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Musiques Singulières

    Pour les amateurs de dépaysement, de découvertes. Formats longs bienvenus : prendre le temps de la musique !
    Index des musiciens à votre disposition dans la Catégorie du même nom.
Créé le 20 février 2007, ce blog prolonge une émission sur Radio Primitive, Reims, la plupart des lundis de 22 à 23 heures. 
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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 16:22

itsnotyouitsme-Everybody-s-pain-is-magnificent.jpg  Après walled gardens sorti début 2008 et fallen monuments deux ans plus tard, le duo formé par Caleb  Burhans, violoniste-compositeur, et Greg McMurray, guitariste, sort sur le même label New Amsterdam Records son troisième album, un double cd de 88 minutes qui confirme leur exceptionnel talent. Quatorze titres sur deux faces : six introductions ou interludes entre une et trois minutes, huit morceaux amples entre sept et douze. Autrement dit deux longues suites soigneusement agencées, deux plongées dans ces harmonies post-minimalistes, ambiantes, où s'opère l'idéale fusion entre les sonorités électriques du violon de Caleb et/ou de la guitare de Greg, et des effets électroniques, résonateurs, claviers fender rhodes ou casio. Il en résulte une musique hypermélancolique somptueuse qui vous transporte doucement, insidieusement, vers des contrées paradoxalement belles et lumineuses. Les textures sont riches, épaisses, en perpétuelle lente évolution, parcourues de boucles qui en tirent d'autres de l'arrière-plan. On pense à des étoffes lourdes soulevées par le vent, à des froissements irisés. Tout se voile parfois dans des sonorités densifiées par une saturation bien dosée, des effets de flou, si bien que les rares "attaques" acoustiques dépouillées, par exemple au oud (si je ne me trompe...) sur "words we weren't allowed to say"acquièrent un relief saisissant. Le début de l'album, au titre si beau, "The Snake of forever", avec ses trompes, cornes de brume dirait-on, me fait irrésistiblement penser au début de  Dark Waters sur l'album éponyme du grand Ingram Marshall, un des plus inspirés compositeurs de musique électronique, qui sait sertir son cor anglais dans un fourreau d'harmoniques issues de bandes préenregistrées. Les amateurs de Slow Six, ceux des deux premiers albums, les meilleurs, trouveront quant à eux en itsnotyouitsme un groupe frère. Cette musique lente est pourtant animée d'un feu intérieur, d'une folie qui éclate ça et là en gerbes troubles, tandis que la lumière ne cesse de sourdre comme une source vive des amples développements harmonieux, que les notes discrètes sont peu à peu rejointes par des queues de comètes aux multiples particules frémissantes. Les sons filent dans la nuit infinie, réberbérés, sublimés. Oui, les fantômes parmi nous, "the Ghosts among us", nous apprennent à regarder le ciel "until the end of (our) time", parce que nous pourrions quitter ce lieu et nous mêler à nos héros : phrase tissée à partir de quelques titres qui en disent plus que très souvent. Un disque à l'image de nos vies fragiles, déchirantes, d'autant plus magnifiques qu'elles sont vouées à la disparition, à la perte, "glowing embers, pillared palaces". Précipitez-vous, la beauté seule nous sauve de nos vies obscures !

Paru fin septembre 2011 chez New Amsterdam Records / deux cd / 2x7 titres / 88 minutes.

Pour aller plus loin

- le disque en écoute sur bandcamp.

- le duo en concert au Poisson rouge avec Ryan Lott, alias Son Lux :

 

 

Programme de l'émission du lundi 10 octobre 2011

Brian Eno : The Real / Fierce aisles of light / sounds alien (pistes 6-8-11, 13'), extraits de Drums between the bells (Warp / Opal, 2011)

Zavoloka : Splendent viscid fluid / vivid chains / vedana is laid by her will (p. 1-2-4, 16'), extraits de Vedana (Kvitnu, 2011)

Julia Wolfe : Fuel (p. 5 à 9, 21'24), extrait de Cruel Sister (Cantaloupe Music, 2011)

Institut : Au beau fixe (p.1, 2'44), extrait de Ils étaient instantanément tombés amoureux (Institut & Rouge-déclic, 2011)

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commentaires

Benjamin F 18/10/2011 13:10



Merci pour la découverte, je sens que ça va être ma came.



Dionys 24/10/2011 11:07



Content d'ouvrir une nouvelle piste. Je lis avec plaisir vos chroniques sur Playlist society,
tout en constatant une fois de plus qu'on ne connaît presque rien - je me trouve comme sur une planète inconnue - , et qu'il faudrait des vies multiples pour écouter tous ces mondes sonores !
Cordialement.