"Des champs / de l'eau / Chicago", le refrain murmuré du premier titre, "LouisEville", donne le ton de ce disque étonnant, d'une liberté poétique et musicale
superbe. Un disque de rêve, aéré, sensuel, fougueux, mystérieux, qui passe du folk au post-rock et à l'expérimental, l'électronique, du texte dit du bout des lèvres, qui nous fait tendre
l'oreille, aux ballades limpides, évidentes, du français à l'anglais (et au russe ou au polonais comme en passant).
come now in the sea", " Tout n'est pas doux / Les aiguilles, les eaux croupies / Les stades, les stades vides / à contourner sans conduire / Les trombes couchées autour forment un rectangle / Autour de
l'ovale vert et blanc / Une flaque, une mare / Une larme sur le gazon sec / Clairsemé / ", le morceau s'échauffe, "c'est l'été vers sa chute / la
chute de la lumière sur les écorces", l'anglais prend le relais, le poème se fait vibrant, les guitares rageuses ou obsédantes pour une fin de morceau entre incandescence et intensité
radieuse, apaisée. "Soir" répond à "Matin", à peine deux minutes hantées par le piano et le violoncelle dans une atmosphère trouble à la Harold Budd, avec les accents cristallins d'un
glockenspiel dansant dans le crépuscule. Nous entrons dans la "Forest", le plus long titre avec ses un peu plus de huit minutes, morceau extraordinaire, atmosphérique, "Forest glass / Forest / hidden.(...) The evening is falling down / The forest locked us on / It's around us / A green circle made of leaves / With a visible hole
inside", touffeur moite, mots troués de russe, crépitements, résonnances sourdes, le français revient, l'eau est là, voda, l'envolée soudaine des sons
électroniques (Jean-Yves Macé n'est pas loin !?), dans le marais des sons d'inquiétants dérapages, "La rivière est un lasso / Chaque tige dans l'eau dévie la surface". Musique idéale pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, car elle aussi
peuplée de revenants, saturée de présences. On peut alors s'abandonner, dans la lumière revenue et les repères retrouvés, à la magnifique ballade finale, interprétée par Sylvain Chauveau : entrée
dans la légende country... L'un des plus beaux disques de ces premiers mois de 2009, celui qui me touche le plus en tout cas.| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||