Mia Zabelka / Joshua Trinidad / Icostech - Aftershock Vol.3

Publié le 14 Août 2026

Mia Zabelka / Joshua Trinidad / Icostech - Aftershock Vol.3

   Violoniste autrichienne de formation classique active sur la scène expérimentale contemporaine, Mia Zabelka est la compositrice principale de ce troisième disque de la trilogie Aftershock sur lequel on retrouve également le trompettiste chicano-américain Joshua Trinidad et le fondateur du label Subcontinental Records Arun Natarajan, alias Icostech, compositeur indien de formation classique carnatique ayant exploré les territoires rock et métal extrême, qui apporte la touche finale à l'album. Murcof et Bill Laswell font partie des influences qu'il revendique. D'horizons différents, ils ont en commun d'avoir traversé et pratiqué des genres également très différents et de recourir à l'électronique. Les improvisations et motifs de Mia Zabelka ont été enregistrés en collaboration avec Alex Gámez, alias Asférico, producteur et ingénieur du son espagnol.

De la Beauté tumultueuse des Désastres !

   C'est un disque d'emblée sous haute tension, d'ambiante brûlante. "Influx" ne cesse d'imploser et d'exploser, trompette folle, violon déchaîné, électronique comme écrin onirique. On navigue dans des espaces enflammés d'une grande beauté, incantés à la fin du titre par des voix d'outre-monde. "An Ocean divided" parcourt des univers tordus, installe une atmosphère hypnotique de lentes boucles encerclées de poussées synthétiques. C'est superbe ! La musique ne cesse de nous surprendre par ses coloris, ses textures, ses ambiances. "A non existent photographic memory" (titre 3) se permet le luxe d'une phase méditative à base de graves distendus, granuleux, distillant une profonde mélancolie, suivie d'une coda rêveuse.

   "Beyond the impasse", attention, cataclysme ou guerre en cours : le monde est envahi par une épaisse couche de poussières, battu de rythmes célibataires comme si les machines existaient seules, avec la trompette, ce dernier souvenir d'une humanité soufflante, la trompette funèbre, grandiose par-dessus les ruines. Il y a un sens évident de l'épique chez ces musiciens, un épique transcendé par une distanciation qui pare l'ensemble d'une dimension fabuleuse et mélancolique, d'où de longues dérives splendides..

    J'aime bien cette manière de broder sur le vide "A canvas on emptyness" (titre 5). Le vide rayonne, la trompette vient s'y poser comme sur un fil, tout explose sourdement par derrière, dans une sorte de techno jazz post punk parsemé de glitchs. Qu'est-ce que "Terrarium in expanse", sinon un bouquet foisonnant de textures rapeuses, vibrantes de saturations, agitées de soubresauts, avant le lâcher de la trompette divinement mélancolique sur un clapotis de boucles emmêlées ?

   Le dernier titre avant le bonus, "The cosmic divide", nous offre une glissade parmi des mondes mouvants, une promenade onirique embarquée, du Tangerine Dream survolté, magmatique, traversé de vents cosmiques électrisés. Et tout cela peu à peu mangé par des failles internes !

   Le remix d'Icostech, en bonus, donne une des clés de ces univers en décomposition : titré "Rotten Sun" (Soleil pourri), il laisse entendre leur effondrement, leur longue chute fatiguée. C'est le seul titre vraiment déprimant de cet album illuminé et exaltant.

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Pas encore d'extraits à vous proposer en dehors de Bandcamp plus bas.

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Un sacré électrochoc, ce disque éruptif et visionnaire !

Paru le 7 août 2026 chez Subcontinental Records (Inde) / 8 plages / 1 heure et 7 minutes environ

Pour aller plus loin

- album en écoute et en vente sur Bandcamp :

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