Miska Lamberg - Evening, window
Publié le 4 Juin 2026
Écoutes vagabondes (2)
En marge de mes articles, série d'esquisses pour des disques que je butine par mes réseaux, ou que me signalent attachés de presse ou maisons de disques et que j'écoute sans déplaisir..., mais il y a là un peu de paresse, je le confesse !
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Le disque s'est lentement imposé. Quelque chose m'empêchait de mettre les fichiers à la poubelle. Ils traînaient sur le bureau, résistant aux vagues d'effacement. De temps en temps, je réécoutais quelques bribes de l'album. Et aujourd'hui, avec l'orage qui gronde au-dehors, pendant d'ailleurs un nouveau nettoyage du bureau encombré, il m'a envahi...
Musicien et artiste sonore autodidacte résidant à Helsinski, Miska Lamberg capte des moments du quotidien (bruit de la pluie, cris d'animaux, sons des transports modernes...) pour les fondre dans des toiles ambiantes d'une profonde mélancolie qui consonne avec l'image de couverture, ce bouleau isolé devant un paysage embrumé que le soleil noyé au ras de l'horizon n'éclaire pas. C'est un monde sans couleur, envahi par des traces obsédantes de souvenirs. Aussi la musique de Miska Lamberg nous enveloppe-t-elle de mélodies sourdes, voilées, qui collent à l'oreille, s'insinuent dans notre conscience. Une fois que l'on a commencé de l'écouter, on ne s'arrête plus, on voudrait écouter en boucle, quitter le monde pour s'ensevelir dans ses trames fantomatiques, peut-être comme les Finlandais se laissent séduire par l'hiver implacable et sombre, mais d'une beauté à se perdre dans son infini poudroiement...
Au fil de cet envoûtement , il y a le troisième titre "The strings that hold now to then, snapped", majestueuse boucle de cordes qui montent et descendent, mimant un fatal emprisonnement dans les glaces troublées de la mémoire, du Arvo Pärt figé dans un mouvement perpétuel envoûtant...
Et le dernier titre, "A gradual decline", ! Un violoncelle (synthétique ?) gémit et les autres cordes lui font écho en un mouvement de montée et de retrait. C'est le soir, par la fenêtre l'hiver et l'ombre ont tout envahi. Ce pourrait être le brame d'un cerf ou d'un élan au milieu d'une forêt pétrifiée par la montée de brumes inexorables qu'un vent distant ne dissipera pas. Peu à peu, la mélodie se faille, déraille, comme si elle ne parvenait plus à jouer au milieu du vent de plus en plus fort. Sublime !
Paru en janvier 2026 chez Dragon's Eye Recordings (Los Angeles, États-Unis) / 6 plages, 46 minutes environ
Précisons que cette maison de disques est dirigée par Yann Novak, bien présent dans ces colonnes (cf. lien, notamment)!
Pour aller plus loin
- album en écoute et en vente sur Bandcamp :
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