Musiques Singulières

  Ce blog correspond aussi à une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des dimanches de 22 à 23 heures et plus.
   Merci à Elaine Ling, qui m'a autorisé à utiliser l'une de ses photos pour la bannière. Visitez son beau site ! La photographie originale est dans la section "Stone : East".
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Samedi 13 septembre 2008
    Quatrième album d'Alvin Curran, sorti en 1982 chez Fore, Canti Illuminati a été heureusement republié en 2002 chez  Fringesrecordings, label italien dont le site Internet ne fonctionne malheureusement pas. Deux morceaux autour de vingt-cinq minutes chacun constituent cette oeuvre extraordinaire, ce long voyage rimbaldien dans la mer des sonsL'album s'ouvre d'ailleurs sur l'évocation d'un univers maritime, avec des cornes de brume. Embarquement pour le pays de la voix reine, dérivante et délirante, parfois voix de gorge à la David Hykes ou à la Terry Riley. La voix d'Alvin, en solo ou démultipliée, tisse une nappe ondulante dans laquelle le synthétiseur ainsi que divers échantillons  viennent se couler pour nous entraîner dans la musique illuminée. Des nuées de voix viennent à la surface agitée par les pulsations électroniques, dans un mouvement puissant et caressant. C'est un hymne à la vie toujours renaissante, qui brasse et intègre tous les éléments : on y entend même brièvement  le père d'Alvin chanter à l'âge de 75 ans une chanson yiddish à l'occasion d'une réunion familiale. L'électronique ici devient humaine, est un processus au service de la voix vivante. Incarnée, elle magnifie le surgissement miraculeux des sons, la jeunesse rayonnante d'une oeuvre qui, si elle appartient à l'évidence à la mouvance psychédélique, n'a rien perdu aujourd'hui de son souverain naturel. La musique est toujours authentiquement pour Alvin une aventure dans laquelle on se jette à corps perdu, un viatique qui transporte et transfigure celui qui s'y abandonne. Loin des écoles et des sectarismes, elle est à la fois individuelle, composée et interprétée par le seul Alvin (voix, synthétiseur, piano et bande magnétique), et universelle comme peut l'être un raga acoustico-électronique. Aussi est-elle un classique, dans le sens de plus noble du terme, sans âge, dans sa beauté improvisée au bord du temps. Un disque indispensable. Merci encore, Alvin.
Prolongements
- le
site d'Alvin Curran, sur lequel vous trouverez un (trop) court échantillon des Canti,dans la section "Listen".
- une vidéo de Susan Levenstein : extraits d'un concert donné au Korzo Theater de La Haye le 21 avril 2007. Schtyx, une composition plus récente d'Alvin Curran, y est interprétée par Maya Dunietz au piano, Rebecca Huber au violon et Elyssa Shalla aux percussions (notamment une chaise...). Ne vous laissez pas déconcerter par le premier fragment, l'hérétique Alvin alterne avec l'introspectif Alvin...

- Ecoutez Light over water, symphonie pour cuivres et synthétiseurs, composée en 1983 par John Adams, publiée avec Shaker Loops en 1987 chez New Albion Records.
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Programme de l'émission du dimanche 7 septembre 2008
La reprise, avec trois compositeurs majeurs : piano, musique électronique pure, puis mixte.
Kyle Gann : Sexy/ Sad/ Sentimental/ Swingin'/ Saintly (pistes 1, 2, 3, 6, 5, 19' ), extraits de Private Dances (New Albion Records, 2007)
Daniel Menche : Three (p.3, 19' 20), extrait de Glass Forest (Important Records, 2008)
Alvin Curran : Partie 1 (p.1, 26' 50), extrait de Canti Illuminati (Fringesrecordings, 2002)
Par Dionys - Publié dans : Alvin Curran - Communauté : Post rock, expérimental...
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