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Musiques Singulières

    Prendre le temps des musiques différentes (plus ou moins selon l'humeur !), avec une certaine prédilection pour des formats plus longs . Musiques d'aujourd'hui, généralement postérieures à 1960, pour les amateurs de dépaysement, de découvertes.
  L'index des musiciens présents dans ces colonnes est à votre disposition dans la catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures, avec rediffusion le dimanche dans l'après-midi.
  À compter du 9 février 2013, le blog s'élargit avec les chroniques de Timewind, nouveau collaborateur passionné : pour vous proposer encore plus de Musiques singulières !

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 10:26
   Je tiens d'abord à remercier tous les internautes qui ont sacrifié un peu de leur précieux temps estival pour visiter mon blog. Votre soutien m'incite à poursuivre l'immense défrichage des musiques inouïes, que les médias frileux et démagogues délaissent honteusement : Internet est heureusement le refuge de tous les curieux, passionnés, exigeants, chercheurs de beauté et d'absolu, n'ayons pas peur des mots. L'aventure continue avec un compositeur dont j'ai déjà un peu parlé (voir mon article du 7 juillet), qui fut pendant vingt ans critique musical et chroniqueur au Village voice, heddomadaire new-yorkais ouvert sur la création contemporaine, journal qu'il a quitté en 2005.
  Kyle-Gann-Private-dances.jpgKyle Gann, né en 1955, n'est pas seulement un connaisseur de la musique d'aujourd'hui, auteur notamment d'un livre sur Conlon Nancarrow, c'est un compositeur passionnant, ouvert à toutes les expérimentations (intonation juste, écriture micro tonale, emploi de synthétiseurs, pianos mécaniques et ordinateurs) et accessible au néophyte, comme en témoigne son dernier disque, paru  voici peu chez New Albion.
   Private dances
rassemble des pièces pour piano et deux compositions pour ensemble de chambre : pas d'électronique, ni d'expérimentation, seulement un clavier échantillonné sur un titre. Le disque s'ouvre sur les Private dances éponymes, six ravissantes danses pour piano, respectivement "Sexy", "Sad", "Sentimental", "Sultry", "Saintly", "Swingin'" : entre tango et boogie-woogie, elles déploient leur grâce fragile dans une évidence limpide qui fait totalement oublier la complexité rythmique des structures, les idées qui ont présidé à leur naissance. Le cycle culmine pour moi avec "Saintly", sa mélodie frémissante qui s'élance sans cesse par dessus un obstinato de notes graves, comme un effort pour atteindre la merveille, avant l'apaisement. Hovenweep, le titre suivant, porte le nom d'un village indien bien préservé à la frontière entre le Colorado et l'Utah, qui fut le centre de la civilisation Anasazi entre le Vème siècle avant J.C. et le quatorzième siècle de notre ère. Kyle Gann puise régulièrement son inspiration chez les premiers Américains. La pièce pour ensemble de chambre évoque une assemblée d'esprits : introduction très mystérieuse au piano, appels dans la nuit, les instruments répondent et chantent à l'unisson avant de raconter chacun leur histoire. Dix minutes chaleureuses, colorées par les timbres variés de la flûte, de la clarinette, du violon et du violoncelle, discrètement puis fougueusement rythmées avant le retour du grand mystère : un morceau que d'aucuns trouveront bien peu novateur, mais tel n'est pas le projet, puisque le propos est de revenir aux sources, aux premiers chants, et qu'il s'agit de charme, au sens premier, d'incantation. Ensuite, "Time Does Not Exist", pour piano, offre ses treize minutes de descente intérieure, lentes spirales, marches descendues, chapelets de notes comme des éclaboussements lumineux, cheminements plus vifs et piétinements tendus, le temps brouillé, nié dans le dédale pianistique, l'ombre du dernier Franz Liszt, des traces de Morton Feldman aussi : à lui seul, ce morceau justifie l'achat du disque ! Je suis moins enthousiaste poutr le titre suivant, "The Day Revisited", où les cinq instruments sont accordés selon les principes de l'intonation juste : ce qui est extraordinaire pour le seul piano sous les doigts de Michael Harrison et  de quelques autres, est vraiment déroutant pour l'oreille appliqué aux cinq instruments de ce quintet de chambre : supportable au bout de plusieurs écoutes, pas encore délectable...Le disque s'achève heureusement avec une nouvelle très belle pièce pour piano, toujours interprétée par l'excellente Sarah Cahill (déjà présente sur Savage Altars de Ingram Marshall), "On Reading Emerson" : lyrique et passionnée, contrastée et fantaisiste.
  Je vous présenterai bientôt d'autres oeuvres de Kyle Gann, qui est aussi un blogueur régulier, très conscient que la presse ne permettrait plus aujourd'hui des chroniques comme les siennes.
- le
blog de Kyle
- son site offre plus de quatre heures de MP3 à télécharger..: on y découvre un touche-à-tout plein d'humour ! A vous de choisir...                                        

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