baldocci écrit des pièces nimbées de nostalgie, soulevées de grands élans de souffrance cachée comme dans "Asa Nisi Masa" (titre 5) ou la fantaisiste et brillante "At The Playground", écrite pour Martha Argerich à l'ombre de Schumann et Chopin. Il lui arrive aussi d'être plus proche d'un Keith Jarrett sur "Paper Wings" au phrasé jazzy. L'envoûtant "Origami" (titre 7) est sans doute l'une des pièces les plus abouties, d'un minimalisme orientalisant parfaitement adapté à son sujet.

   Je suis moins séduit par le douceâtre "In Their Arms" (titre 8), mais je me laisse prendre encore au si émouvant "Night Whispers" (titre 10), semi-nocturne enchanté, avant l'étrange pièce finale, "The Inner Field", duo de piano austère et de violon amplifié (et retraité ?), marche hallucinée à la lenteur un rien funèbre... 

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Un disque de piano à savourer à l'abri des intempéries, des misères de l'actualité et de la politique. Parce que l'émotion existe encore... et l'ombre de Schumann...

Paru le 16 janvier 2026 chez MKMA Records / 11 plages / 48 minutes environ

Rédigé par Dionys

Publié dans #Le piano sans peur, #Des Classiques pour Aujourd'hui

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