Ital Tek : Midnight Colour, Rêveries électronocturnes.

Publié le 6 Décembre 2010

Ital Tek : Midnight Colour, Rêveries électronocturnes.

   Alan Myson, alias Ital Tek, arrondit les angles. Son premier disque Cyclical, sorti en mai 2008, s'il était inégal, contenait au moins deux titres extraordinaires, comme le premier titre éponyme, ou "Tokyo Freeze (Remix)", le cinquième. Midnight colour, sorti sur le même label Planet Mu Records, est plus homogène. Moins de folie et d'arrachement. Le rythme s'est apaisé, les beats s'espacent. Restent les basses profondes, des claviers en nappes langoureuses, des mélodies qui tournent dans l'air nocturne. Quelques grondements rageurs encore sur "Moon Bow", mais contenus, enveloppés dans la beauté des mélodies assumées. Ce qui donne des réussites comme l'envoûtant "Babel", insidieuse folie tournoyante des textures électroniques, beats et scratches qui déchiquètent l'espace sonore, beau dérapage avec intrusion du piano électrique nébuleux.

   Ou encore le dansant "Strangelove V.I.P.", parcouru d'une fièvre sourde, mécanique virtuellement infinie. Le titre éponyme est peut-être le plus proche des fulgurances du premier album. Sa matière sombre, installée sur une rythmique puissante, est fissurée par quelques arrachements et joue avec virtuosité de l'étagement des plans pour ménager une atmosphère dramatique. "Infinite", qui suit, est le plus trépidant - tout est relatif dans ce disque !, marqué par les jeux d'échos et le caractère syncopé du phrasé. C'est aussi l'un des plus dépouillés, qui se refuse les facilités de la mélodie, ou du moins la déconstruit pour la rendre essentiellement rythmique. "Restless tundra", le dernier titre, est aussi une belle surprise, qui confirme d'ailleurs les prémisses planantes pas toujours convaincantes de Cyclical : après deux minutes hypnotiques bien scandées qui fondent éléments percussifs, claviers voilés et voix retraitées, Anneka vient poser sa voix douce et claire sur le magma qui tombe alors sous le charme pour disparaître dans une ultime pirouette. Un album qui s'écoute de mieux en mieux, presque bon enfant, et ce n'est pas un reproche. Alan s'amuse à l'évidence par exemple dans le premier titre, assez clinquant, sur lequel on entend son rire (?) répondre à de brefs soupirs féminins qui servent de ponctuation rythmique. Ensuite, il se laisse aller. Oui, un album plus détendu, sans la prétention de tout casser.  Un nocturne électronique qui renoue avec la rêverie, résolument ailleurs.

Paru en 2010 chez Planet Mu records, label anglais basé à Kent / 13 titres / 52 minutes

Pour aller plus loin

- le site de Planet Mu Records

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

( Nouvelle mise en page + ajout d'illustrations visuelles et sonores le 16 mars 2021)

Rédigé par Dionys

Publié dans #Musiques Électroniques etc...

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