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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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  Désolé pour l'invasion publicitaire, consternante : je la déplore et j'en souffre autant voire plus que vous. En attendant une alternative (pas facile), je vous conseille, si vous naviguez avec Firefox, d'installer une extension anti-pub.

11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 10:56

Dans le livre Cosmos de Michel Onfray, un chapitre s'intitule "Faire pleurer les pierres". En voici le début :

« Caillois faisait parler les pierres : la vitrification des forces qui furent inspire assez peu en dehors des géologues. Pourtant, il y a des millions d'années, des liquides en fusion, refroidis, ont donné l'obsidienne et le diamant, le quartz et le jaspe, la calcédoine et l'agate, l'onyx et la variscite, le lapis-lazuli et la paesina, l'améthyste et la fluorine. une fois ouvertes en deux et polies, on découvre que les pierres contiennent des simulacres, écrit le poète. Dans ce que cette ouverture au monde montre, on peut voir des monstres et des visages, des paysages et des personnages, des silhouettes et des  arbres, des oiseaux et des dragons, des écrevisses et des cours d'eau, des chiens et des t^tes de mort tout autant que des rêves et des présages.

   Ce qui caractérise les pierres ? Leur silence, malgré leur longue mémoire, leur immobilité figée dans une forme, la radicalité de l'invariabilité de leur structure, leur vie loin du vivant, leur force tranquille, la cristallisation du temps. Mais aussi le relatif mépris dans lequel les tiennent les poètes et les artistes, les écrivains et les musiciens, les gens de l'art que ce temps pétrifié n'intéresse que de façon très exceptionnelle.

   Qu'Orphée ait pu faire pleurer les pierres, voilà qui renseigne sur le pouvoir de la musique (qui est temps culturel versifié) sur les pierres (qui sont temps naturels cristallisés). »

   L'extrait m'intéresse d'abord parce qu'il renvoie à Roger Caillois, écrivain, poète, critique, homme libre, introducteur de la littérature fantastique latino-américaine en France, vraiment un des grands esprits du XXe siècle, trop peu lu aujourd'hui. Michel Onfray fait allusion sans doute au livre La Lecture des pierres, qui, outre les photographies de la très belle collection personnelle de Caillois, contient les textes-poèmes s'y rapportant. Ne l'ayant pas encore lu, je l'inscris sur mes tablettes.

 

La musique des pierres : de Michel Onfray à Roger Caillois, Orphée et Stephan Micus

   Ensuite, que la musique puisse émouvoir les pierres, certains musiciens le savent, s'y essaient. Stephan Micus (né en 1953), musicien allemand passionné par les instruments traditionnels de tous les pays, avait sorti en 1989, sur le label ECM, un album intitulé The Music of Stones, inspiré par les pierres résonnantes du sculpteur Elmar Daucher. Quatre musiciens, dont lui-même et son épouse japonaise, font chanter les pierres. Stephan Micus y ajoute shakuhachi (longue flûte japonaise en bambou), autres flûtes et voix.

   J'en profite par conséquent pour rendre hommage à ce musicien discret, compositeur d'une œuvre prolifique entièrement publiée chez ECM.

Une très belle pierre d'Elmar Daucher

Une très belle pierre d'Elmar Daucher

3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 17:52
Richard Moult (3) - Sjóraust

   Troisième album sur le label Second Language, Sjóraust est encore un beau disque improbable, inclassable. Richard Moult nous convie depuis les îles des Hébrides extérieures où il semble s'être détaché du temps commun à mieux écouter la voix de la mer, signification du titre « Sjóraust », amalgame de deux termes de vieux norrois. Lui-même au piano, aux claviers, à l'échantillonneur orchestral, aux percussions, il est accompagné par David Colohan - son collaborateur habituel - à l'autoharpe (sorte de cithare) sur trois titres, par Amanda Ferry à la clarinette sur deux, sans oublier un peu de flûte baroque, du violoncelle par Aaron Marton sur quatre et deux vocalistes occasionnels. L'album se présente comme une suite, chaque titre étant désigné par la mention "Sjóraust" avec son numéro d'ordre.

   À mon sens il s'agit plus encore d'un poème musical en six chants formant un vaste hymne à la mer, présente dès l'introduction à l'autoharpe de la première partie. On l'entend gronder à l'arrière-plan, déferler sur les galets. Cordes frottées, violoncelle rejoignent David Colohan en longues touches, puis une voix féminine lit un extrait de texte de chants gaéliques tirés du recueil Carmina Gaedlica, et c'est la mer à nouveau, des oiseaux. Une étrange sonnerie ouvre le chant II, elle reviendra plus lointaine derrière le piano presque sépulcral pour cette introduction solennelle. Les cordes surgissent en force dans un véritable maëlstrom langoureux qui se résorbe assez vite dans une atmosphère apaisée. Ces deux premières parties sont évidemment des préparations pour la longue pièce trois, plus de treize minutes. Une pièce d'abord d'un grand dépouillement : le piano hésite, la clarinette pose quelques notes aussi. Le rythme est lent, méditatif. Les deux instruments tiennent un dialogue plus serré, comme une marche dans les rochers quand les pieds cherchent des appuis stables, glissent parfois. L'autoharpe leur répond en sourdine. C'est le cheminement d'une ascèse, la recherche de la lumière. Il y a évidemment du mystique chez ce solitaire (aonaran en norrois) de Richard Moult, et parler de folk mystique n'est donc pas faux, mais je vois en lui, au fur et à mesure des écoutes, une sorte de Arvo Pärt celtique. Des chœurs d'hommes et de femmes alternés vont d'ailleurs constituer l'essentiel du matériau de ce III. Qu'il s'agisse probablement de sons produits par un échantillonneur n'enlève rien à la beauté grandiose de ce chant face à la mer, s'élevant et descendant comme les marées. Comment ne pas être saisi par ce face à face hiératique qui pourrait évoquer des tableaux de peintres préraphaélites comme John William Waterhouse ou encore les scènes sublimes peintes par le romantique John Martin ?

   Les deux pièces suivantes sont à leur tour des introductions à la seconde longue pièce, la VI, si bien qu'on peut voir comme deux livres (I - III // IV - VI) dans ce cycle. "Sjóraust IV", qui fait d'abord dialoguer mouettes lointaines criaillantes et piano résonnant, se fait brièvement danse tournoyante et folle. La mer revient avec "Sjóraust V"; un récitant lit ce qui fait d'abord penser à un fragment liturgique, mais, nous dit la pochette, serait un énigmatique texte mathématique (j'avoue ne rien avoir compris)...peu importe, c'est l'ambiance de messe qui compte, et les cordes qui surgissent, ardentes, en vagues courtes, brisées par le silence seulement occupé par la mer toujours en fond, chaque poussée comme un prière fervente, renouvelée, dans l'attente de quelque chose, de cette voix féminine qui vient enfin se fondre dans les cordes comme la corde ultime. "Sjóraust VI" peut alors se déployer après un court introït en gaélique. L'orchestre des vagues et des vents loge en son sein une chanson gaélique traditionnelle interprétée par la chanteuse irlandaise Alison O'Donnell avant de laisser dialoguer le piano, le violoncelle et la flûte baroque. Puis le silence, une clochette, la clarinette, les autres instruments revenus tournent, une vague énorme propulse le tout un niveau plus haut, une autre encore, le lyrisme intense, celui qui soulève et qui palpite pourtant de moments plus doux, plus suaves, qui épouse la mer revenue entre les phrases musicales. L'autoharpe accompagne les derniers moments apaisés de cette pièce à la sombre beauté désolée.

   Peu à peu, Richard Moult élabore une œuvre vraiment singulière, quelque part entre folk mystique et néo-classicisme épuré, servie par des apports électroniques parfaitement fondus dans le tissu musical.

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Paru en 2016 sur le label Second Language / 6 titres / 40' environ

Pour aller plus loin :

- Mon article consacré à Aonaran (2013 sur Wild Silence, reparu en février 2017 sur bandcamp)

- Mon article consacré à Rodorlihtung (2012)

- la page consacrée à l'album sur le site de la maison de disque

- Sjóraust II en écoute ci-dessous :

Richard Moult (3) - Sjóraust

Programme de l'émission du lundi 27 février 2017

Richard Moult : Gone to ground / Mesonycticon (Pistes 4 -5, 11'20), extraits de Aonaran (Wild Silence, 2013)

Johann Johannson / Michael Gordon : Remix 1 (p. 1, 8'34), extrait de Timber Remixed (Cantaloupe Music, 2016)

Richard Moult : Sjóraust I & II (p. 1 - 2, 5'45), extraits de Sjóraust (Second Language, 2016)

Sam Pluta / Michael Gordon : Remix 2 (p. 2, 8'34), extrait de Timber Remixed (Cantaloupe Music, 2016)

Richard Moult : Sjóraust III & IV (p. 3 - 4, 15'), extraits de Sjóraust (Second Language, 2016)

+ Remix "sauvage" Tim Hecker / Michael Gordon + Richard Moult

Peinture de Richard Moult, reproduite à l'intérieur de la pochette du cd.

Peinture de Richard Moult, reproduite à l'intérieur de la pochette du cd.

6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 13:46
May Roosevelt (1) - Haunted

   Commencer l'année 2017 par un disque paru en 2011 ? Eh bien oui ! Un coup de cœur pour cet opus de la compositrice et théréministe grecque May Roosevelt, son second, le premier, Panda, a story of love and fear, datant de 2009. Son instrument, c'est le thérémine, pas tout à fait celui inventé par le russe Lev Sergueïevitch Termen en 1919, premier instrument électronique qui enthousiasma Lénine au point qu'il en prit des leçons et en commanda 600 exemplaires pour les distribuer dans la toute jeune Union soviétique. Non, un thérémine transistorisé fabriqué par la firme Moog, le modèle Etherwave...

May Roosevelt (1) - Haunted

   May se présente comme influencée aussi bien par The Residents, Massive Attack, Björk, que par la musique grecque traditionnelle et les chants byzantins. Haunted est ainsi au croisement d'une musique électronique sombre, incantatoire et de rythmes de danses populaires, d'hymnes anciens. Huit titres pour huit danses ; Zeibetiko (liée aux rébètes), Mandilatos, Pogonisios, Hasapikos, Kotsari, Zonaradiko, Tsamiko, Kalamatianos, On comprend dès "The Unicorn Died" qu'on plonge dans l'ailleurs, un ailleurs envoûtant. Le monde se met à osciller, emporté par un rythme lourd, puissant, entre rebetiko et sons éthérés. "Oomph" est plus hanté encore : rythme implacable, déchaînement des synthétiseurs en sonneries hallucinées. C'est une musique de transe, opératique, galvanisante, feuilletée en couches épaisses. Les amateurs de moog seront ravis par les textures veloutées et symphoniques des envols. Avec "Vow", nous entendons un peu de grec avant d'être plongé dans le balancement d'une musique incantée par le thérémine qui prend alors les sonorités d'une clarinette basse, tandis qu'une pluie de sons traverse le mur de drones. Formidable et magnifique ! Dans "Dark The Night", le charme est total, renforcé par la voix sidérante de Harry Elektron égrénant ses mots répétés, puis les lâchant dans un phrasé plus grave, accompagné par une autre voix plus aigue, plus sensuelle encore. Où sommes-nous, pour quelle danse du ventre, dans quel bouge de Théssalonique accueillant les réfugiés d'Asie Mineure ? Le thérémin se fait violon ensorceleur, le titre prend des allures disco déglingué ! "Mass extermination" est peut-être un clin d'œil à Massive Attack : percussions en avant, rythme effrené, obsédant, montée d'un véritable mur du son. La voix de May Roosevelt se fonde dans ce firmament noir sur lequel se dessinent les volutes du thérémine. Rythmique saccadée, sons discontinus, "Young Night Thought" commence comme un titre de techno déjanté, balance une voix générée ou déformée par le thérémine (?) avec un texte de Robert Louis Stevenson, ambiance sauve-qui-peut de jungle urbaine dans un monde en train de brûler. "Chasm" semble plus sage, mais c'est pour mieux nous envoûter avec la voix de May qui susurre des mots redoublés dans un style qui me fait un peu penser à Laurie Anderson. La composition est comme transcendée par le chant élégiaque du thérémine terminé par une série de vagues sublimes. Atmosphère survoltée pour le dernier titre, "Outcast", musique post-industrielle étouffante, sirènes de la fin des temps...

   Un disque magistral, inoubliable !

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Paru en 2011 / Auto-production / 8 titres / 38 minutes environ

Pour aller plus loin :

- le titre "Dark the Night" en écoute :

- la page soundcloud consacrée à May Roosevelt : vous pourrez y écouter pas mal de titres.

- le second titre, "Oomph", monté sur un extrait du film Senki (2007) du réalisateur macédonien Milcho Manchevski : ambiance, ambiance..., puis May en concert, fascinante fileuse, brodeuse :

17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 10:28
Keene - the River and the Fence

RETOUR SUR...

   Keene ? C'est un trio composé des musiciens grecs Kostas Giazlas, Haris Martis et Dimitris Mitsopoulos, renforcés parfois du violoncelliste Evi Kazantzi, au départ un projet audio-visuel. Il propose une musique alliant sons acoustiques et textures électroniques pour créer des ambiances denses, volontiers incantatoires, répétitives. "Patch", le premier titre, juxtapose notes obsédantes de guitare et appels troubles de claviers, échantillons sonores de bruits divers. "Stroked trees" commence par une belle intro très mystérieuse au piano et aux claviers, puis surviennent guitare et cordes en vagues épaisses, peut-être un trombone en fond, le morceau avance dans la forêt inconnue, rythmé par une pulsation profonde, tranquille, qui ignore les accidents sonores surgis de tous les coins de l'espace. Musique architecturale, en réfractions multiples, comme, sur la couverture de l'album, cette structure du Prada Epicentre Store de Tokyo, conçu par le bureau d'architecture suisse Herzog & De Meuron. Ouverture en apesanteur pour "The River", le titre 3, avant une rupture inattendue, l'entrée en force d'une guitare électrique en boucle courte, du violoncelle plaintif sur bruits de pas qui résonnent lourdement, courant puissant et lent qui charrie tout jusqu'à ce que le violoncelle demeure presque seul en scène, que tout reparte plus puissamment encore tandis que l'arrière-plan se charge d'alluvions bruitistes, avant un duo inégal entre le violoncelle très en avant et la guitare peu bavarde accompagnée d'une clochette lointaine, coda mélancolique avant "Here", morceau pointilliste tout en perspectives lointaines, lui-même sorte d'interlude pour "Weir of fog", collage subtil de piano léger, appels étranges de claviers-cors, grappes de notes de cordes, entrecoupé de micro-silences. La musique de Keene tient du cristal, prismatique, tout en surgissements, en métamorphoses permanentes. "Door on glass", le titre 6, est MAGISTRAL, inoubliable : dialogue en boucle obsessionnelle entre le piano et la guitare, ponctué de poussées de claviers. On est enfermé dans le labyrinthe, la structure s'opacifie, la tension monte, reflue, rendue sensible par la disparition progressive du piano, englouti sous d'autres boucles d'une sorte de glockenspiel synthétique. La musique devient hantée avec "Cave of error", peuplé de voix fantômales, de chuintements et de rumeurs, le violoncelle déploie un lamento lamentable, un rituel de sorcellerie se tient là-bas, dans les tréfonds. Nous voici devant la clôture, "The Fence", adagio majestueux en canon à la Arvo Pärt (encore lui, source d'inspiration très fréquente...), cordes élégiaques ad libitum, quels trains partiront pour quels ailleurs... Un des excellents albums du label grec de Thessalonique Poeta Negra - lequel a cessé ses activités en 2008 - consacré aux musiques électroniques-expérimentales.

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Paru 2007 sur le label Poeta Negra / 8 titres / 47 minutes environ

Pour aller plus loin :

- Avec le recul, je peux vous proposer une assez bonne vidéo sur le titre "Door on glass", ainsi que sur sa version remastérisée :

 

- En prime, "Multitudes", un très beau titre enregistré lors d'un concert en août 2007, non publié :

20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 16:05
Richard Moult - Aonaran

   La Musique des solitudes oubliées

   Compositeur, peintre et poète, l'anglais Richard Moult, à côté de multiples collaborations, poursuit une carrière solo loin du bruit et du monde, puisant son inspiration dans les contrées sauvages et isolées de l'ouest de l'Écosse (sans doute le paysage de la photographie de couverture, prise par le musicien) et des îles Hébrides en particulier. Je le découvre avec ce Aonaran (qui signifie "Solitaire" en gaëlique écossais), sorti en octobre 2013 sur le label Wild Silence, label de Before I was Invisible de Rainier Lericolais et Susan Matthews. Cinq pièces, alternant compositions instrumentales de petites dimensions et chansons folkloriques (au sens large, et noble du terme), avec au centre une pièce monumentale. Le tout croise traditions et modernité électronique, musique ambiante et contemporaine néo-classique.

   "Rionnag Bheag" est une courte évocation instrumentale : harpe et électronique dessinent un paysage calme, intense et aéré, traversé d'éclats de lumière, posant comme le cadre d'un mystère intemporel. "Heartsease" commence au piano, un piano aux amples résonances, puis c'est la belle voix grave et vibrante de David Colohan : que voilà une superbe ballade élégiaque !

   Le vent se lève ; la harpe, le piano émergent des brumes, un dulcimer puis le piano se joignent aux frémissements : c'est "Rionnag Mór", vaste poème quasi symphonique aux mouvements de houle, alternance de vifs miroitements et de calmes contemplatifs. Le hautbois vient surplomber le flux irisé de son liant boisé. C'est une pièce extraordinaire, majestueuse, comme on en entend peu, celle d'un véritable inspiré qui nous invite à un voyage en apesanteur au-dessus de paysages grandioses parsemés de bouillonnantes mares magiques. Rarement on a à ce point l'impression d'être confronté avec la pureté originelle du monde : c'est un retour aux sources, aux forces natives, que les accents minimalistes de certaines boucles brûlantes servent à merveille. On est peu à peu immergé dans une matière fusionnelle, radieuse, à pleurer tellement c'est beau, sublime. Avec des ralentissements extatiques, des éclaboussures exquises de piano, des soubresauts graves...et la montée tellurique de la fin, prodigieux soulèvements de mondes inconnus, avant une courte coda mystérieuse !

   "Gone to ground", deuxième chanson de l'album, toujours avec la voix de David Colohan, déploie sa complainte mélodieuse venue du fond des âges, enchantée par une électronique qui n'est pas sans évoquer des sons de cornemuse, étranges et comme dépaysés quand les ombres s'agrandissent...Le disque se termine avec une pièce instrumentale dominée par le piano, "Mesonycticon", nom d'un vieux chant romain de l'Office de minuit au moment de Noël. Pièce grave, au lyrisme sombre et pourtant lumineux par ses montées chromatiques, ses échappées méditatives délicates, que ponctuent in fine quelques vagues électroniques.

    Un disque magistral, sublime, rare : un des chocs de ces dernières années, qui confirme l'excellence du label discret créé par Delphine Dora, Wild Silence.

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Paru en 2013 chez Wild Silence / 5 titres / 44 minutes.

Pour aller plus loin :

- le disque disponible et en écoute sur bandcamp :

Programme de l'émission du lundi 12 septembre 2016

Rainier Lericolais & Susan Matthews : Truth past the dare (Piste 2, 12'05), extrait de Before I Was invisible (Wild silence, 2015)

Michel Banabila : What creatures is that / Star trails (p. 3 - 4, 12'30), extraits de Earth Visitor (Tapu Records, 2016)

Norman Westberg : Bunny Hill (p. 2, 10'35), extrait de 13 (Room 40, 2015)

Caleb Burhans : Oh Ye of little faith (p. 5 4, 11'05), extrait de Evensong (Cantaloupe Music, 2013)

Michael Gordon : Rewriting Beethoven's Seventh Symphony part 1 (p. 2, 5'48), extrait de Dystopia  (Cantaloupe Music, 2015)

Programme de l'émission du lundi 19 septembre 2016

Chris Herbert : As blue as your eyes lover / Cinders (p. 1 - 2, 11'), extrait de Constants (Room 40, 2015)

Michael Gordon : Rewriting Beethoven's Seventh Symphony part 2 & 3 (p. 3 - 4, 12'), extraits de Dystopia  (Cantaloupe Music, 2015)

Grande forme :

* Richard Moult : Rionnag Mór / Gone to ground (p. 3 - 4, 29'30), extraits de Aonaran (Wild Silence, 2013)

22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 16:07
Duane Pitre - Bridges

   Paru en 2013 sur le label Important Records, Bridges de Duane Pitre confirme l'estime et l'admiration que j'ai pour ce compositeur américain internationalement reconnu mais encore trop peu en France. Intéressé par l'intonation juste et la microtonalité, il a exploré les relations entre sons électroniques et instrumentation acoustique. Ici, le titre de l'album nous indique sa volonté de jeter des ponts entre les traditions musicales orientales et occidentales. Duane Pitre montre l'exemple, puisqu'il joue du cümbüs, sorte de luth de la famille des oud, du ukelin, une variété de psaltérion à archet qu'on peut voir comme une combinaison de violon et d'ukulele, de la mandoline...et utilise ordinateur et électronique. Il est accompagné par Olivier Barrett au violoncelle et par Bhob Rainey au saxophone soprano. L'album comporte deux longues plages fascinantes, parmi les plus abouties du compositeur.

   "Bridges : Earth / ember / Serpent" s'ouvre sur des sons tenus qui s'entrelacent doucement, abolissant toute frontière entre sons acoustiques ou électroniques. Saxo, orgue, violoncelle ? On ne sait plus. Puis c'est le cümbüs, les cordes pincées, un cérémonial très ancien, une musique de méditation d'une suavité sauvage. L'ukelin apporte ses virgules raffinées, tout se met à ronronner pour cette ode à la terre, au feu primordial. Il semble que le monde se mette à basculer dans des spirales envoûtantes. il n'y a plus ni ouest ni est, mais un seul lieu, d'où s'élèvent les fumées instrumentales, illusions créées par le serpent qui se tord dans les braises. Tandis que tout semble se calmer, l'orgue vient transcender la scène en tendant son rideau d'arrière-plan, et les spirales à nouveau se tordent, s'enflamment, le cumbus ponctuant paisiblement la flambée si belle des sons. La pièce est d'une beauté confondante, se résorbant dans les sons tenus du début, étirés, épurés, avec des reprises alanguies et caressantes. C'est le cümbüs qui termine, royal, imperturbable.

   "Bridges : Cup / Aether / Crane" commence plus âprement, cordes frottées, battements minuscules, puis c'est l'ouverture grandiose, orgue profond, abyssal, dont les graves semblent faire naître les autres sons. On retient son souffle, ce sublime-là, qui, l'ose encore dans ce monde ? De la coupe naît l'éther. Tout cesse, puis des sonorités cristallines s'élèvent. Dans quel temple sommes-nous ? Dans quel orient mental ? Cette musique est décantée, comme un concentré de quintessences. Majestueuse, elle invite au respect, au silence. L'ukelin se déploie, se taît, reprend, se taît encore : c'est le temps qui naît du rien, se dissout dans le rien, se suffit à lui-même, engendre le tout du rien. On est presque surpris de se retrouver cerné de sons qui virent autour de nous dans un nuage rayonnant, ponctué de frappes qui font penser à des cloches inconnues. Quelle majesté douce, quelle force vibrante ! Comment ne pas s'élever, abandonner la matière pesante ? L'ukelin nous y aide dans sa coda enivrante.

    Un album magnifique. La musique y réussit ce que le monde politique, économique, ne parvient pas à réaliser : l'abolition de l'opposition prétentieuse entre tradition et modernité dans une fusion supérieure, impeccable. Une invitation au ravissement !

    Le dépliant six faces est superbement illustré de surcroît !!

Paru en  2013 chez Important Records / 2 titres / 38 minutes. C'est le seul défaut de ce disque, sa brièveté...Défaut oublié !

Pour aller plus loin :

- le site de Duane Pitre

- la page consacrée au disque sur le site du label.

- mes articles sur : Feel free (2012) / Organized pitches occurring in time (2007) / "The Harmonic series", compilation sous sa direction.

- Un extrait du disque sur soundcloud :

Programme de l'émission du lundi 14 mars 2016

Musiques électroniques :

*André Stordeur : Chant IOA (cd 2 / Piste 2, 16'57), extrait de Complete Analog and Digital Electronic Works 1978 - 2000 (Sub Rosa, ?)

*Land : Metamorphosis / Seconds (p. 4 - 5, 15'50), extraits de Anoxia (Important Records, 2015)

*Noveller : Mannahatta / No Dreams (p. 2 - 3, 14'34), extraits de No dreams (Important Records, 2013)

*Itsnotyouitsme :  If the ground is covered are we still outside ? (p. 1, 11'39), extrait de This I (New Amsterdam Records, 2013)

Programme de l'émission du lundi 21 mars 2016

Printemps : le retour de la pulsation

Jean-Luc Fafchamps : Back to the pulse (p. 1, 16'15), extrait de Back to... (Sub Rosa, 2013)

Steve Reich : Six pianos (p. 3, 24'19), extrait de Variations (Deutsche Grammophon, 2002)

Kit Wilmans Fegradoe : Shruti (p. 2, 12'04), extrait de Issa (Important Records, 2015)

 

4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 13:43
Astrïd - The West Lighthouse is not so far

   Sorti depuis mai, le nouvel album d'Astrïd (je renvoie à l'article consacré à High Blues pour la présentation du groupe), The West Lighthouse is not so far, s'inscrit dans cette lignée tranquille et intemporelle qui me plaît tant chez eux : un album de temps en temps, quelques collaborations choisies. Leur musique hésite entre plusieurs champs : un folk très libre, une tendance post-rock mâtinée de blues, des influences du côté des musiques contemporaines  minimales ou contemplatives (pour aller vite), d'où la dimension ambiante assez sensible. Elle reste essentiellement acoustique : guitares, piano (y compris Rhodes), harmonium, violon, clarinettes, batterie et métallophone, avec le renfort parfois d'un ou deux synthétiseurs.  Ce qui compte, c'est d'installer une atmosphère, un climat. La ligne compositionnelle est toujours claire, de manière à mettre en valeur la beauté des sonorités instrumentales. Ces compères-là sont des amoureux de leurs instruments, qu'ils manient, dirait-on, avec une grande sensualité, une délicatesse retenue et un art consommé du son.

   "Pierre noire", avec ces presque quatorze minutes, en est l'illustration : longue intro constituée d'abord de vagues résonantes évoquant une vinâ, cet instrument à cordes indien capital pour placer l'auditeur dans un ailleurs harmonique, puis la guitare, sur ce fond extatique, trace dans le ciel des zébrures franches, développe une idée musicale d'une grande lumière mélancolique, avec des ponctuations discrètes à la batterie. Peu à peu, tandis que le violon s'est joint à la plainte, tout devient incandescent, mais se résorbe en longs moments méditatifs, le violon dans les aigus, la guitare dans de brèves volutes serrées. Survient alors la douce clarinette, et le morceau prend une allure de blues suave se balançant dans la splendeur des soirs, avec appoint de claviers et d'harmonium. "Madonetta" semble poser avec insistance, dans un petit entrelacs de guitare, banjo (?), clarinette, métallophone aussi, presque la même question suivie de silence, jusqu'à ce que la guitare, épaulée par l'harmonium, puis par la batterie (cymbales surtout), réponde par un continuum lumineux, puis un court crescendo intense ramenant au point de départ. On se sent bien, à écouter la musique d'Astrïd, parce qu'elle se soucie de nous, nous met à l'aise. Elle est de plain-pied, offerte.

   La guitare à archet ouvre "Goulphar", somptueusement. Lentes traînées, réverbérations, girations éthérées, atmosphère sublime dans des aigus ouatés que viennent tempérer des graves profonds. Après sept minutes d'une incroyable beauté lointaine, le piano vient poser une poussière de notes, la clarinette souffle des graves profonds, ramenant l'auditeur tout près d'une source chaude, dans une efflorescence percussive superbe. "Lanterna" commence comme un duo élégiaque de violon et guitare. La clarinette élargit la perspective, mais on reste dans l'intime d'une musique de chambre tapissée de silences. L'entrée de l'harmonium confère à la suite la dimension d'une cérémonie feutrée en dépit de la participation de la batterie au rituel. Loin des tonitruances, ils célèbrent, n'en doutons pas, la lanterne de vie, celle qui éclaire et réchauffe le cercle domestique. "Grey nose", s'il pointe un museau nettement électrique, reste dans cette musicalité paisible, ce dépouillement aussi, qui passe par des temps de pause, véritables respirations d'une musique qui garde des allures improvisées. "Peacock" sonne plus traditionnel avec son entrée qui n'est pas sans évoquer des taqsims et autres intro au oud par exemple, tant la guitare est comme intériorisée, surtout que la clarinette pourrait faire penser, elle, au doudouk arménien. L'effet folk est conforté par le violon chantant presque à l'irlandaise, mais en même temps contredit par une matière sonore sourdement pulsée de l'intérieur, striée de fulgurances discrètes, donnant à l'ensemble un aspect chatoyant, ocellé...comme la queue du paon du titre (ici l'imagination se donne libre cours !).

    Il reste à aller vers "Ouest", morceau atmosphérique et hypnotique, sombre et mystérieux, illuminé par une guitare électrique qui donne au titre sa couleur post-rock, même si la dominante est au final ambiante. Pas vraiment d'envolée à la Explosions in the sky, mais une atmosphère intense, une vraie matière en haute fusion, et c'est une fin de disque éblouissante !

    Vrai, le Phare Ouest n'est pas si loin  (!!) avec cette musique des grands espaces sonores à la temporalité distendue qui fait tant de bien dans notre société finalement de plus en plus étriquée. Un album radieux pour prendre le large.

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The West Lighthouse is not so far, paru en 2015 chez Monotype Records (un label polonais) / 7 pistes / 62 minutes environ.

Pour aller plus loin :

- Présentation du groupe sur Métisse Music

- le site d'Astrïd

- "Ouest" en écoute sur soundcloud :

Programme de l'émission du lundi 28 septembre 2015

Hommage au label Unsounds :

* Andy Moor & Yannis Kyriakides : Today is the same of Yesterday / Wastind away (Pistes 1 & 2, 11'35), extraits de A Life is a Billion Heartbeats  (Unsounds, 2014)

* Alessandro Bosetti & Chris Abrahams : Esteem / Observatories (p. 3 & 4, 11'30'), extraits de A Heart that responds from schooling (Unsounds, 2015)

Astrïd : Pierre noire / Madonetta (p. 1 & 2, 20'30) , extraits de The West Lighthouse is not so far (Monotype Records, 2015)

John Luther Adams : Dream of the Canyon Wren (p. 8, 7'41), extrait de The Wind in High Places (Cold Blue Music, 2015)

15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 14:25
Sknail - Snail Charmers

Le lent poison de toutes bonnes choses

Meph. - Alors, tu vas vraiment le faire ?

Dio. - Ben quoi ?

Meph. - Tu vas chroniquer du jazz ?

Dio. - Et pourquoi non ? Je n'ai rien signé, pas même avec toi. Je suis indépendant, je ne suis que mon humeur...

Meph. - N'empêche, pense à tes lecteurs. Tu les précipites sans prévenir dans un précipice !

Dio. - Au fond, je suis sûr que tu adores, avoue !

Meph. - Personne n'est lumière de soi, pas même le soleil.(**)

Dio. - Tu parles comme un oracle ! Tout est comme les fleuves, œuvre des pentes. (**) Et je suis la mienne. J'avais écouté le premier opus de SKnail, Glitch jazz (2013), déjà avec un certain plaisir. Et le voici qui récidive avec un album d'une suavité idéale. Sknail en personne est à l'électronique, la programmation et la production. Accompagné d'une trompette, d'une clarinette basse, d'un piano et d'une ou deux contrebasses, il bénéficie aussi de la collaboration du rappeur Nya, familier des albums d'Erik Truffaz, sur cinq des neuf titres de cet album à siroter tranquillement. Ce qui me charme, c'est l'alliance entre l'électronique discrète, raffinée, de SKnail qui apporte son contrepoint de craquements, de grattements, la voix nonchalante de Nya qui balance ses mots avec une diction parfaite, et les interventions impeccables des musiciens...

Meph. - Je te rejoins partiellement : rien de démonstratif, pas trop de tics jazzy, un jazz épuré, magnifiquement enregistré. Pour un peu, je deviendrais un amoureux de la trompette !

Dio. - Bel éloge de ta part ! Je sais que la trompette te rappelle le pire, le Jugement dernier...

Meph. - Pas de jugement ici, pas de grandiloquence. "slow poison" est une assez envoûtante ouverture. Coups sourds, grésillements électroniques, entrée de la clarinette basse, puis le piano très calme installe une atmosphère feutrée sur laquelle ondule la clarinette, enfin la voix de Nya inocule son lent poison. 

Dio. - "snail charmers", le titre éponyme, continue sur la lancée. Nya très en avant, piano, trompette. Pour moi, la présence de Nya est déterminante.

Meph. - Tout à fait ! Sans lui, je décrocherai ; sans lui et sans SKnail. C'est l'alliance des trois qui fait tenir l'ensemble sur la lame de rasoir du concept initial, "comme un escargot sur une lame de rasoir".

Dio. - Pourtant, il y a "Anthem", un instrumental.

Meph. - Justement, là j'ai un peu de mal. Trop conventionnel, avec chacun qui pousse son solo. Je préfère "Digital breath", sa contrebasse piquetée de sons électroniques, et surtout les claviers à l'arrière-plan. Nous voilà plus éloigné des rivages attendus du jazz, et là ça décolle, ça intrigue.

Dio. - Oui, c'est le meilleur titre aussi pour moi. Mais "I shot the robot", avec le retour de Nya, un texte plus rappé qui emporte le morceau, c'est très bien encore ! Et "lacrima" approfondit la veine d'un jazz électro subtil et mystérieux. La trompette entrelacée avec la clarinette, le piano ouaté, c'est vraiment réussi.

Meph. - SKnail y déchaîne un peu ses machines, et la coda au piano est magnifique. Par contre "Something's got to give" ne tient que grâce à Nya. On retombe dans un jazz bavard qui m'ennuie profondément.

Dio. - Je te le laisse, en effet. Nya inspiré sur "All good things", sa voix voilée, le trompette très free : mieux, non ?

Meph. - Oui ! Et je ne boude pas le dernier titre, "Suspended", parce que les aspects plus conventionnels sont transcendés par l'électronique de SKnail, qui découpe bien le titre, le sculpte avec finesse.

Dio. - Finesse, tu l'as dit. Comme toi, j'apprécie que l'électronique pervertisse ce que le jazz parfait des instrumentistes, excellents, a de trop ronronnant. SKnail est encore un peu timide...

Meph. - Il faut les bousculer un brin, ces instrumentistes, les pousser hors de leurs retranchement virtuoses. Non pas les servir, mais les faire servir à la création d'un paysage sonore original. Ceci dit, l'alliance de cette pureté glacée du son, de la mise en espace, et du velouté des sons acoustiques a énormément de charme. Mais j'aimerais plus d'impureté, d'épaisseur.

Dio. - Tiens, je ne te savais pas conseiller artistique, maintenant...

Meph. - Que serait la Création, sans moi ? Un paradis fade, à mourir d'ennui !!

Dio. - En tout cas un disque fort agréable, même si on fait parfois la fine oreille. N'oublions pas la pochette, le travail graphique d'Efrain Becerra, magnifique, comme la production.

 

Sknail - Snail Charmers

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Snail charmers, paru chez Unit Records  en 2015 / 9 pistes / 43 minutes

** Deux emprunts au livre Voix d'Antonio Porchia (Fayard, 1979)

Pour aller plus loin :

- le site de SKnail

- Pour en savoir plus sur le projet, le nom, à lire un long entretien avec SKNAIL.

- une vidéo bien faite sur le deuxième titre, "snail charmers"; je vous conseille aussi la vidéo suivante "SKNAIL The other side (Official vidéo)", avec une partie d'échec dont les pions sont...des escargots !

- le disque en écoute sur bandcamp :

Programme de l'émission du lundi 8 juin 2015

Manyfingers :  No real men / 70 / Alon in my Bones (Pistes 4 - 5 - 7, 13'30), extraits de The Spectacular Nowhere (Ici d'Ailleurs, 2015)

Le Ciel brûle :

* Oiseaux-Tempête : Omen : Divided we fall // Ütopiya / On living (p. 1 & 2, 12'), extraits de Ütopiya (Sub Rosa, 2015)

Yannis Kyriakides & Andy Moor : Today is the Same of Yesterday / Wasting away (p. 1 & 2, 11'40), extraits de A Life is a billion heartbeats (Unsounds, 2014)

Sources électroniques :

* André Stordeur : Memories / My World (cd1 , p. 2 & 3, 16'10), extraits de Complete analog and digital Electronic Works 1978 - 2000 (Sub Rosa, 2015)

Programme de l'émission du lundi 15 juin 2015

SKNAIL : Slow poison / Anthem / Digital breath (p. 1 - 3 - 4, 13'40), extraits de Snail charmers (Unit Records, 2015)

Sarah Peebles : Resinous Fold 7 / Delicate paths (Murasaki) (p. 1 & 2, 18'), extraits de Delicate paths (Unsounds, 2015)

Hiroshima Mon Amour : Je suis désolé / L'homme intérieur / le film est terminé (p. 1 à 3, 11'), extraits de L'homme intérieur (Volvox / Pias, 2015)

Deaf Center : Oblivion (p. 2, 13'38), extrait de Recount (Sonic pieces, 2014)