Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Musiques Singulières

    Au fil du temps, une encyclopédie visuelle et sonore des musiques différentes (plus ou moins). Pour les amateurs de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique ! Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom. Créé le 20 février 2007.
N.B. Format de votre fenêtre presque carré pour voir le haut des colonnes !

Recherche

12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 19:30
Stéphane Mauchand - Oxymel

   C'est en septembre 2007 que je découvrais la musique de Stéphane Mauchand, un des deux membres de Naïal, dont le disque Lucioles noires était sorti peu avant. Depuis, ce musicien amoureux des cornemuses - du Centre de la France mais aussi par exemple d'une cornemuse médiévale allemande, la Hümmelschen, et d'autres encore, a voulu confronter les timbres de ses cornemuses... à sa guitare électrique, mais aussi acoustique, et à des clarinettes diatoniques. Il s'inscrivait dans la lignée des années soixante-dix, où cornemuses et guitares électriques se côtoyaient dans les formations, établissant un pont entre la musique folk et le rock. Dans les années 2000, il s'est agi surtout d'établir une fusion, ce qu'il nomme une alchimie sonore, qu'il a choisi de baptiser Oxymel : « On est allé jusqu'à mêler le miel au vinaigre : que n'a pas essayé l'homme ? On a donné à cette liqueur le nom d'oxymel. » écrivait Pline dans ses Histoires naturelles. C'est bien d'une histoire naturelle qu'il s'agit, de la rencontre entre des sonorités qu'on n'associe pas forcément, pour nous propulser dans un monde intemporel. Les titres renvoient aussi bien au Moyen-Âge qu'à des pratiques poétiques ou quasi magiques. On y trouve Le Cabinet des Chimères, une Danse méphitique, une Suite orphique, Fantasmagoria, des Contrées éthériques, une Gyromancie de Nuit... Vous imaginez déjà ma joie première, des titres en français, des mots étranges et beaux, qui ouvrent des univers, ceux de Lovecraft, de Rimbaud, de Lautréamont ou de Jim Morrison. Précisons tout de suite que tout le livret, tous les renseignements sont livrés dans notre langue, enfin, ce qui devrait être la règle naturelle, me semble-t-il..., et bien sûr bilingue pour l'extrait de Strange Days.

  Je ne reviens pas sur les détails techniques et les indications fournies par le compositeur, très utiles (et terriblement absentes de tant de pochettes !). Il faut se laisser aller au plaisir de ce foisonnement mélodique, de ces lentes dérives sonnantes. Si le premier titre, "Le Murmure de l'Oublieur", sonne plus traditionnel, on est emmené par les compositions originales de Stéphane Mauchand en pays fascinants, où la guitare brûle entre les voix envoûtantes des cornemuses. "Le Cabinet des Chimères" associe la cornemuse allemande citée plus haut à la guitare basse et aux sonorités boisées de la clarinette : double tapis d'ombres insistantes et lumières pointues et troubles de la cornemuse. Comment ne pas être happé dans ces incantations, ces litanies ? Pas étonnant que vous voilà emporté dans une "Danse méphitique", écho des danses macabres et résonances vampiriques de l'autre partie, "Le Goéland des Carpates" : guitare rageuse, très rock, en ouverture, et cornemuses trépidantes. Le hard rock n'est pas loin, épais, méphitique en effet. La fusion est toxique, et de ce maelstrom sonore surgit une cornemuse enivrée, qui chante à perdre souffle, seule avec son bourdon, avant d'être rejointe par la guitare et de finir sur une rythmique appuyée. L'ombre de Lautréamont plane sur "Je te salue Vieil Océan", nonchalante mazurka à l'allure de houle profonde qui superpose dans son cours deux cornemuses à la guitare. La "Suite orphique", très marquée par les musiques répétitives - mais toute la musique de cornemuse n'appartient-elle pas depuis toujours à cette nébuleuse ?, est une émulsion en boucle, trépidante, qui renaît en échappées hallucinées, éraillées, puis dominées par une cornemuse qui joue en notes longuement tenues, en petites arabesques frissonnantes, soutenue par une guitare épaisse. À nouveau, le hard rock profile son museau. Le premier cd se termine avec "Fantasmagoria", titre splendide aux cornemuses dans les hauteurs, en plusieurs nappes chatoyantes, majestueuses.

   Si le premier cd offrait six titres entre cinq et onze minutes, le second comprend seulement trois titres, de huit à presque vingt-neuf minutes, ce qui ne doit pas étonner pour un instrument comme la cornemuse, fait pour sonner dans la durée, propice à l'installation d'une ambiance fervente se changeant volontiers en transe.

   Les "Contrées éthériques" du premier titre sont tenues par la grande cornemuse, dédoublée ( ou plus ?) parfois en des entrelacs virtuoses, dans un hymne puissant aux forces vitales, puis dans un passage plus lent, une mélopée prenante sous laquelle se love la guitare chantante en quasi sourdine, et un final sourdement allègre. La guitare se contorsionne au début de "Shapük Plinn", danse bretonne ensorcelante qui pourrait durer toute une nuit jusqu'à épuisement du sonneur et des danseurs et dont surgit un chant céleste, une envolée, "La Ballade d'Orthémius", que Stéphane Mauchand dit composée en l'honneur d'un facteur de cornemuse imaginaire, ballade irréelle dans des contrées enflammées. Sans doute un des grands moments de ce deuxième cd, qui justifie le passage de Strange days de Jim Morrison placé dans le livret. Apothéose avec "Gyromancie de nuit", cornemuses entrelacées aux guitares, avec l'appui rythmique de la batterie d'Éric Delbouys : des cercles, et encore des cercles jusqu'à tomber dans l'oubli de tout au centre du feu, au cœur des souffles.

   Une magnifique incandescence pour célébrer les cornemuses intemporelles ! Pochette et livret exemplaires : beaux et intéressants, impeccablement présentés !

Paru en février 2021, autoproduit / 2 cds / 9 plages / 94 minutes environ

Pour aller plus loin

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

   Le clip officiel pour Le Murmure de l'oublieur. Je suis heureux d'y avoir contribué en "provoquant" la rencontre entre Nicolas Lossec, l'un des réalisateurs du clip, et Stéphane Mauchand.

Stéphane Mauchand - Oxymel
8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 16:30
Shannon Wright - Providence

   C'est en remettant en page un article consacré à Antony and the Johnsons que j'ai retrouvé Shannon Wright, à laquelle j'avais alors consacré des lignes rapides. Son album Secret Blood venait de sortir, déjà chez Vicious Circle. Me voici donc à fouiller sa discographie récente. Et j'écoute quelques titres. Et je m'enthousiasme pour Providence. Piano, voix, la veine intimiste. Des mélodies évidentes, des boucles envoûtantes. La voix déchirée, voilée, doucement rauque, caressante, implorante. Des chœurs en écho sur "These Present Arms", dans une atmosphère irréelle, embrumée : « All the harmonies / Swinging side to side / And your eyes reveal nothing  // So goodbye / So long to you / Let's just turn out the light » Chaque texte évoque sobrement, pudiquement, des histoires qu'on sent personnelles, vécues, bouleversantes. C'est "Close the door", une histoire d'amour-propre et de séparation : « You and your pride (?) / ??? / Such a price to pay », qui rapproche subtilement "pride" et "price", le prix à payer. Les mots sont presque chantés du bout des lèvres, mais le piano étincelle, comme s'il chantait une liberté retrouvée. "Someday" chante au contraire que rien n'est perdu, peut-être : «  You and some part of me / Cavaliers / In a softest light / If it was you that cried » Au piano solo, le titre éponyme est nostalgique, lyrique, un peu fou, dans la mouvance d'une belle écriture minimaliste, et l'on pense bien sûr à son association avec Yann Tiersen. Cette musique coule d'évidence, elle tutoie la grâce, la lumière, le mystère. "Wish You Well" nous plonge dans des cercles incantatoires, avec un harmonium enveloppant, des voix échappées en arrière-plan, et la seconde moitié s'abandonne à nouveau au piano seul, qui distille une atmosphère orientalisante, presque soufie d'extase suspendue, comme dans certaines pièces de Georges Ivanovitch Gurdjieff. Très étonnant, superbe ! Ce disque magnifique, trop court à mon goût, se termine avec "Disguises", sur l'enfermement dans les déguisements, les mensonges, tapissé d'échos menaçants en sourdine, avec une coda glissante, aspirante, comme si l'abîme avalait le tout.

Paru en septembre 2019 chez Vicious Circle / 7 plages / 33 minutes environ

Pour aller plus loin :

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

Shannon Wright - Providence
5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 15:30
Dans le bain des mots...

Dans le bain des mots...

« Je ne connais rien de plus touchant

Que le chant des oiseaux

À la levée du jour

À chaque fois que je les entends

J'ai du mal à croire

Que l'on puisse mourir un jour »

   Peut-être que ça a commencé ainsi, avec Sylvain, je veux dire c'est là que ça a pris. En plein confinement, entendre de tels mots, alors justement qu'avant on ne les entendait plus, les oiseaux, morts ou exilés, recouverts par le tumulte humain. Tant qu'on entendra des oiseaux, il y aura de l'espoir, de la beauté. Mais il faut aussi les écouter, les oiseaux, et qui les écoute ? Olivier Messiaen les écoutait, saint François aussi. Sylvain Fesson également, et c'est un signe qui ne trompe pas. Sa musique se contente d'une guitare, d'une basse, d'un piano, d'un saxophone, les instruments comme des oiseaux délicats qui se posent tendrement sur ses mots murmurés, ses mots doux de poète qui marche seul dans les rues, qui a presque honte d'avoir des sentiments, qui dit sa vie, ses bribes, dans des balades mentales si loin de tous les mots convenus, de toutes les diatribes et invectives qui assaillent nos oreilles dès qu'on regarde un écran ou écoute des chansons faisant beaucoup de bruit pour nous abrutir et rien pour nous faire ressentir. D'un morceau à l'autre, on se promène de "Sacher Masoch" à "Casanova" dans un univers onirique et intime, à coup de "rimes désinvoltes", "ce mystère qui nous enveloppe". Son premier disque, Sonique-moi, est encore marqué dans son titre éponyme par le RAP, attention, un rap lyrique pas si loin que ça de celui d'Arm de Psyckick Lyrikah, qui aime les jeux de mots, comme ce "cadavre-esquive", "je ne peux que Poe-être" (je l'ai entendu comme ça...), mais il se laisse ensuite aller à une douceur étrangère à ce mouvement de révolte, à des moments élégiaques aux cordes suaves et guitares caressantes, comme dans ce bouleversant "Le Cœur du monde". Avec lui en, effet "quelque chose prend", on marche en sa compagnie, on croise une passante échappée de chez Baudelaire sans le dire, des ombres légères à fleur de nuit, "toute cette magie en l'air", guitare irradiée de lumières délicates. C'est une merveille, ce premier disque ! Et les clips !

Celui de "Aux étoiles",  du basket comme je pourrais l'aimer, sur une courte méditation qui va des étoiles aux « secrets de ton âme // à ta peau, à ton ventre »... et puis les gestes du quotidien magnifiés par la musique sur celui de "La Vie m'allait bien". Aux côtés de Sylvain, il faudrait mentionner Arthur Debreux, qui signe nombre de ses musiques et la réalisation, et d'autres, selon les compositions.


 

 

   J'ai fini par trouver quel était l'art poétique de Sylvain. C'est dans un très court titre, "Sogni doro" :

« À chaque fois j'y laisse des plumes / Et ça finit en poème pour chacune ».

   Il y a du pauvre pêcheur solitaire en Sylvain Fesson, une manière de se laisser aller à la perte, aux amours déambulatoires, de laisser traîner ses filets et d'en ramener des images inédites, « sa chevelure tapis de prière »,  alors on s'agenouille, on sombre dans des rêves érotiques avec des « prêtresses folles », on dérive tout au long de "Jo Lee", le premier long titre de Amy (I) - dont la fin en anglais (je sais, apportée par le titre...) n'apporte rien, concession heureusement passagère à l'abandon trop fréquent de notre si belle langue quand elle est maniée poétiquement comme Sylvain sait fort bien le faire.

   L'écoutant titre après titre, je pense au Nanni Moretti de Journal intime, à Serge Gainsbourg par le phrasé de ces mots dits murmurés comme des confidences au débusquer de l'inquiétude, de l'humour au ras des trouvailles à la limite du bon goût mais qui portent, comme ce « Elle avait la tignasse châtaigne / De celle qui en a longtemps pris ».

  "Amy (I)" est exemplaire d'une symbiose admirable entre la musique réduite très vite au seul piano, acoustique ou électrique (?), qui avance en tanguant imperceptiblement, calmement, et les mots d'une tranche de vie presque banale, transcendée par des aperçus d'une tendresse et d'une émotion si nue, « sans maquillage » comme elle sans nom, portée à l'existence par les caresses verbales.

   Puis il y a la sublime vidéo de "Amy (II)", sur un texte écorché, à la guitare électrique cisaillante, aux synthétiseurs épais, aux violoncelles sombres. Chorégraphie magnifique et danse d'Anne Charrier dans un terrain vague de banlieue, en noir et blanc presque solarisé, exhortation à la résistance, à la vie...
 

   Sur le même disque,  "Anathème" est un hymne au désir, à la femme, magnifié par la guitare et le violoncelle élégiaques, une envolée flamboyante à la guitare électrique sur la fin. Je termine cette évocation avec "Waha", le dernier titre de ce même Amy (II), encore une longue échappée lyrique, c'est que je préfère en lui, une histoire d'amour sans fin au long de routes, de rails, de rêves, une enquête sur le mystère de l'autre, sur l'horizon, sur la naissance des sentiments, sur la galère d'aimer, pour finir devant l'embrasement de la mer. Splendide et bouleversant.

  Qu'il me pardonne ce jeu de mots : « Si, Levain fait Son ! » Le levain, c'est l'abandon à la pâte parfumée des mots, c'est l'esprit poétique d'embarquement avec « du sable dans la poche / Un goût de sarriette dans la gorge ».

    Vous en connaissez beaucoup, vous, des chanteurs qui savent encore ce qu'est la sarriette ?

Discographie :

- Sonique-moi, sorti le 1er novembre 2014

- Amy (I), sorti en octobre 2016

- Amy (II), en octobre 2016 également

- L'Amour plus fort, sorti en mai 2017, disponible aussi sur bandcamp

Et puis il y a Sylvain Fesson sur scène, son groupe KISTRAM, pour d'autres voyages...

Et son site personnel, avec les textes de ses poèmes, etc.

30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 17:00
Zelienople - Hold Up You

Zelienople, trio de Chicago composé de Matt Christensen, Mike Weis et Brian Harding, sort son premier album depuis cinq ans. Une pop nonchalante tout en clair-obscur, balancée dans une ambiance sourde et feutrée. Guitares électriques sobres et fond bien rythmé en profondeur, le chanteur navigue avec aisance sur le navire fantôme. C'est prenant et mine de rien hypnotique, mâtiné de passages plus expérimentaux, oh sans esbrouffe. On est au bord de l'étouffement, de la saturation, sur "Breathe" notamment, avec une guitare qui se gondole, la voix entre prière et murmure, on ne sait pas très bien. Tout peut arriver, on se laisse porter. Le titre éponyme est une longue dérive trouble, éclairée de frémissements de cymbales et d'ondulations lointaines. Le chanteur Matt Christensen ne se manifeste qu'à partir du milieu de la composition, plaçant quelques phrases voilées et énergiques, puis comme résignées sur le continuum. "You have it" part avec la guitare au premier plan en boucles serrées rejointe par la batterie : Matt distille ses mots avec une douceur ensorceleuse dans un brouillard épais qui ne se dissipera pas. Nous sommes ailleurs, perdu dans un labyrinthe, simplement un moment méchant, cruel, "Just an Unkind Time" que la musique apprivoise, neutralise par ses nappes peuplées de drones. Un saxophone se promène au milieu de cette déréliction de plus en plus souterraine, underground, une guitare plaque ses accords mélodieux sur une traversée nimbée d'incertaine nostalgie. On arrive dans une sorte de jungle, "America", aux rythmes quasi tropicaux mais toujours à demi engloutis : aucun triomphalisme, on écarte les lianes pour avancer encore un peu. Il n'y a pas d'autre perspective, et pourtant on se sent si bien en écoutant cette musique qui colle à l'âme !

------------

Paru en mars 2020 chez Miasmah Recordings / 6 plages / 37 minutes environ

Pour aller plus loin :

- album en écoute et en vente sur bandcamp :

Publié par Dionys - dans Pop-rock - dub et chansons alentours
12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 15:00
Garage Blonde - rage nue

   rage nue est le premier véritable album du duo Garage Blonde, composé par Mathilde Mérigot au chant et à divers instruments (guitare, cithare, clavier, harmonium), et par Nicolas Baillard à la basse, aux guitares, aux boîtes à rythme et par-ci par-là au chant. Leur musique met en valeur les mots de Jean Palomba. Car voilà, ce duo chante en français, on en vient presque à s'en étonner, c'est un comble, non ? En plus, tout est en français sur la pochette, jusqu'au nom du label qui fait entendre notre langue... avec comme unique exception l'anglicisme "music" qui le termine après ce très beau "La Discrète" ! Comme il est bon d'entendre une pop ciselée qui ne recouvre pas les mots, qui les sert avec intelligence, précision ! Les musiciens indiquent dans leur horizon musical PJ Harvey, Mansfield Tya, Sonic Youth ou encore Beth Gibbons : oui, la parenté est pertinente. Le poids des mots, la qualité des ambiances, feutrées ou électriques, tout contribue à nous donner un album de chansons poétiques d'aujourd'hui. Poétiques, le mot est important. Les textes de Jean Palomba, s'ils expriment bien en effet la rage nue du titre, savent la dire sans les pesantes charges (trop souvent) du rap, allusivement, au détour des mots qui jouent ensemble, font l'amour avec un évident plaisir. Quel bonheur de rencontrer cette langue vivante, riche, précise, précieuse ! Sur le site du duo, on a d'ailleurs les paroles complètes de cinq titres, un signe qui ne trompe pas : ils en sont fiers, et ils ont raison ! Voici les paroles du premier titre, "Sourd et absent" :

Garage Blonde - rage nue

   La jolie voix limpide de Mathilde se pose sur un accompagnement sobre, parfois réduit à la guitare ou la basse, sur des rythmes évidents, discrètement rock. La voix de son compère lui répond de temps en temps, variant les timbres. Les refrains ne pèsent pas, parce que les paroles des couplets sont variées jusqu'au bout. Il faut dire aussi le bonheur des mélodies, simples et accrocheuses. Par exemple celle de "Ce qu'il faut", superbe chanson intimiste, chant et guitare, puis accents de cithare qui viennent magnifiquement orner cette ballade ciselée, la guitare étincelante pendant un long moment sans parole. Je pensais à un groupe belge que j'aimais beaucoup, Half Asleep, mais qui, je l'ai toujours déploré, chante en anglais (ils sont francophones !). "La fièvre" vient en troisième position, une fièvre sourde scandée par une basse épaisse, la voix qui s'envole sur des fulgurances saturées de clavier.

Garage Blonde - rage nue

   Le ton se fait plus rock pour "J'me souviens plus", un rock décanté, hanté, illuminé par des phases lyriques soulignées par les claviers, des touches d'harmonium : un régal, la musique titubant avec les mots. Introduction instrumentale ambiante pour "Vénus pain bis", que viennent hacher les riffs rageurs de guitare, des chœurs sans parole, un peu longs et appuyés à mon goût, personne n'est parfait, mais le morceau se transforme pour accueillir dans une gangue mystérieuse les mots à la fois les plus crus et les plus poétiques, si sensuellement dits : on est en apesanteur, c'est intense comme une cérémonie. "Jeu de fatigue" carbure et ronronne, frétillant de boîtes à rythme, chevauchant une basse profonde, émaillé de chœurs légers : ce qui frappe à chaque fois, c'est l'inventivité, la variété de ces chansons si bien composées. Du méchant rock soudain ? Oui, "Tsar", avec la guitare chauffée à blanc, les mots qui claquent comme des fouets à la suite anaphorique du mot titre, le rythme implacable tandis que la guitare cisaille le ciel de ses déchirures. Magnifique, les amis ! Retour au ton intimiste avec le troublant "Sue & Syd" au charme acide, juste adouci par un passage à l'harmonium. « Le jour où il ont coffré le Grateful Dead », ainsi commence a capella le plus rock des titres de l'album, "Étoile Poker", ronflant, sur un texte psychédélique dit au refrain choral exalté : « Étoile Poker, tous contemplés / par les machines d'amour et de grâce ». L'avant-dernier titre, "Ils arrivent (les Hommes Minutes)" associe un texte de science-fiction énigmatique à une rythmique lourde, haletante et aux guitares sourdes et saturées. Nous les quittons avec "Blanche", pièce délicate au symbolisme décadent sertie de guitares entrelacées.

    Un magnifique parcours pour cet album étonnant, qui marie si bien les mots et la musique. Il devrait inciter nombre de chanteurs français à revenir vers notre langue, si honteusement délaissée pour un anglais standardisé et fort mal chanté ou dit.

-------------

Paru le 7 février 2020 chez La Discrète Music / 11 plages / 44 minutes environ

Pour aller plus loin :

- le disque en écoute et en vente sur bandcamp :

Programme de l'émission du lundi 3 février 2020

Julia Wolfe : The States / Destiny (p. 2 - 3, 21'), extraits de Steel Hammer (Cantaloupe Music, 2014)

Anne Chris Bakker : Traces / This Rhizome / I can not tell (p. 5 à 7, 15'), extraits de Stof & Geest (Unkown Tone Records, 2019)

Nico : Evening of Light / Roses in the snow (p. 8 - 9, 10') extraits de The Marble Index (Elektra, 1969)

Missy Mazzoli : Barrel At the Breast / You are the dust (p. 9 - 10, 5'10), extraits de Song fromthe Uproar / The Lives and Deaths of Isabel Eberhardht (New amsterdam records, 2012)

10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 18:00
Bruit Noir - II / III

Il n'y a plus rien ??

   Deuxième volet d'un triptyque en cours, le nouvel album de Bruit Noir, duo constitué par Pascal Bouaziz (textes et voix) et par Jean-Michel Pires (Musiques), trois ans après l'opus I, choisit de plonger sous terre. L'album est ponctué par neuf interludes enregistrés sur la ligne M9 du métro parisien, donc entre Pont de Sèvres et Mairie de Montreuil. Je me suis demandé pourquoi la ligne 9. Figurez-vous qu'elle passe par "République", "Nation", mais aussi par "Charonne", "Rue des Boulets", ou encore "Robespierre", "Billancourt", et même "Voltaire". Tout un parcours chargé d'histoire, de symboles, avec un parfum de révolution, d'insurrection, de répression qui n'a pas dû échapper à Pascal Bouaziz. Les chansons s'intercalent entre les bruits de sonnerie, de glissements des rames, ce mélange si typique de  sonorités pneumatiques et de grincements sourds. Aussi les musiques de Jean-Michel Pires, lourdes, puissantes, obsédantes, déchirées, hoquetantes, avec des percussions métalliques, machiniques, des échos et des distorsions inquiétantes, sont-elles parfaitement en phase avec ce monde enterré. C'est lui, Jean-Michel, qui a les honneurs de la couverture, panda sombre et pensif, sa vraie tête qui ressemble en plus triste à celle de l'animal en peluche posée à côté de lui sur le siège de la rame vide.

   De la peluche, c'est tout ce qui reste des Animaux Sauvages, de leur beauté. Je sais, je commence par la cinquième chanson. Oui, ce sont des chansons, même si Pascal Bouaziz ne chante pas vraiment, mais envoie ses mots sur la musique, des mots murmurés, lâchés à peine, ou bien en rangs serrés dans des tirades vibrantes, jouant de l'humour noir, des mots empreints d'une mélancolie désabusée, des mots teintés d'amertume et de désespoir, d'une rage rentrée, avec des bouffées de tendresse aussi, des mots comme des caresses soudain sur ce fond si noir. Des chansons qui nous emportent au bout d'une vision, d'un regard si singulier sur le monde, sans concession. Des chansons rentre-dedans, et pourtant jamais vulgaires, sottement agressives, parce qu'on y rencontre un homme qui proteste contre la laideur, l'uniformité, qui ose encore témoigner d'une culture qui n'est plus de mise. Un homme qui rêve du succès de Bruit Noir dans la première. Ça commence donc par un acte d'accusation des médias, toutes les récriminations y passent, l'occasion de dresser un tableau pitoyable d'une carrière d'artistes pas reconnus à leur juste valeur sans doute. La chanson aurait pu être détestable, d'une aigreur facile, elle est sauvée par l'auto-dérision presque loufoque du dialogue initial entre Pascal et un "fan" déçu, une comparaison à l'emporte-pièce avec le premier, avec des trouvailles comme « Ça fait disque de papier crépon ça non ? » après la mention des 1000 ou 1500 exemplaires vendus du précédent. Avec "Paris", Pascal Bouaziz tire à boulets rouges sur les clichés à la vie dure, son rang de capitale en prend pour son grade :

« Capitale de merde dans un pays perdu PARIS

Villégiature mondiale des parvenus PARIS

Sous-préfecture du grand capital, paradis des vendus PARIS

Ville-colonie américaine ville-colonie européenne PARIS »

Même déchaînement contre la ville-lumière envahie par les lumières des centres-commerciaux, des publicités, les gaz d'échappement, sur fond de camps évacués, de bidonvilles à la porte de La Chapelle. Manière de rééquilibrer aussi tout le mal qu'il a dit de la province dans le disque précédent. Je passe sur la référence à Daniel Darc et l'espèce de règlement de comptes un peu longuet, qui à mon avis détourne de l'essentiel, affaiblit la portée des diatribes rageuses et si justes ou injustes de cette chanson qu'on dirait écrite par un amoureux déçu couvrant de ses sarcasmes l'objet autrefois aimé, « Paris ville morte depuis au moins avant Baudelaire », belle formule d'un qui vomit la modernité au point d'aspirer à aller ailleurs. Mais où ?

Il n'y a plus d'ailleurs...

En "Europe" ? Sans doute pas, parce que l'Europe, « c'était une belle idée / Enfin on en sait rien, c'est ce qu'on nous dit de penser », et là de passer en revue ce qu'ils ont fait à l'Europe, comme au monde. Tout est tellement proche, pareil :

« J'ai la nostalgie de l'étrangeté européenne comme j'ai la nostalgie de l'étranger partout dans le monde entier

Mêmes supermarchés, mêmes compagnies aériennes, mêmes sourires climatisés »

   Pascal Bouaziz chante les mondes perdus, la nostalgie, alors moi je pense à Léo Ferré dans ce texte extraordinaire, " Il n'y a plus rien", qui date de 1973, et puis je pense à Andréi Tarkovski et à son film Nostalgia, Tarkovski que Pascal mentionne dans un des titres suivants, après Baudelaire. Tous ceux que n'aveugle pas l'idéologie du progrès, qui aiment le mystère, détestent un monde où « Tout est parfaitement sous contrôle », tous ceux qui n'ont pas oublié le passé, non plus. Pascal n'a pas oublié "Romy", quatrième chanson, une chanson d'amour splendide qui associe l'actrice à ce "toi" célébré comme « une sorte de Romy aussi », allusion pudique à une femme plus jeune, avec une nette différence d'âge, l'occasion d'envisager l'avenir, sa possible décrépitude à lui. Là c'est le Bouaziz fragile, bouleversant, qui s'arrache un lambeau d'autobiographie -fiction à vif, sur un avenir lamentable et saturé de soif d'amour.

   J'aime bien la manière dont Pascal Bouaziz feint de jouer de manière provocatrice des références, manière de « repousser les limites », les limites de quoi, de ce qui est encore accepté aujourd'hui dans un monde de plus en plus fermé où justement les références culturelles vous classent tout de suite à l'écart comme un pestiféré, parce qu'il faut avoir les références de tout le monde pour n'indisposer personne. Alors Plutarque, au début des "Animaux sauvages", non, on laisse tomber pour mentionner plutôt La Planète des Singes, moins effrayante la référence, non ? Dommage, car Plutarque a en effet consacré plusieurs traités au animaux, s'est intéressé à la question de savoir quel est l'animal le plus intelligent, mais voilà, et pensez-vous, dans une chanson en plus ! Bon, eh bien je suis d'accord avec lui, « Qu'arrive enfin la planète des rats / Qu'arrive enfin la planète des cafards », qui sait s'ils n'achèteraient pas cet ovni discographique... qui un peu plus loin fait allusion à la guerre d'Espagne et donc à Pour qui sonne le glas (titre non cité !) d'Hemingway pour mieux souhaiter que l'humain ne passe pas, pour le plus grand bien des animaux sauvages dont il célèbre la beauté, ce qui l'amène à parler de Tchernobyl où ils sont si tranquilles et ce qui est le comble de l'ironie, c'est quand il ne croit pas si bien dire, ou il le fait exprès, c'est qu'en effet on organise des sortes de safari autour de Tchernobyl qui est devenue une destination touristique, je ne plaisante pas, j'ai cherché y a pas longtemps quand je lisais le scénario de Stalker de Tarkovski après avoir lu le roman dont il s'inspire celui des frères Strougatski, et justement Bouaziz cite et Tarkovski et Stalker, et là il faut que j'arrête ma phrase si longue de cette chronique qui vire au roman, la plupart des lecteurs ont abandonné, mais moi aussi je repousse les limites, je veux y croire, qu'il y aurait encore des gens pas pressés qui lisent jusqu'au bout les pauvres mots d'un obscur blogueur pas même estampillé par un média connu, qui écrit pour le plaisir, vous vous rendez compte du scandale, même pas payé, même pas des rogatons comme les deux de Bruit Noir...

  

Bruit Noir - II / III

   Il faut retourner le disque pour le trouver, le Pascal, il fait le modeste en quatrième de couverture, il fait face, genre boxeur farouche, un peu introverti, habillé austère, mais pas déglingué. Il est concentré, il s'apprête à nous envoyer un de ces textes. Le sixième, par exemple, "Des collabos", au refrain édifiant : « Nous sommes des collabos » sur une musique du genre "We are the robots" de Kraftwerk. Collabos de qui ? Pascal Bouaziz déroule une accumulation de noms de multinationales ou très grandes entreprises, variable selon les vers, accumulation à la fois malicieuse et détonante, la mention d'"Uber" à l'initiale du vers amenant en fin de vers "Uber Alles" de sinistre mémoire (je sais, sans l'umlaut), juste précédé de "USA". Un exemple : « Uber, lowcost, Amazon, Thales, Free, USA, Uber Alles ». Sûr qu'on va le taxer d'antiaméricanisme primaire, de provocation gratuite, exagérée, sauf que ces firmes-là, et quelques autres, façonnent notre monde, et pas toujours pour l'améliorer, mais pour optimiser leurs profits, merci disent les actionnaires et qui sait j'en ai peut-être parmi mes lecteurs...

   Si le monde d'aujourd'hui est si déprimant à certains égards, n'est-ce pas aussi parce qu'à regarder en arrière, on mesurerait la pente, allez, lâchons le gros mot, de la décadence ? C'est "1967", la septième chanson, celle qui risque de le faire passer pour un vieux con, et il le dit, toujours lucide. Trois séries de noms, de titres sortis en 1967, dans les domaines de la littérature, de la musique (non savante, je précise), du cinéma, pour accabler notre époque. Là Pascal je ne suis pas, c'est trop facile, et puis je ne vais pas répondre par d'autres séries de grands artistes d'aujourd'hui, car il y en a encore, mais la différence, c'est qu'ils ne font plus la une, ils ne sont plus médiatisés, chassés par une culture officielle fabriquée pour abrutir, américanisée, standardisée, compatible avec la grande consommation. Le pire, c'est que tous les noms que tu cites, des sociologues balèzes te diront que c'était la culture d'une élite bourgeoise, voyons, ouvre les yeux, et la culture, maintenant, c'est celle du peuple, de l'Eurovision, des Oscars, des séries, la culture de la diversité, de la tolérance... Quoi ! Tu en douterais ? Tu regrettes Pasolini, tu dis ton amour pour lui. C'est là que tu dis l'essentiel, la mort des grands intellectuels, capables de critiquer le monde. Pasolini nous manque, il manque...mais tu n'oublies personne, tu en es sûr ? Nous avons BHL, Raphaël Glücksman (tel père, tel fils...), les chantres du consensus, du politiquement correct je m'aplatis plus plat c'est impossible, et puis des gens spécialisés dans la communication, tout est là : il ne s'agit plus de penser, l'important est de communiquer !

    Pas étonnant que tu t'imagines sur le point de "Partir", de quitter les tiens, tes amis. Tu finis sur une tranche intime, les rapports père-fils en particulier, tu dis des choses si justes comme :

« ton fils il préfère sûrement que tu sois loin quelque part mais vivant / Plutôt que tout près juste à côté tout mort dedans »

   C'est ça qui compte, de rester vivant quand même, malgré tout, de refuser la laideur, l'insignifiance, l'uniformité d'un monde de plus en plus massivement conditionné. Ce deuxième opus, il ne cesse de le clamer, et ça fait du bien d'entendre une voix qui n'est pas transformée en bêlement, une voix qui crie des profondeurs, vers nous, pour que nous l'entendions, pour que nous restions des hommes quand même, malgré tout... pour résister mieux ensemble ??

-----------------

Paru en 2018 chez Ici d'Ailleurs / 17 plages / 45 minutes environ.

Pour aller plus loin :

- disque en écoute et en vente sur bandcamp :

Publié par Dionys - dans Pop-rock - dub et chansons alentours
10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 18:00
Astrïd & Rachel Grimes - Through the sparkle

Il y a eu High blues en 2012 chez Rune grammofon et The West Lighthouse is not so far en 2015 chez Monotype Records. Pendant ce temps, le quatuor nantais Astrïd n'avait eu de cesse d'obtenir la collaboration de la pianiste américaine Rachel Grimes, de Louisville (Kentucky), arrangeuse, compositrice, qui tourne en solo mais est aussi fondatrice du groupe Rachel's, avec à son actif six albums. Après des années d'échanges réguliers, Astrïd a invité la pianiste en France pour jouer ensemble. Quelques journées de 2012 et 2013 ont vu naître les titres que l'on retrouve sur Through the sparkle.

Astrïd & Rachel Grimes - Through the sparkle

    Nos cinq musiciens s'entendent à merveille pour élaborer une musique de chambre sereine, chaleureuse, qui coule de source. Volontiers doucement incantatoire comme le premier titre, "The Herald en Masse", piano ostinato, fusion post-rock des autres instruments. À travers l'étincelle, c'est déjà le feu qui couve, qui explosera. Le groupe aime partir d'une introduction lente, qui fait sonner un instrument, comme "M5" avec la guitare électrique de Cyril Cecq, aux accents blues d'ailleurs, ou "Theme" avec la clarinette de Guillaume Wickel, ou deux dans "Le Petit salon" avec un délicat duo du violon de Vanina Andréani et du piano de Rachel Grimes. On se recueille, on écoute, on se rapproche de cette musique intimiste, faite par des gens qui aiment faire entendre timbres et couleurs. Ça frotte, ça grince parfois, froisse, dérape gentiment, sans jamais irriter, car c'est la signature d'une écriture sensuelle, attentive à restituer le geste musical de l'archet qui frotte, du piano qui frappe, de la clarinette qui souffle, de la guitare qui pince et gratte, de la batterie qui scande. Quand tout est en place, le morceau prend, comme on dit d'une sauce qu'elle prend, d'où des titres autour de six minutes. Le coquillage en ellipse de la couverture dit cette évolution quasi organique de leur musique, aérée de respirations comme autant de remontées d'un plus profond qu'ils sont allés chercher, respirations qui donnent aussi l'impression d'une musique en train de se faire, improvisée.

   "Mossgrove & Seaweed" commence par une introduction au piano dans le style des musiques minimalistes, autre source d'inspiration de leur univers assez métissé (leur site est hébergé par Métisse music, un éditeur de musique indépendant). Sur le martèlement de Rachel viennent se caler les autres instruments dans un crescendo orchestral incandescent de toute beauté, car ne vous y fiez pas, cette musique ne manque décidément ni d'énergie ni d'échappées belles. Le début de "Hollis", lui, est nettement marqué par le jazz, mais il se convertit partiellement dans une progression post-rock en cours de route. "M1" fait entendre la guitare acoustique de Cyril, d'où une patine folk. Ces gens-là se sentent bien partout, et nous aussi. L'éclat ou l'étincelle qui les habite et qu'ils disent traverser ne préjuge pas des couleurs du feu. En tout cas, "M1" s'embrase joliment, avec les volutes tendres de la clarinette et du violon qui nous attachent autour des trois autres instruments pour qu'on brûle, nous aussi.

   Oui, cette musique est attachante, de bon aloi ai-je envie d'écrire. Rien de tonitruant ou de racoleur. Ce sont des artisans, des troubadours d'aujourd'hui, qui prennent le temps d'esjouir nos oreilles.

---------------------

Paru en septembre 2017 chez Gizeh records / 7 plages / 43 minutes environ.

Pour aller plus loin :

- la page consacrée au disque sur le site du label.

- "Mossgrove & Seaweed" en écoute sur cette fausse vidéo :

 

Programme de l'émission du lundi 25 septembre 2017

Christoph Berg : Monologue / Dialogue / Farewell(Pistes 5 à 7, 14'20), extraits de Conversations (sonic pieces, 2017)

Astrïd & Rachel Grimes : Hollis / M1 (Pistes 5 & 6, 12'51), extraits de Through the sparkle (Gizeh Records, 2017)

Michael Vincent Waller : by itself / Visages I à IV (p. 1 - 2, 17'), extraits de Trajectories (Recital Thirty Nine, 2017)

Peter Adriaansz : Wave 5 (p.1, 8'17), extrait de Waves (Ensemble Klang - EKCD1, 2010)

Programme de l'émission du lundi 2 octobre 2017

Douwe Eisenga : For Mattia (piste unique, 8'10) / Autoproduit

Michael Vincent Waller : Visages V à VIII (p. 6 à 9, 13'), extraits de Trajectories (Recital Thirty Nine, 2017)

Astrïd & Rachel Grimes : Le Petit salon (p. 7, 6'02), extrait de Through the sparkle (Gizeh Records, 2017)

Erik Satie : Gnossiennes 1 & 2  (7'12) extraits de Satie : Complete piano works, vol.1 (Grand Piano / Naxos, 2017) Nicolas Horvath, piano

Yair Elazar Glotman & Mats Erlandsson : Libra Index / Desacrelasation (p. 6 - 7, 12'15), extraits de Negative Chambers  (Miasmah, 2017)

Douwe Eisenga : Arrival (p. 2, 4'43), extrait de The Writer, his Wife, her Mistress (Autoproduit, 2014)

Programme de l'émission du lundi 9 octobre 2017

Christina Vantzou : Pillar 3 / Robert Earl (p. 3 - 4, 13'15), extraits de N°3 (Kranky, 2015)

Deaf Center : Follow Still (p.1, 13'24), extrait de Recount (sonic pieces, 2014)

Nico Muhly : Four studies (p. 1 à 4, 15'08), extraits de Nico Muhly - Philip Glass / angela & Jennifer Chun (Harmonia Mundi USA, 2016)

Yannis Kyriakides : Smell down death / Boy (p. 1 - 2, 12'11), extraits de Lunch music (Unsounds, 2016)